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Climat : les principaux engagements internationaux et européens

Réduction des émissions de gaz à effet de serre, neutralité carbone, énergies renouvelables… La communauté internationale et l’Europe se sont fixé plusieurs objectifs pour lutter contre le changement climatique.

Environnement et climat
La Commission européenne a notamment annoncé, le 14 juillet 2021, un train de mesures destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 55 % par rapport aux niveaux de 1990, objectif intermédiaire de l’UE en vue de la neutralité climatique à l’horizon 2050.

Quelle que soit l’ampleur de l’action internationale pour le climat, le monde va connaître une augmentation globale des températures, ainsi qu’une accélération de la fonte des glaces et de la montée des eaux.

La communauté scientifique préconise de contenir ce réchauffement global sous les 2°C : au-delà de ce seuil, “l’emballement” des conséquences, comme les événements climatiques extrêmes, a “de fortes chances de devenir irrésistible” .

Un rapport spécial du GIEC sur le réchauffement planétaire publié en 2018 indique qu’au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, le seuil de 1,5 °C sera franchi entre 2030 et 2052 et le réchauffement dépassera les 3-4 °C d’ici 2100. Ainsi, une réduction drastique de ces émissions apparaît nécessaire.

Le GIEC estime qu’il est encore possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C seulement d’ici à 2100. Pour ce faire, nous devons diminuer nos émissions de gaz à effet de serre de 45 % entre 2030 et 2100 et parvenir à la neutralité carbone (soit l’équilibre entre émissions et absorptions anthropiques de GES) d’ici à 2050. Des objectifs atteignables d’un point de vue technique, estiment les experts du GIEC.

Des sommets de la Terre aux COP

Au niveau international, la prise de conscience de la nécessité de protéger l’environnement, puis de lutter contre le changement climatique, est assez récente. Elle débute dans les années 1970, avec un rapport du Club de Rome, groupe de réflexion réunissant des experts de tous pays, alertant sur l’épuisement des ressources en matières premières.

Suit en 1972 un sommet de la terre à Stockholm, première conférence de l’Organisation des nations unies dédiée à l’environnement, qui donne naissance au Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

En 1987, le rapport Brundtland, rédigé par une commission de l’ONU, définit pour la première fois la notion de développement durable. Il servira de base au sommet de la Terre de Rio de 1992, qui lance la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), dont les pays signataires se rencontrent chaque année depuis 1995 lors de “conférences des parties”, ou “COP” .

De la COP21 à la COP26

En décembre 2015, une étape majeure a été franchie dans la communauté internationale avec l’accord de Paris sur le climat, conclu à Paris par 195 Etats. Celui-ci a notamment pour objectif de contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 2°C voire même 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels. La France, pays hôte, ainsi que l’UE et les 27 autres Etats membres de l’époque ont joué un rôle moteur pour favoriser ce succès.

En 2018, lors de la COP24 de Katowice (Pologne), l’ensemble des règles d’application de l’accord de Paris ont été adoptées, à une exception près. Sous la pression du Brésil, une règle portant sur les mécanismes de flexibilité et de coopération (dits “mécanismes de marché”) prévus par l’article 6 de l’accord de Paris est alors rejetée. La réduction des émissions de gaz à effet de serre est alors jugée insuffisante pour respecter le traité.

Malgré d’autres heurts, dont le retrait des Etats-Unis sous le mandat de Donald Trump, l’impulsion donnée à Paris en 2015 semble aujourd’hui se poursuivre. Joe Biden a réintégré les Etats-Unis au sein de l’accord de Paris dès son élection. Tandis que le plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre, la Chine, s’est pour sa part fixée un objectif de neutralité carbone à horizon 2060.

D’autres initiatives tentent de relancer l’action internationale, à l’image du One Planet Summit initié par la France en 2017. La COP26 se tiendra quant à elle à Glasgow en novembre 2021.

Une Europe volontariste

Historiquement en pointe sur ces questions, l’Europe fait partie des groupes de pays les plus enclins à s’engager pour le climat, à la différence d’Etats traditionnellement plus réticents comme les Etats-Unis ou la Chine.

Dans son ensemble, l’Union produit 9 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales, selon les données 2019 du Programme des Nations Unies pour l’environnement. Une proportion nettement inférieure à celles de la Chine (29 %) et des Etats-Unis (14 %). Indépendamment du bilan mondial, l’Europe a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 24 % entre 1990 et 2019, selon les estimations de l’Agence européenne pour l’environnement.

Pour 2020, l’UE s’était donné pour but de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % (par rapport aux niveaux de 1990), de porter à 20 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie de l’UE, et d’améliorer l’efficacité énergétique de 20 %. Si les deux premiers objectifs semblent atteints, cela ne devrait en revanche pas être le cas du troisième.

Dans le cadre du “Green deal” de la Commission européenne, l’UE vise l’objectif de neutralité carbone en 2050. Une échéance qui est inscrite dans le texte de la loi climat adoptée par les Etats membres et le Parlement européen fin juin 2021, de même que l’ambition intermédiaire de réduire de 55 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990. Pour parvenir à réaliser ce dernier objectif, la Commission européenne a présenté, le 14 juillet 2021, son “paquet climat” (en anglais “Fit for 55”). Parmi les mesures d’une ampleur inédite proposées par l’exécutif de l’UE figurent notamment la mise en place d’une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne, l’extension et le renforcement du marché européen du carbone ou encore la fin de la vente des voitures thermiques pour 2035.

Si l’Europe n’est pas le continent le plus exposé aux catastrophes liées au réchauffement de la planète, elle n’en est pas exempte. Inondations, tempêtes, sécheresses ou autre événements auparavant exceptionnels se font de plus en plus fréquents.

Des performances diverses

Pris un à un, les Vingt-Sept affichent des performances diverses en termes de lutte contre le réchauffement climatique. En 2019, les habitants du Luxembourg ont chacun émis 20,3 tonnes de gaz à effet de serre en moyenne, loin des 5,2 tonnes constatées chez les Suédois ou des 5,3 tonnes relevées à Malte, selon Eurostat. Avec 6,8 tonnes de gaz à effet de serre par habitant, les Français se situent sous la moyenne européenne, en baisse, de 8,4 tonnes.

Les Etats membres ainsi que les collectivités locales complètent l’action européenne à leur échelle. La France a par exemple voté une loi de transition énergétique en 2015, puis un plan climat en 2017. Dans cette lignée, le gouvernement d’Edouard Philippe a également convoqué une Convention citoyenne pour le climat. L’initiative, qui a suscité de l’enthousiasme mais aussi des critiques suite aux modifications apportées sur les travaux des citoyens mobilisés pour l’occasion, a été transposée dans la législation française par un projet de loi début 2021 et un vote favorable du Parlement le 20 juillet.

D’autres défis

Outre le changement climatique, les Européens doivent évidemment faire face à de nombreux défis environnementaux.

D’après l’Agence européenne de l’environnement, 500 000 personnes meurent ainsi chaque année sur le continent en raison de la pollution de l’air. En octobre 2019, la France a ainsi été condamnée par la Cour de Justice de l’Union européenne pour avoir insuffisamment protégé ses citoyens.

Autre exemple : les politiques européennes concernant les perturbateurs endocriniens ou certaines substances comme le glyphosate sont régulièrement mises en cause…

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