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Dernière mise à jour : 22.08.2014

République tchèque

République Tchèque

drapeau République Tchèque
  • Capitale : Prague
  • Superficie : 78 866 km² - (Eurostat - 2013)
  • Population : 10,57 millions (Eurostat - 2017)
  • Date d'adhésion : 2004
Monnaie : Couronne tchèque Espace Schengen : oui
Système politique : République à caractère mixte Chef d'Etat : Miloš Zeman Chef du Gouvernement : Bohuslav Sobotka Prochaines élections : Législatives : 20 octobre
Hymne national : Kde Domov Muj (Où est ma maison?) Fête nationale : 28 octobre - indépendance Langue officielle : Tchèque Indicatif téléphonique : 420
Villes principales : Prague, Brno, Ostrava, Plzeň, Liberec Découpage administratif : 14 provinces, 6 254 communes
PIB : 176,6 milliards d'euros (Eurostat - 2016) Taux de croissance : 2,6 % (Eurostat - 2016) Taux de chômage : 3% (Eurostat - 2017) Dette publique : 37,2% (Eurostat - 2016) Déficit public : -0,6% (Eurostat - 2016) Inflation : 0,6% (Eurostat - 2016)
Indice de développement humain : 0,878 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 9,2 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

La République Tchèque (Česká Republika) est une république à caractère mixte, présidentiel et parlementaire.

Sorti vainqueur du second tour d'un scrutin qui l'opposait à Karel Schwarzenberg, chef de la diplomatie du gouvernement de Vaclav Klaus, l'ex-Premier ministre de gauche Milos Zeman est élu le 27 janvier 2013 président de la République Tchèque avec plus de 55% des suffrages. Il est le premier président tchèque élu au suffrage universel direct. La chambre des députés a en effet approuvé, le 14 décembre 2011, un amendement à la Constitution qui permet une élection du président de la République au suffrage universel direct et non plus par le parlement.

Contrairement au précédent chef de l'Etat eurosceptique Vaclav Klaus, Milos Zeman, qui a été Premier ministre de 1998 à 2002, s'est prononcé en faveur d'une harmonisation fiscale européenne et de l'entrée de son pays dans la zone euro.

Suite aux législatives anticipées des 25 et 26 octobre 2013, un gouvernement de coalition de centre-gauche, dirigé par le social-démocrate Bohuslav Sobotka, est nommé le 29 janvier 2014. Outre le CSSD social-démocrate, il comprend le parti populiste ANO (Action des citoyens mécontents) et le parti chrétien-démocrate KDU. Le Premier ministre s'est engagé à inverser la tendance eurosceptique des précédents dirigeants.

Les futures élections législatives sont prévues pour le mois d’octobre prochain. Elles seront suivies par l’élection présidentielle en 2018.

Le pays et l'UE

Adhésion à l'Union européenne et entrée dans l'OTAN

Après l’effondrement du bloc communiste, la République tchèque s’est fixée, à l’instar de la plupart des pays d’Europe centrale et orientale, un double objectif : s’ancrer dans une Europe synonyme de démocratie et de prospérité, et nouer une alliance militaire avec les Etats-Unis pour se protéger de la Russie. Dès 1999, elle devient ainsi membre de l’OTAN. Son appartenance à l’alliance militaire atlantique lui vaut de participer aux missions au Kosovo et en Afghanistan ainsi qu’à l’intervention en Irak de la coalition menée par les Etats-Unis.

La République tchèque dépose sa candidature à l'entrée dans l’Union européenne en janvier 1996. Les négociations d’adhésion entamées en 1998 ouvrent une période de transformation durant laquelle la République Tchèque adapte son économie et son système politique aux normes européennes. Elle devient membre de l’Union européenne le 1er mai 2004, après un référendum tenu les 13 et 14 juin 2003, révélant près de 77,3 % de soutien à l'adhésion à l'UE avec une participation électorale de 55 %.

La République tchèque compte 21 députés au Parlement européen et dispose de 12 voix au Conseil de l'UE.

Elle a assuré la Présidence du Conseil de l'Union européenne le 1er semestre 2009. Parmi ses priorités figuraient notamment la poursuite de l’élargissement de l’UE aux pays des Balkans occidentaux, ainsi que le renforcement du partenariat oriental avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, la Moldavie et l’Ukraine.

Relations avec les pays voisins et querelles sur les questions européennes

La République tchèque a noué des liens solides avec le grand voisin allemand, malgré un contentieux persistant autour de la région frontalière des Sudètes (3 millions d’Allemands furent expulsés des Sudètes à la suite des décrets Beneš adoptés en 1945). En 1991, elle fonde avec ses autres voisins, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie, le groupe de Visegrad, chargé de défendre les intérêts de ses membres au sein de l’Union européenne.

Milos Zeman, président de la République Tchèque depuis 2013, est un européen convaincu, favorable à l’entrée de son pays dans la zone euro.

Nommé le 29 janvier 2014, le chef du gouvernement Bohuslav Sobotka s'est également engagé à rompre avec l'euroscepticisme des années passées, prévoyant de rejoindre le "pacte budgétaire" et d'adopter la monnaie unique.

Malgré ces bonnes intentions, la République tchèque se retrouve depuis 2015 au cœur des reproches des institutions européennes, notamment pour sa non-coopération au système de relocalisation des réfugiés depuis la Grèce et l'Italie.

Géographie

La République tchèque est limitée au nord-ouest par l'Allemagne, au nord-est par la Pologne, au sud par l'Autriche et au sud-est par la Slovaquie.

Entre le point culminant, le mont Snêzka à 1602 mètres, et le niveau le plus bas, à 115 mètres sur l'Elbe, le relief fait alterner plaines et paysages accidentés. La partie occidentale de la République tchèque, la Bohême, constitue une plaine entourée d’un quadrilatère de montagnes. Prague en occupe le centre la ville est drainée par l’Elbe et ses affluents, comme la Vltava. La Bohème est plus riche en basses montagnes et en plateaux que la Moravie, entourant Brno et limitée à l’est par les Carpates Blanches.

Ce pays aux dimensions relativement modestes (79 000 km2) offre des paysages riches et variés. Les forêts, les réserves naturelles, les sources d'eau minérale sont autant de raisons qui attirent les touristes en République tchèque.

Economie

13 ans après son adhésion à l'UE, l’économie tchèque est très ouverte et pleinement intégrée à l'Union européenne. Près de 80% de ses échanges sont effectués avec des pays membres, notamment l'Allemagne, la Slovaquie ou encore la Pologne. La Bohème et la Moravie sont des régions fortement industrialisées, et ce depuis le début du 20ème siècle. L’expérience communiste a accentué cette industrialisation. Depuis les débuts de la transition, ce secteur d’activité est en déclin constant, au profit du secteur tertiaire qui emploie 60% de la population active en 2015.

Au cours des années 90, l’économie tchèque a connu une croissance rapide du secteur privé, qui représente aujourd’hui 80 % du PNB, alors qu’il atteignait à peine 4 % au début de la transition. Cette profonde mutation s’est traduite par une explosion du nombre de petites et moyennes entreprises, en particulier dans le secteur des services. Le secteur de la production, qui concerne principalement l'industrie automobile, représente 38% du PIB. Skoda, Toyota ou encore PSA y produisent des véhicules. La production d'énergie est également importante et permet au pays d'avoir un faible taux de dépendance énergétique (31,9% en 2015) en comparaison de la moyenne européenne, supérieure à 50%.

Les finances publiques du pays satisfont les critères européens. Deux années d'austérité en 2013 et 2014 ont permis au pays d'afficher un déficit public inférieur à 3% depuis. La dette publique est inférieure à 40% du PIB depuis 2013 et diminue de façon constante. Libellé à près de 80% en couronnes, le poids de la dette est ainsi relativement peu dépendant des risques de change.

Si la production manufacturière et les exportations sont les moteurs de la reprise de l'économie tchèque, la croissance à 4,5% en 2015 est néanmoins partiellement liée à l'absorption précipitée des fonds européens résiduels, prévus pour la période 2007-2013 et qui arrivaient à expiration. Le gouvernement a pris conscience de l'urgence d'entreprendre des réformes structurelles (réforme fiscale, réforme du système de retraite et de la sécurité sociale). Au-delà de la faiblesse des dépenses consacrées aux services d'intérêt général, la République tchèque dispose en effet d'une administration publique relativement peu efficace.

Le PIB par habitant atteint 85% de la moyenne européenne. En revanche, en termes d'espérance de vie ou d'accès à un logement confortable (nombre de pièces par personnes…) par exemple, le pays est classé dans le dernier tiers des pays de l'OCDE. Ensuite, le taux de chômage (au sens de l'OIT) est particulièrement faible (4% en 2016) du fait d'une émigration massive de la population active qui pourrait entrainer une pénurie de main d'œuvre.

Histoire

Le royaume de Bohême

    • 1355 : le roi de Bohême Charles IV est élu empereur du Saint Empire Romain Germanique. Fondé au IXème siècle, le royaume de Bohême est l’un des grands Etats de l’Occident chrétien.
    • 1526 : le royaume de Bohême tombe sous la domination des Habsbourg. Il est intégré au vaste ensemble qui deviendra l’Empire austro-hongrois.
    • 1618 : La "Défenestration de Prague" déclenche la révolte des Etats de Bohême contre la dynastie des Habsbourg. La défaite à la bataille de la Montagne Blanche (devant Prague) (1620) entraîne la réduction à l’obéissance du royaume de Bohême et le renforcement de l’autorité royale.
    • 1848 : renouveau des aspirations nationales. Les mouvements nationalistes font valoir la spécificité du peuple tchèque au sein du Royaume d’Autriche.

    La Tchécoslovaquie : invasion allemande et emprise soviétique

    • 1918 : naissance, au lendemain de la Première Guerre mondiale, de la République tchécoslovaque. Dans l'entre-deux-guerres, sous la direction de Tomáš Masaryk, la Tchécoslovaquie devient une véritable démocratie libérale et connaît un développement industriel.
    • 1938 : au terme des accords de Munich, conclus entre Hitler et les puissances d’Europe occidentale, la province germanophone des Sudètes est livrée à l’Allemagne. Les troupes allemandes envahissent le pays en 1939. La Bohême-Moravie est transformée en protectorat du Reich.
    • 1948 : la Tchécoslovaquie est rattachée au bloc soviétique à la suite du "coup de Prague" au cours duquel les communistes de Gottwald s’emparent du pouvoir.
    • 1968 : le "Printemps de Prague" revendiquant une libéralisation du régime communiste et une plus grande indépendance à l’égard de l’Union soviétique est durement réprimé par les chars russes et le réformateur Dubcek doit démissionner.

    L'indépendance et partition de la Tchécoslovaquie

    • 1989 : la Tchécoslovaquie se détache du bloc soviétique lors de la "Révolution de velours". Elle retrouve sa pleine indépendance sous la présidence de Václav Havel.
    • 1993 : partition à l'amiable de la Tchécoslovaquie. La République tchèque et la Slovaquie suivent désormais des chemins séparés au sein de l’Europe réunifiée.

    Drapeau et hymne

    Le drapeau tchèque a été créé et adopté en 1920. Les couleurs rouge et blanc qui ornent le drapeau sont un héritage de la Bohème, principale région de la République tchèque. C’est en 1848, lors des révolutions du "Printemps des peuples", que les deux bandes blanches et rouges horizontales apparaissent sur le drapeau. Le bleu sera ajouté après la seconde guerre mondiale et représente la Slovaquie. Lors de la séparation de la république thécoslovaque, en 1993, le président élu de la République tchèque Vaclav Havel conserve le drapeau, le bleu représentant désormais la région Morave.

    L’hymne tchèque est intitulé « Kde domov muj » (« où est ma patrie ? »). Il a été composé par Frantisek Jan Skroup en 1834, puis adopté officiellement comme hymne national en 1918. Il est inspiré d’un passage éponyme du spectacle de théâtre populaire « Fidlovacka » (« la fête des cordonniers ») de Tyl et Skroupe, qui connait un immense succès au cours de l’année 1834. Le texte décrit un paysage pittoresque et questionne le caractère d’une nation. Très bien accueilli par le peuple, l’hymne ne sera jamais modifié.

    Culture

    Kafka (1883-1924)

    La République Tchèque est l’héritière d’un legs culturel et littéraire impressionnant. Parmi les écrivains tchèques, Franz Kafka a exprimé – en allemand - l’absurdité du monde moderne dans Le procès et La métamorphose. Le Soldat Schwejk de Jaroslav Hasek, avec ses ruses et son pacifisme viscéral, et le Golem de Gustav Meyrink constituent deux figures littéraires populaires de la culture de Prague.

    Milan Kundera (1929- )

    Le milieu littéraire tchèque est toujours vivant aujourd’hui. Il existe d’ailleurs un pont entre la dramaturgie et la politique : Václav Havel, symbole de la résistance au communisme, est devenu président de Tchécoslovaquie en 1990. Milan Kundera, autre écrivain tchèque célèbre, vit aujourd’hui en France, et écrit en français, tout en développant abondamment dans son œuvre le thème de l’exil et des difficultés du franchissement des frontières entre cultures.