Dossier Vacances 2016
Estonie

Estonie

Capitale : Tallinn
Population : 1,31 million - (Eurostat - 2014)
Superficie : 45 227 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 2004-05-01
Taux de croissance du PIB : 2,6 % - (Eurostat - 2014)
Taux de chômage : 6,4 % - (Eurostat - décembre 2014)
Dette publique : 10,1 % - (Eurostat - 2014)
Déficit public en % du PIB : -0,2 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : 0,5 % - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 15 comtés, 241 communes
Hymne national : Mu isamaa, mu önn ja rööm (Ma patrie, mon bonheur, ma joie)
Indicatif téléphonique : 372
Code ISO : EE
Système politique : République parlementaire
Espérance de vie : 76,7 ans - (Eurostat - 2012)
drapeau Estonie

Politique

L'Estonie (Eesti) est une république parlementaire. Le parlement monocaméral, le Riigikogu, compte 101 membres élus pour 4 ans.

À la suite des élections législatives du 1er mars 2015, le parti du Premier ministre Taavi Roivas (Parti de la Réforme) a été réélu. Ce dernier a remplacé en 2014 à ce poste Andrus Ansip, qui a démissionné après 9 ans à la tête de l'exécutif en vue d'échanger sa place avec le commissaire européen en fin de mandat Siim Kallas, un projet qui n'a pas abouti en raison de désaccords au sein du parti.

À 35 ans, Roivas est le plus jeune chef de gouvernement de l’Union européenne.

L'ancien député européen Toomas Hendrik Ilves (social-démocrate) est le président estonien depuis octobre 2006.

Le pays et l'UE

Depuis son indépendance, obtenue en 1991, l’Estonie a poursuivi le double objectif d’entrer dans l’Union européenne et d’adhérer à l’OTAN. Les négociations d’adhésion entre Tallinn et Bruxelles ont débuté le 31 mars 1998, trois ans après le dépôt de sa candidature en novembre 1995. Durant tout le processus d'adhésion et en concertation avec les instances communautaires, des réformes importantes ont été entreprises par les autorités estoniennes en vue de la  transformation et de la modernisation de l'économie nationale.

Les performances économiques se sont améliorées malgré un environnement difficile, lié surtout à la crise russe de 1998. Au sein de l’UE, l’Estonie entretient des relations privilégiées avec la Finlande et la Suède, qui sont ses principaux partenaires économiques.

L’entrée de l’Estonie dans l’UE a été approuvée par référendum à une large majorité (67 % des suffrages exprimés), le 14 septembre 2003. Les Estoniens considèrent généralement que l’appartenance à l’UE représente une promesse de développement et de stabilité pour leur pays.

Le pays compte 6 députés européens.

Géographie

L’Estonie est le plus septentrional des trois Etats baltes, sur les bords de la mer Baltique.  Elle est entourée par la Russie à l'est et la Lettonie à l’ouest, mais le pays dont elle est le plus proche, culturellement et politiquement, est incontestablement la Finlande, située sur l'autre rive du Golfe de Finlande : Helsinki n'est qu'à 85 Km à vol d'oiseau et reliée à Tallinn par des liaisons quotidiennes. L’appartenance de l’estonien aux langues finno-ougriennes et le luthéranisme majoritaire dans la population contribuent également à cette proximité. Cependant l’Estonie compte une importante minorité russe (environ un tiers de la population) Le gouvernement s’efforce d’encourager une intégration plus poussée de ces minorités.

Ce territoire de dimensions limitées (45 000 km2) alterne plaines et collines au sol pauvre, souvent boisé ; les forêts couvrent plus de 45 % du territoire, entrecoupées de très nombreux lacs. On compte plus de 1521 îles et de nombreux lacs, en particulier le lac Peipous et le lac de Pskov, partagés avec la Russie. La préservation d’environnements et d’écosystèmes fragiles se traduit par l’ampleur des réserves naturelles, qui couvrent près de 10 % du territoire. Le climat frais et tempéré connaît des amplitudes thermiques restreintes, puisque les températures moyennes varient de 18° en été à -5° en hiver.

Economie

En quinze ans, l’Estonie est passée d’une économie dirigiste et nationalisée à une économie de marché performante, en menant une politique d’ouverture résolument libérale.

Les privatisations dans tous les secteurs (industriel, commercial et financier) ont permis de dégager une dynamique de croissance, malgré les tensions sociales qu’elles ont engendrées.

Située dans une région à fort potentiel de croissance, le plus petit des Etats baltes s’est fait un nom dans l’exportation d’équipements électriques et électroniques (en particulier en ce qui concerne les télécommunications), de bois et de textiles. Les nouvelles technologies se sont profondément insérées dans les modes de vie de la population estonienne, un atout dans sa stratégie de développement d’une économie de services à haute qualification. La population estonienne fait preuve d’une maîtrise particulière des nouvelles technologies.

Considérée un temps comme le "Tigre de la Baltique" en raison de forts taux de croissance soutenus par ses importations (8,1% en 2004, 10,5% en 2005 et 11,4% en 2006), l’Estonie a finalement été touchée par la crise économique, la croissance de son PIB ayant considérablement ralenti pour atteindre environ 3% en 2010, tandis que son taux de chômage est monté à près de 19 % la même année. 

Après deux années de profonde récession (-14% en 2009), elle retrouve le chemin de la croissance en 2010, date à laquelle elle adhère à l'OCDE. Affichant une dette publique bien inférieure aux 60% fixés par l'UE (8% en 2010), une monnaie stable et des finances saines, elle rejoint également la monnaie unique le 1er janvier 2011 alors que la confiance des marchés financiers dans la zone euro est au plus bas. Elle affiche alors une des plus fortes croissances de la zone (7,5 % en 2011), un solde budgétaire positif (environ 1% du PIB) et la dette la plus faible (6 % du PIB).

Le taux de chômage se maintient quant à lui autour de 8,5%.

Histoire

L'Estonie sous influences

  • 1219 : après la fondation danoise de Tallinn, l’Estonie entre dans la zone d’influence du Danemark, qui christianise la région, puis tombe sous la coupe des chevaliers Teutoniques, en 1346. Les villes estoniennes entretiennent de fructueuses relations commerciales avec les villes de la Hanse. 
  • 1561 : l’Estonie passe aux mains de la Suède qui y introduit le luthéranisme, que l’université de Tartu (Dorpat) nouvellement fondée s’attache à diffuser.
  • 1721 : à la suite de la Grande Guerre du Nord, le territoire estonien est annexé pour deux siècles par la Russie. Elle subit une politique de russification systématique au XIXe siècle, qui touche davantage la paysannerie estonienne que les barons d’origine germanique.

Le réveil du sentiment national

  • 1869 : en parallèle des autres pays baltes, le milieu du XIXe siècle entraîne le réveil du sentiment national estonien. Le succès de l'édition populaire de l'épopée nationale, le Kalevipoeg, parue en 1862, en atteste, cristallisant l’identité estonienne.
  • 1917 : le gouvernement provisoire issu de la Révolution russe de 1917 accorde son indépendance à l’Estonie. L’année suivante, les Bolchéviques tentent d’envahir le pays.
  • 1920 : après avoir battu l’Armée rouge, la République estonienne proclame son indépendance, reconnue par Moscou au traité de Tartu.

De la période soviétique à l'Union européenne

  • 1939 : le protocole secret du pacte germano-soviétique conclu entre Hitler et Staline, attribue l'Estonie à la sphère d'influence soviétique. Le pays est annexé par l’URSS en 1940, entraînant une collectivisation forcée et de nombreuses déportations.
  • 1988 : sous l'effet de la politique de glasnost et sous la pression du Front populaire, le Soviet suprême d'Estonie accorde à la législation nationale la primauté sur les lois de l’URSS. C’est le début du mouvement qui conduira à l’indépendance.
  • 1991 : la déclaration d’indépendance de l’Estonie est obtenue malgré l’opposition du gouvernement russe.
  • 2004 : l’adhésion à l’OTAN et l’entrée simultanée dans l’Union européenne marque l’aboutissement d’une décennie d’efforts.
  • 2010 : L'Estonie adhère à l'OCDE
  • 2011 : L'Estonie devient le 17e pays à adopter la monnaie unique

Drapeau et hymne

En 1881, l’Union des étudiants estoniens de l’université de Tartu, appelée Vironia, adopte le bleu, le blanc et le noir comme couleurs de la confrérie. Ces couleurs sont alors rapidement considérées comme celles de la nation et choisies en 1920. Les couleurs bleu, noir et blanc qui constituent le drapeau peuvent faire référence à la nature (ciel, terre, neige), aux valeurs et à la culture (loyauté envers la patrie, dévouement malgré les souffrances et foi dans l'avenir/désir de liberté) ou bien encore à la fleur et à l'oiseau nationaux (bleuet et hirondelle).

L'hymne Mu isamaa, mu õnn ja rõõm ("Ma patrie, mon bonheur et ma joie") a été composé par l'Allemand Friedrich Pacius en 1869, et adopté en 1920. Sa mélodie (mais pas ses paroles) est également celle de l'hymne finlandais. La possibilité de remplacer ce chant par un autre plus typiquement estonien est pour le moment resté lettre morte.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Friedrich Reinhold Kreutzwald (1803-1882)

La littérature estonienne est en partie liée au réveil du sentiment et de l’identité nationale au XIXe siècle. Si le premier ouvrage publié en langue estonienne est un catéchisme luthérien de 1535, le succès de la littérature en langue estonienne, très proche du finnois, après des siècles de domination de l’élite d’origine allemande, est dû pour une large part à Friedrich Reinhold Kreutzwald, qui a collecté et rédigé l’épopée nationale, Kalevipoeg (1857-1861) (le fils de Kalev).

En 1905, le mouvement "Jeune Estonie" autour de Gustav Suits ou Friedebert Tuglas, mêle des programmes esthétiques, culturels et politiques dans ses revendications face à la culture russe. A la même époque, Eduard Vilde remporte un certain succès avec ses romans naturalistes. La veine littéraire estonienne ne s’est pas tarie. Elle trouve aujourd’hui encore en Jaan Kross un représentant de poids.

Les ouvrages de cet écrivain contemporain sont des classiques, traduits dans des dizaines de langues dont le français. Il a notamment écrit "Le fou du Tsar", "Le départ du professeur Martens", "La vue retrouvée" et "L’œil du grand tout".

Arvo Pärt (1935-)

L’Estonie est aussi terre d’élection de la musique et des musiciens. Au delà des motets et de la musique chorale de Rudolf Tobias, au XIXe siècle, l’Estonie peut s’enorgueillir des compositions classiques contemporaines d’Arvo Pärt, mais aussi des symphonies romantiques et atonales d’Eduard Tubin. Neeme Järvi est un célèbre chef d’orchestre qui travaille actuellement à l’orchestre philarmonique de Detroit.

Andrus Veerpalu (1971-)

Cet athlète a été médaille d’or en ski de fond à Salt Lake City en 2002, sur l’épreuve de 15 km. Il a remporté la même course à Turin (2006), ce qui fait de lui le double champion olympique de la discipline.