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Urgence climatique : l'essentiel sur l'action internationale et européenne

Synthèse 14.11.2019

Tandis que la communauté scientifique alerte d'année en année sur l'aggravation du changement climatique et que les sommets internationaux (COP) se succèdent, l'Europe semble vouloir aller de l'avant.

Environnement et climat

Une augmentation des températures mondiales

D'après le GIEC (Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat), il est certain à plus de 95 % que le réchauffement climatique est d'origine humaine.

Par ailleurs, quelle que soit l'ampleur de l'action internationale pour le climat, le monde va connaître une augmentation globale des températures, ainsi qu'une accélération de la fonte des glaces et de la montée des eaux.

La communauté scientifique préconise de contenir ce réchauffement global sous les 2°C : au-delà de ce seuil, "l'emballement" des conséquences, comme les événements climatiques extrêmes, a "de fortes chances de devenir irrésistible". Or le dernier rapport spécial du GIEC sur le réchauffement planétaire (2018) indique qu'au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le seuil de 1,5 °C sera franchi entre 2030 et 2052 et le réchauffement dépassera les 3-4 °C d'ici 2100. Ainsi, une réduction drastique de ces émissions apparaît nécessaire.

Si l'Europe n'est pas le continent le plus exposé aux catastrophes liées au réchauffement de la planète, elle n'en est pas exempte. Inondations, tempêtes, sécheresses ou autre événements auparavant exceptionnels se font de plus en plus fréquents.

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Des sommets de la Terre aux COP

Au niveau international, la prise de conscience de la nécessité de protéger l'environnement, puis de lutter contre le changement climatique, est assez récente. Elle débute dans les années 1970, avec un rapport du Club de Rome, groupe de réflexion réunissant des experts de tous pays, alertant sur l'épuisement des ressources en matières premières. Suit en 1972 un sommet de la terre à Stockholm, première conférence de l'Organisation des nations unies dédiée à l'environnement, qui donne naissance au Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

En 1987, le rapport Brundtland, rédigé par une commission de l'ONU, définit pour la première fois la notion de développement durable. Il servira de base au sommet de la Terre de Rio de 1992, qui lance la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) dont les pays signataires se rencontrent chaque année depuis 1995 lors de "conférences des parties", ou "COP".

De la COP21 à la COP25

En décembre 2015, une étape majeure est franchie dans la communauté internationale avec l'accord de Paris sur le climat, conclu à Paris par 195 Etats. Il a notamment pour objectif de contenir l'élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C voire même 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. La France, pays hôte, l'UE et les vingt-sept autres Etats membres ont joué un rôle moteur incontournable pour favoriser ce succès.

En 2018, lors de la COP24 de Katowice (Pologne), l'ensemble des règles d'application de l'Accord de Paris est adopté. L'insuffisance des réductions d'émissions de gaz à effet de serre pour que les dispositions de l'Accord de Paris soient respectées est également reconnue, alors que les conséquences du réchauffement climatique s'accélèrent.

Plus généralement, l'impulsion donnée à Paris en 2015 peine à se prolonger, avec notamment le désengagement unilatéral des Etats-Unis de Donald Trump des efforts multilatéraux pour le climat. Et ce même si des initiatives tentent de relancer l'action internationale, à l'image du One Planet Summit, dont la première édition s'est tenue à Paris en 2017.

Le Chili, qui devait accueillir la COP25 en décembre 2019, a préféré se désister devant l'ampleur des contestations sociales qui ont débuté en octobre. La conférence aura ainsi lieu à Madrid.

 

Une Europe volontariste

Historiquement en pointe sur ces questions, l'Europe fait partie des ensembles de pays les plus enclins à s'engager pour le climat, à la différence d'Etats traditionnellement plus réticents comme les Etats-Unis ou la Chine.

Dans son ensemble, l'Union représenterait moins de 10 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, selon les données de la Banque mondiale en 2014. Une proportion nettement inférieure à celles de la Chine (30 %) et des Etats-Unis (15 %). Et tandis que les émissions mondiales de CO2 ont fortement augmenté depuis vingt ans (55 %), celles de l'Union européenne ont quant à elles décru, malgré une légère remontée en 2016 et en 2017.

D'ici 2020, l'UE s'est ainsi fixé comme objectifs de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % (par rapport aux niveaux de 1990), de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d'énergie de l'UE, et d'améliorer l'efficacité énergétique de 20 %. Et d'ici 2030, l'UE doit réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 %, augmenter la production d'énergies renouvelables de 32 % et améliorer l'efficacité énergétique de 32,5 %. Des normes contraignantes ont également été adoptées pour les émissions de CO2 des automobiles : celles-ci devront être réduites de 37,5 % d'ici 2030 par rapport à 2021 pour les véhicules neufs.

La politique européenne de lutte contre le changement climatique

En 2005, l'Union a par ailleurs mis en place un marché du carbone, réformé avec succès en février 2018. Jusqu'ici inefficace pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des industries les plus polluantes, son nouveau fonctionnement a permis une remontée rapide du prix de la tonne de carbone.

Enfin, le "Green deal" est l'une des priorités de la nouvelle présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Celle-ci souhaite ainsi atteindre la neutralité carbone en 2050.

Pacte vert européen : le programme écologique de la nouvelle Commission

Pris un à un, les Vingt-Huit affichent des performances diverses en termes de lutte contre le réchauffement climatique. Par exemple, en 2017 les habitants du Luxembourg ont chacun émis 20 tonnes de gaz à effet de serre, loin des 5,5 tonnes émises par chaque Suédois ou Maltais, selon Eurostat. Avec 7,2 tonnes par habitant, les Français se situent sous la moyenne européenne de 8,8 tonnes par habitant.

Les Etats membres individuellement ainsi que les collectivités locales complètent l'action européenne. La France a par exemple voté en 2015 une loi de transition énergétique, puis un plan climat en 2017.

D'autres défis

Outre le changement climatique, les Européens doivent évidemment faire face à de nombreux défis environnementaux.

D'après l'Agence européenne de l'environnement, 500 000 personnes meurent ainsi chaque année sur le continent en raison de la pollution de l'air. En octobre 2019, la France a ainsi été condamnée par la Cour de Justice de l'Union européenne pour avoir insuffisamment protégé ses citoyens.

Autre exemple : les politiques européennes concernant les perturbateurs endocriniens ou certaines substances comme le glyphosate sont régulièrement mises en cause...

La politique européenne de l'environnement