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Pays-Bas : l’extrême droite eurosceptique remporte largement les élections législatives

Le parti populiste, islamophobe et eurosceptique de Geert Wilders est arrivé largement en tête des élections législatives de ce mercredi 22 novembre aux Pays-Bas. La presse européenne s’inquiète du devenir des relations entre Bruxelles et Amsterdam, voire d’un éventuel “Nexit”.

Geert Wilders est le leader du Parti pour la liberté (PVV), qu'il a fondé en 2006 - Crédits : Melanie Wenger / Parlement européen
Geert Wilders est le leader du Parti pour la liberté (PVV), qu’il a fondé en 2006 - Crédits : Melanie Wenger / Parlement européen

Séisme”. Le terme revient dans une bonne partie de la presse européenne ce jeudi 23 novembre au matin pour qualifier le résultat des élections législatives qui se sont déroulées hier aux Pays-Bas. Et pour cause : “le parti néerlandais d’extrême droite islamophobe de Geert Wilders est arrivé largement en tête” du scrutin, indique L’Obs. Selon les dernières projections de De Telegraaf, le PVV (Parti pour la liberté) disposera de “37 sièges” sur les 150 de la chambre basse.

L’alliance de gauche et écologiste de l’ancien vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, se placerait deuxième, avec 25 sièges”, ajoute Libération. “Le Parti populaire pour la liberté et la démocratie (VVD), de centre-droit, qui domine la scène politique néerlandaise depuis plus de dix ans et auquel appartient le Premier ministre sortant, Mark Rutte, aurait remporté 24 sièges. Le Nouveau Contrat social (NSC), fondé en août par l’ancien chrétien-démocrate Pieter Omtzigt, raflerait, lui, 20 sièges”, complète le quotidien français.

La crainte d’un “Nexit”

Pour Les Echos, cette victoire de l’extrême droite constitue “un séisme électoral qui risque d’être ressenti dans toute l’Europe”. Les inquiétudes de la presse européenne se focalisent en particulier sur un homme : “Geert Wilders, leader de l’extrême droite islamophobe et souverainiste, identifiable à sa chevelure blond platine et ses propos outranciers” [La Croix]. Pour Politico, le patron du Parti pour la liberté n’est rien de moins que “le pire cauchemar de l’Union européenne”.

Geert Wilders, souvent décrit comme le Donald Trump des Pays-Bas, […] a de quoi faire trembler Bruxelles”, concède Le Temps. “Son parti a promis un ‘référendum contraignant’ sur la sortie des Pays-Bas de l’UE”, poursuit le quotidien helvète. “Un référendum dit ‘Nexit’ [qui] figurait au cœur de la campagne du leader d’extrême droite”, abonde Politico, “sept ans après le vote des Britanniques en faveur du Brexit”.

Ailleurs en Europe, “les leaders de l’extrême droite européenne ont immédiatement salué la victoire du populiste néerlandais”, notent Les Echos. “Les vents du changement sont là. Félicitations à Geert Wilders pour avoir remporté les élections néerlandaises”, a écrit sur X (anciennement Twitter) le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán [BFM TV]. “Je me félicite de cette victoire”, a réagi Marine Le Pen au micro de France Inter ce jeudi matin. “Geert Wilders et son mouvement sont des alliés du Rassemblement national”, a-t-elle poursuivi, tout en reconnaissant que le leader du PPV pouvait avoir “des propos qui sont chocs et qui [pouvaient] parfois être choquants” [France info].

Le casse-tête d’une coalition gouvernementale

Le plus dur commence toutefois pour le PVV. Car avec ses 37 sièges sur les 150 que compte la Chambre des représentants, la majorité parlementaire est loin d’être acquise. Former une coalition gouvernementale apparaît donc indispensable, comme toujours aux Pays-Bas en raison du scrutin proportionnel. De Telegraaf le souligne : “la possibilité pour [M.] Wilders de devenir Premier ministre est encore extrêmement incertaine”. Les scénarios sont multiples : pour l’Algemeen Dagblad, malgré la victoire de l’extrême droite, ce sont les deux formations de centre-droit, le VVD et le NSC (respectivement arrivées en 3e et 4e positions), qui “détiennent la clé de la formation” gouvernementale à venir.

Longtemps, ces partis ont tenu le PVV à l’écart. Mais “depuis que la remplaçante de Mark Rutte à la tête du VVD, Dilan Yeşilgöz, a indiqué au début de la campagne qu’elle pourrait éventuellement entamer des pourparlers de coalition avec [M.] Wilders, le leader d’extrême droite s’est efforcé de paraître plus raisonnable. Il a atténué certaines de ses positions les plus virulentes, en particulier sur l’islam - comme l’interdiction des mosquées - en affirmant qu’il y avait des priorités plus importantes à régler”, note Politico.

L’Algemeen Dagblad n’exclut pas non plus “un scénario cauchemardesque pour [Geert] Wilders” : que les autres formations politiques forment une coalition en excluant le PVV. Le risque pour l’Union européenne n’en serait pas réduit pour Politico, au contraire. “Si les partis centristes s’unissent pour empêcher – une fois de plus – [Geert] Wilders d’accéder au pouvoir, il y aurait un prix à payer par la suite avec les électeurs néerlandais en colère”. Et le magazine anglophone de rappeler que “Nigel Farage, qui a encouragé le Brexit, a montré au Royaume-Uni qu’il n’est pas nécessaire d’être au pouvoir pour avoir une grande influence” sur le sort de son pays au sein de l’UE.

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