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Mobilité en Europe : quelles sont les opportunités pour les artistes et les professionnels de la culture ?

Qu’elle concerne les études, le travail ou la coproduction, la mobilité est une pratique régulière dans la carrière des artistes et des professionnels de la culture. Quels sont les dispositifs européens qui permettent d’en profiter ?

L'initiative Culture Moves Europe finance notamment des résidences d'artistes à travers l'Europe
L’initiative “Culture Moves Europe” finance notamment des résidences d’artistes à travers l’Europe - Crédits : vgajic / iStock

Parmi les secteurs d’activité les plus touchés par la pandémie de Covid-19 en 2020 figurent les artistes. Entre interdictions des représentations puis mise en place de jauges pour le public et restrictions de déplacement, le monde de la culture a difficilement traversé la période.

La pandémie a mis en lumière leur besoin de mobilité pour accéder à de nouvelles opportunités, de nouveaux publics ou de nouveaux marchés. De plus, ces expériences contribuent à promouvoir la diversité culturelle dans les Vingt-Sept. Une raison suffisante pour pousser l’Union européenne à proposer des dispositifs de financement de mobilités.

Encore des freins à la mobilité des artistes

Si la mobilité est encouragée, elle se heurte encore à certains obstacles. La plupart ont la même origine : l’absence d’un statut unifié de l’artiste en Europe. Un problème déjà identifié par le Parlement européen en 2021. Un groupe d’experts se penche actuellement sur ce chantier au niveau européen.

La nouveauté : Culture Moves Europe

La principale initiative européenne en la matière est très récente et se nomme Culture Moves Europe. Doté d’un budget de 21 millions d’euros entre 2022 et 2025, le dispositif prévoit d’envoyer 7 000 artistes, créateurs et professionnels de la culture dans le cadre d’une mobilité individuelle ou pour une résidence à travers l’Europe.

La mobilité individuelle “offre un soutien financier aux personnes qui voyagent entre 7 et 60 jours ou aux groupes de 5 personnes maximum qui voyagent entre 7 et 21 jours”, précise la Commission européenne. Des appels à candidatures sont ouverts chaque année “entre l’automne et le printemps”.

Les résidences sont quant à elles destinées “aux organisations et aux artistes qui organisent régulièrement des résidences et souhaitent accueillir des artistes et des professionnels de la culture”. Un appel est ouvert jusqu’au 16 janvier 2024.

Des structures pour accompagner les mobilités

Pas toujours simple de s’y retrouver parmi les opportunités de mobilité pour les acteurs du monde culturel. Pour tenter d’y remédier, l’Union européenne finance le réseau On the move. Egalement soutenu par le ministère français de la Culture, ce portail fournit des informations sur les opportunités de mobilité et fournit aux acteurs culturels un ensemble de ressources (documents, rapports, guides etc.). Parmi les membres de ce réseau, on retrouve MobiCulture qui propose notamment des informations détaillées sur les démarches administratives à effectuer en France et répond aux questions spécifiques sur le sujet.

Pour bénéficier des dispositifs proposés par Culture Moves Europe, les candidats doivent travailler dans un des secteurs couverts par le volet “culture” du programme Europe Creative. Parmi eux, on retrouve la musique, l’architecture, la mode, le design ou encore les arts du spectacle et les arts visuels. Deux autres impératifs s’imposent aux candidats : être âgé d’au moins 18 ans et résider dans l’un des 40 pays couverts par Europe Creative. Les 27 Etats membres de l’Union européenne en font naturellement partie, tout comme les pays des Balkans, la Norvège, la Tunisie ou encore l’Ukraine.

Cette expérience représente bien plus qu’un simple voyage à l’étranger financé par une bourse européenne, explique la Commission. Pour les artistes, il s’agit d’une opportunité d’accéder à de nouveaux publics et marchés, et d’établir des contacts ou des partenariats. Pour l’ensemble des secteurs culturels et créatifs, c’est l’assurance de créer des emplois dans la filière. Et pour les Européens, c’est un moyen de promouvoir la diversité culturelle, indique l’institution.

L’héritier d’un projet pilote

L’initiative Culture Moves Europe n’est pas complètement nouvelle. En 2017, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron, soumet l’idée d’un “Erasmus de la culture”. Après l’élection de ce dernier, des discussions sont lancées sur le sujet au niveau européen. Et dès l’année suivante, un projet pilote voit le jour. Baptisé “i-Portunus”, le programme propose une mobilité en faveur des artistes et des opérateurs culturels. Ce dernier rencontre un certain succès, malgré un coup de frein en 2020 en raison des restrictions sanitaires. Renommé “Culture Moves Europe”, il devient un dispositif à part entière du programme Europe Creative en 2022.

Erasmus+, également pour la culture

Si l’on parle parfois de la mise en place d’un “Erasmus de la culture” avec cette nouvelle initiative, l’expression est en réalité un peu trompeuse.

Les établissements de formation artistique et les professionnels du monde de la culture peuvent déjà profiter du célèbre programme de mobilité et envoyer leurs étudiants ou formateurs bénéficier d’une expérience à l’étranger. Entre 2014 et 2020, 8 739 étudiants inscrits dans ces filières ont ainsi réalisé une mobilité grâce à Erasmus+, tout comme 1 410 enseignants et personnels administratifs. Ils sont presque autant à faire le chemin inverse pour venir se former dans les établissements culturels français.

Parmi les bénéficiaires, on retrouve par exemple les étudiants de l’Ecole du Louvre à Paris. Ces derniers ont pu acquérir de nouvelles compétences auprès du Palazzo Mocenigo à Venise, du musée Gulbenkian de Lisbonne ou encore du MAC’s de Hornu en Belgique.

Le programme européen permet également aux structures du secteur culturel de mettre en place des projets de partenariat avec leurs homologues européens. A Bordeaux, le musée Cap Sciences a par exemple mené le projet The Making Museum qui a fait se rencontrer des professionnels de dix musées européens pour repenser le modèle économique, culturel et social du musée aujourd’hui.

Sur la période 2014-2020, ce sont les écoles d’arts plastiques qui ont le plus profité du programme Erasmus+, avec 252 projets menés. Viennent ensuite les écoles d’architecture et de paysage (157 projets), puis celles du spectacle vivant (90). Parmi les destinations les plus prisées, on retrouve l’Italie, l’Allemagne et l’Espagne.

Un fonds pour accueillir les artistes ukrainiens en exil

En mars 2022, le ministère de la Culture a annoncé la création d’un fonds de soutien aux artistes et professionnels de la culture ukrainiens d’un montant de 1,3 million d’euros. L’initiative comprend 4 volets :

  • Un dispositif d’accueil d’urgence comprenant une plateforme d’accueil téléphonique pour les artistes et professionnels de la culture, ainsi qu’une plateforme similaire pour les journalistes. “Un programme d’accueil d’urgence dédié aux artistes et professionnels de la Culture en partenariat avec le programme PAUSE et la Cité internationale des arts de Paris complète ce dispositif au niveau national”, précise le ministère de la Culture ;
  • Un programme de soutien à la création artistique pour financer des projets artistiques et diffuser les œuvres des artistes ukrainiens ;
  • Un accompagnement des étudiants d’Ukraine comprenant notamment des bourses et des cours de français langue étrangère (FLE) ;
  • Des actions ciblées pour faciliter l’apprentissage de la langue française.

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