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Elections européennes : quels eurodéputés français sont candidats ?

Il y a ceux qui souhaitent se représenter, ceux qui seront tête de liste et ceux qui comptent raccrocher le costume d’eurodéputé. A l’issue des élections européennes de juin, les 79 élus français au Parlement européen prendront divers chemins. Toute l’Europe fait le point sur leur avenir.

A l'issue des élections européennes de 2024, le nombre de députés européens français passera de 79 à 81 - Crédits : Michel CHRISTEN / Parlement européen
A l’issue des élections européennes de 2024, le nombre de députés européens français passera de 79 à 81 - Crédits : Michel CHRISTEN / Parlement européen

Qui sera réinvesti par son parti aux élections européennes de juin 2024 ? En haut de la liste ou en position inéligible ? Qui devra faire ses cartons et quitter l’hémicycle strasbourgeois ? Qui retournera se consacrer à ses autres mandats politiques, à son ancienne profession ou, tout simplement, à sa vie personnelle ? Ces questions, beaucoup des 79 eurodéputés français encore en fonctions se les posent eux-mêmes.

Nombreux sont ceux qui ne savent pas s’ils poursuivront leur travail au Parlement européen après le 9 juin. Pour l’ensemble des partis politiques représentés à Strasbourg, les listes de candidats aux élections européennes sont encore loin d’être déterminées. Et d’ici le dépôt officiel de celles-ci, courant mai, les tractations en coulisses mèneront bon train, faisant forcément des déçus de dernière minute, relégués aux positions inéligibles, voire hors de la liste.

In fine, ce seront au électeurs de décider par leur vote le 9 juin prochain du nombre de sièges alloués à chaque formation politique. Autant de facteurs qui laissent dans l’inconnue la grande majorité des 79 élus français en poste au Parlement européen.

Pour l’instant, à quatre mois du scrutin, 40 d’entre eux ont fait état de leur envie de rempiler. 8 autres, au contraire, ont d’ores et déjà annoncé qu’ils raccrocheraient le costume de député européen à l’issue de leur mandat. Les 31 restants n’ont pas encore fait part de leurs intentions.

Sommaire

Groupe Renew Europe (Renaissance, MoDem, Horizons, Parti radical - 23 députés)

Au sein de la majorité présidentielle, si la tête de liste n’a pas encore été annoncée, certains députés n’ont pas attendu pour faire connaître leur envie de rempiler. Ils sont aujourd’hui au nombre de 14. Catherine Amalric, Stéphane Bijoux, Pascal Canfin, Jérémy Decerle, Sandro Gozi, Bernard Guetta, Valérie Hayer, Pierre Karleskind, Fabienne Keller, Guy Lavocat, Nathalie Loiseau, Irène Tolleret, Marie-Pierre Védrenne et Stéphanie Yon-Courtin, tous élus pour la première fois en 2019, ont confirmé à Toute l’Europe leur ambition de figurer de nouveau sur la liste présidentielle aux élections européennes de 2024.

A l’inverse, Catherine Chabaud et Dominique Riquet ont fait savoir qu’ils ne seraient pas candidats en juin. La navigatrice a indiqué dès mai 2023 dans un entretien avec Ouest France qu’elle ne rempilerait pas pour un second mandat. Quant à l’ancien maire de Valenciennes (2002-2012) Dominique Riquet, il quittera le Parlement européen après quinze années à siéger à Strasbourg. “Mon mandat se termine le 1er juillet. Je serai impliqué jusqu’au dernier moment”, a-t-il indiqué à Contexte.

Les 7 élus restants n’ont pas encore fait état publiquement de leurs intentions. Leur avenir – comme celui des candidats déjà déclarés – dépend en grande partie des tractations qui se jouent en coulisses entre les différentes composantes de la majorité présidentielle. Renaissance (Pascal Canfin, Valérie Hayer), Horizons (Nathalie Loiseau et Gilles Boyer, responsable de la campagne des Européennes pour le parti), le MoDem (Christophe Grudler, Sylvie Brunet) ou encore le Parti radical (Catherine Amalric) batailleront pour être les mieux représentés possible sur cette future liste. Une chose est certaine : les places seront chères.

Groupe Identité et démocratie (Rassemblement national - 18 députés)

Au Rassemblement national (RN) également, la composition de la future liste aux élections européennes se décide en catimini. Pour le moment, seulement trois députés européens du parti d’extrême droite ont fait acte de candidature : Jordan Bardella, président du parti désigné tête de liste du RN pour les élections européennes comme en 2019, Jean-Paul Garraud, président de la délégation française du groupe Identité et démocratie (ID) au Parlement européen, et Eric Minardi, délégué du RN en Polynésie française. Ces deux derniers ont confirmé à Toute l’Europe leur intention de rempiler.

Pour l’heure, deux parlementaires nous ont confié qu’ils ne souhaitaient pas se représenter. Elue à Strasbourg depuis 2014, Dominique Bilde entend désormais se consacrer à sa vie privée. “J’ai 70 ans, je travaille depuis l’âge de 15 ans, je n’ai jamais arrêté depuis. J’ai besoin de repos désormais”, explique-t-elle. Même situation pour Gilles Lebreton : “Ayant, à 65 ans, accompli dix ans de mandat, j’ai décidé de quitter la vie politique et de laisser ma place à plus jeune que moi.” Pour les 13 autres parlementaires du RN en revanche, c’est silence radio.

Groupe des Verts/Alliance libre européenne (Europe Ecologie Les Verts, Régions et peuples solidaires - 12 députés)

Chez les députés écologistes, on se verrait bien rester à Strasbourg. 8 d’entre eux ont fait part de leur souhait de poursuivre leur travail au Parlement européen. Parmi eux, Marie Toussaint, investie tête de liste d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) aux élections européennes de 2024, et David Cormand, qui devrait l’épauler en seconde position sur la liste. Mounir Satouri (4e position), Benoît Biteau (6e), Caroline Roose (7e), Claude Gruffat (12e) et Gwendoline Delbos-Corfield (13e) figurent également sur la liste des 16 premiers candidats écologistes pour ce scrutin.

Quant à Lydie Massard, arrivée dans l’hémicycle en 2023 à la suite de l’élection de Yannick Jadot au Sénat français, elle a été investie cheffe de file par son parti, Régions et peuples solidaires (RPS). Alliés de longue date d’EELV, les régionalistes de RPS, mécontents des places qui leurs sont accordées sur la future liste écologiste, ont préféré se tourner vers de nouveaux partenaires et former une liste commune avec le Parti radical de gauche et Volt.

Devenue une figure du Parlement européen, Karima Delli ne sera pas réinvestie par EELV. Les statuts du parti limitent ses élus à trois mandats successifs pour une même fonction. Elue depuis 2009, la présidente de la commission des Transports et du Tourisme devra ainsi quitter Strasbourg (sauf si elle trouve une place sur une autre liste…).

Avenir incertain enfin pour quatre autres parlementaires, dont Damien Carême. L’ancien maire de Grande-Synthe (2001-2019) figurait dans la liste des 16 premiers candidats écologistes, mais à une 10e position probablement non-éligible. En désaccord avec la stratégie de son parti, il a décidé de démissionner du parti et, par conséquent, de se retirer de la liste écolo.

La composition de la liste aux européennes est incompréhensible, et vouée à l’échec. On ne reconnaît pas les compétences, le travail de terrain. […] La confiance est rompue, donc je ne peux pas continuer à côtoyer ces gens, et mener campagne avec eux”, s’est-il justifié auprès de Libération, affirmant dans le même temps être en discussion avec “tous les autres partis de gauche” pour mener éventuellement campagne ailleurs.

Groupe du Parti populaire européen (Les Républicains, Les Centristes - 8 députés)

Comme en 2019, François-Xavier Bellamy a été investi tête de liste pour mener la campagne des Républicains aux élections européennes. Trois de ses colistiers de l’époque ont confié à Toute l’Europe leur souhait de repartir à ses côtés. Nathalie Colin-Oesterlé, membre du parti Les Centristes, Geoffroy Didier, secrétaire général délégué des Républicains, et Anne Sander, première questeure du Parlement européen, espèrent de nouveau être investis par le parti de droite.

Un seul élu de la délégation française du groupe du Parti populaire européen (PPE) a d’ores et déjà annoncé qu’il ne se représenterait pas. Elu à Strasbourg depuis 2009, Arnaud Danjean a annoncé dans le Journal de Saône-et-Loire qu’il se mettrait en retrait de la vie politique à l’issue de son mandat. Les trois eurodéputés restants n’ont pas encore fait état de leurs intentions.

Groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates (Parti socialiste, Place publique, Nouvelle Donne - 7 députés)

Bis repetita chez les socialistes également concernant la tête de liste. Raphaël Glucksmann mènera la campagne du Parti socialiste (PS), comme en 2019. A ses côtés, en 4e position sur la liste, devrait de nouveau figurer Aurore Lalucq, avec qui il co-préside Place Publique, parti allié au PS. Chez les roses, Nora Mebarek et Christophe Clergeau sont également sur cette liste, respectivement en 2e et 5e positions.

Députée européenne depuis 2009, Sylvie Guillaume ne se représentera pas pour “laisser la place à de nouvelles figures”, a-t-elle indiqué à Toute l’Europe. Pascal Durand, élu en 2019 sur la liste de la majorité présidentielle qu’il a finalement quitté, ne compte pas se représenter non plus. Seul l’avenir de Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne) est aujourd’hui encore incertain au sein de la délégation socialiste française.

Groupe de la Gauche au Parlement européen (La France insoumise, Gauche républicaine et socialiste - 6 députés)

Chez les insoumis, les voyants sont (presque) tous au vert. Manon Aubry a été ré-investie tête de liste par La France insoumise pour mener la campagne, comme en 2019. Leïla Chaibi, Marina Mesure et Younous Omarjee ont confirmé auprès de Toute l’Europe leur souhait de figurer sur cette liste insoumise. Au contraire d’Emmanuel Maurel qui devrait être candidat sous bannière communiste. Son mouvement, la Gauche républicaine et socialiste, s’est allié au Parti communiste français dans le cadre de ce scrutin.

L’avenir européen d’Anne-Sophie Pelletier enfin est plus qu’incertain, depuis que l’eurodéputée a été exclue de la délégation insoumise en décembre 2023 pour des faits de harcèlement.

Groupe des Conservateurs et réformistes européens (Reconquête - 1 député)

Le 6 février 2024, Nicolas Bay est devenu le premier (et le seul) eurodéputé français à siéger au sein du groupe des Conservateurs et réformistes européens (ECR). Elu en 2019 sur la liste du Rassemblement national, il a rallié en 2022 Eric Zemmour et Reconquête lors de l’élection présidentielle française. Lors du scrutin européen de 2024, il figurera en 4e position sur la liste menée par Marion Maréchal.

Députés français non-inscrits (4 députés)

Quatre députés français figurent aujourd’hui parmi les non-inscrits, tous élus il y a cinq ans sur la liste du Rassemblement national. Gilbert Collard, Maxette Pirbakas et Jérôme Rivière ont quitté le RN après avoir rallié Eric Zemmour et son parti Reconquête lors de l’élection présidentielle de 2022. 

La liste du parti d’extrême droite aux élections européennes de 2024 sera menée par Marion Maréchal, mais rien n’indique pour l’instant si les intéressés figureront dessus. Seule Maxette Pirbakas a confirmé à Toute l’Europe son intention de “continuer le travail entrepris”, sans dévoiler pour l’instant auprès de quelle formation politique.

Quant à Hervé Juvin, il a été exclu de la délégation française du RN en novembre 2022 après avoir été condamné en appel pour violences conjugales. Difficile d’imaginer le parti de Marine Le Pen l’investir de nouveau pour le prochain scrutin.

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