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Le taux de chômage en Europe

Carte et comparatif 09.06.2020 Agnès Faure

L'Union européenne a enregistré plus de 14 millions de chômeurs en avril 2020, au moment de la mise en place des premières mesures de confinement pour faire face à l'épidémie de coronavirus. Une légère augmentation du taux de chômage est alors déjà visible.

Avec 13,984 millions de personnes sans emploi en février 2020, l'UE enregistrait l'un des taux de chômage les plus faibles depuis la crise économique de 2008. Un mois plus tard, alors que les mesures de confinement liées au Covid-19 ont commencé à être mises en place dans la plupart des pays européens, Eurostat note une hausse du taux de chômage qui s'élève à 6,4 % dans l'UE et 7,1 % dans la zone euro pour le mois de mars 2020.

Cette tendance s'est confirmée en d'avril, le deuxième mois pendant lequel les économies des pays européens ont été à l'arrêt à la suite des mesures de confinement.

14 millions d'Européens sans emploi

Eurostat estime ainsi qu’en avril 2020, 14,079 millions de personnes étaient au chômage dans l’UE (6,6 % de la population active), dont 11,9 millions dans la zone euro (7,3 %). Par rapport à mars 2020, l'institut enregistre 397 000 demandeurs d'emploi supplémentaires dans l’UE et 211 000 dans la zone euro.

En matière d'emploi, les contrastes en Europe sont marqués : une amplitude de 14,4 points sépare les extrêmes. Quand la République tchèque connaît un taux de chômage de 2,1 % et la Pologne et les Pays-Bas enregistrent des taux de 2,9 % et 3,4 % chacun, celui-ci culmine en Grèce à 16,1 % (février 2020) et en Espagne, deuxième pays le plus touché par la pandémie en Europe, à 14,8 % malgré des baisses marquées en un an.

La France, elle, se classe en 5e position des États les plus touchés par le chômage avec 8,7 % en avril 2020. Elle se place ainsi derrière la Lettonie (9,0 %) et Chypre (8,9 %) mais devant la Lituanie (8,7 %).

Sur ces deux derniers mois, le taux de chômage a augmenté dans 18 États membres. Il est resté stable en Autriche, en Allemagne, en Finlande, et en Pologne. Une forte diminution a même été paradoxalement enregistrée en Italie (de 9,3 % en février à 6,3 % en avril). Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l'Institut national italien des statistiques (Istat), ce phénomène cache en réalité une augmentation du nombre de personnes ayant renoncé à chercher un emploi. Ainsi, le nombre de personnes inactives aurait augmenté de 5,4 % en avril par rapport au mois précédent, et le taux d’inactivité a augmenté de 2,0 points de pourcentage, à 38,1 % sur la même période, d'après les dernières données de l'Istat.

Les hausses les plus importantes du taux de chômage ont été observées à Chypre (de 5,8 % à 8,9 % entre février et avril 2020), en Lettonie (de 6,5 % à 9,0 % entre février et avril 2020) et en Croatie (de 6,2 % à 8,1 % entre février et avril 2020).

Le taux de chômage des jeunes en Europe

Ces écarts structurels au niveau européen peuvent s'expliquer par une flexibilité du marché du travail différente selon les pays. Un paramètre également lié à la qualité de la protection sociale. 

Dans les pays scandinaves, le modèle de flexisécurité permet de faciliter les licenciements mais offre dans le même temps une couverture assurantielle élevée couplée à une politique active d’aide au retour à l’emploi. Des facteurs qui placent ces pays parmi ceux qui ont le plus faible taux de chômage en Europe.

En Allemagne notamment, les taux faibles de chômage s'accompagnent d'un recours aux contrats courts (Kurzarbeit). De manière générale en Europe, la pratique du temps partiel est très présente dans les pays d’Europe du nord. Selon Eurostat, 46,8 % de la population active aux Pays-Bas occupait un emploi en temps partiel en 2018 (dernières données disponibles). Au Danemark, c’est près d’un cinquième de la population qui est concerné. 

Si l'impact du Covid-19 sur le marché du travail n'est pas encore pleinement mesuré à l'heure actuelle, le recours au chômage partiel et/ou au télétravail dans un certain nombre d'Etats membres ont pu jouer un rôle important pour limiter la hausse du chômage. Contrairement à d'autres pays comme les Etats-Unis.

Le télétravail en Europe

Pour Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, le taux de chômage représente le pourcentage de chômeurs dans la population active, sur la base de la définition de l'Organisation internationale du travail (OIT).

La population active représente le nombre total des personnes ayant un emploi ou étant au chômage. Les chômeurs sont les personnes âgées de 15 à 74 ans qui :

  • sont sans travail pendant la semaine de référence,
  • sont disponibles pour commencer à travailler dans les deux semaines suivantes,
  • soit ont été à la recherche active d'un travail pendant les quatre semaines précédentes, soit ont trouvé un travail qui doit démarrer dans les trois mois suivants.