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L'économie européenne et l'euro

Quel est le poids économique de l’Europe dans le monde ? Comment fonctionne la zone euro ? Quelles sont les règles mises en place par l’Union européenne ? L’essentiel sur l’économie européenne.

Economie européenne et euro

Avec 15 913 milliards de dollars de PIB en 2018 (13 485 milliards d’euros selon Eurostat), l’Union européenne à 27 est la 2e puissance économique du monde. Elle représente 18,5 % du PIB mondial, derrière les Etats-Unis (23,9 %) et devant la Chine (15,8 %) et le Japon (5,8 %).

Comme le reste du monde, l’Union européenne a été fortement touchée par la crise économique et financière à partir de 2008. Après plusieurs périodes de récession, elle a renoué avec la croissance à partir de 2013, son PIB ayant augmenté d’au moins 2 % chaque année depuis 2015. Mais le choc économique dû à la pandémie de Covid-19, au début de l’année 2020, a de nouveau plongé l’Union dans une phase de récession.

La crise de 2008 a également provoqué une explosion des déficits et des dettes publics des Etats membres, notamment dans la zone euro. Ceux-ci ont toutefois connu une nette diminution au cours de la décennie ayant suivi : le déficit public de la zone euro était de 0,6 % du PIB en 2019, tandis qu’au même moment sa dette publique était de 84,1% du PIB. A nouveau, la crise économique de 2020 menace de voir les déficits des pays les plus touchés par la pandémie s’accentuer.

Le taux de chômage, lui aussi en forte augmentation depuis l’éclatement de la crise, était retombé à 6,5 % en février 2020 dans l’Union européenne (7,5 % en zone euro).

Enfin, l’Union européenne est la première puissance commerciale du monde, hors échanges intraeuropéens. Ses échanges avec le reste du monde représentent 15 % du commerce international de biens.

Des divergences au sein de l’Union européenne

Au sein de l’Union européenne, la richesse est diversement répartie. Ainsi, les quatre plus grandes économies (Allemagne, France, Italie et Espagne) représentaient 63,8 % du PIB de l’UE en 2019.

Au sein de l’UE, le PIB par habitant indique également de fortes disparités : avec un niveau de plus de 30 000 euros dans les pays du nord et de l’ouest de l’Europe, il atteint à peine 25 000 euros dans plusieurs pays de l’est de l’UE. La valeur la plus élevée a été enregistrée pour le Luxembourg, où le PIB par habitant (78 500 euros) est environ 2,5 fois supérieur à la moyenne européenne (30 200 euros) en 2018. À l’inverse, le PIB par habitant bulgare est environ égal à la moitié de cette moyenne (15 500 euros).

Néanmoins, une certaine convergence du niveau de vie est intervenue, la plupart des États membres qui ont rejoint l’Union en 2004, 2007 ou 2013 s’étant rapprochés de la moyenne de l’UE, malgré quelques revers pendant la crise économique et financière.

Enfin, les échanges commerciaux au sein de la zone euro continuent d’augmenter pour atteindre 1 967,1 milliards d’euros en 2019. Au niveau de l’UE-27, ces échanges s’élèvent à 3 060,7 milliards d’euros. L’Union européenne jouit par ailleurs d’un excédent commercial de 197,1 milliards d’euros, vis à vis des pays tiers. Ces exportations sont dominées par l’Allemagne, qui totalisait 29 % des exportations à destination d’autres Etats membres en janvier 2020 (contre seulement 10,6 % pour la France).

La création de la zone euro

La création de la Communauté économique européenne (CEE) en 1957, elle-même inspirée de la CECA qui supprime les obstacles à la circulation du charbon et de l’acier, obéit en partie à des objectifs économiques. Il s’agit, avec le marché commun et l’union douanière, de favoriser la croissance du continent, alors très fragmenté, au moyen d’une plus grande intégration économique entre ses Etats membres. Achevé en 1986, le marché unique renforce cette intégration en instaurant les “quatre libertés” (circulation des biens, des services, des capitaux et des personnes).

Avec le traité de Maastricht, certains Etats décident d’aller encore plus loin en créant une “Union économique et monétaire” et une monnaie unique : l’euro. Celle-ci entre en circulation en 1999, avec pour objectif de faciliter à nouveau les échanges entre ses membres. Cette union donne notamment naissance à la Banque centrale européenne (BCE), chargée de contribuer à la stabilité des prix en limitant l’inflation. Elle s’accompagne par ailleurs d’un “pacte de stabilité et de croissance”, qui impose aux Etats membres de maintenir leurs niveaux de déficit et de dette publics en deçà d’un certain niveau (respectivement 3% et 60% du PIB).

19 pays sont aujourd’hui membres de la zone euro. Certains pays ont délibérément choisi de ne pas y participer (Danemark et Suède), tandis que les autres ne satisfont pas encore les critères économiques pour la rejoindre.

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Le renforcement de la coordination économique après la crise

La crise économique et financière de 2008 a mis en lumière un certain nombre de lacunes dans la coordination économique des Etats européens : manque de convergence entre les économies, mécanismes de solidarité inefficaces, faiblesse des banques, absence de gouvernance budgétaire…

Pour y faire face, plusieurs instruments ont ainsi été créés ou renforcés après la crise. Pour n’en citer que quelques-uns, le Semestre européen permet à l’Union européenne de mieux contrôler les comptes de chaque Etat, afin d’éviter tout dérapage budgétaire de l’un d’entre eux qui pourrait mettre les autres en péril.

Plusieurs pays du Sud comme la Grèce ayant été fortement touchés par la crise, le mécanisme européen de stabilité a été fondé afin d’apporter, sous conditions, une aide financière aux États et banques en difficulté.

La Banque centrale européenne a quant à elle procédé à un rachat de dettes des Etats en difficulté, une mesure longtemps considérée comme taboue, en particulier par l’Allemagne.

L’Union bancaire, encore inachevée, renforce la prévention et la gestion des éventuelles faillites bancaires.

Enfin, le plan Juncker, tout comme le projet d’union des marchés de capitaux, visent à relancer l’investissement en Europe.

Les débats autour de l’économie européenne et de l’euro

L’économie européenne concentre une grande partie des débats sur l’UE. Si celle-ci est sans conteste parvenue à devenir une puissance économique mondiale, son principal insuccès de ce point de vue réside dans la persistance, voire l’accroissement depuis la crise, des inégalités entre Etats membres et plus particulièrement au sein de la zone euro.

Pour un certain nombre d’économistes (Patrick Artus, Michel Aglietta…), cette divergence est inhérente à la zone euro telle qu’elle a été construite, puisqu’il manque à cette union monétaire une union budgétaire permettant des transferts financiers plus importants. Sans aller jusqu’à cette éventualité, aujourd’hui refusée par l’Allemagne qui préfère maintenir des politiques budgétaires nationales, la Commission européenne insiste depuis 2016 sur la nécessité pour les pays en excédent budgétaire d’augmenter leurs investissements dans l’intérêt de l’UE. En 2018, les membres de la zone euro ont approuvé l’idée d’un instrument budgétaire pour la zone euro, qui pourrait être un premier pas en ce sens.

Un autre débat concerne la gestion de la crise et les réformes, parfois d’austérité, impulsées par l’Union européenne et l’Eurogroupe. Une politique axée sur la réduction des déficits publics, souvent jugée excessive voire contre-productive, en particulier dans la gestion de la crise grecque, et qui a fortement nui à l’image de l’UE auprès des citoyens. En 2020, dans le cadre de son recours au MES, l’Italie a ainsi refusé d’assortir le mécanisme de soutien de conditions de réformes.

En France comme dans d’autres pays, la sortie de l’euro a été envisagée par quelques partis politiques dont certains populistes, bien que la plupart des économistes s’accordent à dire qu’un tel scénario serait extrêmement dommageable pour le pays concerné. La question a été tout particulièrement posée pour la Grèce en profonde crise, mais est réapparue lors de campagnes électorales comme la présidentielle française de 2017. Elle semble toutefois aujourd’hui écartée par la majorité des partis français, y compris aux extrêmes.

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1 commentaire

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    Jean Masangi Mawonda

    Je suis heureux de participer à cet échange. L’Europe s’est construite et connue son essor économique grâce aux ressources naturelles exploitées en Afrique. Voilà pourquoi,dans le cadre de la mondialisation,l’europe doit avoir
    l’approche global en révisant sa politique et ses accords économiques avec les pays africains en privilègiant des bons traités de paix et de coopération économique pour créer des emplois et des industries dans des pays africains ;ce qui donner de l’emploi aux jeunes africains et réduire l’exode alimentaire vers l’europe. Si l’Europe cherche à se développer seul sans l’Afrique, je peut prédire la chute de l’europe comme 2ème puissance économique dans moins de 50ans car 50 ans est un cyprès historique au cours du quel les événements se réalisent. Noter que l’Afrique est un grand soutien au développement de l’europe;
    Si alors l’europe lâche l’afrique,se sera alors l’europe qui ira au déclin. Tenez- bien cette date. Ajouter à ce qui précède, le fait de la sortie des britanniques dans l’union est un élément qui concourt à cet affaiblissement. L’europe de 27 doit se rattraper en ayant une bonne politique et une coopération qui sort des élans du passé colonial mais plutôt actuel en traitant les états africains en véritables partenaires économiques et socio-culturel.