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Hongrie
Population: 10,01 millions - (Eurostat - 2010)
Superficie: 93 029 km² - (Eurostat)
Taux de croissance du PIB réel: -6,3 % - (Eurostat - 2009)
Taux de chômage: 10,0 % - (Eurostat - 2009)
Dette publique en % PIB: 78,3 % - (Eurostat - 2009)
Inflation: 6,0 % - (Eurostat - 2008)
Déficit/excédent public en % PIB: -4 % - (Eurostat - 2009)
Monnaie: Forint
Date d'adhésion: 1er mai 2004
Politique
La Hongrie (Magyarorszag) est une république parlementaire monocamérale.
Elle est présidée par Laszlo Solyom depuis le 7 juillet 2005. Le premier ministre indépendant Gordon Bajnai a été nommé à la tête du gouvernement le 14 avril 2009, pour mettre en place un programme d'austérité visant à sortir le pays de la profonde crise économique qu'il traverse. Un an avant les prochaines élections, il remplace le très impopulaire Ferenc Gyurcsány, élu en 2004. Suite aux élections du 29 mai 2010, Viktor Orbán, du partie de droite Fidesz, lui a succédé, fort d'une majorité historique au parlement (plus des 2/3).
Le régime parlementaire hongrois a évolué depuis une décennie vers un système marqué par la prépondérance du Premier ministre. Le Parlement, pour le renverser, doit désigner simultanément son successeur. Le Président joue avant tout un rôle d’arbitre et le Parlement monocaméral doit partager certaines prérogatives (comme l’initiative des lois) avec l’exécutif. L’équilibre des pouvoirs apparaît assez stable dans la pratique.
Le pays et l'Union européenne
Comme tous les pays d’Europe centrale et orientale, la Hongrie envisage son ancrage à l’Ouest à travers le double prisme de l’OTAN et de l’Union européenne. Elle démarre les négociations d’adhésion à l’UE le 31 mars 1998 et rejoint l’Alliance atlantique le 12 mars 1999.
La Hongrie conclut avec succès les négociations de son adhésion à l'Union européenne lors du Conseil européen de Copenhague les 12 et 13 décembre 2002. Le référendum d'adhésion s'est tenu le 12 avril 2003 : 83,9% des suffrages exprimés allèrent au "oui" et confirmèrent ainsi le soutien de la population hongroise à l'adhésion à l'Union européenne, même avec une abstention dépassant les 50%. La Hongrie a rejoint officiellement l’Union le 1er mai 2004.
Avec la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, la Hongrie appartient au groupe de Visegrad, un groupement chargé notamment de défendre les intérêts de ses membres dans l’UE. Elle soutient l’élargissement aux pays balkaniques, avec lesquels elle compte bien jouer un rôle de pivot du fait de sa position géographique.
La Hongrie compte 22 députés au Parlement européen et dispose de 12 voix au Conseil.
Histoire
La naissance de la Hongrie
- 35 av. J.C. – 9 après J.C. : les Romains conquièrent la Hongrie et fondent la province de Pannonie. Les magyars n’arrivent dans la plaine du Danube qu’en 896 sous la direction de leur prince Arpad.
- 1000 : le prince magyar Etienne est couronné roi chrétien de Hongrie. C'est la naissance officielle de la nation hongroise.
- 1458-1490 : le règne de Mathias Corvin, qui conquiert la Moravie et la Silésie, marque une période brillante du Royaume de Hongrie.
Le temps des divisions
- 1541 : après la prise de Budapest par les Ottomans, la Hongrie est divisée en trois : la partie occidentale revient aux Habsbourg, le centre et la partie orientale tombent sous la coupe des Turcs.
- 1703-1711 : Ferenc Rakoczi prend la tête d’une insurrection hongroise contre les Habsbourg et la paix de Szatmar reconnaît une large autonomie au royaume de Hongrie au sein de la monarchie danubienne.
- 1848 : les nationalistes hongrois se soulèvent contre Vienne, une insurrection rapidement écrasée par les autorités impériales. En 1867, la Hongrie recouvre une certaine forme de souveraineté, lorsque l’Empire unitaire et centralisé se transforme en double monarchie austro-hongroise.
- 4 juin 1920 : par le Traité de Trianon, la Hongrie perd les deux tiers de son territoire. Cinq millions de Hongrois se retrouvent en dehors du territoire national (ce qui, aujourd’hui encore, constitue une source de tension avec les pays voisins).
- 1920-1944 : l'amiral Horthy, ultraconservateur, dirige le pays après la répression sanglante de la république communiste de Bela Kun. Il fait le choix de l’alliance avec l'Allemagne nazie favorable à la révision des traités de paix.
La période soviétique
- 1945 : la Hongrie est occupée par l’Armée rouge et bascule sous tutelle soviétique. En 1956, le soulèvement démocratique de Budapest est brutalement écrasé par les troupes soviétiques.
- 1989 : la Hongrie proclame la IIIème République le 23 octobre. C'est la fin de l'ère soviétique. Quelques mois auparavant, la décision d'ouvrir les frontières hongroises aux milliers d'Allemands de l'Est fut à l’origine de l’effondrement du rideau de fer et du mur de Berlin.
Géographie
Située au centre de l'Europe dans le bassin des Carpates, la Hongrie est délimitée au nord par la Slovaquie, à l'est par l'Ukraine et la Roumanie, au sud par la Croatie et la Slovénie, à l'ouest par l'Autriche. C'est un pays de plaines : les 2/3 du pays sont composés de plaines et de régions vallonnées. 7,6% de la superficie nationale sont protégés.
Les principaux fleuves sont le Danube et la Tisza. La Hongrie compte quelques 1200 lacs naturels et artificiels dont le lac Balaton, qui est le plus grand lac d'Europe (595 km2). On l'appelle "la mer intérieure hongroise".
La Hongrie est par ailleurs un pays très riche en eaux thermales. Ces eaux naturelles et médicinales contiennent, en raison des activités volcaniques passées, de très nombreuses substances minérales. Le climat est tempéré, le pays se situe au carrefour de trois zones climatiques : méditerranéenne, continentale et atlantique.
Economie
La Hongrie a souvent été considérée comme le "bon élève" de l’Union européenne. Elle a eu l’occasion de s’ouvrir à l’économie de marché dès 1968, lorsqu’elle a obtenu de l’Union soviétique de rompre partiellement avec l’économie dirigée. Cela explique peut-être la rapidité avec laquelle elle a réalisé sa transition libérale.
Avant la crise économique, la Hongrie était la troisième puissance économique d’Europe centrale après la Pologne et la République tchèque. Elle y est aussi l’économie la plus ouverte, qui compte un nombre important de secteurs liés à l’Europe de l’ouest par le commerce et l’investissement. Le pays réalise aujourd’hui 80% de ses exportations vers l’Union européenne, contre moins d’un tiers en 1990. 70% de ses importations sont d’origine européenne.
Au cours des années 90, la Hongrie a mené une politique active de privatisation. Le secteur privé représente aujourd’hui 80% du PIB (contre 15% en 1989), l’un des taux les plus élevés de la région. Les investissements directs étrangers, qui représentaient un tiers du PIB en 2002, jouent un rôle important dans la croissance économique du pays. En 2004, ces investissements ont pratiquement atteint le même niveau qu’en Allemagne.
En léger déclin après la chute du communisme, l’industrie hongroise s’est redressée par la suite, lorsque le pays est devenu un maillon essentiel dans la chaîne de production européenne grâce au faible coût de sa main d’oeuvre. Mais ce sont les services qui représentent le secteur d’activité le plus dynamique, avec les deux tiers du PIB et une part équivalente des emplois. Quant à l’agriculture, elle représente à peine 5% de la richesse totale, bien qu’un tiers de la population continue de vivre dans les campagnes.
La Hongrie est aujourd’hui particulièrement touchée par la crise économique et financière, alors qu'elle était déjà confrontée à une hausse de ses déficits publics qui pourraient retarder son entrée dans la zone euro, initialement prévue pour 2010. Le pays a bénéficié d'un plan d'aide de 20 milliards d'euros du Fonds monétaire international (FMI) de l'Union européenne et de la Banque mondiale. Elle doit aussi faire face à de sérieux problèmes environnementaux, héritage de son passé communiste.
Culture
Yehudi Menuhin (1916-1999)
"La partie occidentale de l’Europe serait plus pauvre sans le folklore, les traditions et la performance culturelle des peuples d’Europe centrale et orientale" a affirmé le grand chef d’orchestre hongrois.Il est considéré comme le plus illustre des violonistes contemporains. Il donne son nom à des festivals et fonde une école en Angleterre. En 1969, il devient président du Conseil international de la musique à l’UNESCO, puis président du Royal philharmonic orchestra de Londres en 1981. En 1986, François Mitterrand lui décerne le titre de grand officier de la Légion d’honneur.
Bela Bartok (1881-1945)
Le compositeur pose les fondements de l’ethnomusicologie (étude des musiques populaires) en entreprenant des études sur le folklore hongrois. Il développe notamment l’échelle pentatonique et les combinaisons polyrythmiques non symétriques, qu’il utilise dans ses propres oeuvres.
Franz Liszt (1811-1886)
Le compositeur, installé un temps à Paris, est sensible aux idées révolutionnaires, qui lui inspirent plusieurs de ses œuvres. Il a notamment composé les Rhapsodies hongroises, les symphonies Faust et Dante. Autour des années 1860, sa vie et son œuvre prennent des allures mystiques qui ne le quitteront plus.
Michael Curtiz (1886-1962)
Le cinéaste est le réalisateur de Casablanca (avec I. Bergman et H. Bogart), tourné en à peine 59 jours. Michael Curtiz écrivait les scènes à tourner la veille pour le lendemain, ce qui explique quelques libertés avec le contexte politique.
Elie Wiesel (1928-)
Déporté à l’âge de quinze ans, il est le seul survivant de sa famille. Il s’installe à Paris puis aux Etats-Unis. Militant dans l’âme, il est le seul écrivain à avoir obtenu le prix Nobel de la Paix.





















