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Quand les pays de l'Union européenne célèbrent-ils leur fête nationale ?

Tous les pays de l'Union européenne célèbrent au moins une fête nationale chaque année. A quelles dates ? Quelles en sont les origines ? Tour d'horizon des commémorations en Europe.

La plupart des Etats membres de l’Union européenne ont une seule fête nationale inscrite au calendrier. C’est, entre autres, le cas de la Roumanie et de l’Allemagne qui célèbrent chaque année leur unification.

Certains ont en revanche adopté plusieurs journées officielles de commémoration. Avec cinq dates, Malte est l’Etat membre qui détient le record du nombre de jours dédiés à ces fêtes.

Et même si certains pays comme le Danemark ou l’Irlande n’ont pas de fête officielle, la coutume a imposé un temps de célébration commune. Evénement partagé à travers le monde, la Saint Patrick en est un exemple célèbre. La fête irlandaise n’est d’ailleurs pas la seule à avoir dépassé les frontières. La fête nationale espagnole, rappelant la “découverte” de l’Amérique par Christophe Colomb, a un écho sur le continent américain. Son voisin portugais a de son côté choisi de commémorer un élément de sa culture, avec la mort du poète Luís de Camões.

Une majorité de pays d’Europe centrale et orientale célèbrent quant à eux leur indépendance chaque année, vis-à-vis de l’Empire ottoman (Bulgarie, Grèce) ou de la Russie (Finlande, Hongrie, Estonie, Lettonie, Lituanie).

Enfin, tous les Etats membres n’ont pas le même rapport à la royauté. Si la France célèbre, chaque 14 juillet, l’évènement déclencheur d’une Révolution qui conduira à la chute de la couronne française, certains de ses voisins comme le Luxembourg ou la Belgique rendent au contraire hommage à leur monarchie tous les ans.

Les dates des fêtes nationales en un coup d’oeil

- Allemagne : 3 octobre
- Autriche : 26 octobre
- Belgique : 21 juillet
- Bulgarie : 3 mars
- Chypre : 1er octobre
- Croatie : 30 mai
- Danemark : 5 juin
- Espagne : 12 octobre
- Estonie : 24 février
- Finlande : 6 décembre
- France : 14 juillet
- Grèce : 25 mars
- Hongrie : 15 mars, 20 août, 23 octobre
- Irlande : 17 mars
- Italie : 2 juin
- Lettonie : 18 novembre
- Lituanie : 16 février, 11 mars, 6 juillet
- Luxembourg : 23 juin
- Malte : 31 mars, 7 juin, 8 septembre, 21 septembre, 13 décembre
- Pays-Bas : 27 avril
- Pologne : 3 mai, 11 novembre
- Portugal : 10 juin
- République tchèque : 28 octobre
- Roumanie : 1er décembre
- Slovaquie : 1er janvier
- Slovénie : 25 juin
- Suède : 6 juin

Les fêtes nationales pays par pays

Allemagne - 3 octobre

Nom officiel : Tag der Deutschen Einheit (“Jour de l’Unité allemande”)

Le 3 octobre, le “Jour de l’Unité allemande” célèbre la réunification en 1990 des zones est et ouest du pays. Avant cet évènement, la République fédérale d’Allemagne (RFA) avait choisi le 17 juin afin de commémorer les grèves et les émeutes de 1953. La fête nationale de sa voisine, la République démocratique allemande (RDA), était quant à elle fixée au 7 octobre, afin de célébrer la fondation de la République en 1949.

La fête se déroule officiellement chaque année dans le Land qui assure la présidence tournante du Bundesrat, le Conseil fédéral allemand. Après le Brandebourg en 2020, c’est celui de Saxe-Anhalt qui accueillera, en 2021, les festivités pouvant durer plusieurs jours.

Autriche - 26 octobre

Nom officiel : Österreichischer Nationalfeiertag (“Fête nationale autrichienne”)

Le 26 octobre 1955, l’Autriche adopte la loi sur la neutralité autrichienne. Le jour de la fête nationale est une référence directe à ce principe constitutionnel de la “neutralité permanente” du pays, voté lors du retrait définitif des troupes alliées du territoire national. Selon l’article premier du texte, “l’Autriche n’adhèrera à aucune alliance militaire” . C’est pourquoi le pays n’est aujourd’hui toujours pas membre de l’OTAN.

Officiellement désignée fête nationale dix ans après cet évènement, elle était anciennement appelée “Jour du Drapeau” , car un étendard devait être hissé chaque année dans certains lieux comme les écoles.

Belgique - 21 juillet

Nom officiel : Fête nationale belge, Belgische nationale feestdag (néerlandais), Belgischer Nationalfeiertag (allemand)

La Belgique commémore le 21 juillet le serment de Léopold de Saxe-Cobourg, qui devient le premier roi des Belges en 1831. Ce n’est cependant qu’en 1890 que Leopold II fixe cette date dans la loi. En 2013, le roi Albert II choisit par ailleurs la date du 21 juillet pour abdiquer, passant la couronne à son fils Philippe.

La Belgique connaît également d’autres fêtes régionales ou communautaires. La communauté flamande commémore par exemple le 11 juillet la bataille de Courtrai (autrement appelée “des éperons d’or”), qui marque la victoire contre les troupes du roi de France en 1302. De leur côté, les Wallons gardent en mémoire les journées révolutionnaires de 1830 chaque 27 septembre.

Bulgarie - 3 mars

Nom officiel : Ден на Освобождението на България от османско иго (“Jour de la libération de la Bulgarie du joug ottoman”)

C’est dans la banlieue d’Istanbul, anciennement Constantinople, qu’a été signé le 3 mars 1878 le traité de paix de San Stefano mettant fin à une guerre russo-turque, après la victoire de la Russie. La fondation d’un Etat bulgare souverain et autonome interrompt ainsi la domination ottomane vieille de près de cinq siècles sur ce territoire. Le 3 mars est promulgué fête nationale en 1990.

Le mémorial de Chipka, situé entre Sofia et la Mer Noire et siège de plusieurs batailles importantes, est un symbole de la libération bulgare du “joug ottoman” et un lieu de pèlerinage chaque 3 mars.

Chypre - 1er octobre

Nom officiel : Ημέρα ανεξαρτησιάς (“Jour de l’indépendance”)

La date du 1er octobre a été choisie en souvenir de l’indépendance de l’île vis-à-vis du Royaume-Uni, en 1960. Des parades militaires ont lieu, notamment à Nicosie, la capitale. D’autres jours de commémorations sont importants à Chypre, comme le 1er avril qui rappelle le début de l’insurrection armée de 1955.

Croatie - 30 mai

Nom officiel : Dan državnosti (“Fête de l’Etat”)

Le calendrier des fêtes civiles a changé à plusieurs reprises en Croatie, jusqu’à récemment. En 2019, le pouvoir a rétabli la date du 30 mai comme fête nationale. Celle-ci, également appelée “jour du souvenir” , commémore les premières élections parlementaires libres de 1990.

Au début des années 2000, les parlementaires croates avaient choisi une autre date pour marquer la fête nationale. Le 25 juin, référence à la proclamation par le Parlement de l’indépendance de la République socialiste de Croatie de la Yougoslavie, avait remplacé le 30 mai. Ce “jour de l’indépendance” fait toujours l’objet d’une commémoration officielle chaque année.

Danemark - 5 juin

Nom officiel : Grundlovsdag (“Jour de la Constitution”) - Le Danemark n’a officiellement pas de fête nationale, mais cette date est célébrée comme telle par ses habitants.

Le Danemark n’échappe pas aux révolutions de 1848 (Printemps des peuples) qui secouent l’Europe des monarques. Le pays commémore tous les 5 juin l’entrée en vigueur de la Constitution de 1849, marquant l’avènement d’une monarchie constitutionnelle avec le roi Frédéric VII à sa tête, ainsi que la création d’un Parlement.

Les cérémonies n’ont pas de caractère militaire ou festif, mais des discours sont prononcés chaque année par de nombreuses personnalités politiques danoises. La plupart des commerces sont d’ailleurs ouverts le 5 juin.

Espagne - 12 octobre

Nom officiel : Día de la Fiesta Nacional de España (“Jour de la fête nationale d’Espagne”)

L’histoire de l’aventure du navigateur Christophe Colomb dépasse les frontières de la péninsule ibérique. Le 12 octobre 1492, missionnés par les monarques catholiques, l’amiral et son équipage arrivent sur une île d’un continent qui leur est inconnu. La “découverte” de l’Amérique marque surtout le début de la colonisation européenne des territoires outre-Atlantique.

Cette date a été commémorée dans plusieurs pays d’Amérique latine, mais avec des expressions différentes, mettant plutôt en valeur les indigènes ou le dialogue interculturel. Outre le jour de la fête nationale en Espagne, le 12 octobre était pendant un temps la Journée de la langue espagnole de l’ONU. Cette dernière a été déplacée au 23 avril pour commémorer la mort de l’écrivain Miguel de Cervantes.

Estonie - 24 février

Nom officiel : Iseseisvuspäev (“Jour de l’Indépendance”)

La première indépendance de l’Estonie n’aura pas duré très longtemps. Le 24 février 1918, un premier gouvernement est formé et un manifeste est diffusé dans Tallinn. Les troupes russes se sont retirées, mais les soldats allemands occupent le territoire.

C’est seulement avec la chute des Empires centraux au terme de la Première Guerre mondiale que l’Estonie retrouve sa souveraineté, à la fin de l’année 1918.

Finlande - 6 décembre

Nom officiel : Itsenäisyyspäivä (“Jour de l’Indépendance”)

Le 6 décembre 1917, la Finlande accède à l’indépendance, après avoir été dominée par la Russie depuis le début du XIXe siècle. L’URSS tente d’ailleurs de conquérir le pays lors de la Guerre d’Hiver de 1939 puis dans les années 1940.

La tradition veut que les Finlandais placent des bougies aux couleurs du drapeau, bleu et blanc, aux rebords des fenêtres. Avec leur casquette blanche traditionnelle sur la tête, les étudiants d’Helsinki font une marche aux flambeaux entre le cimetière de Hietaniemi et la place du Sénat, où se tient un concert. Une messe œcuménique, à laquelle assistent les dirigeants politiques, est également diffusée à la télévision.

France - 14 juillet

Nom officiel : Fête nationale

Bien que la loi française ne mentionne pas explicitement quel est l’évènement célébré le 14 juillet, il est de notoriété publique que c’est la date de la prise de la Bastille en 1789.

Ce jour-là, cette forteresse devenue prison d’Etat est assaillie par les insurgés parisiens après que le ministre réformiste Necker a été renvoyé par Louis XVI. Ceux qui se nomment désormais “citoyens” saisissent des armes et de la poudre, libérant au passage quelques prisonniers et tuant le gouverneur de Launay ainsi que le prévôt des marchands de Paris de Flesselles. Un an après, Louis XVI prête serment à la Constitution, puis promet d’appliquer et de respecter la loi. La Fête de la Fédération rassemble ainsi des délégations de toutes les régions françaises sur le Champ-de-Mars.

Délaissé par le pouvoir tout au long du XIXe siècle, le 14 juillet redevient fête nationale sous la IIIe République, en 1880. L’allocution du président et le défilé militaire, avec son lot de feux d’artifice, sont aujourd’hui des marqueurs incontournables des célébrations tricolores.

Grèce - 25 mars

Nom officiel : Ο εορτασμός της Ελληνικής Επανάστασης (“Célébration de la révolution grecque”)

En Grèce, la fête nationale est célébrée le 25 mars. Elle commémore le jour où l’archevêque de Patras, dans le Péloponnèse, aurait lancé la rébellion contre les Ottomans en 1821.

Mais l’indépendance vis-à-vis de l’Empire n’est pas encore gagnée : d’abord réticentes à s’engager pour la cause des chrétiens orthodoxes, les autres puissances européennes interviennent en Méditerranée à la fin de la décennie 1820. La lutte des nationalistes grecs dure plusieurs années, et c’est seulement le 3 février 1830 que la Grèce obtient sa pleine autonomie, avec le Protocole de Londres.

Fêtant en 2021 le bicentenaire de la révolution de 1821, le gouvernement grec a lancé un comité “Greece2021” , afin d’organiser les évènements de promotion de cet anniversaire.

Hongrie - 15 mars, 20 août et 23 octobre

Noms officiels : Nemzeti ünnep (“Fête nationale”), Szent István ünnepe ou Államalapítás ünnepe (“Fête de Saint Etienne” ou “Fête de la fondation de l’Etat”), Forradalom ünnepe (“Fête de la Révolution”).

La Hongrie est un des seuls pays d’Europe à retenir trois dates afin de célébrer sa nation. Point commun avec d’autres Etats du continent, le 15 mars fait référence au “Printemps des peuples” de 1848. C’est l’occasion de célébrer le poète Sandor Petöfi, inspirateur des libéraux à Pest, ainsi que la liste des douze revendications libérales des révolutionnaires vis-à-vis du gouvernement autrichien.

Le 20 août, les Hongrois commémorent la fondation de leur Etat par le roi chrétien Etienne Ier, aux alentours de l’an mille. Canonisé en 1083, celui-ci est considéré comme le saint patron du pays. Sa couronne, symbole de la monarchie, est désormais dans la salle centrale du Parlement hongrois.

Quant à la date du 23 octobre, elle se réfère à l’insurrection de 1956 contre le régime communiste inféodé à l’URSS.

Irlande - 17 mars

Nom officiel : Saint Patrick’s day ou Lá Fhéile Pádraig (“Fête de la Saint-Patrick”)

La Saint Patrick est peut-être une des fêtes nationales les plus connues en Europe, et assurément la plus célébrée en-dehors des frontières d’un pays. Si la loi irlandaise ne lui reconnait pas le statut de fête nationale, les habitants de l’île fêtent depuis plusieurs siècles le saint patron évangélisateur de l’Éire à cette occasion.

D’abord une fête chrétienne, la Saint Patrick est associée à la musique, à la bière, aux trèfles et à la couleur verte. Souhaitant promouvoir la culture irlandaise, le gouvernement a mis en place un festival à cette occasion, qui se tient chaque année à Dublin.

Italie - 2 juin

Nom officiel : Festa della Repubblica (“Fête de la République”)

L’Italie célèbre l’avènement de la République chaque année. Le nouveau régime est adopté après le référendum des 2 et 3 juin 1946. Aujourd’hui, des défilés militaires se tiennent à Rome à l’occasion.

D’autres jours de commémoration sont observés chez nos voisins transalpins. La Fête de la Libération est célébrée chaque 25 avril, en souvenir de la fin de l’occupation nazie dans plusieurs villes du nord après la Seconde Guerre mondiale.

Le 4 novembre est aussi une date importante : elle permet aux Italiens de fêter à la fois l’Unité italienne et la fin de la Première Guerre mondiale.

Lettonie - 18 novembre

Nom officiel : Latvijas republikas proklamēšana diena (“Jour de la proclamation de la république lettonne”)

Comme pour ses voisins baltes, c’est à l’indépendance du pays que fait référence la date de la fête nationale lettonne. Quelques jours après l’armistice du 11 novembre 1918 sanctionnant la défaite de l’Allemagne, la République de Lettonie est proclamée dans les bâtiments de l’actuel Théâtre National de Riga, le 18 novembre.

Les forces soviétiques occupent à leur tour le territoire à partir de 1940. Il faut attendre la chute de l’URSS au début des années 1990 pour que la Lettonie retrouve son indépendance. Le 4 mai est ainsi un “deuxième jour de l’indépendance” .

Aujourd’hui, le discours du président de la République est généralement donné dans le square du Monument de la Liberté à Riga.

Lituanie - 16 février, 11 mars et 6 juillet

Nom officiel : Lietuvos valstybės atkūrimo diena (“Fête de la restauration de l’Etat lituanien”), Lietuvos Nepriklausomybės atkūrimo diena (“Fête de l’indépendance de la Lituanie”) et Valstybės diena (“Fête de l’Etat”).

Les dates des 16 février et 11 mars correspondent aux deux déclarations d’indépendance lituaniennes. D’abord le 16 février 1918, puis le 11 mars 1990, lorsque les membres du Conseil Suprême signent l’Acte de rétablissement de l’Etat lituanien, après de nombreux rassemblements populaires et une victoire des indépendantistes aux élections de 1989.

C’est alors le premier Etat balte à se séparer de l’URSS. La Lituanie paye assez cher son autonomie : Moscou impose un blocus économique et assaillit les locaux de la télévision à Vilnius, causant quinze morts côté lituanien.

La fête de l’Etat chaque 6 juillet a elle aussi une signification politique. Elle rappelle le couronnement de Mindaugas, premier roi de Lituanie, en 1253.

Luxembourg - 23 juin

Nom officiel : Fête nationale du Luxembourg, Lëtzebuerger Nationalfeierdag (luxembourgeois), luxemburgischer Nationalfeiertag (allemand) ou Groussherzogsgebuertsdag (“Anniversaire du Grand-Duc”).

Si la Grande-Duchesse Charlotte (1896-1985) est née un 23 janvier, c’est bien son anniversaire qui est célébré au Luxembourg depuis 1961. La date a été déplacée au 23 juin pour faciliter l’organisation des festivités en raison du temps estival plus clément. La Grande-Duchesse n’était pas destinée à monter sur le trône mais y sera contrainte après l’abdication de sa sœur Marie-Adélaïde en 1919.

Des défilés et des discours sont organisés ce jour-là. Le Premier ministre et le Grand-Duc participent à un Te Deum au sein de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg : une cérémonie officielle suivie d’une parade militaire dans le quartier Kirchberg. La veille, dans la capitale, les feux d’artifice terminent une soirée marquée par des concerts et le Fakelzuch, la traditionnelle retraite aux flambeaux.

Malte - 31 mars, 7 juin, 8 septembre, 21 septembre et 13 décembre

Nom officiel : Jum il-Ħelsien (“Jour de la Liberté”), Sette Giugno (“Sept Juin”), Jum il-Vittorja (“Jour de la Victoire”), Jum l-Indipendenza (“Jour de l’Indépendance”), Jum ir-Repubblika (“Jour de la République”).

En plus de nombreuses fêtes religieuses et populaires, Malte a cinq jours considérés comme fêtes nationales.

Première date du calendrier de ces commémorations, le 31 mars correspond à l’évènement le plus récent, lorsque la dernière base militaire britannique ferme en 1979.

Malte fête également son indépendance tous les 21 septembre. En effet, la reine d’Angleterre accorde à l’archipel son autonomie au sein du Commonwealth en 1964, demeurant cheffe de l’Etat.

Dix ans plus tard, le 13 décembre 1974, la République est proclamée à La Valette. Anthony Mamo devient alors le premier président maltais.

L’île occupe une position stratégique en Méditerranée. Aussi, le 8 septembre, ou “Jour de la Victoire” , est l’occasion de commémorer trois évènements en une seule fois : la fin du siège par l’Empire ottoman au XVIe siècle, par les Français en 1800 et par les forces italiennes en 1943.

Enfin, la journée du 7 juin rend hommage à la population maltaise qui s’est soulevée contre l’occupant anglais en 1919.

Pays-Bas - 27 avril

Nom officiel : Koningsdag ou Koninginnedag (“Jour du Roi” ou “Jour de la Reine”)

La fête nationale des Pays-Bas a récemment changé de date. Célébration liée à la monarchie néerlandaise, elle était initialement fixée au 30 avril, jour de l’anniversaire de la reine Juliana. Si Beatrix n’a pas souhaité bousculer ce calendrier lors de son accession au trône en 1980, le roi Willem-Alexander a, depuis 2013, avancé les festivités au 27 avril afin qu’elles coïncident avec son propre anniversaire.

Ces festivités se font souvent vêtus de la couleur orange, présente sur le drapeau néerlandais jusqu’au XVIIIe siècle et qui rend hommage à la famille royale.

Pologne - 3 mai et 11 novembre

Nom officiel : Święto Narodowe Trzeciego Maja (“Journée nationale du Trois Mai”), Narodowe Święto Niepodległości (“Fête de l’Indépendance nationale”).

La Pologne redevient un Etat souverain le 11 novembre 1918. Les pouvoirs sont alors transférés à Józef Piłsudski, le commandant des troupes polonaises pendant la guerre. C’est sous la Deuxième République, en 1937, que cette date est choisie afin de célébrer la fête nationale. Les célébrations sont toutefois suspendues entre 1945 et 1989, lors de la domination soviétique du pays.

Le 3 mai, les Polonais commémorent la naissance de la constitution de 1791. Adoptée par la Diète de Quatre Ans (chambre basse du Parlement national), c’est l’un des premiers textes constitutionnels votés démocratiquement au monde. Son article V déclare que “dans la société, tout pouvoir trouve son origine dans la volonté du peuple” et propose une séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.

Aujourd’hui, des festivités sont organisées dans tout le pays, incluant un discours présidentiel, des défilés militaires ou encore des concerts gratuits.

Portugal - 10 juin

Nom officiel : Dia de Portugal, de Camões e das Comunidades Portuguesas (“Jour du Portugal, de Camões et des communautés portugaises”).

La fête nationale portugaise est une petite exception en Europe, ne célébrant ni une victoire guerrière ni l’indépendance du pays, mais la culture du pays. Le 10 juin est en effet une référence à la mort de Luís de Camões, un poète portugais du XVIe siècle. Son œuvre Os Lusíadas témoigne d’un enthousiasme pour les explorations outre-Atlantique et exalte les conquêtes du pays.

La célébration prend une tournure très nationaliste à partir de 1933 et jusqu’à la fin de la dictature de l’Estado Novo. Le 10 juin devient alors le “jour de la race” , jusqu’à la chute de la dictature de Salazar en 1974.

Outre sa fête nationale, le pays commémore tous les 25 avril la révolution des Œillets, qui conclut cette même année des décennies d’autoritarisme. Des fêtes locales et municipales sont également observées.

République tchèque - 28 octobre

Nom officiel : Den vzniku samostatného československého státu (“Jour de la création d’un Etat tchécoslovaque indépendant”)

Au début de la Première Guerre mondiale, les trois futurs “pères fondateurs” de la Tchécoslovaquie animent la résistance depuis Paris et Londres contre l’Empire austro-hongrois des Habsbourg. Tomáš Masaryk, Edvard Beneš et Milan Rastislav Štefánik créent ainsi un Conseil national tchécoslovaque. Installé à Prague après la chute de l’Empire austro-hongrois, ce dernier adopte la Déclaration de Washington le 18 octobre 1918. La Tchécoslovaquie naît officiellement 10 jours plus tard.

Bien que la Slovaquie ait pris son indépendance en 1992, la nouvelle République tchèque a conservé cette date en souvenir de cette proclamation solennelle. Aujourd’hui, c’est notamment l’occasion pour le président de remettre un certain nombre de décorations honorifiques.

Roumanie - 1er décembre

Nom officiel : Ziua formării Regatului României Mari (“Jour de formation du Royaume de la Grande Roumanie”)

La date de la fête nationale roumaine, qui a changé à plusieurs reprises, a fait l’objet de débats dans le pays. Jugée trop liée à la royauté, la date du 10 mai faisait référence à un couronnement en 1866, alors que le 22 décembre aurait pu rappeler la chute du dictateur Nicolae Ceaușescu. Le 1er décembre, finalement choisi en 1989, est un symbole d’unité et d’indépendance. C’est à cette date qu’en 1918, Bucarest parvient à placer officiellement sous son autorité les territoires à population roumaine majoritaire, de la Transylvanie à la Mer Noire.

Des défilés militaires sont organisés chaque 1er décembre dans la capitale. La fête nationale a aussi une déclinaison locale à Alba Iulia, l’ancienne capitale de la principauté de Transylvanie, où l’acte de la Grande Union a été signé le 1er décembre 1918.

Slovaquie - 1er janvier

Nom officiel : Deň vzniku Slovenskej republiky (“Jour de création de la République slovaque”)

Bien que le 29 août soit une date célèbre en Slovaquie depuis le soulèvement contre les nazis en 1944, la fête nationale est fixée au 1er janvier, en souvenir de l’indépendance de 1993.

D’autres jours fériés sont observés dans le pays, comme le 5 juillet qui célèbre la mémoire des frères Cyrille et Méthode, apôtres des Slaves. Le 17 novembre est une journée dédiée à la liberté et à la démocratie, en référence à la Révolution de velours et la chute du régime communiste en 1989.

Slovénie - 25 juin

Nom officiel : Dan državnosti (“Jour de l’Etat”)

La Yougoslavie éclate en 1991 : les deux premières républiques à proclamer leur indépendance sont la Croatie et la Slovénie, le 25 juin.

Outre cette date importante, le calendrier des commémorations est jonché de moments forts rappelant la souveraineté de l’Etat slovène. Le 27 avril rend ainsi hommage aux combattants du Front de libération de la nation slovène, qui veulent soustraire le territoire des forces allemandes et italiennes après le mois d’avril 1941.

La République de Slovénie doit-elle devenir un État indépendant et souverain ?” : la question est posée lors d’un plébiscite en 1990. Dévoilé le 26 décembre, le résultat est sans appel : environ 95 % des bulletins de vote répondent “Oui” . Depuis cette date de proclamation est un jour chômé dans le pays.

Suède - 6 juin

Nom officiel : Nationaldag (“Fête nationale”)

Les Suédois célèbrent le sacre du roi Gustave Ier Vasa le 6 juin 1523. La date marque également la fin de l’Union de Calmar, une confédération dans laquelle se retrouvaient les actuels Danemark, Norvège et Suède. Malgré le départ de cette dernière, les deux autres demeurent dans la même entité politique jusqu’en 1814.

Le 6 juin fait également référence à la constitution suédoise du début du XIXe siècle. Férié depuis 2005, ce jour n’est toutefois pas marqué par de grandes liesses populaires comme dans d’autres pays européens, même si certains monuments sont gratuitement accessibles à cette occasion.

Les fêtes nationales des pays de l'UE

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