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Dernière mise à jour : 21.08.2017

Danemark

Carte Danemark

drapeau Danemark
  • Capitale : Copenhague
  • Superficie : 42 915 km² - (Eurostat - 2013)
  • Population : 5,75 millions - (Eurostat - 2017)
  • Date d'adhésion : 1973
Monnaie : Couronne danoise Espace Schengen : oui
Système politique : Monarchie constitutionnelle Chef d'Etat : Sa Majesté la Reine Margrethe II Chef du Gouvernement : Lars Løkke Rasmussen Prochaines élections : Législatives : 2019
Hymne national : Der er et yndigt land (Il est un pays charmant) Fête nationale : 5 juin - Constitution Langue officielle : Danois Indicatif téléphonique : 45
Villes principales : Copenhague, Aarhus, Aalborg, Odense, Esjberg Découpage administratif : 5 régions, 98 communes
PIB : 277,3 milliards d'euros (Eurostat -2016) Taux de croissance : 1,7% (Eurostat - 2016) Taux de chômage : 5,7% (Eurostat - 2017) Dette publique : 37,8% (Eurostat - 2016) Déficit public : 0,9% (Eurostat - 2016) Inflation : 0% (Eurostat - 2016)
Indice de développement humain : 0,925 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 6,1 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

Le Danemark est une monarchie constitutionnelle.

Margrethe II en est la reine depuis 1972. Les élections législatives anticipées du 8 février 2005 ont reconduit le Premier ministre Anders Fogh Rasmussen et la coalition gouvernementale (partis Libéral et Conservateur), soutenue au Folketing (Parlement monocaméral élu pour 4 ans en moyenne) par l'extrême droite représentée par le Parti du Peuple danois (PPD).

Désirant s'affranchir de cette dépendance à l'extrême droite, Anders Fogh Rasmussen dissout le Folketing deux ans plus tard, donnant lieu à des élections anticipées le 13 novembre 2007, que son parti a de nouveau gagnées. Le 5 avril 2009, il démissionne suite à sa nomination comme secrétaire général de l'OTAN, et laisse la place à son ministre des Finances Lars Løkke Rasmussen.

De 2011 à 2015, le gouvernement est dirigé par Helle Thorning-Schmidt, chef du Parti social démocrate.

Depuis le 18 juin 2015, Lars Løkke Rasmussen est de retour à la tête du pays. Premier ministre d'un gouvernement minoritaire, ce dernier est soutenu par les autres partis de droite, disposant d'un nombre de sièges légèrement supérieur à celui des partis de gauche.

Le pays et l'UE

Le Danemark a adhéré à l'Union européenne en 1973, la même année que le Royaume Uni et l'Irlande. Bien que danoises, les îles Féroé et le Groenland n'appartiennent pas à l'Union européenne. Les premières refusent d'en faire partie en raison de la politique commune de la pêche et le second est sorti de la Communauté économique européenne en 1985 après un référendum organisé en 1982.

Le pays se montre attaché à une Europe respectueuse des spécificités nationales et n’accepte pas sans réserves les évolutions de la construction communautaire. Le 2 juin 1992, les Danois ont ainsi rejeté le traité de Maastricht à une courte majorité (50,7% de non).

Au mois de décembre suivant, le pays obtient, tout comme le Royaume-Uni avant lui, quelques concessions : il ne participera que partiellement à l’Union économique et monétaire, à la citoyenneté européenne, à la coopération policière et judiciaire et à la politique de défense commune. Cette crise au sein de l’Union entraîne l’acceptation collective de l’idée d’une Europe à plusieurs vitesses.

Le traité modifié est adopté le 18 mai 1993. Depuis, l’engagement danois au sein de l’UE, bien qu'actif, est demeuré partiel, si bien que le pays n’a par exemple pas adhéré à la zone euro. Les dérogations concernant la PSDC et la justice/affaires intérieures devaient être soumises à référendum après la présidence danoise du Conseil (janvier-juin 2012) mais le projet a été reporté.

Le Danemark dispose de 13 sièges au Parlement européen. La commissaire européenne danoise est actuellement Margrethe Vestager, chargée du portefeuille très stratégique de la Concurrence. Le pays a exercé à 7 reprises la présidence du Conseil de l'UE, la dernière fois en 2012.

Géographie

Le Danemark est constitué d’une presqu’île (Jylland) et d’une succession d’îles de dimensions variables (Fyn, Sjaelland). Elle partage sa seule frontière terrestre avec l’Allemagne, au Sud. Le pays compte 7400 km de côtes, et plus de 400 îles. Sa position de verrou à l’entrée de la Baltique lui donne une place commerciale stratégique entre Mer du Nord et Mer Baltique, avec le contrôle de l’Oresund qui sépare Copenhague de la Suède. L’ensemble du pays est plat, culminant à 173 m seulement et soumis à un climat frais et humide.

L’agglomération de Copenhague, avec plus d’un million d’habitants, occupe une place importante dans la répartition de la population. Près d’un Danois sur cinq y habite. Århus, Ålborg et Odense sont les trois autres villes de dimensions significative sur le territoire danois. Le Groenland, la plus grande île du monde, et les îles Féroé sont danois, mais bénéficient de statuts d'autonomie. 

Economie

Le Danemark est l’un des pays les plus riches d’Europe en termes de PIB par habitant : bien qu'il n'ait pas encore retrouvé son niveau d'avant la crise, celui-ci est supérieur de 30% à la moyenne européenne en 2016. Malgré les difficultés des dernières années, le pays classe ses élèves parmi les meilleurs en mathématiques au sein du classement PISA. La société danoise est également l'une des moins inégalitaires de l'OCDE avec un coefficient de Gini à 0,25 en 2016.

Jusqu’à une période récente, le pays avait une activité essentiellement agricole, et ce secteur reste très productif et tourné vers l’exportation. Plus généralement, le commerce extérieur représente environ 100% du PIB.

Ainsi, l’essentiel de la richesse provient aujourd’hui des exportations de biens et services, le seul secteur des services employant près des trois quarts de la population. Mais les industries mécaniques, textiles et navales ne sont pas négligeables. Ces deux activités se concentrent dans les villes principales et en particulier dans le bassin d’emploi de la capitale. Disposant de réserves de pétrole et de gaz, le pays produit par ailleurs près de 45% de son électricité grâce à l'éolien.

Le système économique danois se caractérise par un marché du travail qui garantit des contrats relativement flexibles tout en assurant d'importants avantages sociaux aux chômeurs. Un système de formation et la promotion de la mobilité de la main d'œuvre contribuent à éviter le chômage de long-terme.

Sévèrement touchée par la crise de 2008, la croissance est de nouveau positive depuis 2010. Elle reste légèrement supérieure à 1% et devrait s'accélérer dans les prochaines années d'après la Commission européenne. La consommation privée croît effectivement avec la hausse des salaires réels et la baisse du chômage.

Après être monté à 7,6% en 2011 (un taux relativement faible par rapport aux autres pays européens), le chômage est effectivement en baisse et atteint 6,2% en 2016, tandis que le chômage des jeunes passe sous la barre des 10% en 2017.

Le déficit public n'a dépassé les 3% de PIB qu'en 2012 et conserve un niveau relativement faible, tandis que la dette publique est redescendue à 53,1% du PIB après avoir légèrement dépassé le seuil de 60% en 2012, sous l'effet de la crise économique.

Histoire

Le royaume du Danemark : de l'apogée aux revendications nationales

  • VIIIème siècle : le Royaume viking du Danemark étend son empire sur le pourtour de la Mer du Nord, conquérant l’Angleterre et la Norvège. Au cours du XIIe siècle s’installe définitivement une monarchie héréditaire soutenue par l’Eglise.
  • 1397 : l’Union de Kalmar instaure l’unification durable des royaumes scandinaves. Si la Suède ne reste attachée au Danemark que jusqu’en 1448, la Norvège demeurera dans le giron danois jusqu’en 1814. L’Islande, acquise en 1380 obtient son indépendance en 1944, tandis que le Groenland est pourvu d’un statut garantissant une très large autonomie.
  • 1536 : le luthéranisme adopté par la dynastie devient religion d’Etat et remodèle profondément les structures politiques, culturelles et administratives du royaume.
  • 1624-1628 : la période moderne reste largement marquée par l’antagonisme entre le Danemark et la Suède, qui est la cause de guerres répétées. Au cours de la Guerre de Trente Ans, le roi Christian IV tente de développer le royaume vers l’Allemagne et vers une unification des régions protestantes, mais il est repoussé par les troupes impériales catholiques.
  • 1665 : une constitution absolutiste du royaume renforce fortement le pouvoir royal et les modalités de son exercice. Au XVIIIème siècle, cette pratique de gouvernement s’inspire du despotisme éclairé, avec le ministère Struensee, dans les années 1780, qui engage un certain nombre de réformes structurelles.
  • 1814 : la Paix de Kiel, dans le sillage des défaites napoléoniennes, aboutit à la cession de la Norvège, qui devient un royaume indépendant.
  • 1849 : à la suite des révoltes du Schleswig germanophone et des séditions dans le royaume, le Danemark adopte une constitution libérale, où l’essentiel du pouvoir est remis au Folketing élu.

Vers la démocratie et la construction européenne

  • 1915 : une nouvelle constitution démocratique introduit le suffrage universel, y compris féminin, ce qui place le Danemark parmi les premiers pays à l’adopter.
  • 1959 : l’adhésion à l’AELE, initiée par la Grande Bretagne contre le modèle politique de la CEE, indique l’interdépendance des économies danoise et britannique.
  • 1972 : en même temps que la Grande Bretagne, le Danemark adhère à la CEE et le corps électoral accepte l’adhésion par référendum.

Drapeau et hymne

Officiellement adopté par la famille royale du Danemark en 1397, le drapeau danois (Dannebrog, "le vêtement rouge") est le plus vieux drapeau du monde. Selon la légende, il serait apparu lors de la croisade de Valdemar II en 1219 contre les Estoniens, soit tombé du ciel, soit pour représenter la tunique du prince tâchée de sang à l’exception de la bandoulière et la ceinture. De nos jours, le Dannebrog est un symbole particulièrement fort d'attachement des Danois à leur pays.

Le Danemark a deux hymnes nationaux officiels. L'hymne royal, (Kong Kristian, "le roi Christian"), utilisé lors de fêtes et de commémorations de la maison royale ou en lien avec les forces danoises, rend hommage au roi Christian IV (1577-1648), à la marine et aux héros de guerre des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a été écrit en 1779 par James Ewald, poète et dramaturge danois, la mélodie étant attribuée à Johan Ernst Hartmann. Le second hymne, "Il est un doux pays", fut écrit par le chef de file du romantisme danois Oehlenschläger, en 1819, rend hommage à la beauté des paysages et du pays, et est en usage lors des événements sportifs nationaux et internationaux.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

Hans Christian Andersen (1805 – 1875)

Andersen, "l'aimable poète danois",  tire sa notoriété de nombreux romans et poèmes, mais également de contes connus de par l'Europe. Le poète, mêlant le fantastique et le merveilleux tout en donnant à ses écrits une portée satirique, aura participé à l'émergence du conte en tant que style littéraire propre. Son héritage est immortalisé par la petite sirène sur les quais de Copenhague, sous la forme de la statue du sculpteur Eriksen.

La philosophie de Soren Kierkegaard (1813-1855) est à certains égards opposée à cette approche. Tantôt poète, tantôt théologien, tantôt philosophe analytique, le penseur existentialiste construit ses questionnements autour des conditions morales de l’existence humaine.

Karen Blixen a elle aussi largement contribué au XXème siècle à accroître la notoriété littéraire du royaume, tant par ses nombreux écrits que par l'insipiration qu'ils auront fourni à deux films encensés aux Oscars, Out of Africa : Souvenirs d'Afrique et Le Festin de Babette

Lars von Trier (1956-)

Mais au-delà d’une certaine tradition de la réflexion et de l’attitude intellectuelle face au monde, il n’est pas excessif de parler d’une école scandinave du cinéma qui a de profondes racines en Suède. Le cinéma exigeant et provocant de Lars von Trier, fondateur du Dogme qu’il s’est efforcé lui-même de dépasser, se réclame d’une filiation avec le Danois C.T.Dreyer, maître du muet, et le Suédois Ingmar Bergman. Les films de Bille August sont issus d’une veine plus attentive à la description psychologique et sociale qu’à l’analyse rigoureuse de la moralité et de l’action humaine.