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En Bourgogne-Franche-Comté, coup de pouce aux PME grâce aux fonds européens

En Bourgogne-Franche-Comté, la Région accompagne les projets des petites et moyennes entreprises avec l'aide des fonds européens. Masques, poteries, fromages et usine à haute performance environnementale : Toute l'Europe vous propose quatre exemples d'investissements réalisés sur le territoire.

Equipement de production Meltblo France
Equipement de production de la société Meltblo France située près de Montbéliard - Crédits : Nicolas Burny

De la métallurgie du Nivernais jusqu’aux fabriques de meubles des Vosges, l’industrie occupe toujours une place à part en Bourgogne-Franche-Comté. Historiquement implantée, elle y conserve un poids important dans l’économie régionale, où 17 % des emplois relevaient encore de ce secteur en 2015, contre à peine 13 % pour l’ensemble du territoire. Depuis ces dernières années, les délocalisations se font toutefois ressentir et la crise sanitaire liée au Covid-19 n’est pas sans effet sur les activités des entreprises. Dans ce contexte, et dans une région largement rurale, les petites et moyennes entreprises (PME) ont un rôle à jouer pour le développement des territoires et la cohésion sociale.

A Brognard, des filtres made in France pour des masques de protection

Depuis près d’un an, ils sont sur tous les visages. Autrefois destinés à quelques professionnels, les masques de protection font désormais partie de notre quotidien pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Dès le printemps 2020, l’idée de relocaliser en France une partie de cette production stratégique germe dans l’esprit de Nicolas Burny. “Quand est arrivée la première vague, je me suis dit qu’on allait devoir produire des masques”, explique-t-il à Toute l’Europe. Cet ingénieur spécialiste des textiles non-tissés crée la société Meltblo au mois de juin, après le premier confinement.

L’objectif : produire la matière première nécessaire à la fabrication des masques chirurgicaux, FFP2 et FFP3. Entre la partie bleue à l’extérieur et celle, généralement blanche, contre le visage, “au centre, il y a une troisième couche, c’est le fameux filtre qui vient capter les bactéries”. Nommé “meltblown”, ce produit provenait essentiellement d’Asie, d’Allemagne ou de Turquie.

Après avoir remporté un appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé par l’Etat, Nicolas Burny boucle le financement avant les fêtes de Noël. L’investissement représente plus de 4 millions d’euros, soutenu à 45 % par la Région Bourgogne-Franche-Comté via le Fonds européen de développement régional (FEDER). De quoi lancer la production sur le site de 1 300 m², situé à Brognard, près de Montbéliard. Les premières productions devraient débuter la semaine du 19 avril, pour atteindre jusqu’à 500 tonnes par an ensuite.

Mais comment se projeter sur le long-terme et pérenniser cet outil de production ? “On prépare l’après-Covid” nous fait savoir Nicolas Burny. En-dehors de la fabrication de masques, les usages du meltblown sont multiples : pour les poches de transfusion sanguine, dans les domaines de l’automobile, de l’aéronautique ainsi que de l’acoustique. “Il a de très bonnes caractéristiques d’absorption et d’isolation phonique. On a déjà un certain nombre de demandes.” Après l’arrivée de deux ingénieurs chimistes pour développer la partie recherche et développement, d’autres recrutements sont prévus dans les prochains mois.

A Flangebouche, toujours plus de Comté et de Morbier

70 kilomètres plus au sud, c’est le savoir-faire agricole qui est mis en valeur dans le Doubs. Près de Besançon, la fruitière de Flangebouche-La Sommette transforme jusqu’à 10 millions de litres de lait par an en fromages plusieurs fois primés : Comté, Morbier, raclette et tomme.

La société a bénéficié d’un coup de pouce du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), à hauteur de 100 000 euros sur les 1,8 millions du projet. Les fonds européens ont ainsi permis à l’entreprise de se développer, avec l’extension des caves d’affinage Comté et Morbier et la création d’un local d’emballage et d’expédition. Un robot vient désormais frotter les fromages plusieurs fois par semaine, comme l’illustre la vidéo de présentation du projet par le Conseil régional (voir ci-dessous).

Ces apports européens dans la fruitière ne sont pas nouveaux. En 2010, l’entreprise avait déjà eu recours à ces aides pour investir dans du matériel de production. Des investissements qui lui permettent d’être “l’une des plus grosses coopératives de la zone AOP Massif du Jura”, selon le site de la filière Comté. Un fromage par ailleurs bien protégé : le lait des vaches de races Montbéliarde et Simmental françaises est le seul retenu afin d’assurer la qualité du produit.

Film réalisé par la Région Bourgogne-Franche-Comté

A Saint-Amand-en-Puisaye, des céramiques jusqu’au château de Versailles

De l’autre côté de la Région Bourgogne-Franche-Comté, c’est encore un autre savoir-faire qui est valorisé par les crédits européens. A Saint-Amand-en-Puisaye, la Manufacture Normand utilise le grès, un matériau à base d’argile, afin de créer des céramiques. Le carnet de commandes ne désemplit pas, signe de l’attrait du matériau. Une démarche a d’ailleurs été lancée afin de reconnaître la terre à grès de Puisaye comme Indication géographique protégée (IGP).

Labellisée Entreprise du patrimoine vivant (EPV), la Manufacture Normand a fourni plusieurs poteries au Château de Versailles, en reproduisant les pots Marie-Antoinette qui avaient été livrés à la reine à la fin du XVIIIe siècle. Avec Elisabeth Lebègue à sa tête, la manufacture investit aujourd’hui dans une station de coulage afin de répondre aux nouvelles commandes. Pour pouvoir suivre le rythme, l’Union européenne a apporté un soutien au projet à hauteur de 42 000 euros, avec le FEDER.

A Saint-Bris, une usine “recyclable”

A quelques dizaines de kilomètres de là, le projet d’Ulterïa ambitionne quant à lui de “mettre le travail au service du bien commun” et de “décloisonner les activités”, tout en expérimentant des formes de gouvernance participative. Situé près d’Auxerre, le site va réunir une école Montessori, une chèvrerie, une exploitation en permaculture ainsi qu’un centre de formation.

Le terrain de 10 hectares comporte également l’usine MobilWood, une entreprise de 71 collaborateurs qui agence et aménage des magasins à base de bois massif. La construction du bâtiment a été pensée selon le concept “cradle to cradle”, littéralement “du berceau au berceau”, une démarche avec un point de départ clair : tout doit être réutilisable. “C’est une usine recyclable. En résumé, c’est un gros lego avec de nouveaux principes de construction”, indique Alexis Nollet, le-confondateur d’Ulterïa, à France 3. “On s’attache dès la conception à choisir des matériaux qui soit sont réutilisables, soit d’autres matériaux qui ont les meilleures filières de recyclage.”

La livraison de l'usine MobilWood est prévue pour le mois de juin - Mars 2021
La livraison de l’usine MobilWood est prévue pour le mois de juin - Mars 2021 Crédits : Florent Demay / Cabinet HVR

Le modèle, c’est un peu celui de la longère paysanne du XIXe siècle”, complète Thomas Monarchi-Comte, responsable des affaires publiques d’Ulterïa, contacté par Toute l’Europe. “Les matériaux peuvent être revalorisés : les pierres, le bois, etc.” Ancrée dans son écosystème, l’usine se veut éco-responsable, “autonome et sobre en énergie”. Un projet là encore soutenu par la Région, avec l’apport du FEDER à hauteur de 1,1 millions d’euros.

Sur la période 2014-2020, la Région Bourgogne-Franche-Comté dispose d’une enveloppe de 1,4 milliard d’euros provenant de l’Union européenne. Les deux dispositifs les plus importants sont le Fonds européen agricole pour le développement rural, FEADER (997 millions d’euros) et le Fonds européen de développement régional, FEDER (334 millions d’euros).

L'Europe en région Bourgogne Franche Comté

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