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Dernière mise à jour : 07.11.2019

Autriche

Carte Autriche

drapeau Autriche
  • Capitale : Vienne
  • Superficie : 83 879 km²
  • Population : 8,86 millions (Eurostat - 2019)
  • Date d'adhésion : 1995
Monnaie : Euro Espace Schengen : oui
Système politique : République fédérale Chef d'Etat : Alexander Van der Bellen (indépendant) Chef du Gouvernement : Brigitte Bierlein (par intérim, depuis le 3 juin 2019) Prochaines élections : Présidentielle : 2022
Hymne national : Land der Berge, Land am Strome (Pays des montagnes, pays sur le fleuve) Fête nationale : 26 octobre - inscription du principe de "neutralité permanente" de l'Etat autrichien dans la Constitution en 1955 Langue officielle : Allemand Indicatif téléphonique : 43
Villes principales : Vienne, Graz, Linz, Salzbourg, Innsbruck Découpage administratif : 9 Länder, 99 autorités administratives de districts, 2359 communes dont 14 villes à statut spécial
PIB : 386,1 milliards d'euros (Eurostat - 2018) Taux de croissance : 1,6 % (Eurostat - T2 2019) Taux de chômage : 4,6 % (Eurostat - T2 2019) Dette publique : 71,8 % (Eurostat - T2 2019) Déficit public : Déficit : 0,4 % (Eurostat - T1 2019) Inflation : 2,1% (Eurostat - 2018)
Indice de développement humain : 0,908 (ONU - 2017) Émissions de gaz à effet de serre : CO2 : 7,20 tonnes/hab. (OCDE - 2016)

Politique

L’Autriche est une république fédérale de type parlementaire constituée de 9 provinces fédérées, régie par la Constitution de 1920, rétablie en 1945.

Le 30 mai 2019, la présidente de la Cour constitutionnelle, Brigitte Bierlein, sans affiliation politique mais proche du centre-droit autrichien, est désignée chancelière par le président Alexander Van der Bellen pour former un gouvernement par intérim jusqu'aux prochaines législatives. Ce dernier est entré en fonction le 3 juin 2019.

Les élections législatives du 29 septembre 2019 voient la victoire du parti ÖVP de l'ancien chancelier, avec 37,54% des voix. Les élections voient aussi une chute des sociaux-démocrates du SPÖ et du FPÖ nationaliste. Sebastian Kurz est ainsi mis en difficulté, une coalition ÖVP-SPÖ étant exclue (ce type de "grande-coalition" ayant dirigé le pays pendant 44 ans), et le FPÖ choisissant de rester dans l'opposition. Des négociations s'ouvrent alors entre l'ÖVP, les Verts et le parti libéral centriste NEOS.

 

Le 15 octobre 2017, le parti conservateur ÖVP mené par Sebastian Kurz est arrivé en tête des élections législatives anticipées, organisées à son initiative. En seconde position, les sociaux-démocrates ont obtenu un peu plus de 26 % des suffrages, juste devant le parti FPÖ d'extrême-droite.

Le 15 décembre, après deux mois de négociations, Sebastian Kurz et le chef du FPÖ Heinz-Christian Strache ont annoncé être parvenus à un accord pour former un gouvernement. Ce dernier a obtenu six ministères, dont trois régaliens (Intérieur, Défense et Affaires étrangères) sur les treize que comptait le gouvernement. C'est le 18 décembre 2017 que le nouveau gouvernement a été investi dans ses fonctions.

Dix jours après l'"Ibizagate", le 27 mai, le Parlement autrichien a renversé le chancelier Sebastian Kurz. En effet, les sociaux-démocrates (SPÖ) et l'extrême droite du Parti autrichien de la liberté (FPÖ), qui disposaient à eux deux de la majorité, se sont alliés pour voter une motion de censure contre le leader conservateur. Celui-ci s'est dès lors vu dans l'incapacité de diriger un gouvernement minoritaire jusqu'aux élections anticipées fixées le 29 septembre 2019.

 

Qu'est-ce que l'Ibizagate ?

Le 18 mai 2019, le vice-chancelier et patron de l'extrême droite autrichienne (FPÖ) Heinz-Christian Strache se voit contraint de démissionner, après des révélations de corruption par deux médias allemands.

Filmé par des caméras cachées dans une villa à Ibiza, ce dernier est en effet aperçu en train de négocier avec la pseudo-nièce d'un oligarque russe, des marchés publics autrichiens en échange d'un soutien financier pour son parti. La chute de M. Strache entraîne plusieurs départs au sein du gouvernement.


Le président de la République autrichienne est, depuis décembre 2016, l'indépendant Alexander Van der Bellen.

En mai 2016, celui-ci, soutenu par les écologistes, remportait de justesse l'élection présidentielle devant Norbert Hofer, du FPÖ (extrême droite). Mais le 1er juillet, quelques jours avant la nomination du vainqueur, la cour constitutionnelle annulait l'élection présidentielle en raison d'irrégularités observées lors du comptage des votes. Après la fin du mandat de Heinz Fischer le 8 juillet 2016, l'intérim a alors été assuré par un corps collégial composé du président, du deuxième président et du troisième président du Conseil national. Un nouveau scrutin a ensuite été organisé le 4 décembre 2016, confirmant la victoire d'Alexander Van der Bellen avec plus de 53 % des voix.

Le pays et l'Union européenne

Durant la guerre froide, la neutralité imposée à l’Autriche par le traité d’Etat de 1955 lui interdit de participer au projet communautaire. Mais la décomposition du bloc soviétique change la donne : le pays dépose sa candidature le 17 juillet 1989.

Après un référendum national organisé en juin 1994 pour lequel 66,6% des votants répondent favorablement à l'adhésion de l'Autriche, le pays signe le traité de Corfou en 1994 et intègre l'Union européenne le 1er janvier 1994, à l'occasion de son 4e élargissement.

Les relations entre le gouvernement autrichien et les partenaires européens connaissent une crise en février 2000, lorsque des mesures symboliques sont adoptées contre l’Autriche pour condamner la participation au gouvernement du parti d’extrême droite FPÖ. Le débat porte alors sur la marge d’intervention des Etats membres de l’Union dans la vie politique intérieure de l'un d'entre eux.

Lors de la présidence autrichienne de l’UE en 1998, le pays soutient avec ferveur le processus d’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, au nom des liens historiques et géographiques qui la relie à eux. Il est également favorable à un approfondissement des relations avec les pays des Balkans occidentaux et souhaite jouer le rôle de porte-parole et d’intermédiaire dans les relations avec les nouveaux Etats membres, comme le démontre à nouveau l’exercice de la présidence du Conseil de l'UE au premier semestre 2006.

Face à la montée de l'extrême-droite en 2016, au coeur de la crise migratoire à laquelle l'Union européenne doit faire face, l'Autriche adopte l'une des lois les plus strictes à l'encontre des réfugiés. Outre le rétablissement du contrôle à ses frontières, elle fait ériger une barrière sur le col du Brenner qui la sépare de l'Italie. Celle-ci constitue le premier mur entre deux pays de l'Union européenne. Le pays est alors l'un des Etats de l'UE les plus récalcitrants à mettre en place le plan de la Commission pour la répartition des réfugiés sur le territoire de l'UE. 

L’Autriche est très attachée à l’équilibre institutionnel entre grands et petits pays. Elle dispose au Parlement européen de 18 sièges, répartis depuis 2019 entre extrême-droite (3), conservateurs (7), centristes-libéraux (1), sociaux-démocrates (5) et écologistes (2). Le commissaire européen autrichien est Johannes Hahn, qui sera à partir du 1er décembre en charge du budget et de l'administration. Celui-ci était déjà membre des deux précédents collèges, responsable de la politique régionale de 2009 à 2014, puis de la politique européenne de voisinage et des négociations d'élargissement jusqu'aujourd'hui.

De juillet à décembre 2018, l'Autriche a pris la présidence du Conseil de l'Union européenne pour 6 mois. Brexit, budget post-2020 et immigration ont été les thèmes déterminants de sa présidence. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a ainsi annoncé vouloir faire de la "lutte contre l'immigration illégale" une priorité.

Géographie

Les 84 000 km2 de vallées et de massifs alpins qui constituent l’Autriche sont situés au cœur de l’Europe. L’Autriche est bordée par l’Allemagne et la République tchèque au nord, la Slovaquie et la Hongrie à l’est, la Slovénie et l’Italie au sud et la Suisse et le Liechtenstein à l’ouest.

L’Autriche est un des pays les plus boisés d’Europe. Dans ce pays majoritairement  montagneux, Alpes et Préalpes couvrent 80% du territoire. Elles culminent au Grossglockner, en Carinthie, à 3 797m. Les principales vallées – l’Inn, l’Enns, la Mur et le Danube - constituent les principales voies de communication du pays.

L'Autriche comprend 9 provinces (Bundesländer) qui sont : le Burgenland, la Carinthie, la Basse-Autriche, Salzbourg, la Styrie, le Tyrol, la Haute-Autriche, Vienne et Vorarlberg.

Vienne domine très largement le réseau urbain avec près de deux millions d'habitants sur les huit que compte le pays. Salzburg, Linz, Graz ou Innsbruck se placent au second rang.

Economie

L’Autriche est l’un des Etats d’Europe dont le PIB par habitant est le plus élevé en UE, avec 39 300 euros au 1er juin 2018 (en standards de pouvoir d'achat). Si le taux de chômage augmente depuis 2011, il reste parmi les plus faibles d’Europe : 4,7% en avril 2019. Bien que l'Allemagne et l'Italie demeurent ses principaux partenaires commerciaux, l'adhésion à l'Union européenne de l'Autriche lui a permis de réduire sa dépendance économique à l'encontre de l'Allemagne. 70% des échanges commerciaux du pays se font au sein de l'UE.

Frappée comme ses partenaires européens par la crise économique et financière dès 2008, l'Autriche a vu son déficit public atteindre 5,4% en 2009. Il est cependant redescendu sous la barre des 3% dès 2011. Avec une dette publique de 72,7% du PIB, le pays est à la 10e place des pays les plus endettés de l'Union mais se rapproche des critères européens (60%) d'année en année.

La croissance économique est ralentie depuis la crise mais la construction de logements (secteur clé de l'industrie du pays) devrait profiter de l'arrivée de migrants, des exportations de pièces de véhicules automobiles, des services financiers ainsi que de l'amélioration de la conjoncture chez ses voisins. Ainsi, la croissance du PIB en 2017 a été de 3 %.

Toutefois, l'économie autrichienne dispose d'une population active très qualifiée et employée aux deux tiers dans le secteur des services. Le secteur industriel est orienté vers l'industrie métallurgique, la construction ou encore l'électrochimie. L'énergie hydroélectrique est par ailleurs la principale source d'électricité du pays. Concernant le secteur primaire, le pays consacre la plus grande part de sa surface agricole à l'agriculture biologique en UE, soit 21% tandis que la moyenne européenne est de 6 %.

Histoire

Le Saint Empire Romain Germanique et les Habsbourg

    • 1273 : Rodolphe Ier de Habsbourg prend la tête du Saint Empire Romain Germanique. La dynastie des Habsbourg porte la couronne impériale presque sans interruption jusqu’au début du XIXème siècle.
    • 1526 : la mort du roi de Hongrie Louis II à la bataille de Mohacs scelle l’union personnelle du Royaume de Hongrie avec les Etats héréditaires des Habsbourg, archiduché d’Autriche et royaume de Bohême. Tout au long de l’histoire de la monarchie danubienne, malgré les velléités de centralisation administrative, les entités demeurent largement distinctes les unes des autres.
    • 1683 : l’échec du deuxième siège de Vienne par les Ottomans donne le signal d’une rapide reconquête de la Hongrie, avec la prise de Buda par les Habsbourg en 1686. Les guerres contre l’ennemi ottoman se poursuivent tout au long du XVIIIème siècle avec quelques interruptions et aboutissent à la conquête progressive de territoires balkaniques, organisés en glacis militaire.
    • 1740-1790 : les règnes de Marie-Thérèse et de Joseph II constituent un apogée de la monarchie austro-hongroise et de la réforme de l’administration dans le sens du despotisme éclairé.

    La monarchie autrichienne dans la tourmente

    • 1806 : disparition du Saint Empire Romain Germanique sous la pression de Napoléon Ier. Cependant l’Autriche s’élève au rang d’Empire, dont François Ier prend la couronne, jetant les nouvelles bases constitutionnelles de la monarchie danubienne pluriethnique.

    • 1848 : le "Printemps des peuples" secoue l’Empire conservateur et exprime les velléités séparatistes et le sentiment national de nombreuses composantes non germanophones de l’Empire. Francois Joseph Ier accède au trône.
    • 1866 : à l’issue de la guerre austro-prussienne, l’Autriche perd son statut de puissance germanique dominante au profit de la Prusse. Malgré le sentiment d’un lent déclin, Vienne devient un centre intellectuel et artistique brillant au tournant du XXème siècle.
    • 1914 : l’héritier du trône d’Autriche, François-Ferdinand, est assassiné à Sarajevo : la Première Guerre mondiale se déclenche par le jeu des alliances en Europe. A l’issue du conflit, la République est proclamée et l’Empire des Habsbourg démembré. L’Autriche regroupe l’essentiel des territoires germanophones de l'Empire.
    • 1938 : l’Autriche est annexée au Reich allemand (Anschluss), puis divisée en quatre zones d’occupation à l’issue du second conflit mondial. La seconde république est proclamée en 1945.

    Indépendance et république

    • 1955 : avec le traité d’Etat, la souveraineté autrichienne est reconnue sur le plan international en échange d’une garantie de neutralité. La même année, les puissances alliées retirent leurs troupes du territoire autrichien.

    Drapeau et hymne

    Le drapeau autrichien, qui affiche trois bandes horizontales (rouge, blanche, rouge), a été créé en 1230. Au cours des siècles, différentes armoiries ont pu être ajoutées. La maison des Habsbourg a ainsi apposé son emblème, l’aigle bicéphale. L’Allemagne nazie a, elle, imposé la croix gammée entre 1938 et 1945 après l’annexion du pays. Depuis 1945, le drapeau autrichien est inchangé. Seules les trois bandes sont conservées. Le drapeau officiel d’Etat comporte simplement un aigle fédéral, monocéphale.

    L’hymne national autrichien, "Pays des montagnes, pays sur le fleuve", a été écrit en 1947 par Paula von Preradovic, sur une musique de Johann Holzer et Wolfgang Amadeus Mozart. Il est le fruit d’une volonté du gouvernement fédéral d’après-guerre d’adopter un symbole nouveau incarnant le tournant opéré par le pays. De 1797 à 1918, l’hymne autrichien est "Que Dieu garde, que Dieu protège l’empereur François", composé par Joseph Haydn. Et entre 1918 et 1945, d’autres hymnes ont été utilisés.

    Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

    Personnalités

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

    Pour beaucoup, l’Autriche et Vienne restent la patrie de la musique et des compositeurs, et tout particulièrement du plus célèbre d’entre eux, W.A. Mozart qui y composa la plupart de ses oeuvres. Les valses de Strauss conservent également une popularité inchangée au panthéon de la culture autrichienne. Cette Vienne classique et impériale s’exprime en outre dans le riche patrimoine architectural, du Belvédère à Schönbrunn.

    Gustav Klimt (1862-1918)

    A ce patrimoine universel classique s’ajoute une remarquable contribution à  l’Europe contemporaine, à la fois par ses interrogations et par son cosmopolitisme ; Vienne rayonne au tournant du XIXème et du XXème siècle. Tant les promoteurs de l’art nouveau autour de la "Sécession viennoise" avec Gustav Klimt, peintre du Baiser ou de la Frise Beethoven, Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, que les écrivains tels que Hoffmannsthal, Karl Kraus ou Robert Musil et son Homme sans qualités devenu un monument de la littérature mondiale du XXème siècle, traduisent une culture sophistiquée et consciente de son héritage, mais en proie au doute et confrontée à son déclin. Ce centre intellectuel novateur a également renouvelé les approches médicales du psychisme à travers les théories de Sigmund Freud.

    Friedensreich Hundertwasser (1928-2000)

    A la fois artiste, peintre, penseur mais surtout architecte, Hundertwasser est animé par un immense amour de la nature et est l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste, écologique et d'un design moderne et particulier qui le distingue des autres architectes. Passionné par l'eau et les couleurs, son œuvre picturale est caractérisée par le foisonnement organique des formes et repose sur la brillance des couleurs.

    L'Autriche bien sûr, mais également l'Allemagne, le Japon,les Etats-Unis, Israël, la Suisse ou encore la Nouvelle-Zélande qu'il affectionnait particulièrement, sont les pays où Hundertwasser a exprimé son art.

    Elfriede Jelinek (1946-)

    Pourtant, cela ne saurait faire oublier que la culture autrichienne s’exprime avec autant de force et d’intensité créatrice aujourd’hui, au travers d’une création théâtrale abondante et d’une littérature provocante et exigeante, de Thomas Bernhard à Elfriede Jelinek. Le questionnement des sociétés industrielles et consuméristes contemporaines ainsi que l’extraction d’une douloureuse histoire longtemps refoulée joint sa voix à des interrogations similaires exprimées dans d’autres pays européens.