Dossier spécial : Conférence Climat Paris 2015 : vers un accord ambitieux ? Révolution numérique : quelle stratégie pour l'Europe ?
Grèce

Grèce

Capitale : Athènes
Population : 10,9 millions - (Eurostat - 2014)
Superficie : 131 957 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1981-01-01
Taux de croissance du PIB : - 3,9% - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 27,5 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 175,1 % - (Eurostat - 2013)
Déficit public en % du PIB : -12,7 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : -1,5 % - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 13 régions, 52 départements, 133 communes rurales
Hymne national : Hymne à la liberté
Indicatif téléphonique : 30
Code ISO : EL
Système politique : République parlementaire
Espérance de vie : 80,7 ans - (Eurostat - 2012)
drapeau Grèce

Politique

Depuis 1974 et la fin de la dictature, la Grèce (Hellas) est une République parlementaire. La chambre unique du parlement, élue pour quatre ans, investit le Premier ministre.

Le 20 juin 2012, Antonis Samaras a pris la tête du gouvernement grec. Son gouvernement de coalition réunit, outre son parti Nouvelle Démocratie (conservateur), le Pasok (socialiste) et la Gauche démocratique. Il succède à Lucas Papademos et à son gouvernement d'union nationale. Le 9 juin 2014, M. Samaras a procédé à un remaniement ministériel, suite à la large victoire du parti d'extrême gauche Syriza lors des élections européennes de mai (26%). Les socialistes du PASOK ont été davantage intégré au gouvernement avec un quatrième portefeuille ministériel (éducation).

Le 25 janvier 2015 marque un tournant dans l'histoire du pays. Avec 36,3% des votes, le parti Syriza remporte les élections législatives.
Alexis Tsipras, leader du parti, devient Premier ministre. Son gouvernement est composé de seulement 6 femmes sur une quarantaine de ministres et secrétaires d'Etat. Aucune à un poste important. En échange de son ralliement à M. Tsipras, Panos Kammenos, leader du parti souverainiste et anti-austérité de droite "Grecs indépendants", a obtenu le ministère de la Défense. Alexis Tsipras a choisi de nommer Yanis Varoufakis économiste connu pour ces critiques acerbes sur la politique d'austérité imposée de la Troïka, à la fonction de de ministre des Finances. Ce dernier démissionne le 5 juillet 2015, au lendemain du référendum organisé par le gouvernement relatif au réformes demandées par les créanciers du pays en échange d'un nouveau plan d'aide.

Depuis le 18 février 2015, Prokopis Pavlopoulos, membre de la Nouvelle démocratie (centre-droit) est le président de la République hellénique. Il succède à Karolos Papoulias, qui occupait ce poste depuis 2005.

Le pays et l'UE

La Grèce a déposé sa candidature à la CEE dès l’effondrement de la Dictature des colonels. Son adhésion est devenue effective le 1er janvier 1981. La Grèce dispose de 21 sièges au Parlement européen.

Si certains contentieux persistent avec la Turquie, notamment sur la délimitation des frontières en mer Égée, le respect effectif de la liberté de culte dans les deux pays ou la réunification du territoire chypriote, les autorités grecques conduisent toutefois depuis 1999 une politique de rapprochement avec Ankara.

La Grèce entretient par ailleurs un différend avec l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, à propos de son nom. Elle est hostile à l’adoption d’un nom semblable à celui de l’une de ses régions, qu’elle juge susceptible de favoriser, à terme, la revendication par cette République d’une partie du territoire grec. 

Economie

L'économie de la Grèce était l'une des plus dynamiques de la zone euro de 2000 à 2007, grâce notamment à l'apport de capitaux étrangers.

Mais en 2000, afin de rejoindre la zone euro, la Grèce fournit de fausses statistiques, divisant par deux le chiffre de son déficit public. En 2005, elle a de fait, avec l’Italie, la dette publique la plus élevée de la zone euro (proche de 110% du PIB). Le pays compte également un taux de chômage supérieur à la moyenne et une inflation parmi les plus élevées de la zone euro. La Commission européenne entame alors une procédure pour déficit excessif en mai 2004, et le gouvernement élu la même année met en oeuvre une série de réformes en profondeur, qui devaient permettre à la Grèce de retrouver un niveau de déficit acceptable à la fin de l’année 2007.

Cependant, à l'automne 2009, alors que la crise économique mondiale touche déjà l'Europe, le nouveau gouvernement décide de dévoiler la vérité sur le déficit budgétaire du pays, qui s'élève à 12,7% et non 6% du PIB. Suite à cette annonce, les marchés perdent confiance, les taux de la dette grecque grimpent, obligeant le pays à emprunter à des coûts de plus en plus élevés, et l'empêchant à terme de se refinancer. Cette période marque le début de la crise grecque.

Résultant à la fois de la crise économique mondiale et de facteurs propres au pays (fort endettement d'environ 120 % du PIB en 2010, déficit budgétaire qui dépasse les 13 % du PIB...), la crise de la dette publique grecque marque de façon plus globale le début de la crise de la dette dans la zone euro.

Mais ce qui fait la spécificité de la crise grecque par rapport aux autres pays de la zone euro, c'est l'ampleur de ses problèmes structurels et notamment sa difficulté à prélever l'impôt. Pour éviter que la crise ne se propage au reste de l'Union européenne, et notamment au Portugal et à l'Espagne, les pays de la zone euro et le FMI ont décidé de lui apporter une aide financière.

Le 2 mai 2010, un accord est trouvé et Athènes obtient des crédits de l'Union européenne et du FMI à hauteur de 110 milliards d'euros sur trois ans. Ce prêt est conditionné à la mise en place de mesures structurelles par la Grèce, portant notamment sur le gel des salaires des fonctionnaires pendant trois ans, l'allongement de la durée de cotisations retraites de 37 à 40 ans en 2015, une nouvelle hausse de la TVA...

Mais en mai 2011, la Grèce doit de nouveau faire appel aux pays européens et au FMI. Les différentes mesures d'austérité entrainent des manifestations de la population grecque de plus en plus importantes.

Le 21 juillet, les Européens et le FMI adoptent les grandes lignes du second plan de sauvetage. Celui-ci porte sur un prêt de 109 milliards d'euros de fonds publics (79 venant du FESF et du FMI, et 30 des privatisations).

La nécessité de diminuer la dette grecque et de recapitaliser les banques afin de stabiliser la zone euro conduit à l'adoption d'un nouveau plan d'aide le 27 octobre 2011. Ce dernier prévoit un abandon par les banques privées de 50% (et non plus de 21%) de la dette publique qu'elles détiennent sur la Grèce, la contrepartie étant une recapitalisation pour un montant de 106 milliards d'euros.

Depuis 2011, plusieurs tranches d'aide de l'UE ont été débloquées pour la Grèce.

Après six années de récession, le gouvernement grec espère une reprise de la croissance estimée à 0,6% en 2014. Des prévisions jugées optimistes par l'OCDE, qui prévoit une croissance positive en 2015 seulement. En 2014, le taux de chômage est de 27%, tandis que la dette publique ne parvient toujours pas à se résorber, et atteint 174% du PIB. 

Depuis janvier 2015 et l'arrivée du parti de gauche radicale Syriza au pouvoir en Grèce, les relations entre le pays et ses créanciers (Commission européenne, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international) sont dégradées. Ne pouvant faire face à ses échéances, le gouvernement dirigé par Alexis Tsipras s'est engagé dans de longues et houleuses négociations.

Le 5 juillet, le Premier ministre a même convoqué un référendum afin d'appeler le peuple à voter "non" aux demandes de réformes des créanciers en échange d'un nouveau plan d'aide. Mais alors que les Grecs ont effectivement voté "non" à 61%, le rapport de force ne s'est pas inversé et, au bord du défaut de paiement, Alexis Tsipras a accepté un accord très contraignant pour son pays pour obtenir un prêt-relais de 7 milliards d'euros et la perspective d'un nouveau plan d'aide massif compris entre 80 et 86 milliards d'euros dont les contours n'ont pas encore été définis.

Géographie

Au sud-est de l’Europe, la Grèce est formée de la pointe de la péninsule balkanique, de la presqu’île du Péloponnèse et de près de 2 000 îles. La Grèce est bordée par l’Albanie, l’Ancienne République yougoslave de Macédoine, la Bulgarie et la Turquie.

C’est un pays de mer et de montagnes (le mont Olympe culmine à 2 917 m). La population de 10,9 millions d’habitants se concentre sur les étroites plaines littorales, en particulier en Attique, autour d’Athènes, et dans la plaine de Macédoine centrale, autour de Thessalonique. A elles seules, Athènes et son agglomération concentrent le tiers de la population grecque.

Les zones montagneuses pauvres et enclavées ont été traditionnellement dévolues à l’élevage ovin extensif, tandis que les cultures méditerranéennes (olivier, vigne, blé) se concentrent dans les plaines de Thessalie, Thrace, Macédoine et Attique.

Histoire

  • Vème siècle avant notre ère : la civilisation des cités-États helléniques atteint son apogée. Sa philosophie, son organisation politique, ses arts sont à la base de la civilisation occidentale.

La Grèce dans les Empires

  • 336-323 : l’Empire d’Alexandre porte le rayonnement de la culture et de la langue grecque dans tout l’Orient avec la conquête de l’Empire perse.
  • 148 av. J.-C. : la Grèce devient une province romaine, puis devient le cœur de l’Empire romain d’Orient, puis de l’Empire byzantin après la chute de Rome.
  • 1204 : avec la prise de Constantinople par les croisés, la Grèce est soumise à des bouleversements politiques et au morcellement.

Les difficiles relations avec la Turquie

  • 1456-1458 : la Grèce est conquise par les Turcs et vit sous domination ottomane jusqu’au XIXème siècle.
  • 1821-1830 : la guerre de libération de la Grèce par les patriotes suscite l’enthousiasme de la jeunesse romantique européenne, autour de la figure de Lord Byron.
  • 1912-1913 : les guerres balkaniques opposent la Turquie et la Bulgarie, à la Grèce, qui reprend des terres.
  • 1922 : le nationaliste turc Mustapha Kemal expulse en 1922 tous les Grecs de son pays. C’est la "catastrophe d’Asie mineure" pour les Grecs. Monarchies et républiques se succèdent.

De la dictature à l'entrée dans l'Union européenne

  • 1967-1974 : la Dictature des colonels mise en place par un coup d’État militaire est fragilisée par son intervention sur l’île de Chypre. Elle cède la place à une "démocratie parlementaire présidentielle fondée sur la souveraineté du peuple".
  • 1981 : la Grèce adhère à l’Union européenne.

Drapeau et hymne

Les Grecs nomment leur drapeau national galanolefki, qui signifie la "bleue-et-blanche". Le bleu représente le ciel et la mer et le blanc la pureté, symbole de la lutte d’indépendance face à l'empire ottoman, indépendance proclamée en 1820. Deux ans après, l’Assemblée nationale décrète que le nouvel emblème sera composé d’une croix blanche sur fond bleu. La croix témoigne de la tradition chrétienne orthodoxe de la Grèce, tandis que les neufs bandes représentent les syllabes de la devise des guerres de libération. C'est lors du rétablissement de la république parlementaire en 1975 que la bannière en usage aujourd'hui est instituée.

L'Hymne à la liberté (Ύμνος εις την Ελευθερίαν) est, avec 158 strophes et 576 vers, le plus long au monde. Il est rédigé en 1823 par le poète Dionýsios Solomós puis associé plus tard à la composition de Nikolaos Mántzaros. Seules les quatre premières strophes sont décrétées comme hymne national en 1865. Le poème rappelle une multitude d’événements historiques, et reflète les évènements de la révolution grecque de 1821 contre l’Empire Ottoman. Georges I apprécie la mélodie et la proclame hymne national de la Grèce en 1864. Un décret de 1865 l’institue officiellement.

Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Homère (prob. VIIIème siècle)

La littérature grecque commence là où naît la littérature occidentale et européenne en général, avec L’Iliade et l’Odyssée, attribuées à Homère. Le théâtre antique occupait au sein de la cité des fonctions politiques ou religieuses et contribuait à la cohésion de la communauté sociale et civique. Les thèmes empruntés aux mythes (Prométhée d'Eschyle, Électre de Sophocle, Oreste d'Euripide) s’attachent à représenter la soumission de l’homme à son destin et les conditions de son action. Les comédies d’Aristophane offrent une description vivante et mordante de la réalité athénienne du Vème siècle, avec ses conflits sociaux et ses antagonismes politiques, comme dans Les oiseaux. De sa splendeur antique, la Grèce conserve un patrimoine architectural d’une richesse impressionnante.

Maria Callas (1923-1977)

Si un grec de l’Antiquité revenait à Athènes aujourd’hui, il saurait se faire comprendre : le grec moderne dérive tout droit du grec ancien. Cependant les formes artistiques se sont profondément renouvelées et ouvertes aux influences de bien d’autres cultures. Depuis le dernier quart du XXème siècle, la culture grecque a connu une réelle renaissance après des siècles d’assoupissement. La notoriété internationale de Maria Callas, interprète de chants lyriques et actrice, considérée comme une des plus belles voix au monde dès le milieu des années 1940, en porte témoignage. La chanson populaire grecque a trouvé dans l’exil et la nostalgie du pays perdu à la dictature une nouvelle source d’inspiration, chez Angélique Ionatos ou Melina Mercouri. Celle-ci est devenue ministre de la culture de la Grèce lors de l’arrivée du PASOK au pouvoir en 1981.

Vassilis Vassilikos

L’écrivain s’exile en France en 1967 pour fuir la dictature militaire. Il devient célèbre quand  Z, un de ses romans, est porté à l’écran en 1969 par Costa Gavras, avec à l’affiche Jean-Louis Trintignant et Yves Montand. Le livre, sorti en 1966, traite de l’assassinat d’un député de gauche qui a été camouflé en accident. Quelques années après son retour en Grèce en 1974, il devient le responsable de la délégation grecque à l’UNESCO.