Logo Toute l'Europe

En Centre-Val de Loire, MéthyCentre va convertir de l'électricité en gaz vert

En région Centre-Val de Loire, le projet Méthycentre est porté par l’entreprise Storengy et mobilise une multitude d’acteurs. Soutenu par le Fonds européen de développement régional (FEDER) et par l’ADEME, MéthyCentre ambitionne notamment de tester la valorisation des surplus d’électricité d’origine renouvelable en les transformant en hydrogène et en méthane de synthèse.

Les unités de méthanisation permettent la production de biogaz
Les unités de méthanisation permettent la production de biogaz - Crédits : Kontrast-fotodesign / iStock

A Céré-La-Ronde, en Indre-et-Loire, Storengy stocke 1 200 millions de m2 de gaz naturel à 1 km sous le sol, avant sa distribution dans toute la France. Une évaluation qui correspond à la consommation d’une ville comme Tours pendant 5 ans. C’est non loin de là que s’est installé le projet MéthyCentre.

Lancé en juillet 2018, tout commence avec un appel à projet de l’ADEME, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Pilote et intégrateur, Storengy accompagné de ses partenaires ELOGEN, KHIMOD, PRODEVAL et le CEA complètent ensuite le programme de recherche ainsi que le budget, en partie avec des financements provenant du Fonds européen de développement régional. Pour un projet d’environ 9 millions d’euros, le FEDER apporte 1,4 million d’euros.

Sur quoi repose l’innovation proposée par MéthyCentre ? C’est avant tout la combinaison de deux procédés : l’électrolyse qui crée de l’hydrogène, et la méthanisation pour produire du méthane.

Schéma du fonctionnement de MéthyCentre
Schéma du fonctionnement de MéthyCentre - Crédits : Storengy - methycentre.eu

Produire de l’hydrogène

Dans le monde de la transition énergétique, il y a de plus en plus d’énergie renouvelable”, note Diane Defrenne, directrice de projet chez Storengy. Or, l’éolien ou le solaire sont “intermittents”, c’est-à-dire qu’ils ne produisent pas forcément d’énergie quand on en a besoin, ou, à l’inverse, qu’ils produisent trop au moment où il n’y a pas de débouché. L’enjeu, c’est donc le stockage. Que faire quand l’électricité produite n’est pas consommée immédiatement ? La technologie Power-to-gas vient répondre à cette problématique.

L’électrolyseur transforme les surplus d’électricité en hydrogène, lequel peut être stocké. MéthyCentre va aussi accueillir une station hydrogène dans les prochains mois, afin de développer la mobilité durable. “En ce qui concerne l’hydrogène, actuellement les logiques de ‘hub’ deviennent des priorités”, ajoute Diane Defrenne.

Valoriser les déchets agricoles

Mais MéthyCentre ne s’arrête pas là. Le projet va par ailleurs utiliser la matière organique provenant des déchets agricoles afin de la valoriser par méthanisation. Le fumier et le lisier passent dans une unité, “ces grands dômes que l’on voit dans nos campagnes”, qui permet de produire le fameux gaz vert biométhane (CH4).

Le terrain retenu pour l’installation du projet est d’ailleurs situé près de l’exploitation agricole La Sablière, sur la commune d’Angé. Les porteurs de MéthyCentre tissent des relations avec des agriculteurs du Loir-et-Cher et d’Indre-et-Loire afin de développer la production. Pour leur part, les exploitants agricoles peuvent ensuite récupérer l’engrais organique à la fin du processus.

Produire plus de gaz renouvelables

Cette deuxième technique, la méthanisation, engendre des rejets de CO2. Méthycentre se penche donc sur la récupération de ce dioxyde de carbone afin de le coupler à l’hydrogène produit dans le premier procédé. Cette rencontre dans l’unité de méthanation engendre du gaz de synthèse, que l’on peut lui aussi stocker. “Nous avons eu une dérogation de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) pour injecter ce gaz dans le réseau de distribution”, précise Diane Defrenne. Et, au passage, le bilan carbone de la combinaison de la méthanisation avec la méthanation est négatif puisqu’il absorbe du CO2 en générant des gaz renouvelables qui remplaceront des gaz d’origine fossile.

Les travaux démarreront dans un mois. Il faut un an pour les achever et pouvoir commencer la production : celle d’hydrogène pourra débuter sur site à l’automne et il faudra attendre février ou mars 2022 pour coupler l’hydrogène et le dioxyde de carbone afin de donner du méthane de synthèse. Cette combinaison innovante sera en phase de test pendant deux ans. Mais, dans tous les cas, la méthanisation avec ses bénéfices sur l’agriculture locale se poursuivra pour une durée de 15 ans minimum.

L'Europe en région Centre Val de Loire

Votre avis compte : avez-vous trouvé ce que vous cherchiez dans cet article ?

Participez au débat et laissez un commentaire

Commentaires sur En Centre-Val de Loire, MéthyCentre va convertir de l'électricité en gaz vert

Lire la charte de modération

Commenter l’article

Votre commentaire est vide

Votre nom est invalide