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A l’approche des élections européennes, Marine Le Pen fustige le programme de “remigration” de l’extrême droite allemande

Lors de ses vœux à la presse jeudi 25 janvier, l’ex-responsable du Rassemblement national a marqué son désaccord avec son actuel allié allemand au Parlement européen, l’AfD.

En 2019, Marine Le Pen avait participé à la création du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen, en présence notamment de membres de l'AfD – Crédits : Union européenne
En 2019, Marine Le Pen avait participé à la création du groupe Identité et Démocratie au Parlement européen, en présence notamment de membres de l’AfD – Crédits : Melanie Wenger / Parlement européen

Hors de question de se laisser pourrir la campagne européenne par les Allemands. C’est en substance ce que Marine Le Pen a dit aux journalistes lors de ses vœux à la presse” hier, résume Libération. Ce jeudi 25 janvier, l’ancienne présidente du Rassemblement national (RN) a “mis en garde […] ses partenaires allemands de l’AfD” (Alternativ für Deutschland), abonde Le Figaro. Ces derniers sont en effet “au cœur d’une polémique pour avoir prôné une forme de ‘remigration’ “, poursuit le journal.

Deux semaines auparavant, la presse allemande avait révélé “une réunion entre plusieurs dirigeants de l’AfD”, au cours de laquelle a été discuté un projet de “remigration de deux millions de personnes en Allemagne, étrangers ou Allemands mal assimilés”, note Le Point. Et depuis plusieurs jours, “des manifestations géantes contre le parti, accusé de miner la démocratie, se tiennent dans tout le pays”, fait savoir France 24.

“Paraître plus modérée”

Marine Le Pen a donc tenu à s’en distancier, affirmant être “en total désaccord avec la proposition”, poursuit France 24. “Jamais nous n’avons défendu une quelconque remigration, en ce sens que l’on retirerait la nationalité française à des gens qui l’ont acquise”, a-t-elle déclaré.

“Popularisé” par Eric Zemmour lors de l’élection présidentielle de 2022, le “concept” de remigration consiste à “ramener les immigrés non européens dans leur pays d’origine”, explique la FAZ. Il était déjà à l’origine d’une joute entre les deux candidats rivaux d’extrême droite, Marine Le Pen critiquant alors “à plusieurs reprises l’idée d’un échange de population organisé”, note le média allemand.

Repris cette fois par certains membres de l’AfD, il offre à la députée du RN l’occasion de clarifier ses positions à l’approche des élections européennes du 9 juin. D’après le politologue Nicolai von Ondarza, repris par la ZDF, il s’agit de nouveau d’une “tentative de paraître plus modérée” face à une AfD allemande qui “se radicalise de plus en plus”.

A plus long terme, Marine Le Pen “veut se présenter pour la quatrième fois à l’élection présidentielle française en 2027″, note Der Spiegel : “c’est aussi grâce à cette orientation qu’elle a actuellement de bonnes chances” de l’emporter. Elle doit donc “non seulement se défendre contre Macron, mais aussi contre son concurrent encore plus de droite radicale, Eric Zemmour”, poursuit l’hebdomadaire allemand.

L’alliance RN – AfD en cause

Lors de ses vœux à la presse parlementaire française hier, Marine le Pen a explicitement “menacé” l’AfD “de mettre fin à leur coopération” au Parlement européen, poursuit la ZDF. Les eurodéputés des deux partis y siègent actuellement dans le même groupe, Identité et Démocratie (ID). Le RN y est d’ailleurs “le deuxième parti le plus représenté derrière la Lega italienne de Matteo Salvini et devant l’AfD” [Euractiv], tandis que “le chef du parti RN, Jordan Bardella, en est le vice-président” [ZDF].

Actuellement composé de 58 députés, le groupe européen pourrait gagner “40 sièges de plus” à l’issue du prochain scrutin européen selon  “les projections des sondages”,notamment grâce à la poussée électorale de l’AfD en Allemagne”, souligne Le Point.

Cependant, et malgré “plusieurs meetings communs ces dernières semaines” [France 24], “le torchon brûle depuis plusieurs mois” entre le RN et l’AfD, analyse Euractiv. Son candidat Maximilian Krah a par exemple “été accusé de soutenir Éric Zemmour […] plutôt que Mme Le Pen pour l’élection présidentielle de 2022″, ce qu’il a par la suite “réfuté catégoriquement”, évoque le média.

“Partenariat solide”

Interrogé par Le Point, “Maximilian Krah, la tête de liste de l’AfD, tente d’éteindre la colère de Marine Le Pen”. Selon lui, “il existe un partenariat solide et de longue date entre le RN et l’AfD”, tandis que la réaction de sa partenaire française se fonde sur une “désinformation”.

De son côté, Marine Le Pen a expliqué ne pas chercher à avoir dans ID “des gens qui ont le même programme politique que [le RN]”, mais plutôt des partis qui s’entendent sur “le périmètre à donner aux nations et aux institutions européennes sur les sujets essentiels” [Libération].

Si les deux partis venaient à se séparer au niveau européen, “la perte de la délégation allemande présente[rait] […] un risque pour l’existence même du groupe”, estime Libération. Au Parlement européen, un groupe doit en effet “réunir des parlementaires d’au minimum sept nationalités différentes”, or “ID n’en rassemble plus que… huit”, constate le quotidien.

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