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Face aux eurodéputés, Emmanuel Macron présente les priorités de la présidence française du Conseil

Le chef de l’Etat a échangé, mercredi 19 janvier à Strasbourg, avec les parlementaires européens sur les grands axes de la présidence exercée par la France au Conseil de l’UE, depuis le 1er janvier jusqu’au 30 juin.

La campagne présidentielle française s'est invitée dans l'hémicycle strasbourgeois
La campagne présidentielle française s’est invitée dans l’hémicycle strasbourgeois - Crédits : Michel Christen / Parlement européen

Tout au long de son discours, le président de la République “s’est posé mercredi 19 janvier en défenseur d’un ‘rêve possible’ pour réactiver l’idéal européen”, entame La Croix. Pendant près de quatre heures, découpées entre “une demi-heure de prise de parole, puis plus de deux heures et demie d’un débat sans concession”, Emmanuel Macron a réaffirmé le cap souhaité pour l’Europe par la présidence française du Conseil de l’UE.

Une Europe forte et indépendante

En matière de relations internationales, “il souhaite notamment que l’UE se dote d’une doctrine commune de politique étrangère qui permette d’anticiper les crises”, note Libération. Dans ce cadre, le président plaide pour “un dialogue franc et exigeant avec Moscou”, souligne [France info]. Le quotidien suisse Le Temps retient de son côté un chef de l’Etat érigeant “la défense de la démocratie en priorité européenne absolue”, et qui a ainsi délivré un “plaidoyer pour l’état de droit”. Au sujet des droits des femmes, Emmanuel Macron veut par exemple “actualiser la Charte des droits fondamentaux de l’UE pour être plus explicite sur la reconnaissance du droit à l’avortement ou sur la protection de l’environnement”, cite Le Parisien. Le journal rapporte des “applaudissements dans une partie de l’hémicycle, alors que la Maltaise Roberta Metsola est opposée à l’IVG et que son élection mardi au fauteuil jadis occupé par Simone Veil [comme présidente du Parlement européen NDLR] suscite un malaise”.

En écho avec la feuille de route qu’il avait déjà tracée le 9 décembre dernier, “Macron insiste sur une Europe forte et indépendante”, ajoute le Süddeutsche Zeitung en Allemagne. L’ambition du président consiste à in fine “revivifier ‘les trois promesses de l’Europe : démocratie, progrès, paix’ ” [Le Parisien].

La campagne présidentielle s’invite au Parlement européen

Face au président, les réactions des parlementaires ont été variées. Si les intentions de la France au Conseil ont été “saluées”, “les eurodéputés se montrent sceptiques devant l’ampleur du programme français”, considère L’Express.

Surtout, la campagne présidentielle s’est trouvée présente dans les considérations de nombreux députés. Pour Politico, après que le président a terminé son discours, “la politique française a pris le dessus”. Le journal belge Le Soir va même jusqu’à qualifier le Parlement européen d’ “arène française”. Une arène qui a accouché d’un “moment de violence politique”, renchérit Le Point, évoquant la “pluie de critiques acerbes de la part des eurodéputés français”.

Pourtant, comme le relate le Süddeutsche Zeitung, “ce ne sont même pas les Français qui ont mis en premier leurs querelles de politique intérieure à l’ordre du jour européen. C’est plutôt le politicien allemand de la CSU, Manfred Weber, président du groupe parlementaire du Parti populaire européen (PPE), qui l’a fait. Il a déclaré qu’il était heureux que la conservatrice Valérie Pécresse se présente contre Macron lors de la campagne électorale”.

Mais bien sûr, le “pré-candidat” [Libération] a subi les assauts des eurodéputés français et notamment le “discours très offensif” [Le Monde] de Yannick Jadot, candidat écologiste déclaré à la présidentielle. “L’ancien militant de Greenpeace, dont la campagne peine à décoller dans les sondages, a utilisé sans détour les cinq minutes de temps de parole que son président de groupe, Philippe Lamberts, lui avait généreusement accordé au nom des Verts. Le buste tourné vers Emmanuel Macron, M. Jadot a accusé le chef de l’Etat d’être ‘le président de l’inaction climatique’ ”, raconte le quotidien.

Pour Le Figaro, c’est “un face-à-face que Yannick Jadot attendait depuis longtemps”. Pourtant, “ce n’est pas le seul [qui a voulu] ramener le président français aux enjeux électoraux nationaux. L’eurodéputé et président par intérim du Rassemblement national, Jordan Bardella, a lui aussi pris la parole pour attaquer la politique du chef de l’Etat. […] À gauche, c’est l’eurodéputée LFI Manon Aubry qui a mené l’offensive contre [l’actuel locataire de l’Elysée], qu’elle accuse d’être le ‘président du mépris’ ”. Les ont rejoints “François-Xavier Bellamy des Républicains, Nicolas Bay du RN et Manuel Bompard de LFI” [Le Figaro].

Une situation regrettée par beaucoup de membres de l’assemblée, qui ont déploré “la virulence d’un débat qualifié de national dans l’hémicycle européen”, indique Euronews. “Vous vous croyez sur Antenne 2 ou TF1 ?”, a ainsi pesté l’eurodéputé belge Guy Verhofstadt, les appelant à faire preuve d’ ”unité” dans un moment “grave”, rapporte la chaîne d’information.

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