Toute L'Europe – Comprendre l'Europe

3 minutes pour comprendre l'Europe

L’euro en 3 minutes

3 minutes pour comprendre l'Europe - pavé

La zone euro rassemble 19 Etats membres partageant une monnaie unique. Si l'euro a été lancé en 1999 pour les transactions financières, les pièces et billets ont quant à eux été mis en circulation le 1er janvier 2002.

Pourquoi l'euro ? (3 minutes pour comprendre l'Europe - n°16) - Crédits : Hans Braxmeier / Pixabay

En 2020, la zone euro s’affiche comme la 3e puissance économique mondiale, derrière la Chine et les Etats-Unis (elle était encore en 2e position en 2017). Elle représente 85 % du PIB de l’Union européenne à 27.

L’élaboration progressive de l’euro dès les années 1970 répond à plusieurs objectifs. Les Etats de la Communauté économique européenne (CEE) souhaitent alors mettre fin à l’instabilité des taux de change entre leurs monnaies nationales, qui pénalise le fonctionnement du marché commun. 

En 1992, le traité de Maastricht prévoit ainsi la création de l’euro et d’une Banque centrale européenne (BCE), indépendante des Etats membres. 

L’adhésion à la zone euro

A l’époque, seuls le Royaume-Uni et le Danemark refusent de changer de monnaie, et obtiennent pour cela une dérogation. Les autres pays s’engagent à adopter l’euro dès qu’ils satisferont les critères économiques prévus dans le traité. La Suède, dont le référendum de 2003 a conclu au rejet de la monnaie unique, fait en sorte de ne pas respecter ces conditions.

Pour faire partie de la zone euro, il faut en effet remplir 4 “critères de convergence” visant à assurer la bonne santé économique de l’ensemble. Les 3 premiers portent sur la stabilité des prix, du taux de change et des taux d’intérêt. Le dernier, à la fois le plus connu et le plus important, concerne les finances publiques : le déficit public ne doit pas dépasser 3 % du PIB, tandis que la dette doit être contenue sous le seuil de 60 % du PIB.


Cliquez sur l’image pour agrandir

Des règles en évolution

Dès l’origine, respecter ces critères n’a pas été chose aisée. La France a dû mettre en œuvre une politique de rigueur pour y arriver. Tandis que les Européens ont fermé les yeux sur les performances économiques grecques qui étaient insuffisantes. Surtout, la crise économique de 2008 a fait exploser le déficit et la dette de plusieurs Etats membres. 

D’importants efforts ont été entrepris pour y remédier. C’est l’objet du Semestre européen, mis en place en 2010 et qui renforce la surveillance des politiques économiques et budgétaires des pays de l’UE. Ainsi que du Pacte budgétaire de 2012, qui prévoit “l’assainissement” des finances publiques des Etats membres. Des réformes structurelles, aux conséquences sociales parfois très lourdes comme dans le cas de la Grèce, ont par ailleurs été demandées aux pays en échange d’une aide financière. 

En juillet 2015, après des jours de négociations, la sortie de la Grèce de la zone euro a été évitée. Le pays, au bord de la faillite, a fini par accepter les exigences de ses créanciers en échange d’un nouveau plan d’aide. En 2018, le déficit du pays était totalement résorbé, la Grèce enregistrant un excédent de 1,1 % du PIB. Mais sa dette a explosé : elle atteignait 181,9 % du PIB au 1er trimestre 2019 et dépassait les 200 % fin 2021.

Plus de dix ans après la crise financière, la pandémie de Covid-19 a quant à elle conduit les Etats membres à mobiliser des moyens financiers conséquents pour y faire face, creusant de nouveau leur dette publique. Début 2021, celle-ci atteignait près de 93 % du PIB dans l’Union européenne, avant de baisser pour atteindre 90,1 % à la fin de l’année.

Plusieurs acteurs, dont la France et la Commission européenne, plaident en faveur d’une révision des règles de coordination économique. C’est en ce sens que l’exécutif européen a lancé un débat public en octobre 2021, dont les résultats sont attendus en 2023.

En mars 2020, les ministres des Finances de la zone euro ont décidé de suspendre provisoirement les règles budgétaires jusqu’en 2023, afin de permettre aux Etats membres de débloquer les moyens nécessaires à la lutte contre la pandémie de Covid-19.

Êtes-vous incollable sur la politique monétaire européenne ?

À la une sur Touteleurope.eu

Flèche

Participez au débat et laissez un commentaire

Commentaires sur L'euro en 3 minutes

Lire la charte de modération

Commenter l’article

Votre commentaire est vide

Votre nom est invalide

1 commentaire

  • Avatar privé
    Bal

    Très bien : il existe donc une Europe économique, financière et administrative. Mais l’ennui, c’est qu’il n’y a pas de citoyen européen dedans : avant tout des nationalismes antagonistes. Un seul remède : créer une année scolaire gratuite, laïque et obligatoire pour TOUS les jeunes européen dans une nation européenne dont ils ne parlent pas la langue. Ce qui n’est pas obligatoire n’est pas sérieux : on ne peut créer une fédération sans un minimum de devoirs, comme celui de payer ses impôts. Il faut que cette année s’effectue dans des “campus-creusets” (creusets de l’Europe) de 600 élèves, adossés aux universités existantes. La mixité sociale, internationale et sexuelle doit être instituée. Il faudrait y travailler à apprendre la langue du pays d’accueil par demi journée et l’autre demi journée, des travaux pratiques dans un service civil. Les jeunes de tous pays y arriveraient par vague de 100 tous les 2 mois et en fin d’année éliraient 2 représentants de conscription, un garçon et une fille. Tous obtiendraient une carte d’identité européenne avec sur une face la carte d’identité de leur nation et de l’autre la carte d’identité européenne avec le “campus-creuset” où ils auraient séjourné et le nom et la nationalité de leurs élus. Ce serait donc un mélange inextricable de nationalisme (une réalité européenne) et de fédéralisme (un besoin européen). Si la qualité du dispositif est assurée;, les citoyens auront confiance dans leur union, et tout espoir est permis pour l’avenir. Une fois élus, les représentants des circonscriptions éliraient tous les 5 ans, dans leur pays d’origine, 2 représentants (un homme une femme), soit 54 représentants pour l’union des 27 : le conseil des élus. Ils seraient légitimement européens car à la fois issus d’élections multinationales et nationales.