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Le taux de chômage en Europe

Carte et comparatif 18.05.2020 Agnès Faure

L'Union européenne a enregistré plus de 14 millions de chômeurs en mars 2020, peu après la mise en place des premières mesures de confinement pour faire face à l'épidémie de coronavirus. Une légère augmentation du taux de chômage est alors déjà visible.

Avec 13,984 millions de personnes sans emploi en février 2020, le taux de chômage atteignait 6,5 % dans l'Union européenne et 7,3 % dans la zone euro. Il s'agissait des taux les plus faibles depuis la crise économique de 2008.

Un mois plus tard, alors que les mesures de confinement liées au Covid-19 ont commencé à être mises en place dans la plupart des pays européens, Eurostat estime le nombre de personnes au chômage à 14,141 millions en mars 2020, portant le taux de chômage à 6,6 % dans l'UE et 7,4 % dans la zone euro.

14 millions d'Européens sans emploi

Selon Eurostat, 14 millions de personnes étaient au chômage dans l'Union européenne en mars 2020 (6,6 % de la population active), dont 12,05 millions au sein de la zone euro (7,4 %). Comparé à février 2020, ce sont 241 000 personnes en plus dans l’UE27 et 197 000 dans la zone euro qui sont enregistrées.

En matière d'emploi, les contrastes en Europe sont marqués : une amplitude de 14,4 points sépare les extrêmes. Quand la République tchèque connait un taux de chômage de 2,0 % et les Pays-Bas et la Pologne enregistrent des taux de 2,9 % et 3,0 % chacun, celui-ci culmine en Grèce à 16,4 % (janvier 2020) et en Espagne à 14,5 %, malgré des baisses marquées en un an.

La France, elle, se classe en 3e position des États les plus touchés par le chômage, aux côtés de l'Italie (8,4 % chacun en mars 2020).

Sur un mois, le taux de chômage a augmenté dans 17 États membres, est resté stable en Autriche, au Danemark , en Finlande, aux Pays-Bas et en Pologne. Une forte diminution a même été paradoxalement enregistrée en Italie (de 9,3% en février à 8,4% en mars)... elle cacherait en réalité une importante augmentation du nombre de personnes ayant renoncé à chercher un emploi.

Les hausses les plus  du taux de chômage ont été observées en Espagne (de 13,6 % à 14,5 % entre février et mars 2020), à Chypre (de 5,8 % à 6,7 %) et au Luxembourg (de 5,7 % à 6,5 %). 

Source : Eurostat

Le taux de chômage des jeunes en Europe

Ces écarts structurels au niveau européen peuvent s'expliquer par une flexibilité du marché du travail différente selon les pays. Un paramètre également lié à la qualité de la protection sociale. 

Dans les pays scandinaves, le modèle de flexisécurité permet de faciliter les licenciements mais offre dans le même temps une couverture assurantielle élevée couplée à une politique active d’aide au retour à l’emploi. Des facteurs qui placent ces pays parmi ceux qui ont le plus faible taux de chômage en Europe.

En Allemagne notamment, les taux faibles de chômage s'accompagnent d'un recours aux contrats courts (Kurzarbeit). De manière générale en Europe, la pratique du temps partiel est très présente dans les pays d’Europe du nord. Selon Eurostat, 46,8% de la population active aux Pays-Bas occupait un emploi en temps partiel en 2018 (dernières données disponibles). Au Danemark, c’est près d’un cinquième de la population qui est concerné. 

Si l'impact du Covid-19 sur le marché du travail n'est pas encore pleinement mesuré à l'heure actuelle, le recours au chômage partiel et/ou au télétravail dans un certain nombre d'Etats membres ont pu jouer un rôle important pour limiter la hausse du chômage. Contrairement à d'autres pays comme les Etats-Unis.

Le télétravail en Europe

Pour Eurostat, l'office statistique de l'Union européenne, le taux de chômage représente le pourcentage de chômeurs dans la population active, sur la base de la définition de l'Organisation internationale du travail (OIT).

La population active représente le nombre total des personnes ayant un emploi ou étant au chômage. Les chômeurs sont les personnes âgées de 15 à 74 ans qui :

  • sont sans travail pendant la semaine de référence,
  • sont disponibles pour commencer à travailler dans les deux semaines suivantes,
  • soit ont été à la recherche active d'un travail pendant les quatre semaines précédentes, soit ont trouvé un travail qui doit démarrer dans les trois mois suivants.