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Le taux de chômage en Europe

Carte et comparatif 18.09.2020 Agnès Faure

L'Union européenne a enregistré plus de 15 millions de chômeurs en juillet 2020, au moment où de nombreux Etats poursuivaient leur déconfinement suite au ralentissement de l'épidémie de coronavirus. Un chiffre qui, pendant les mois précédents, avait fortement augmenté.

Avec 13,984 millions de personnes sans emploi en février 2020, l'UE enregistrait l'un des taux de chômage les plus faibles depuis la crise économique de 2008. Six mois plus tard, alors que les mesures de confinement liées au Covid-19 ont commencé à être supprimées dans la plupart des pays européens, l'office statistique européen Eurostat note une hausse du taux de chômage : celui-ci s'élève à 7,2 % dans l'UE et 7,9 % dans la zone euro pour le mois de juillet 2020.

Une tendance à la hausse déjà observée les mois précédents, lors desquels les économies des pays européens ont été à l'arrêt à la suite des mesures de confinement.

15 millions d'Européens sans emploi

Eurostat estime ainsi qu’en juillet 2020, 15,2 millions de personnes étaient au chômage dans l’UE (7,2 % de la population active), dont 12,7 millions dans la zone euro (7,9 %). Par rapport à février 2020, l'institut enregistre 1,2 million de demandeurs d'emploi supplémentaires dans l’UE, dont 746 000 au sein de la zone euro.

En matière d'emploi, les contrastes en Europe sont marqués : une amplitude de 14,3 points sépare les extrêmes. Quand la République tchèque connaît un taux de chômage de 2,7 % à la sortie du confinement, celui-ci culmine en Espagne à 15,8 % et en Grèce à 17 % (mai 2020) malgré des baisses marquées en un an.

Les hausses les plus importantes du taux de chômage ont été observées en Espagne (de 13,6% en février à 15,8% en juillet), au Luxembourg (de 5,8% à 7,3%) et dans les pays baltes.

La France, elle, se situe en dessous de la moyenne européenne avec un taux de chômage estimé à 6,9 % en juillet 2020, en baisse depuis le mois d'avril (7,8 %). Elle s'en sort ainsi mieux que la moyenne des pays de l'UE et de la zone euro mais moins bien que le Danemark (6,0 % en juillet), les Pays-Bas (4,5 %) ou encore l'Allemagne (4,4 %).

Sur ces derniers mois, le taux de chômage a augmenté dans tous les pays de l'UE à l'exception de la France où il a retrouvé son niveau d'avant confinement. En Italie, pays le plus touché par la crise sanitaire, le chômage n'a augmenté que de 0,6 points sur l'ensemble de la période (de 9,1% en février à 9,7% en juillet).

Tendance à la hausse

Cette faible hausse (voire la baisse) du chômage constatée dans certains pays peut cacher une augmentation du nombre de personnes ayant renoncé à chercher un emploi, note l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). En effet, seuls les individus en recherche active d'emploi sont généralement comptabilisés comme chômeurs. Or d'après les dernières données de l'Institut national italien des statistiques (Istat), le nombre d'Européens inactifs aurait augmenté de 5,4 % en avril par rapport au mois précédent, et le taux d’inactivité de 2 points de pourcentage sur la même période, pour atteindre 38,1%

Les économistes s'attendent ainsi à ce que le taux de chômage augmente fortement dans les mois et les trimestres à venir. Selon Eric Heyer, Directeur du département Analyse et prévision de l’OFCE interrogé par France Culture, la France "devrait se situer aux alentours de 10-11% au troisième trimestre" 2020. Et il faudra probablement qu'elle attende plus d'un an avant de revenir aux niveaux d'avant-crise. Un scénario que semble suivre l'Italie qui avait vu son taux de chômage baisser pendant le confinement pour atteindre 7,3% en avril. Celui-ci est reparti à la hausse les mois suivants. En mai, le taux de chômage a progressé de 1,2 points de pourcentage une progression qui s'est maintenue en juin et juillet pour arriver à 9,7%.

Différences nationales

De manière générale, les écarts entre pays peuvent s'expliquer par une flexibilité du marché du travail différente. Un paramètre également lié à la qualité de la protection sociale. 

Dans les pays scandinaves, le modèle de flexisécurité permet de faciliter les licenciements mais offre dans le même temps une couverture assurantielle élevée couplée à une politique active d’aide au retour à l’emploi. Des facteurs qui, en temps normal, placent ces pays parmi ceux aux plus faibles taux de chômage en Europe.

La pratique du temps partiel est également très présente dans les pays d’Europe du nord. En Allemagne notamment, les faibles taux de chômage s'accompagnent d'un recours aux contrats courts (Kurzarbeit). Et selon Eurostat, 46,8 % de la population active aux Pays-Bas occupait un emploi en temps partiel en 2018 (dernières données disponibles). Au Danemark, c’est près d’un cinquième de la population qui est concerné.

Le recours au chômage partiel et/ou au télétravail dans un certain nombre d'Etats membres ont également pu jouer un rôle important pour limiter la hausse du chômage.

Le télétravail en Europe

Le taux de chômage des jeunes en Europe

Pour Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, le taux de chômage représente le pourcentage de chômeurs dans la population active, sur la base de la définition de l'Organisation internationale du travail (OIT).

La population active représente le nombre total des personnes ayant un emploi ou étant au chômage. Les chômeurs sont les personnes âgées de 15 à 74 ans qui :

  • sont sans travail pendant la semaine de référence,
  • sont disponibles pour commencer à travailler dans les deux semaines suivantes,
  • soit ont été à la recherche active d'un travail pendant les quatre semaines précédentes, soit ont trouvé un travail qui doit démarrer dans les trois mois suivants.