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Plan de relance : coup d'envoi réussi pour l'emprunt européen

Mardi 15 juin, l’Union européenne a emprunté 20 milliards d’euros sur les marchés financiers pour financer son plan de relance Next Generation EU. Une opération d’une ampleur inédite pour Bruxelles, qui entérine le déploiement des plans de relance nationaux.

Après le succès du lancement de l'emprunt européen, la présidente de la Commission européenne a validé le plan de relance national du Portugal - Crédits : Conseil européen
Après le succès du lancement de l’emprunt européen, la présidente de la Commission européenne a validé le plan de relance national du Portugal - Crédits : Conseil européen

Les titres de dette européens sont partis “comme des petits pains”, rapporte La Croix. Ce mardi 15 juin, l’Union européenne “a réussi à lever 20 milliards d’euros sur les marchés financiers pour commencer à financer le plan de relance européen de près de 700 milliards d’euros”, explique BFM TV. “ ‘La Commission a levé 20 milliards d’euros sur les marchés financiers via une obligation à 10 ans. C’est la plus grande opération’ de ce type jamais réalisée en Europe”, a de son côté affirmé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, citée par la chaîne d’information. Et “l’une des plus importantes émissions de dettes jamais lancées en une seule tranche dans le monde”, complètent Les Echos.

Après un premier accord de principe autour du plan de relance Next Generation EU en juillet 2020 et malgré les blocages politiques survenus en décembre, les Etats membres “avaient achevé fin mai le processus de ratification de la décision les autorisant à s’endetter en commun” [BFM TV]. Cette étape franchie, Bruxelles a donc pu lancer l’emprunt commun et commencer à distribuer les 672 milliards d’euros aux Vingt-Sept de la facilité pour la reprise et la résilience, pilier central du plan de relance européen, sous forme de subventions et prêts.

Succès sur les marchés

Cette émission d’obligations sur dix ans est un “succès flagrant”, juge l’économiste Arthur Jurus dans La Croix. La demande des investisseurs, atteignant 142 milliards d’euros, a même poussé Bruxelles à revoir ses ambitions à la hausse : les 20 milliards empruntés mardi représentent ainsi “deux fois le montant prévu au départ”, écrivent Les Echos. L’attrait des investisseurs s’explique plus par le risque très faible et par la notation “triple A” des titres, indique le quotidien, que par leur rendement “dérisoire” (0,086 %). La Commission a en effet “choisi le bon moment pour ce premier emprunt”, note le quotidien économique belge L’Echo, avec des taux en baisse depuis près d’un mois.

L’Europe s’affiche comme un acteur de référence aux côtés des autres émetteurs souverains”, estime Nicolas Forest, responsable de la gestion obligataire chez Candriam [L’Echo]. Ce qui l’autorise à poser ses conditions : “la Commission a temporairement banni [de l’achat de titres de dettes] dix banques précédemment impliquées dans des ententes ou des affaires de manipulation de marché”, expliquent Les Echos. Ces banques – au nombre desquelles des “mastodontes” comme JPMorgan, Bank of America et Barclays – devront “montr[er] patte blanche” pour pouvoir participer aux prochains achats au même titre que les autres, fait savoir le journal.

Ce premier essai concluant pourrait également “encourager la Commission à développer une stratégie plus offensive lors des prochaines émissions” [La Croix]. “D’ici à la fin de l’année, Bruxelles prévoit d’émettre un total de 100 milliards d’euros d’obligations”, et “environ 150 milliards d’euros par an entre mi-2021 et 2026″, relate BFM TV.

La machine est lancée

Pas une minute à perdre pour l’exécutif européen, qui “va commencer ce mercredi à actionner ses feux verts pour le déboursement de subsides européens pour les plans de relance nationaux”, annonce L’Echo. “Depuis fin avril, 23 plans nationaux d’investissements et de réformes ont été soumis à l’approbation de Bruxelles”, rappelle TV5 Monde. Le premier, celui du Portugal, vient d’être validé à l’occasion d’un déplacement à Lisbonne d’Ursula von der Leyen, rapporte RFI.

La présidente de la Commission européenne est ensuite attendue mercredi 16 juin à Madrid, puis dans les prochains jours en Grèce, au Danemark et au Luxembourg “pour donner le feu vert de Bruxelles aux premiers plans de relance nationaux”, avant leur approbation définitive par le Conseil européen [TV5 Monde]. Ces premiers déplacements au Portugal et en Espagne ont une portée “symbolique”, analyse le politologue madrilène Toni Roldán [TV5 Monde]. En effet, pour ces pays lourdement touchés par la crise et “qui dans le passé ne se sont pas sentis accompagnés”, ces visites permettent de rappeler qu’ils “ont bénéficié cette fois-ci d’un soutien et d’une générosité extraordinaire de la part de leurs partenaires du Nord”, poursuit le chercheur. Se rendre dans les capitales européennes permettra à Ursula von der Leyen de suivre de près la mise en place “rigoureuse” des plans de relance, a déclarée l’intéressée, citée par Politico. Mais aussi de rappeler aux gouvernements “d’où vient ce magnifique argent”, avance le média.

Les sommes que toucheront les Vingt-Sept doivent, par exemple, “permettre de financer la rénovation thermique de bâtiments, des projets ferroviaires, des bornes de recharge pour véhicules électriques, des réseaux de télécommunications à haut débit ou encore des infrastructures de stockage des données”, liste BFM TV. Des investissements des Vingt-Sept qui devront être conformes aux priorités de la Commission européenne, climatiques et numériques notamment. “Si un État membre ne met pas en œuvre ses engagements de manière satisfaisante, la Commission pourra ne pas lui verser tout ou partie des subsides prévus”, met en garde L’Echo.

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