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La France, championne des financements de la Banque européenne d’investissement en faveur du climat

En 2023, la France s’est hissée à la première place des pays bénéficiaires des financements de la Banque européenne d’investissement (BEI) consacrés à la lutte contre le changement climatique et à l’atténuation de ses effets.

En France, 64 % des prêts de la BEI en 2023 ont été dédiés au climat - Crédits : doidam10 / iStock
En France, 64 % des prêts de la BEI en 2023 ont été dédiés au climat - Crédits : doidam10 / iStock

Les prêts de la Banque européenne d’investissement (BEI) ont toujours particulièrement la cote en France. Avec près de 12 milliards d’euros investis dans les entreprises et collectivités territoriales en 2023, une hausse de 16 % en comparaison avec 2022, elle se place au deuxième rang des pays de l’Union européenne ayant le plus bénéficié des prêts de la BEI. Après l’Italie (un peu plus de 12 milliards d’euros) et devant l’Espagne (environ 11,5 milliards d’euros).

Mais la France décroche la palme européenne des bénéficiaires de financements en faveur du climat, avec 6,9 milliards d’euros soit 64 % du total des prêts accordés par la BEI. Les investissements du bras financier de l’UE font aussi la part belle à l’innovation, qui représente 36 % du volume des prêts attribués en France en 2023. Climat et innovation, des secteurs “pas incompatibles” et qui se recoupent donc, comme l’a souligné Ambroise Fayolle, vice-président de la BEI, lors de la présentation des résultats annuels de la banque en France, jeudi 1er février à Paris.

Souveraineté européenne

Ce que les projets de la BEI ont en commun, c’est qu’ils contribuent à améliorer la vie quotidienne des Européens et à favoriser l’indépendance européenne”, affirme Ambroise Fayolle. En France, la BEI s’est attachée à investir dans des secteurs stratégiques pour la souveraineté européenne, afin de réaliser les objectifs que l’UE s’est fixés.

Illustration avec l’industrie des semi-conducteurs, ces puces électroniques au cœur du “Chips Act”. Une récente législation qui entend faire sortir l’UE de sa dépendance, aux marchés asiatiques notamment, dans ce domaine. En 2023, la BEI a accordé un prêt de 750 millions d’euros à l’entreprise Global Foundries dans le but de financer la construction d’une giga-usine de puces à Crolles en Isère. De quoi contribuer à l’objectif de porter d’ici à 2030 la capacité de production de l’UE à 20 % du marché mondial.

Autre secteur clé pour l’Europe dans lequel la BEI a investi en 2023 en France : les batteries. A Douai dans le Nord, la BEI a financé une giga-usine de la société AESC-Envision. Celle-ci doit en particulier produire des batteries qui permettront d’alimenter 200 000 véhicules produits par Renault à compter de 2025. Là encore, la BEI vient concrétiser des ambitions européennes. Les batteries sont cruciales dans le cadre de la transition écologique, alors que l’UE a décidé d’interdire la vente de voitures thermiques neuves à partir de 2035.

La transition écologique passe également par le secteur de l’énergie, où la BEI s’est aussi illustrée en France en 2023. Comme avec un prêt de 250 millions d’euros attribué à Soregies, un groupe d’entreprises locales d’énergie basé en Nouvelle-Aquitaine, pour développer les énergies renouvelables et la modernisation des réseaux de distribution. Une contribution aux objectifs climatiques européens de neutralité carbone à l’horizon 2050, mais aussi à REPowerEU, le plan de UE pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles russes d’ici à 2027.

De son côté la BEI s’était donnée pour but, en 2020, de consacrer 50 % de ses investissements, en France et ailleurs, à la lutte contre le changement climatique et à l’atténuation de ses effets d’ici à 2025. Une cible largement dépassée au niveau européen en 2023, cette part atteignant 60 %, et même 64 % en France.

Un soutien aux PME à travers le Fonds européen d’investissement (FEI)

Sur les près de 12 milliards d’euros investis en 2023 par la BEI en France, environ 1,4 milliard provient du Fonds européen d’investissement, filiale de la banque dédiée aux petites et moyennes entreprises. Parmi les principaux secteurs soutenus par le FEI figurent les “Deeptech” (des start-ups qui développent des technologies estimées très novatrices), le “climat et l’innovation” et “l’agriculture”, a indiqué le directeur France du FEI, Jacques Darcy, au cours de la présentation des résultats annuels du groupe BEI, à Paris le 1er février. 

L’Europe concrète au service des Européens

D’autres investissements de la BEI se perçoivent plus immédiatement dans la vie quotidienne des citoyens. Ce qu’Ambroise Fayolle appelle “l’Europe concrète au service des Européens”.

En 2023, la BEI a notamment prêté un milliard d’euros dans le cadre du Grand Paris Express pour financer la ligne 15 du métro de Paris. Prévue pour fin 2025, celle-ci desservira 22 communes sur 33 kilomètres et concernera un million d’usagers franciliens.

D’autres secteurs essentiels ont aussi bénéficié d’un soutien de la BEI. Tel que le logement, avec 500 millions d’euros de prêts au groupe Caisse des Dépôts pour la construction de logements sociaux. Ou encore l’éducation, comme avec un financement de 170 millions d’euros pour la construction de collèges en Haute-Savoie et la rénovation thermique d’établissements scolaires.

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