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Les émissions de gaz à effet de serre dans l'Union européenne

L'Union européenne a pour objectif de parvenir à la neutralité climatique d'ici à 2050. Mais quels sont aujourd'hui les Etats membres qui émettent le plus de gaz à effet de serre ? Et quels sont les secteurs qui en rejettent le plus ? Tour d'horizon européen.

Crédits : canetti / iStock
Crédits : canetti / iStock

Entre 1990 et 2019, l’Union européenne a réduit de 24 % ses émissions de gaz à effet de serre (GES), soit un rythme plus élevé que celui qu’elle s’était initialement fixé (-20 % entre 1990 et 2020). 

Si l’on se fie aux projections, elle est en revanche en retard pour 2030. L’Agence européenne de l’environnement (AEE) projette en effet une réduction de 36 % de ces émissions à cette date, par rapport à celles de 1990. Un chiffre bien en-deçà de l’objectif contraignant de 55 % fixé par l’Union européenne. L’agence précise toutefois que ces estimations sont réalisées avec les mesures politiques déjà appliquées, et ne prennent donc pas en compte les futurs dispositifs.

Le CO2 reste, de loin, le plus gros contributeur aux émissions de gaz à effet de serre. Il représente environ 75 % des émissions de GES en France en 2018, contre 13 % pour le méthane.

Pour atteindre la “neutralité climatique” à l’horizon 2050, les Vingt-Sept doivent réduire suffisamment leurs émissions pour qu’elles puissent être absorbées par les puits de carbone (océans, forêts et puits “technologiques”).

Équivalent CO2 ?

Le CO2 ne représente qu’une partie (majoritaire) des gaz à effet de serre (GES) émis par les Etats membres. Au dioxyde de carbone (CO2) s’ajoutent le protoxyde d’azote (N2O), le méthane (CH4) et quatre gaz fluorés. C’est cet ensemble d’émissions que l’on appelle “gaz à effet de serre” (GES). Ceux-ci sont convertis en “équivalent CO2” (CO2e ou CO2eq) pour pouvoir les comparer et mesurer leur impact sur le réchauffement climatique.

En comptant le Royaume-Uni, l’Union européenne a émis 4 392 millions de tonnes de GES en 2018 : c’est le plus bas niveau depuis que ces statistiques sont réalisées. En 2010, ce chiffre grimpait à 4 931 MtCO2e. 

Parmi les Vingt-Sept, les contributions sont sans surprise liées au poids économique du pays. Les quatre principaux émetteurs sont l’Allemagne (889 Mt), la France (463 Mt), l’Italie (439 Mt) et la Pologne (416 Mt). L’Espagne arrive en cinquième position avec 352 MtCO2e.

Loin derrière, les Pays-Bas sont responsables de 200 millions de tonnes d’émissions de GES en 2018. C’est deux fois plus que la Grèce (96 Mt). L’Irlande et la Hongrie ont des résultats comparables, avec 64 millions de tonnes émises. Quant à la Finlande et la Bulgarie, elles ont émis environ 59 millions de tonnes équivalent CO2 de GES en 2018.

Enfin, les Etats membres qui émettent le moins de gaz à effet de serre sont la Lettonie (12 Mt), Chypre (10 Mt) et Malte (3 Mt).

Chaque année, les pays industrialisés signataires du protocole de Kyoto (1992) doivent soumettre un inventaire de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) auprès de l’ONU, dans le cadre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cet inventaire comporte un rapport national sur les mesures adoptées afin d’endiguer le changement climatique. Au niveau européen, tous les Etats membres doivent présenter à la Commission européenne leurs projections d’émissions de GES pour les années suivantes, avec des objectifs chiffrés de diminution.

Les émissions rapportées à la population

Ce classement des plus gros émetteurs européens en valeur absolue est néanmoins bouleversé lorsque l’on rapporte les émissions carbone à la population de chaque Etat membre.

Ainsi, le Luxembourg, pays peu émetteur en valeur absolue, est de loin le plus gros émetteur par habitant. En 2018, un citoyen du Grand-Duché émet en moyenne 20,3 tonnes de GES. C’est plus du double de la moyenne des Vingt-Sept (8,7 t/hab).

Suivant la même logique, si l’Estonie compte parmi les plus faibles contributeurs en masse annuelle (20 Mt), le pays est le second émetteur de l’Union européenne lorsque le chiffre est rapporté à sa population, avec 15,3 tonnes équivalent CO2 par habitant. Le ratio de Chypre (11,3 t/hab) dépasse aussi celui de la Pologne (11 t/hab) ou de l’Allemagne (10,7 t/hab).

A l’inverse, l’Italie et la France sont sous la moyenne des émissions par habitant de l’Union européenne alors qu’elles participent largement aux émissions européennes de gaz à effet de serre en masse totale. Avec 7,3 tonnes par habitant en 2018, l’Italie devance la France (6,9 t/hab).

Les approches comparant les émissions totales ou par habitant sur le territoire ont leurs limites. Contrairement à elles, l’empreinte carbone prend en compte toute la consommation des ménages, même les produits importés. Ainsi, en 2018, là où la France émettait 6,9 tonnes de gaz à effet de serre par habitant au sens du protocole de l’ONU (émissions sur le territoire), un Français avait en moyenne une empreinte carbone de 11,2 tonnes équivalent CO2 (hors gaz fluorés, INSEE).

Les émissions par secteur d’activités

Quelles sont les activités les plus émettrices dans l’Union européenne ? Selon la classification propre à Eurostat, la production d’énergie est la première responsable des émissions de gaz à effet de serre. L’agriculture, la pêche et l’exploitation forestière représentent 12 % des émissions en 2018.

Tous les secteurs n’émettent pas les mêmes GES. Ainsi, les exploitations agricoles sont plutôt la cause d’émissions de méthane (CH4), là où les transports émettent essentiellement du dioxyde de carbone (CO2).

Ces chiffres masquent des réalités nationales très diverses. L’Allemagne et la Pologne représentent ainsi 28 % et 16,6 % des émissions de CO2 pour la production d’électricité et de chaleur dans l’Union européenne. La France, avec l’énergie nucléaire, émet moins de GES dans cette production.

A l’inverse, en ce qui concerne l’agriculture, l’Hexagone est le premier contributeur de l’Union européenne (17,2 % des émissions totales des GES agricoles, 2018). Viennent ensuite l’Allemagne (14,3 %), le Royaume-Uni (9,4 %) puis l’Espagne (9,1 %). La Pologne contribue à hauteur de 7,6 % de la masse totale des gaz à effet de serre européens d’origine agricole.

Quant au secteur des transports, il a augmenté ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2018 (+20 % pour l’UE + le Royaume-Uni). L’Allemagne est par exemple le plus gros émetteur de CO2 dans le domaine du secteur routier. Selon l’INSEE, “les transports sont le premier secteur émetteur en France”, avec 137 millions de tonnes équivalent CO2 en 2018, soit 31 % du total national.

Au sein de l’Union européenne, les émissions provenant de l’industrie ont diminué par rapport à 1990. Si cela peut être le résultat des efforts des acteurs de cette économie, c’est également la conséquence d’une “pollution exportée”, conséquence des délocalisations et d’un recours plus important aux importations depuis d’autres continents. La pollution engendrée par les Etats membres hors du territoire européen n’est donc pas prise en compte dans ce bilan carbone de l’industrie européenne. 

Cela explique en partie que le calcul de l’empreinte carbone, qui intègre la consommation des foyers et donc l’impact environnemental de la consommation de biens importés, donne un chiffre supérieur à celui constaté en prenant uniquement en compte les émissions de gaz à effet de serre sur le territoire national. 

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