Grèce

Grèce

Capitale : Athènes
Population : 10,79 millions - (Eurostat - 2016)
Superficie : 131 957 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1981-01-01
Taux de croissance du PIB : - 0,2 % - (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 24,9 % - (Eurostat - 2015)
Dette publique : 176,9 % - (Eurostat - 2015)
Déficit public en % du PIB : -7,2 % - (Eurostat - 2015)
Inflation : -1,1 % - (Eurostat - 2015)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 13 régions, 52 départements, 133 communes rurales
Hymne national : Hymne à la liberté
Indicatif téléphonique : 30
Code ISO : GR (l'UE utilise le sigle EL)
Système politique : République parlementaire
Espérance de vie : 81,5 ans - (Eurostat - 2014)
drapeau Grèce

Politique

Depuis 1974 et la fin de la dictature, la Grèce (Hellas) est une République parlementaire. La chambre unique du parlement, élue pour quatre ans, investit le Premier ministre.

Le 25 janvier 2015 marque un tournant dans l'histoire du pays. Avec 36,3% des votes, le parti Syriza remporte les élections législatives. Alexis Tsipras, leader du parti, devient Premier ministre. En échange de son ralliement à M. Tsipras, Panos Kammenos, leader du parti souverainiste et anti-austérité de droite "Grecs indépendants", obtient le ministère de la Défense. Alexis Tsipras choisit de nommer Yanis Varoufakis, économiste connu pour ces critiques acerbes sur la politique d'austérité imposée de la Troïka, à la fonction de de ministre des Finances. Ce dernier démissionne le 5 juillet 2015, au lendemain du référendum organisé par le gouvernement relatif au réformes demandées par les créanciers du pays en échange d'un nouveau plan d'aide. 

Malgré le rejet massif de ce plan par les Grecs (61% des suffrages), Tsipras ne parvient pas à peser sur ses partenaires européens pour le modifier de manière substantielle. Le 3e mémorandum, assorti de mesures d'austérité, est ainsi soumis au Parlement grec le 13 août, et adopté grâce aux voix de l'opposition. Ne disposant plus d'une majorité parlementaire après la défection d'une quarantaine de députés de Syriza, Alexis Tsipras annonce sa démission le 20 août. Il remporte à nouveau les élections législatives du 20 septembre 2015 (35,47% des suffrages) en ne perdant que 4 sièges, et annonce la formation d'un nouveau gouvernement avec le précédent parti allié, les "Grecs indépendants" (ANEL) de Panos Kammenos. 

Le prédécesseur d'Alexis Tsipras, Antonis Samaras, gouvernait auparavant le pays depuis le 20 juin 2012. Son gouvernement de coalition réunissait, outre son parti Nouvelle Démocratie (conservateur), le Pasok (socialiste) et la Gauche démocratique. Le 9 juin 2014, M. Samaras procédait à un remaniement ministériel, suite à la large victoire du parti d'extrême gauche Syriza lors des élections européennes de mai (26%).

Depuis le 18 février 2015, Prokopis Pavlopoulos, membre de la Nouvelle démocratie (centre-droit) est le président de la République hellénique. Il succède à Karolos Papoulias, qui occupait ce poste depuis 2005.

Le pays et l'UE

Tout juste un an après la fin du régime autoritaire des Colonels, en 1975, la Grèce dépose sa candidature à la Communauté économique européenne.

Au sein du pays, les différents partis politiques sont divisés sur l'opportunité d'adhérer à la Communauté. Certains, comme Constantin Caramanlis, du parti conservateur Nouvelle démocratie, y voient l'occasion d'un développement économique et d'une stabilisation démocratique du pays. Pour d'autres, comme le socialiste Andréas Papandreou, un petit pays comme la Grèce risque de ne pas pouvoir se développer, entouré de pays économiquement forts comme le sont les pays de l'Europe de l'Ouest.

Du côté de la Commission européenne, des réticences se font également ressentir. On ne sait pas si la Grèce est "prête". Mais le président français Valéry Giscard d'Estaing soutient sa candidature. Pour lui, "on ne laisse pas Platon à la porte". Outre le caractère symbolique de l'adhésion, la position géographique de la Grèce est hautement stratégique, au carrefour des chemins migratoires et au plus près des Balkans, une zone alors sous tension. Avec l'appui des ministres des Affaires étrangères allemands et néerlandais, la candidature grecque sera finalement acceptée par le Conseil de l'UE, faisant fi des réticences de la Commission.

La Grèce adhère officiellement à la CEE en 1981. Elle bénéficie alors des avantages de l'Union européenne, notamment des fonds structurels qui lui permettent de développer considérablement le pays.

La crise économique

En mars 2000, la Grèce assure respecter les critères de Maastricht, ce qui lui permet d'adhérer à la zone euro. Toutefois, le pays fait alors usage "d'astuces comptables" et, aidée notamment par la banque Goldman Sachs, maquille la véritable situation du pays. En 2009, la véritable situation économique de la Grèce est dévoilée par son Premier ministre Georgios Papandreou. Les marchés financiers s'affolent et la Grèce tombe alors dans une crise sans précédent.

Des mesures d'austérité sont demandées à la Grèce par la "Troïka", composée de la BCE, de la Commission européenne et du FMI, appelé en aide. Les plans de sauvetage se suivent, les gouvernements également, accompagnés par un mécontentement grandissant de la population, qui subit les cures d'austérité de plein fouet. Après huit années de récession, l'amélioration des finances publiques et le retour de la croissance en 2017 laissent entrevoir un avenir meilleur, même si l'ampleur de la dette publique hellène reste une source de préoccupation.

Relations diplomatiques et crise des migrants

Si certains contentieux persistent avec la Turquie, notamment sur la délimitation des frontières en mer Égée, le respect effectif de la liberté de culte dans les deux pays ou la réunification du territoire chypriote, les autorités grecques conduisent toutefois depuis 1999 une politique de rapprochement avec Ankara.

La Grèce entretient par ailleurs un différend avec l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, à propos de son nom. Elle est hostile à l’adoption d’un nom semblable à celui de l’une de ses régions, qu’elle juge susceptible de favoriser, à terme, la revendication par cette République d’une partie du territoire grec.

Depuis le début de la crise migratoire, la Grèce fait également face à un flux migratoire très important en provenance majoritairement de la Turquie. Cela a eu pour conséquence la conclusion de deux plans à l'échelle européenne, un premier avec la Turquie et un second plan de relocalisation dans tous les pays de l'Union européenne.

La Grèce dispose de 21 sièges au Parlement européen et de 12 voix au Conseil de l'UE. Elle a exercé la présidence du Conseil de l'UE à cinq reprises, la dernière fois en 2014. Le commissaire européen grec actuel est Dimitris Avramopoulos, chargé de la migration, des affaires intérieures et de la citoyenneté.

Economie

L'économie de la Grèce était l'une des plus dynamiques de la zone euro de 2000 à 2007, grâce notamment à l'apport de capitaux étrangers. Toutefois, en 2000, afin de rejoindre la zone euro, la Grèce fournit de fausses statistiques, divisant par deux le chiffre de son déficit public. Déjà en 2005, elle a de fait, avec l’Italie, la dette publique la plus élevée de la zone euro. La Commission européenne entame dès 2004 une procédure pour déficit excessif.

Le maquillage des comptes publics est découvert et dévoilé par le nouveau gouvernement de Giórgos Papandréou à l'automne 2009, en pleine crise économique : le déficit s'élève réellement à 12% du PIB. C'est le début de la crise grecque et plus globalement de la crise de la zone euro : les taux de dette et les coûts d'emprunt augmentent et le chômage passe de 7,8% en 2008 à 28% en 2013. Les problèmes structurels de la Grèce sont mis en lumière (système fiscal défaillant, etc.). Pour éviter une propagation aux autres économies européennes en difficultés comme l'Espagne et le Portugal, le FMI et la zone euro décident d'aider financièrement la Grèce.

En mai 2010, un accord est trouvé et Athènes obtient des crédits de l'Union européenne et du FMI, à hauteur de 110 milliards d'euros sur trois ans. Ce prêt est conditionné à la mise en place de mesures structurelles, portant notamment sur le gel des salaires des fonctionnaires pendant trois ans, l'allongement de la durée de cotisations retraites de 37 à 40 ans en 2015, ou encore une nouvelle hausse de la TVA. Entre mars 2010 et juin 2011, le Parlement grec vote ainsi trois plans d'austérité afin d'économiser plus de 60 milliards d'euros.

Entre septembre 2011 et début 2013, quatre autres plans d'austérité sont votés avec notamment la réduction de 20% des retraites supérieures à 1200€ ou encore la baisse de 22% du salaire minimum. Un second plan de sauvetage adopté en juillet 2011 porte sur un prêt de 109 milliards d'euros. En octobre de la même année, un autre plan d'aide à hauteur de 30 milliards d'euros vise à recapitaliser les banques grecques en allégeant leur part de la dette publique. En 2012, un plan d'aide international de 237 milliards d'euros, qui prévoit également l'effacement de 50% de la dette grecque détenue par des créanciers privés, est adopté. En novembre, un accord prévoit la réduction de la dette publique de 40 milliards afin d'atteindre l'objectif d'une dette rapportée à 124% du PIB en 2020.

La contestation sociale face aux mesures d'austérité amène l'extrême gauche au pouvoir en janvier 2015, avec le parti Syriza. Le nouveau Premier ministre Alexis Tsipras durcit le discours face aux créanciers (Troïka) : Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international. La Grèce ne peut toutefois pas satisfaire les échéances de paiement, et la menace d'un "Grexit", une sortie du pays de la zone euro déjà envisagée en 2010, apparaît à nouveau. 

Après des négociations difficiles avec ses créanciers, le gouvernement organise un référendum incitant les grecs à refuser les conditions du nouveau plan d'aide, et qui est effectivement rejeté par 61% des électeurs. Toutefois, sans autre solution, Alexis Tsipras accepte un accord contraignant pour obtenir un prêt de 7 milliards d'euros et la perspective d'un nouveau plan d'aide de 85 milliards d'euros sur trois ans. Le Parlement vote alors un nouveau plan d'austérité.

Alexis Tsipras démissionne fin août 2015, mais est réélu lors des élections anticipées. A nouveau renforcé, il négocie un accord global sur la dette grecque qui est entériné au mois de mai 2016. Cet accord permet à la fois le déblocage de nouvelles tranches de prêts et un allègement de la dette au moins jusqu'en 2018.

En 2015, la dette publique de la Grèce s'élevait à 181 % du PIB, et le taux de chômage à 24,4 % début 2016. La gestion de la crise grecque fait l'objet de nombreux débats au regard de la dégradation des conditions de vie des Grecs dont la richesse par habitant s'est réduite de 25% depuis 2008 (elle s'élevait alors à 86% de la moyenne européenne). Face aux baisse drastiques des dépenses de santé publique, plusieurs millions de Grecs n'ont pas accès au système de santé, les pénuries de certains médicaments sont nombreuses et les hôpitaux manquent d'effectifs et de matériel.

Géographie

Au sud-est de l’Europe, la Grèce est formée de la pointe de la péninsule balkanique, de la presqu’île du Péloponnèse et de près de 2 000 îles. La Grèce est bordée par l’Albanie, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, la Bulgarie et la Turquie.

C’est un pays de mer et de montagnes (le mont Olympe culmine à 2 917 m). La population de 10,9 millions d’habitants se concentre sur les étroites plaines littorales, en particulier en Attique, autour d’Athènes, et dans la plaine de Macédoine centrale, autour de Thessalonique. A elles seules, Athènes et son agglomération concentrent le tiers de la population grecque.

Les zones montagneuses pauvres et enclavées ont été traditionnellement dévolues à l’élevage ovin extensif, tandis que les cultures méditerranéennes (olivier, vigne, blé) se concentrent dans les plaines de Thessalie, Thrace, Macédoine et Attique.

Histoire

  • Vème siècle avant notre ère : la civilisation des cités-États helléniques atteint son apogée. Sa philosophie, son organisation politique, ses arts sont à la base de la civilisation occidentale.

La Grèce dans les Empires

  • 336-323 : l’Empire d’Alexandre porte le rayonnement de la culture et de la langue grecque dans tout l’Orient avec la conquête de l’Empire perse.
  • 148 av. J.-C. : la Grèce devient une province romaine, puis devient le cœur de l’Empire romain d’Orient, puis de l’Empire byzantin après la chute de Rome.
  • 1204 : avec la prise de Constantinople par les croisés, la Grèce est soumise à des bouleversements politiques et au morcellement.

Les difficiles relations avec la Turquie

  • 1456-1458 : la Grèce est conquise par les Turcs et vit sous domination ottomane jusqu’au XIXème siècle.
  • 1821-1830 : la guerre de libération de la Grèce par les patriotes suscite l’enthousiasme de la jeunesse romantique européenne, autour de la figure de Lord Byron.
  • 1912-1913 : les guerres balkaniques opposent la Turquie et la Bulgarie, à la Grèce, qui reprend des terres.
  • 1922 : le nationaliste turc Mustapha Kemal expulse en 1922 tous les Grecs de son pays. C’est la "catastrophe d’Asie mineure" pour les Grecs. Monarchies et républiques se succèdent.

De la dictature à l'entrée dans l'Union européenne

  • 1967-1974 : la Dictature des colonels mise en place par un coup d’État militaire est fragilisée par son intervention sur l’île de Chypre. Elle cède la place à une "démocratie parlementaire présidentielle fondée sur la souveraineté du peuple".
  • 1981 : la Grèce adhère à l’Union européenne.

Drapeau et hymne

Les Grecs nomment leur drapeau national galanolefki, qui signifie la "bleue-et-blanche". Le bleu représente le ciel et la mer et le blanc la pureté, symbole de la lutte d’indépendance face à l'empire ottoman, indépendance proclamée en 1820. Deux ans après, l’Assemblée nationale décrète que le nouvel emblème sera composé d’une croix blanche sur fond bleu. La croix témoigne de la tradition chrétienne orthodoxe de la Grèce, tandis que les neufs bandes représentent les syllabes de la devise des guerres de libération. C'est lors du rétablissement de la république parlementaire en 1975 que la bannière en usage aujourd'hui est instituée.

L'Hymne à la liberté (Ύμνος εις την Ελευθερίαν) est, avec 158 strophes et 576 vers, le plus long au monde. Il est rédigé en 1823 par le poète Dionýsios Solomós puis associé plus tard à la composition de Nikolaos Mántzaros. Seules les quatre premières strophes sont décrétées comme hymne national en 1865. Le poème rappelle une multitude d’événements historiques, et reflète les évènements de la révolution grecque de 1821 contre l’Empire Ottoman. Georges I apprécie la mélodie et la proclame hymne national de la Grèce en 1864. Un décret de 1865 l’institue officiellement.

Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Homère (prob. VIIIème siècle)

La littérature grecque commence là où naît la littérature occidentale et européenne en général, avec L’Iliade et l’Odyssée, attribuées à Homère. Le théâtre antique occupait au sein de la cité des fonctions politiques ou religieuses et contribuait à la cohésion de la communauté sociale et civique. Les thèmes empruntés aux mythes (Prométhée d'Eschyle, Électre de Sophocle, Oreste d'Euripide) s’attachent à représenter la soumission de l’homme à son destin et les conditions de son action. Les comédies d’Aristophane offrent une description vivante et mordante de la réalité athénienne du Vème siècle, avec ses conflits sociaux et ses antagonismes politiques, comme dans Les oiseaux. De sa splendeur antique, la Grèce conserve un patrimoine architectural d’une richesse impressionnante.

Maria Callas (1923-1977)

Si un grec de l’Antiquité revenait à Athènes aujourd’hui, il saurait se faire comprendre : le grec moderne dérive tout droit du grec ancien. Cependant les formes artistiques se sont profondément renouvelées et ouvertes aux influences de bien d’autres cultures. Depuis le dernier quart du XXème siècle, la culture grecque a connu une réelle renaissance après des siècles d’assoupissement. La notoriété internationale de Maria Callas, interprète de chants lyriques et actrice, considérée comme une des plus belles voix au monde dès le milieu des années 1940, en porte témoignage. La chanson populaire grecque a trouvé dans l’exil et la nostalgie du pays perdu à la dictature une nouvelle source d’inspiration, chez Angélique Ionatos ou Melina Mercouri. Celle-ci est devenue ministre de la culture de la Grèce lors de l’arrivée du PASOK au pouvoir en 1981.

Vassilis Vassilikos

L’écrivain s’exile en France en 1967 pour fuir la dictature militaire. Il devient célèbre quand  Z, un de ses romans, est porté à l’écran en 1969 par Costa Gavras, avec à l’affiche Jean-Louis Trintignant et Yves Montand. Le livre, sorti en 1966, traite de l’assassinat d’un député de gauche qui a été camouflé en accident. Quelques années après son retour en Grèce en 1974, il devient le responsable de la délégation grecque à l’UNESCO.