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Espace Schengen : la Croatie va faire son entrée, la Roumanie et la Bulgarie devront attendre

Jeudi 8 décembre, les Etats membres de l’Union européenne ont validé l’adhésion de Zagreb à l’espace de libre circulation dès le 1er janvier 2023. Sofia et Bucarest ont toutefois été recalées, notamment par un veto de l’Autriche.

La Roumanie (ici à la frontière) est l'un des seuls Etats membres de l'Union européenne à ne pas faire partie de Schengen, avec la Bulgarie, Chypre et l'Irlande
La Roumanie (ici à la frontière) est l’un des seuls Etats membres de l’Union européenne à ne pas faire partie de Schengen, avec la Bulgarie, Chypre et l’Irlande - Crédits : CatEyePerspective / iStock

Oui à la Croatie, non à la Bulgarie et à la Roumanie” [Euronews]. “La Croatie fera son entrée dans l’espace Schengen en janvier”, annonce en effet sobrement Le Monde. “Avec cet accord unanime des ministres de l’Intérieur réunis à Bruxelles [jeudi 8 décembre], la Croatie devient le 27e membre de cette vaste zone au sein de laquelle plus de 400 millions de personnes peuvent voyager librement, sans contrôles aux frontières intérieures”, poursuit le journal du soir.

Cependant, “la Roumanie et la Bulgarie devront encore patienter avant d’entrer dans l’espace Schengen : l’Autriche a mis son veto [hier] à cet élargissement” [L’Obs]. Vienne “redoutait que la levée des contrôles aux frontières avec ces deux pays n’accroisse encore le flux des arrivées de migrants” [Le Monde].

Actuellement, 4 pays hors de l’UE participent à l’espace Schengen (Norvège, Suisse, Islande et Liechtenstein), alors que 5 Etats membres ne sont pas dans cette zone de libre circulation, dont Chypre et l’Irlande.

La Croatie poursuit son intégration européenne

Tous les ministres européens de l’Intérieur ont donc donné leur “feu vert” à la Croatie jeudi, alors que toute nouvelle adhésion doit se faire à l’unanimité des Etats membres [Le Figaro]. Concrètement, “dans moins d’un mois, à partir du 1er janvier 2023, les contrôles aux frontières seront supprimés aux postes frontaliers terrestres et maritimes, et au printemps, le 26 mars 2023, dans les aéroports”, rapporte le quotidien croate Telegram.

Une aubaine pour ­Zagreb qui peut espérer doper son secteur touristique”, estime Le Figaro. En contrepartie, “les pays membres de Schengen doivent assumer un contrôle rigoureux des frontières extérieures de cet espace de libre circulation, et s’engager à une coopération policière pour lutter contre la criminalité organisée ou le terrorisme” [L’Obs].

La Croatie “rejoindra aussi la zone euro en janvier prochain”, rappelle d’ailleurs Le Monde. “Autant dire que 2022 est une année bénie des dieux pour ce petit pays de 3,9 millions d’habitants, membre de l’UE depuis 2013 seulement”, exulte même Le Figaro.

La Roumanie et la Bulgarie dans le “purgatoire

Les commentaires sont moins enthousiastes concernant la Roumanie et la Bulgarie qui “viennent, pour la énième fois, de se faire claquer au nez la porte de Schengen” [Libération]. Et ce, “malgré l’avis de la Commission [européenne] : celle-ci avait répété, mi-novembre, que les deux pays, qui patientent dans l’antichambre depuis dix ans, étaient prêts” [Le Soir].

Jeudi, l’Autriche et les Pays-Bas ont ainsi voté contre. “Guère une surprise, tant Vienne se montre focalisée sur la sécurité de ses frontières, alors que les arrivées de migrants ont augmenté, ces derniers mois”, assure Ouest-France. “Cependant, je ne suis pas certain que l’entrée dans Schengen changerait grand-chose dans les flux migratoires qui transitent déjà vers l’Europe”, fait remarquer Guillaume Lagane, spécialiste des questions de relations internationales et maître de conférence à Sciences Po [Le Figaro].

L’attitude regrettable et injustifiée de l’Autriche lors de la réunion d’aujourd’hui risque de compromettre l’unité et la cohésion européennes, dont nous avons tant besoin”, a réagi le président roumain Klaus Iohannis, cité par le média România liberă, basé à Bucarest.

Les Pays-Bas, en revanche, soutiennent l’entrée de la Roumanie, mais pas celle de la Bulgarie”, précise Telegram. Le ministre néerlandais de la Migration Eric van der Burg “avait expliqué jeudi que son pays avait des inquiétudes concernant ‘la corruption et les droits humains’ [en Bulgarie] et demandait un nouveau rapport à la Commission sur ces points” [Le Monde].

Un sentiment commun traverse la presse européenne ce matin. “Pour des calculs de politique interne autrichienne et néerlandaise, les Roumains et les Bulgares continueront à se sentir comme des Européens de seconde zone”, dénonce La Libre. “Il est injuste de laisser la Bulgarie et la Roumanie dans le purgatoire de Schengen”, fulmine Jean Quatremer dans Libération.

L’espoir est en Suède”, estime désormais le journal bulgare Sega. Bien que le pays émette des “réserves” quant à l’adhésion des deux Etats, il devrait avoir “un rôle de conciliateur” [Sega], en cela qu’il assumera la présidence tournante du Conseil de l’UE au prochain semestre.

“Vous avez votre place dans l’espace Schengen. Vous bénéficiez du soutien de quasi tous les Etats membres”, a insisté la commissaire aux Affaires intérieures Ylva Johansson, citée par La Libre. “Notre rôle est d’être optimistes, nous allons en faire une priorité, pour que ce soit adopté avant la fin de la législature [en 2024]”, a-t-elle ajouté [Le Soir].

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