Dossier Traité transatlantique de libre-échange
Hongrie

Hongrie

Capitale : Budapest
Population : 9,87 millions - (Eurostat - 2014)
Superficie : 93 024 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 2004-05-01
Taux de croissance du PIB : -1,1 % - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 10,2 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 79,2 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : -0,1 % - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Forint
Découpage administratif : 7 régions, 19 comitats (départements), 3168 communes
Hymne national : Isten áldd meg a magyart (Dieu honore les Hongrois)
Indicatif téléphonique : 36
Code ISO : HU
Système politique : République parlementaire monocamérale
Espérance de vie : 75,3 ans - (Eurostat - 2012)
drapeau Hongrie

Politique

La Hongrie (Magyarorszag) est une république parlementaire monocamérale. Depuis le 2 mai 2012, János Áder est le président de la République, suite à la démission de Pal Schmitt coupable de plagiat.

Le Premier ministre Viktor Orbán (Fidesz, parti conservateur) a été élu pour un second mandat le 6 avril 2014, avec 44,54% des suffrages, devant l'alliance de la gauche (26%) et le parti d'extrême-droite Jobbik (20,5%). Favorisé par une récente loi électorale, le Fidesz a obtenu 133 des 189 sièges, une majorité supérieure aux deux tiers nécessaires pour modifier la Constitution.

Le 29 mai 2010, Viktor Orbán était nommé Premier ministre pour la première fois, après une victoire écrasante de la coalition FIDESz (conservateurs) - KDNP (démocrates chrétiens). Il succèdait au Premier ministre indépendant Gordon Bajnai, élu pour mettre en place un programme d'austérité visant à sortir le pays de la profonde crise économique qu'il traversait, en remplacement du très impopulaire Ferenc Gyurcsány, élu en 2004.

Les élections de 2010 ont marqué l’entrée pour la première fois au Parlement d’un parti d’extrême droite (Jobbik - 47 élus - et 3ème force politique depuis les élections européennes de juin 2009) et d’un parti écologiste (LMP - 16 sièges) et l’effacement du parti socialiste (MSzP - 59 sièges) au profit d’un grand parti de droite.

Le régime parlementaire hongrois a évolué depuis une décennie vers un système marqué par la prépondérance du Premier ministre. Le Parlement, pour le renverser, doit désigner simultanément son successeur. Le Président joue avant tout un rôle d’arbitre et le Parlement monocaméral doit partager certaines prérogatives (comme l’initiative des lois) avec l’exécutif.

Décidée par le Premier ministre Viktor Orbàn, la nouvelle Constitution hongroise, adoptée par le Parlement le 18 avril 2011, est entrée en vigueur le 1er janvier 2012. A travers une série de lois nationalistes concernant à la fois les domaines politiques, religieux, ou encore de l'économie et des finances, le texte a fait l'objet de nombreuses critiques, tant du côté de l'opposition, de la communauté internationale, que du peuple hongrois. La nomination des proches de M. Orbàn à la tête des principaux contre-pouvoirs (Cour constitutionnelle, Autorité des médias...), tout comme une politique économique étatiste (qui a pourtant montré un certain succès), font également l'objet d'inquiétudes en Europe.

Le pays et l'Union européenne

Comme tous les pays d’Europe centrale et orientale, la Hongrie envisage son ancrage à l’Ouest à travers le double prisme de l’OTAN et de l’Union européenne. Elle démarre les négociations d’adhésion à l’UE le 31 mars 1998 et rejoint l’Alliance atlantique le 12 mars 1999.

La Hongrie conclut avec succès les négociations de son adhésion à l'Union européenne lors du Conseil européen de Copenhague les 12 et 13 décembre 2002. Le référendum d'adhésion s'est tenu le 12 avril 2003 : 83,9% des suffrages ont exprimé un "oui" et confirmé le relatif soutien de la population hongroise (l'abstention a dépassé les 50%). La Hongrie a rejoint officiellement l’Union le 1er mai 2004, puis l'Espace Schengen le 21 décembre 2007.

Avec la Pologne, la République tchèque et la Slovaquie, la Hongrie appartient au groupe de Visegrad, un groupement chargé notamment de défendre les intérêts de ses membres dans l’UE. Elle soutient l’élargissement aux pays balkaniques, avec lesquels elle compte bien jouer un rôle de pivot du fait de sa position géographique.

La Hongrie compte 21 députés au Parlement européen. Elle a assuré la présidence du Conseil de l'Union européenne de janvier à juin 2011.

La Hongrie se trouve cependant depuis la fin 2011 sous le feu des critiques de l'UE : les réformes institutionnelles imposées par le gouvernement Orbàn ont suscité l'inquiétude des institutions européennes et des Etats membres, concernant notamment le fonctionnement de la justice, de la Banque centrale hongroise, ainsi que la loi sur les médias, les églises et l'autorité de protection des données. Viktor Orbàn a dû intervenir à plusieurs reprises devant la Commission européenne et le Parlement européen pour justifier les mesures adoptées. Plusieurs dispositions ont également fait l'objet d'une procédure devant la Cour de Justice de l'Union européenne.

Géographie

Située au centre de l'Europe dans le bassin des Carpates, la Hongrie est délimitée au nord par la Slovaquie, à l'est par l'Ukraine et la Roumanie, au sud par la Croatie et la Slovénie, à l'ouest par l'Autriche. C'est un pays de plaines : les 2/3 du pays sont composés de plaines et de régions vallonnées. 7,6% de la superficie nationale sont protégés.

Les principaux fleuves sont le Danube et la Tisza. La Hongrie compte quelques 1200 lacs naturels et artificiels dont le lac Balaton, qui est le plus grand lac d'Europe (595 km2). On l'appelle "la mer intérieure hongroise".

La Hongrie est par ailleurs un pays très riche en eaux thermales. Ces eaux naturelles et médicinales contiennent, en raison des activités volcaniques passées, de très nombreuses substances minérales. Le climat est tempéré, le pays se situe au carrefour de trois zones climatiques : méditerranéenne, continentale et atlantique.

Economie

La Hongrie a souvent été considérée comme le "bon élève" de l’Union européenne. Elle a eu l’occasion de s’ouvrir à l’économie de marché dès 1968, lorsqu’elle a obtenu de l’Union soviétique de rompre partiellement avec l’économie dirigée. Cela explique peut-être la rapidité avec laquelle elle a réalisé sa transition libérale.

Avant la crise économique, la Hongrie était la troisième puissance économique d’Europe centrale après la Pologne et la République tchèque. Elle y était aussi l’économie la plus ouverte, avec un nombre important de secteurs liés à l’Europe de l’ouest par le commerce et l’investissement.

Au cours des années 90, la Hongrie a mené une politique active de privatisation. Les investissements directs étrangers, qui représentaient un tiers du PIB en 2002, jouent un rôle important dans la croissance économique du pays. En 2004, ces investissements ont pratiquement atteint le même niveau qu’en Allemagne.

En léger déclin après la chute du communisme, l’industrie hongroise s’est redressée par la suite, lorsque le pays est devenu un maillon essentiel dans la chaîne de production européenne grâce au faible coût de sa main d’oeuvre. Mais ce sont les services qui représentent le secteur d’activité le plus dynamique, avec les deux tiers du PIB et une part équivalente des emplois. Quant à l’agriculture, elle représente à peine 5% de la richesse totale, bien qu’un tiers de la population continue de vivre dans les campagnes.

La Hongrie est aujourd’hui particulièrement touchée par la crise économique et financière, alors qu'elle était déjà confrontée à une hausse de ses déficits publics retardant son entrée dans la zone euro, initialement prévue pour 2010. En 2008, le pays a bénéficié d'un plan d'aide de 20 milliards d'euros du Fonds monétaire international (FMI), de l'Union européenne et de la Banque mondiale.

La Hongrie a de nouveau sollicité le 21 novembre 2011, auprès du FMI et de l'Union européenne, une aide d'un montant allant de 15 à 20 milliards d'euros. Mais les négociations ont été interrompues en raison des menaces politiques sur l'indépendance de la banque centrale hongroise, suite au vote d'une loi réformant le statut de cette dernière. Des modifications ayant été opérées par le Parlement hongrois à la demande de la Commission européenne, les négociations d'aide ont repris en juillet 2012. Fin janvier 2013, Viktor Orbàn a cependant décidé de se passer de l'aide de l'UE et du FMI, préférant se financer sur les marchés.

La situation économique de la Hongrie reste cependant fragile : après une récession en 2012, la croissance a été plus forte que prévue en 2013 (1,2%). Le gouvernement a adopté une série de mesures afin de réduire le déficit et la dette publics, ce qui a permis de mettre fin à la procédure pour déficit excessif en juin 2013 (la dette publique atteint 78% en 2014). Dans un rapport de janvier 2014, l'OCDE souligne l’atonie de l’investissement, le faible taux d’emploi des travailleurs peu qualifiés et les déficiences des marchés du travail et des produits. 

Le taux de chômage atteint 10,1% en 2014, tandis que persistent d'importantes inégalités de revenus.

Histoire

La naissance de la Hongrie

  • 35 av. J.C. – 9 après J.C. : les Romains conquièrent la Hongrie et fondent la province de Pannonie. Les magyars n’arrivent dans la plaine du Danube qu’en 896 sous la direction de leur prince Arpad.
  • 1000 : le prince magyar Etienne est couronné roi chrétien de Hongrie. C'est la naissance officielle de la nation hongroise.
  • 1458-1490 : le règne de Mathias Corvin, qui conquiert la Moravie et la Silésie, marque une période brillante du Royaume de Hongrie.

Le temps des divisions

  • 1541 : après la prise de Budapest par les Ottomans, la Hongrie est divisée en trois : la partie occidentale revient aux Habsbourg, le centre et la partie orientale tombent sous la coupe des Turcs.
  • 1703-1711 : Ferenc Rakoczi prend la tête d’une insurrection hongroise contre les Habsbourg et la paix de Szatmar reconnaît une large autonomie au royaume de Hongrie au sein de la monarchie danubienne.
  • 1848 : les nationalistes hongrois se soulèvent contre Vienne, une insurrection rapidement écrasée par les autorités impériales. En 1867, la Hongrie recouvre une certaine forme de souveraineté, lorsque l’Empire unitaire et centralisé se transforme en double monarchie austro-hongroise.
  • 4 juin 1920 : par le Traité de Trianon, la Hongrie perd les deux tiers de son territoire. Cinq millions de Hongrois se retrouvent en dehors du territoire national (ce qui, aujourd’hui encore, constitue une source de tension avec les pays voisins).
  • 1920-1944 : l'amiral Horthy, ultraconservateur, dirige le pays après la répression sanglante de la république communiste de Bela Kun. Il fait le choix de l’alliance avec l'Allemagne nazie favorable à la révision des traités de paix.

La période soviétique

  • 1945 : la Hongrie est occupée par l’Armée rouge et bascule sous tutelle soviétique. En 1956, le soulèvement démocratique de Budapest est brutalement écrasé par les troupes soviétiques.
  • 1989 : la Hongrie proclame la IIIème République le 23 octobre. C'est la fin de l'ère soviétique. Quelques mois auparavant, la décision d'ouvrir les frontières hongroises aux milliers d'Allemands de l'Est fut à l’origine de l’effondrement du rideau de fer et du mur de Berlin.

Drapeau et hymne

Composé de trois bandes horizontales rouge-blanc-vert, le drapeau hongrois apparaît pour la première fois en 1848, lorsque la vague des "Printemps des peuples" déferle sur l’Europe. Cette disposition est inspirée des drapeaux tricolores, très populaires par leur évocation de la Révolution française. Le rouge rappelle les bannières des tribus du roi Arpad, qui a installé les Magyars au cœur de la plaine de Pannonie ; le blanc est la couleur du roi Étienne, qui assure l’indépendance du royaume, et sera canonisé en 1083 ; le vert appartient aux armoiries royales, en particulier depuis Mathias Corvin au XVe siècle.

L'Hymne (Hymnusz) est issu d'un poème écrit par Ferenc Kölcsey qui rappelle l'histoire du peuple. Il fait référence à Arpad, chef au IXe siècle des tribus magyares originaires de l’Oural, au roi et héros national Mathias Corvin ou encore aux envahisseurs turcs et mongols. Mis en musique par la figure du romantisme Ferenc Erkel en 1823, il exprime le besoin de calme et de sérénité après un passé de tempêtes et de dominations successives.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Yehudi Menuhin (1916-1999)

"La partie occidentale de l’Europe serait plus pauvre sans le folklore, les traditions et la performance culturelle des peuples d’Europe centrale et orientale" a affirmé le grand chef d’orchestre hongrois. Il est considéré comme le plus illustre des violonistes contemporains. Il donne son nom à des festivals et fonde une école en Angleterre. En 1969, il devient président du Conseil international de la musique à l’UNESCO, puis président du Royal philharmonic orchestra de Londres en 1981. En 1986, François Mitterrand lui décerne le titre de grand officier de la Légion d’honneur. 

Bela Bartok (1881-1945)

Le compositeur pose les fondements de l’ethnomusicologie (étude des musiques populaires) en entreprenant des études sur le folklore hongrois. Il développe notamment l’échelle pentatonique et les combinaisons polyrythmiques non symétriques, qu’il utilise dans ses propres oeuvres.

Franz Liszt (1811-1886)

Le compositeur, installé un temps à Paris, est sensible aux idées révolutionnaires, qui lui inspirent plusieurs de ses œuvres. Il a notamment composé les Rhapsodies hongroises, les symphonies Faust et Dante. Autour des années 1860, sa vie et son œuvre prennent des allures mystiques qui ne le quitteront plus.

Michael Curtiz (1886-1962)

Le cinéaste est le réalisateur de Casablanca (avec I. Bergman et H. Bogart), tourné en à peine 59 jours. Michael Curtiz écrivait les scènes à tourner la veille pour le lendemain, ce qui explique quelques libertés avec le contexte politique.

Elie Wiesel (1928-)

Déporté à l’âge de quinze ans, il est le seul survivant de sa famille. Il s’installe à Paris puis aux Etats-Unis. Militant dans l’âme, il est le seul écrivain à avoir obtenu le prix Nobel de la Paix.