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Dernière mise à jour : 03.09.2020

Irlande

Tout savoir sur l'Irlande : ses relations avec l'Union européenne, sa géographie, son économie, son histoire, son drapeau et son hymne.

Irlande

drapeau Irlande
  • Capitale : Dublin
  • Superficie : 69 947 km² (Eurostat - 2016)
  • Population : 4,96 millions (Eurostat - 2020)
  • Date d'adhésion : 1973
Monnaie : Euro Espace Schengen : non membre
Système politique : République parlementaire Chef d'Etat : Michael D. Higgins Chef du Gouvernement : Micheál Martin (jusqu'à décembre 2022) Prochaines élections : Elections générales : 2025
Présidentielle : 2025
Hymne national : Amhrán na bhFiann (La Chanson du soldat) Fête nationale : 17 mars - Saint Patrick
Langue officielle : Anglais, Irlandais
Indicatif téléphonique : 353
Villes principales : Dublin, Cork, Galway, Limerick
Découpage administratif : 4 provinces, 26 comtés, 114 autorités locales
PIB : 347,2 milliards d'euros (Eurostat - 2019) Taux de croissance : 1,2 % (Eurostat - T1 2020)
Taux de chômage : 5,0 % (Eurostat - Juillet 2020)
Dette publique : 59,1 % (Eurostat - T1 2020)
Déficit public : Excédent : 0,4% (Eurostat - 2019)
Inflation : -0,2 % (Eurostat - 2019)
Indice de développement humain : 0,942 (ONU - 2019)
Émissions de gaz à effet de serre : 7,4 tonnes/hab. (OCDE - 2020)

Politique

L'Irlande ("Eire" en langue gaélique) est une république parlementaire, avec un président élu au suffrage universel direct pour sept ans, au rôle essentiellement cérémoniel. Le Premier ministre est responsable devant la Chambre des représentants élue pour cinq ans et qui, avec le Sénat, constitue le Parlement.

La Constitution accorde le statut de langue officielle à la langue irlandaise, le Gaélique. La partie nord-est de l’île (l'Irlande du Nord/Ulster) appartient au Royaume-Uni.

Gouvernement

Le 15 juin 2020, après quatre mois de tractations, un accord pour un gouvernement de coalition a été conclu entre le Fianna Fáil (centre), le Fine Gael (centre-droit) et le Green Party (verts). L'accord, entériné le le 27 juin par les députés, prévoit un système de rotation entre les deux principaux partis, traditionnellement rivaux, dans l'exercice de la fonction de Premier ministre.

Micheál Martin, chef du Fianna Fáil, occupe ainsi la fonction de taoiseach (Premier ministre) pour deux ans avant que celle-ci ne revienne à Leo Varadkar (Fine Gael) à partir de décembre 2022.

Du 12 juin 2017 au 27 juin 2020, le Premier ministre était Leo Varadkar, leader du parti de centre droit Fine Gael. Il a succédé à Enda Kenny, issu du même parti.

A 38 ans, il était alors le plus jeune Premier ministre à endosser ce rôle. C’était aussi la première fois que l’Irlande était représentée par un chef de gouvernement métis et ouvertement homosexuel. Médecin de formation, M. Varadkar a mis en oeuvre une politique libérale et progressiste, marquée notamment par le référendum de 2018 visant à légaliser l'avortement. Sur le Brexit, Leo Varadkar a tenu une ligne ferme face au Royaume-Uni au cours des négociations, en particulier sur l'épineuse question de la frontière nord-irlandaise.

Souhaitant capitaliser sur ce succès diplomatique et de bons résultats économiques, il a convoqué des élections anticipées le 8 février 2020. Ce scrutin a vu cependant son parti reculer et arriver en troisième position, au coude-à-coude avec le Fianna Fáil (centre) et le Sinn Féin (gauche radicale, en faveur de la réunification de l’île d’Irlande et de son indépendance vis-à-vis du Royaume-Uni). Ce dernier, jusqu'alors marginalisé, a enregistré une importante progression et remporte le vote populaire. Il est ainsi devenu la seconde force politique du Dáil Éireann, la chambre basse du Parlement, derrière le Fianna Fáil. Devant ce résultat serré, Leo Varadkar a annoncé le 20 février sa démission de la tête du gouvernement, mais est resté en poste dans l'attente de la formation d'une coalition.

Chef d'Etat

L’île est présidée par le travailliste Michael D. Higgins, élu le 27 octobre 2011. Il succède à Mary McAleese, à la tête du pays depuis 14 ans. Sans surprise, il a été confortablement réélu le 26 octobre 2018, avec plus de 55 % des voix dès le premier tour, selon les sondages de sortie des urnes.

Le pays et l'UE

L’Irlande est membre de l’UE depuis 1973. Elle a adhéré à la CEE en même temps que le Danemark et le Royaume Uni, lors du premier élargissement. Depuis son adhésion, elle est l'un des pays qui a bénéficié le plus efficacement des aides communautaires, notamment dans le cadre de la Politique agricole commune. Entre 1989 et 1999, l’Irlande a également largement bénéficié des fonds structurels, avec 10,1 milliards d'écus pour la période, soit environ 1,8% du PIB chaque année. Sa réussite économique fulgurante lui a valu le surnom de "tigre celtique" durant les années 1990.

En juin 2001, lors d’un premier référendum, l’Irlande a refusé de ratifier le traité de Nice. Le scrutin ayant connu un très faible taux de participation, un second référendum a suivi un an et demi plus tard. Le 19 octobre 2002, les Irlandais ont cette fois dit "oui" à plus de 63%.

En 2008, les Irlandais ont à nouveau dû se prononcer sur le traité de Lisbonne, qu'ils ont rejeté à 53,4%. Lors d'un deuxième référendum organisé en 2009 après avoir accordé au pays quelques concessions (maintien du commissaire irlandais, taux d'imposition réduit, interdiction de l'avortement...), les Irlandais ont finalement voté "oui" à plus de 67%.

Avec le référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, l'Irlande se retrouve au cœur des négociations du Brexit. La république d'Irlande partage en effet une frontière avec l'Irlande du Nord, et par conséquent avec le Royaume-Uni. Actuellement, la frontière entre les deux parties de l'île est quasiment imperceptible. Le rétablissement d'une frontière physique, envisagée dans le cas d'un Brexit "dur" pose donc une menace à l'accord du Vendredi saint ("Good Friday Agreement") conclu après des années de conflits. Ainsi, l'accord de sortie négocié entre le gouvernement britannique et l'Union européenne prévoit de garantir, à la fin de la période de transition qui doit s'achever le 31 décembre 2020, la libre circulation sur l'île, en déplaçant les contrôles réglementaires pour les marchandises en mer d'Irlande. L'Irlande du Nord serait alors maintenue dans le marché commun, et tenue de suivre les normes européennes.

Le pays compte 13 députés européens depuis le 1er février 2020. L'Irlande a assuré la présidence de l'Union européenne à sept reprises, dont la dernière fois en 2013. En 2019, l'Irlandais Phil Hogan a été nommé en tant que commissaire au Commerce au sein du collège d'Ursula von der Leyen, après avoir été chargé de l'Agriculture et du Développement rural dans la précédente Commission. Le 26 août 2020, il a toutefois remis sa démission, après avoir enfreint en Irlande les règles sanitaires liées à la lutte contre la pandémie de Covid-19. En attendant la nomination d'un nouveau commissaire irlandais, le vice-président de la Commission chargé de l’Economie, Valdis Dombrovskis, assure l’intérim de ce portefeuille.

Géographie

L'Irlande est une île - 480 km de long sur 288 km de large - dont la superficie est de 69 900 km2.

La "verte" Irlande se trouve à l’Ouest de la Grande-Bretagne, soumise à un climat océanique frais et humide.

Son relief doux culmine à 1 041 m. Ses côtes sont profondément découpées par des vallées glaciaires (fjords) ou fluviales (rias). Le pays est le paradis des oiseaux sauvages : on y dénombre plus de 300 espèces. Le Shannon est le fleuve le plus long d’Irlande.

Economie

L’économie irlandaise, malgré un fléchissement en 2003, connaissait avant la crise économique de 2008 la croissance la plus dynamique de la zone euro, depuis les années 1990. Le "Tigre celtique" s'est caractérisé par un taux de croissance élevé (5,1 % en 2004) et un taux de chômage en baisse constante (4,4 % en 2004).

Mais l'île, dont l'économie reposait en grande partie sur l'industrie financière et sur l’attractivité des investissements directs étrangers, a subi de plein fouet les effets de la crise économique de 2008. Le pays est entré en récession, et le taux de chômage a quasiment triplé pour atteindre jusqu'à 14,6 % en 2012, soit une augmentation de 10 points de pourcentage par rapport à 2007. Le pays a particulièrement souffert de la crise du marché immobilier et de l'effondrement des bénéfices de nombreuses entreprises américaines implantées sur son sol.

Fin 2010, l'Irlande a dû faire appel au Mécanisme européen de stabilité financière (MES) pour étancher son déficit alors qu'il atteignait 32,1 % du PIB. 85 milliards d’euros lui ont été octroyés pour restaurer ses finances publiques et assainir ses banques (35 milliards d'euros), en contrepartie de mesures d'austérité drastiques : baisse du salaire et du nombre des fonctionnaires, coupes dans les revenus sociaux, hausse de la TVA, création d’une taxe d'habitation identique pour tous les propriétaires quels que soient leurs revenus, etc. Si les créances douteuses fragilisent toujours le secteur bancaire, les finances publiques se sont néanmoins assainies : la dette, à 92 % du PIB en 2016, a chuté à 62,6 % trois ans plus tard. De la même manière, le déficit est inférieur à 3 % du PIB depuis 2015, et le pays affiche même un léger excédent en 2018 et 2019.

Après deux phases de récession (2008-2009 et 2012), l'Irlande a renoué avec la croissance en 2013 (+1,1 %). De nombreuses multinationales ont décidé d'installer leurs bénéfices sur l'île, attirées par les avantages fiscaux qui valent à l'Irlande d'être accusée de dumping fiscal. L'impôt sur les sociétés, fixé à 12,5 %, est l’un des plus bas de l’Union européenne.

Ainsi la croissance du PIB a-t-elle atteint, en 2015, 26,3 % (pour une prévision de 7,8 %) : une hausse partiellement "fictive" car notamment liée au rapatriement de ces actifs financiers. Depuis début 2018, les commentateurs parlent d'ailleurs de "phénix celtique" en référence au "tigre celtique" dont la crise des années 2008-2013 avait précipité l'extinction. Les salaires ont relativement peu augmenté en comparaison des milliards de PIB supplémentaires même si le taux de chômage est en constante diminution depuis 2017. Il est passé de 6,3 % de la population active au dernier trimestre 2017 à 4,7 % au dernier trimestre 2019.

En avril 2020, l’ESRI (Economic and Social Research Institute, think-tank irlandais) prévoit une nouvelle récession de l'économie irlandaise à la suite de la crise du coronavirus. Il estime que le PIB du pays se contracterait de –7,1% en 2020 (contre une prévision précédente de +4 % de croissance réelle du PIB pour 2020 avant l’éclatement de la crise sanitaire), notamment à cause de mesures de confinement et son impact sur la consommation des ménages. Le taux de chômage s’établirait à 18 % au second trimestre 2020, contre 4,8% au premier trimestre. Des plans d'aides ont été mis en place par le gouvernement pour réduire l'impact économique de la crise sanitaire.

Source : Direction générale du Trésor

Histoire

  • IVème siècle : les Gaëls, population celte, envahissent l’île avant d’envahir au Vème siècle l’Ecosse pour fonder le royaume Scot.
  • Vème siècle : le christianisme est introduit par Saint Patrick qui devient le patron de l’Irlande.
  • XVIème : l'Irlande est soumise au contrôle des Anglais. 
  • 1798 : les "Irlandais Unis" se soulèvent sans succès. 
  • 1800 : l'Irlande est intégrée au Royaume Uni, le Parlement irlandais est dissous. 
  • 1829 : le député irlandais Daniel O'Connell obtient l'émancipation des catholiques. 
  • 1841-1880 : la population passe de plus de 8 millions d'habitants à 4,5 millions, en raison de la grande famine due à la maladie de la pomme de terre de 1846 à 1848 et à l'immigration qui s'en est suivie.

Relations conflictuelles avec la Grande-Bretagne et division de l'île

  • 1914 : l'Irlande obtient son autonomie avec l'adoption du "Home Rule" dont l’application est cependant ajournée en raison de la première guerre mondiale. 70 000 combattants irlandais tombent aux côtés des alliés sur les fronts de la Somme et des Flandres. 
  • 1916 : insurrection de Pâques. Début d’une guerre d’indépendance contre la Grande-Bretagne. 
  • 1919-1921 : guerre d’indépendance marquée par une journée de violence : le "Bloody Sunday". La signature du Traité de Londres, en 1921, partage l'Irlande en deux : 26 comtés sur les 32 forment un Etat indépendant, tandis que les 6 autres comtés du nord-est (l'Irlande du Nord) restent partie intégrante du Royaume-Uni. La guerre civile fait rage pendant deux ans. En 1922, l’Irlande ratifie le traité de paix. Elle entre à la SDN en 1923.  
  • 1937 : l’Etat irlandais se dote d’une constitution pour toute l’île. 
  • 1939 : l’Irlande proclame sa neutralité. Elle y est toujours attachée. 
  • 1948 : l'Irlande quitte le Commonwealth et s’autoproclame République. Elle rompt ses derniers liens avec la Grande-Bretagne.

 L'intégration de l'Irlande aux communautés internationale et européenne

  • 1955 : l’Irlande est admise à l’ONU. 
  • 1972 : au cours d'une émeute à Derry, en Irlande du Nord, treize civils sont abattus par des parachutistes de l'armée britannique. L'Armée républicaine irlandaise (IRA) réagit, provoquant la mort de six civils et d'un militaire. La chanson, Sunday Bloody Sunday, du groupe U2, ainsi qu'une version de John Lennon s'inspirent de ces événements (et non de ceux de 1920). 
  • 1973 : adhésion à l'Union européenne. 
  • 1985 : accord anglo-irlandais pour la réconciliation des deux pays. 
  • 1995 : l'Irlande légalise le divorce avec 50,3% de "oui" lors d’un référendum organisé sur le sujet. 
  • 1998 : après de longues négociations, Londres, Dublin et les dirigeants catholiques et protestants nord-irlandais parviennent à un accord historique, créant des institutions mixtes (parlement et gouvernement). En 2005, l’IRA met fin à la lutte armée contre la Grande-Bretagne, permettant aux deux gouvernements de relancer la restauration des institutions.
  • 2002 : la légalisation de l’avortement est rejetée par référendum. 
  • 2004 : c’est sous la présidence irlandaise que l’Union européenne s’élargit à 10 nouveaux Etats membres et qu’est adopté le projet de Constitution pour l’Europe.
  • 12 juin 2008 : le peuple irlandais refuse à 53,4% le Traité de Lisbonne. A la suite de concessions accordées par l'UE au pays et en raison du contexte de crise économique, les irlandais acceptent finalement à 67% lors d'un second référendum le projet de traité, qui entre en vigueur en 2009.
  • 2015 : le mariage homosexuel est légalisé par référendum.
  • 2018 : la légalisation de l'avortement est soumise à un nouveau référendum, qui voit cette fois-ci une victoire nette du "Oui" avec 66% des votes exprimés.

Drapeau et hymne

Créé en 1830 par des patriotes irlandais en soutien à l’épisode parisien de la Révolution de Juillet, le drapeau national est formé des deux symboles religieux irlandais encadrant le blanc, emblème de la paix et des espoirs de réconciliation. Le vert, de tradition celtique, est aussi la couleur des catholiques nationalistes, alors que l’orange marque la victoire des protestants auprès du roi d’Angleterre Guillaume III d’Orange-Nassau en 1690. Officialisé après l’indépendance de 1922, il sera mentionné en 1937 par la Constitution comme drapeau national officiel dans les deux langues : An Bhratach Náisiúnta ou Irish National Flag.

C’est après la sortie effective de l'Eire (Irlande du Sud) du Royaume-Uni en 1922, que l’hymne gaélique Amhrán na bhFiann/A soldier’s song (La chanson du soldat) est adopté officiellement par la République d’Irlande. Il avait été composé seize ans plus tôt par l’un des activistes républicains, Peadar Kearney, dont les chansons étaient très populaires parmis les sympathisants des Irish Volunteers, et de la future IRA. La mise en musique avait été réalisée par son ami Patrick Heeney.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors