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[Podcast] Fake news : que fait l’Union européenne contre la désinformation ?

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Code de bonnes pratiques, législation sur les services numériques, publicité politique… l’Union européenne étoffe peu a peu sa panoplie pour lutter contre la propagation des fausses nouvelles. Tour d’horizon.

La désinformation a toujours existé. Au 1er siècle avant notre ère, l’empereur romain Jules César était par exemple doué pour inventer des histoires à sa gloire. 

Depuis, beaucoup de choses ont évidemment changé. Mais c’est avant tout internet et les réseaux sociaux qui ont grandement accéléré la propagation des fausses informations. Celles-ci se diffusent donc aujourd’hui beaucoup plus largement qu’il y a 2 000 ans. 

Autre point à souligner : les effets potentiellement dévastateurs de la désinformation. S’il n’est pas particulièrement risqué de croire qu’une tisane fait maigrir, il est bien plus dangereux d’être persuadé à tort qu’un vaccin contre le Covid-19 est nocif, que le changement climatique n’a pas lieu ou qu’une élection a été truquée.

La désinformation peut dans certains cas menacer la démocratie. Surtout lorsqu’elle est orchestrée par des puissances étrangères, comme la Russie ou la Chine. 

Agir sur les plateformes 

Face aux fake news, l’Union européenne agit sur plusieurs fronts. Tout d’abord, elle ne les interdit pas. Cela irait totalement à l’encontre de la liberté d’expression, qui est une valeur défendue par l’Europe. Par ailleurs, il est parfois compliqué de démontrer qu’une information est vraie ou fausse.

L’objectif de l’Union est plutôt de limiter la propagation de ces fausses informations. Dans sa panoplie, on trouve tout d’abord un code de bonnes pratiques contre la désinformation. Lancé il y a cinq ans, il rassemble aujourd’hui plus de trente acteurs comme Google, Twitter ou TikTok.

Il n’est pas contraignant, mais ses signataires se sont engagés à prendre des mesures contre la désinformation en ligne. Par exemple, pour empêcher les producteurs de fake news de gagner de l’argent avec la publicité. Les plateformes doivent aussi livrer des informations à la Commission européenne. En particulier sur leurs algorithmes, qui ont trop souvent tendance à nous recommander des fake news.

Au sujet des algorithmes, un autre texte européen s’annonce encore plus décisif : le Digital Services Act, (DSA). En mai 2023, cette législation sur les services numériques va obliger les très grandes plateformes à faire la lumière sur leurs systèmes de recommandation

Boîte à outils

L’Europe joue sur d’autres leviers. Elle tente de contrer la désinformation dans le reste du monde : c’est le rôle de trois tasks forces (groupes de travail) du Service européen d’action extérieure (SEAE). Elle soutient aussi la recherche sur la désinformation, comme avec l’Observatoire européen des médias numériques (EDMO).

Elle compte également favoriser le journalisme de qualité. C’est ce que prévoit un texte en discussion sur la liberté des médias, le Media Freedom Act.

Et à l’approche des élections européennes de 2024, la Commission devrait proposer de mieux encadrer la publicité politique.

Si l’on peut ainsi regretter que la fin de la désinformation ne soit pas pour demain, espérons qu’à travers la boîte à outils européenne, elle fasse moins de dégâts à l’avenir.


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