L’Autriche est une république fédérale de type parlementaire constituée de 9 provinces fédérées, régie par la Constitution de 1920, rétablie en 1945.
A partir de janvier 2007, à la suite du "mariage de raison" entre les sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP), Alfred Gusenbauer devient chancelier. Les sociaux-démocrates laissent en échange les grands ministères aux conservateurs.
Les législatives de 2008 confirment ce rapport de force, et l'alliance gauche-droite perdure avec cette fois Werner Faymann (SPÖ) à sa tête. Lors des élections législatives du 29 septembre 2013, la "grande coalition" du chancelier est reconduite pour un deuxième mandat mais le SPÖ et son allié conservateur ÖVP enregistrent leur plus mauvais score historique. Avec 22,4 % des voix, le parti d'extrême droite FPÖ gagne quatre points (17,54 % en 2008).
Une tendance qui s'accentue encore lors de l'élection présidentielle de mai 2016. Après les résultats du 1er tour qui voit le candidat d'extrême-droite en tête avec 35,5% des voix, et les candidats sociaux-démocrates et conservateurs éliminés avec 11% des voix chacun, le chancelier Werner Faymann (SPÖ) démissionne. Il est remplacé par Christian Kern, qui prend également la tête du SPÖ.
Lors du 2e tour, le candidat indépendant Alexander Van der Bellen, soutenu par les écologistes, remporte de justesse l'élection présidentielle devant Norbert Hofer, candidat de l'extrême droite FPÖ. Elu au suffrage universel direct pour six ans, le nouveau Président doit remplacer Heinz Fischer (SPÖ), en poste depuis 2004.
Coup de théâtre le 1er juillet 2016 : la cour constitutionnelle annule l'élection présidentielle quelques jours avant la nomination du vainqueur, en raison d'irrégularités observées lors du comptage des votes.
Après la fin du mandat de Heinz Fischer le 8 juillet 2016, l'intérim est assuré par un corps collégial composé du président, du deuxième président et du troisième président du Conseil national.
Un nouveau scrutin est ainsi organisé le 4 décembre 2016. Celui-ci confirme la victoire d'Alexander Van der Bellen, avec plus de 53% des voix. Sebastian Kurz (31 ans), ancien ministre des Affaires étrangères, prend alors la tête du parti conservateur ÖVP et souhaite mettre un terme à la coalition menée avec le parti social-démocrate.
Le 15 octobre 2017, le parti conservateur ÖVP mené par Sebastian Kurz arrive en tête des élections législatives anticipées, organisées à son initiative. En seconde position, les sociaux-démocrates ont obtenu un peu plus de 26% des suffrages, juste devant le parti FPÖ d'extrême-droite. Le 15 décembre, après deux mois de négociations, Sebastian Kurz et le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache annoncent être parvenus à un accord pour former un gouvernement. Ce dernier obtient six ministères, dont trois régaliens (Intérieur, Défense et Affaires étrangères) sur les treize que compte le gouvernement. C'est le 18 décembre que le nouveau gouvernement est investi dans ses fonctions.
Durant la Guerre froide, la neutralité imposée à l’Autriche par le traité d’Etat de 1955 lui a interdit de participer au projet communautaire. Mais la décomposition du bloc soviétique a changé la donne : le pays a déposé sa candidature le 17 juillet 1989. Après un référendum national organisé en juin 1994 pour lequel 66,6% des votants répondent favorablement à l'adhésion de l'Autriche, le pays signe le traité de Corfou en 1994 et intègre l'Union européenne le 1er janvier 1994, à l'occasion de son 4e élargissement.
Les relations entre le gouvernement autrichien et les partenaires européens ont connu une crise en février 2000, lorsque des mesures symboliques furent adoptées contre l’Autriche pour condamner la participation au gouvernement du parti d’extrême droite FPÖ. Le débat a alors porté sur la marge d’intervention des Etats membres de l’Union dans la vie politique intérieure de l'un d'entre eux.
Lors de la présidence autrichienne de l’UE en 1998, l’Autriche a soutenu avec ferveur le processus d’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, au nom des liens historiques et géographiques qui la relie à eux. Le pays est également favorable à un approfondissement des relations avec les pays des Balkans occidentaux et souhaite pouvoir jouer le rôle de porte-parole et d’intermédiaire dans les relations avec les nouveaux Etats membres, comme l’a démontré à nouveau l’exercice de la présidence du Conseil de l'UE par l’Autriche au premier semestre 2006.
Face à la montée de l'extrême-droite en 2016, au coeur de la crise migratoire à laquelle l'Union européenne doit faire face, l'Autriche a adopté l'une des lois les plus strictes à l'encontre des réfugiés. Outre le rétablissement du contrôle à ses frontières, elle a fait ériger une barrière au col du Brenner qui la sépare de l'Italie, ce qui constitue le premier mur entre deux pays de l'Union européenne. Le pays est alors l'un des Etats de l'UE les plus récalcitrants à mettre en place le plan de la Commission pour la répartition des réfugiés sur le territoire de l'UE.
L’Autriche est très attachée à l’équilibre institutionnel entre grands et petits pays. Elle dispose au Parlement européen de 18 sièges. Le Commissaire européen autrichien est actuellement Johannes Hahn, chargé de la politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement.
Le 1er juillet 2018, l'Autriche a pris la présidence du Conseil pour 6 mois. Brexit, budget post-2020 et immigration sont les thèmes déterminants de sa présidence. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a ainsi annoncé vouloir faire de la "lutte contre l'immigration illégale" une priorité.
Les 84.000 km2 de vallées et de massifs alpins qui constituent l’Autriche sont situés au cœur de l’Europe. L’Autriche est bordée par l’Allemagne et la République tchèque au nord, la Slovaquie et la Hongrie à l’est, la Slovénie et l’Italie au sud et la Suisse et le Liechtenstein à l’ouest.
L’Autriche est un des pays les plus boisés d’Europe. Dans ce pays majoritairement montagneux, Alpes et Préalpes couvrent 80% du territoire. Elles culminent au Grossglockner, en Carinthie, à 3797m. Les principales vallées – l’Inn, l’Enns, la Mur et le Danube - constituent les principales voies de communication du pays.
L'Autriche comprend 9 provinces (Bundesländer) qui sont : le Burgenland, la Carinthie, la Basse-Autriche, Salzbourg, la Styrie, le Tyrol, la Haute-Autriche, Vienne et Vorarlberg.
Vienne domine très largement le réseau urbain avec près de deux millions d'habitants sur les huit que compte le pays. Salzburg, Linz, Graz ou Innsbruck se placent au second rang.
L’Autriche est l’un des Etats d’Europe dont le PIB par habitant est le plus élevé en UE, soit près de 1,5 fois la moyenne européenne. Si le taux de chômage augmente depuis 2011, il reste parmi les plus faibles d’Europe : 4,9% en avril 2018. Bien que l'Allemagne et l'Italie demeurent ses principaux partenaires commerciaux, l'adhésion à l'Union européenne de l'Autriche lui a permis de réduire sa dépendance économique à l'encontre de l'Allemagne. 70% des échanges commerciaux du pays se font au sein de l'UE.
Frappée comme ses partenaires européens par la crise économique et financière dès 2008, l'Autriche a vu son déficit public atteindre 5,4% en 2009. Il est cependant redescendu sous la barre des 3% dès 2011. Avec une dette à 101% du PIB, le pays devra réduire annuellement sa dette à hauteur de 1,25% du PIB pendant vingt ans s'il souhaite respecter les critères européens. A cette fin, les subventions aux transports qui représentent 4% du PIB seront réduites.
La croissance économique est ralentie depuis la crise mais la construction de logements (secteur clé de l'industrie du pays) devrait profiter de l'arrivée de migrants, des exportations de pièces de véhicules automobiles, des services financiers ainsi que de l'amélioration de la conjoncture chez ses voisins. Ainsi, la croissance du PIB en 2017 a été de 3 %.
Toutefois, l'économie autrichienne dispose d'une population active très qualifiée et employée aux deux tiers dans le secteur des services. Le secteur industriel est orienté vers l'industrie métallurgique, la construction ou encore l'électrochimie. L'énergie hydroélectrique est par ailleurs la principale source d'électricité du pays. Concernant le secteur primaire, le pays consacre la plus grande part de sa surface agricole à l'agriculture biologique en UE, soit 21% tandis que la moyenne européenne est de 6 %.
Le drapeau autrichien, qui affiche trois bandes horizontales (rouge, blanche, rouge), a été créé en 1230. Au cours des siècles, différentes armoiries ont pu être ajoutées. La maison des Habsbourg a ainsi apposé son emblème, l’aigle bicéphale. L’Allemagne nazie a, elle, imposé la croix gammée entre 1938 et 1945 après l’annexion du pays. Depuis 1945, le drapeau autrichien est inchangé. Seules les trois bandes sont conservées. Le drapeau officiel d’Etat comporte simplement un aigle fédéral, monocéphale.
L’hymne national autrichien, "Pays des montagnes, pays sur le fleuve", a été écrit en 1947 par Paula von Preradovic, sur une musique de Johann Holzer et Wolfgang Amadeus Mozart. Il est le fruit d’une volonté du gouvernement fédéral d’après-guerre d’adopter un symbole nouveau incarnant le tournant opéré par le pays. De 1797 à 1918, l’hymne autrichien est "Que Dieu garde, que Dieu protège l’empereur François", composé par Joseph Haydn. Et entre 1918 et 1945, d’autres hymnes ont été utilisés.
Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors
Pour beaucoup, l’Autriche et Vienne restent la patrie de la musique et des compositeurs, et tout particulièrement du plus célèbre d’entre eux, W.A. Mozart qui y composa la plupart de ses oeuvres. Les valses de Strauss conservent également une popularité inchangée au panthéon de la culture autrichienne. Cette Vienne classique et impériale s’exprime en outre dans le riche patrimoine architectural, du Belvédère à Schönbrunn.
A ce patrimoine universel classique s’ajoute une remarquable contribution à l’Europe contemporaine, à la fois par ses interrogations et par son cosmopolitisme ; Vienne rayonne au tournant du XIXème et du XXème siècle. Tant les promoteurs de l’art nouveau autour de la "Sécession viennoise" avec Gustav Klimt, peintre du Baiser ou de la Frise Beethoven, Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, que les écrivains tels que Hoffmannsthal, Karl Kraus ou Robert Musil et son Homme sans qualités devenu un monument de la littérature mondiale du XXème siècle, traduisent une culture sophistiquée et consciente de son héritage, mais en proie au doute et confrontée à son déclin. Ce centre intellectuel novateur a également renouvelé les approches médicales du psychisme à travers les théories de Sigmund Freud.
A la fois artiste, peintre, penseur mais surtout architecte, Hundertwasser est animé par un immense amour de la nature et est l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste, écologique et d'un design moderne et particulier qui le distingue des autres architectes. Passionné par l'eau et les couleurs, son œuvre picturale est caractérisée par le foisonnement organique des formes et repose sur la brillance des couleurs.
L'Autriche bien sûr, mais également l'Allemagne, le Japon,les Etats-Unis, Israël, la Suisse ou encore la Nouvelle-Zélande qu'il affectionnait particulièrement, sont les pays où Hundertwasser a exprimé son art.
Pourtant, cela ne saurait faire oublier que la culture autrichienne s’exprime avec autant de force et d’intensité créatrice aujourd’hui, au travers d’une création théâtrale abondante et d’une littérature provocante et exigeante, de Thomas Bernhard à Elfriede Jelinek. Le questionnement des sociétés industrielles et consuméristes contemporaines ainsi que l’extraction d’une douloureuse histoire longtemps refoulée joint sa voix à des interrogations similaires exprimées dans d’autres pays européens.