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Drapeau Allemagne Dernière mise à jour le 15.02.2022

Allemagne

Adhésion en 1957 (Membre fondateur) Dernière mise à jour le 15.02.2022

Géographie et démographie

Berlin

Villes principales

Berlin, Hambourg, Munich, Cologne, Francfort

Découpage administratif

16 Länder dont 3 villes-Etat (Berlin, Brême et Hambourg), 32 Regierungsbezirke, 323 Landkreise, 14 865 communes

83,16 millions (2021)

Eurostat

357 569 km²

Eurostat

Indice de développement humain

0,939 (2018)

ONU

Environnement

10,1 tonnes/hab (2019)

Eurostat

Politique

République parlementaire fédérale

Frank-Walter Steinmeier

Olaf Scholz

2025

Fédérales

Économie

PIB

3 368 milliards d’euros (2020)

Eurostat

Inflation

0,4 % (2020)

Eurostat

-4,6 % (2020)

Eurostat

3,8 % (mars 2021)

Eurostat

69,4 % (T3 2021)

Eurostat

2,4 % du PIB (T3 2021)

Eurostat

Carte Allemagne

Politique

L’Allemagne est une république fédérale de type parlementaire composée de 16 Länder fédérés, régie par la Loi fondamentale de 1949.

A Berlin, la capitale fédérale, siège le Parlement bicaméral qui se compose du Bundestag, élu directement par le peuple, et du Bundesrat, constitué des représentants des Länder.

Gouvernement

Avec 25,7 % des voix, le candidat social-démocrate Olaf Scholz (SPD) a remporté les élections du 26 septembre 2021, devant son concurrent conservateur Armin Laschet (CDU, 24,1 % des voix). Des résultats qui constituent un succès électoral pour le SPD (+ 5 points par rapport à 2017) et une déroute pour la CDU-CSU (- 9 points). Menés par Annalena Baerbock, les Verts se sont retrouvés en troisième position (14,8 %) et le parti libéral FDP de Christian Lindner en quatrième position (11,5 %). La formation politique d’extrême droite AfD a quant à elle réalisé un score de 10,3 %. A l’autre extrême de l’échiquier politique, Die Linke a recueilli 4,9 % des suffrages. Les autres partis ont totalisé 8,7 % des voix.

Des négociations tripartites entre le SPD, les Verts et le FDP ont abouti à la formation inédite d’un gouvernement “feu tricolore” (en raison des couleurs rouge, vert et jaune des trois formations politiques), confirmé le 8 décembre 2021 par le Bundestag. Aux côtés du nouveau chancelier Olaf Scholz, Annalena Baerbock conduit le ministère des Affaires étrangères et Christian Lindner celui des Finances. Le contrat de coalition présenté fin novembre prévoit notamment l’augmentation du salaire minimum à 12 euros bruts de l’heure, la sortie du charbon idéalement d’ici à 2030, le maintien de l’orthodoxie budgétaire, la construction de 400 000 nouveaux logements par an ou encore la légalisation du cannabis. En matière européenne, le gouvernement envisage en particulier de défendre l’état de droit et d’instaurer un droit d’initiative pour le Parlement européen ainsi que des listes transnationales aux prochaines élections européennes.

Angela Merkel (CDU, conservateurs) est devenue la première femme “Bundeskanzlerin” de la République fédérale allemande en novembre 2005. Elle a alors formé un gouvernement de “grande coalition” pendant quatre ans, rassemblant chrétiens-démocrates et sociaux-démocrates.

A l’automne 2009, elle a été reconduite sans difficulté à ses fonctions de chancelière après la victoire de son parti, la CDU, aux élections législatives allemandes organisées le 27 septembre 2009. Cette fois-ci, c’est un gouvernement dit de “petite coalition” - chrétiens-démocrates de la CDU/CSU avec les libéraux du FDP - qui a dirigé la première puissance économique européenne.

Lors des élections législatives du 22 septembre 2013, la CDU a obtenu 41,5 % des voix et la SPD 25,7 %. Angela Merkel a alors formé un nouveau gouvernement de coalition avec les sociaux-démocrates, qui est entré en fonction le 17 décembre 2013.

En septembre 2017, la CDU a remporté les élections fédérales pour la quatrième fois consécutive. La chancelière a conservé son poste. Cependant, le score de son parti a été relativement plus faible (32,5 %) que lors des précédents scrutins, comme celui du parti social-démocrate (20,5 %), tandis que le parti d’extrême droite AfD est entré pour la première fois au Bundestag, avec 12,6 % des voix. Après avoir envisagé dans un premier temps une coalition “Jamaïque” avec les Verts et les libéraux du FDP, la CDU s’est alliée finalement de nouveau au SPD pour une grande coalition. Angela Merkel a officiellement été reconduite à son poste de chancelière le 14 mars 2018 pour un quatrième mandat. 

En octobre 2018, la chancelière a annoncé qu’elle se retirerait de la vie politique à la fin de son mandat, en 2021. Elle a également quitté la présidence de la CDU, remplacée par Annegret Kramp-Karrenbauer en décembre 2018. Le 10 février 2020, celle-ci a annoncé se retirer de la course à la chancellerie. Son successeur Armin Laschet a été élu le 16 janvier 2021 à la tête du parti, puis désigné candidat en avril pour les élections du 26 septembre 2021. 

Chef d’Etat

Frank-Walter Steinmeier (SPD) est devenu le douzième président allemand le 18 mars 2017. Jouissant d’une grande popularité en tant que ministre des Affaires étrangères au sein du gouvernement de “grande coalition” d’Angela Merkel, il a succédé à Joachim Gauck (indépendant), élu président le 18 mars 2012 et ayant décidé de ne pas briguer un second mandat. Le 13 février 2022, Frank-Walter Steinmeir est réélu pour un second mandat, après avoir bénéficié d’une large majorité transpartisane de la part du SPD, des conservateurs de la CDU/CSU, des Verts et des libéraux du FDP. 

Le pays et l’Union européenne

Comptant parmi les membres fondateurs de la construction européenne, l’Allemagne a su faire de la promotion du projet européen la pierre angulaire de sa réconciliation avec les ennemis des deux guerres mondiales ainsi que le socle de la restauration de sa souveraineté et de sa légitimité. Konrad Adenauer, chancelier de 1949 à 1963, se fit le fervent défenseur des étapes successives de la construction communautaire de la Communauté européenne du Charbon et de l’acier (CECA) aux Communautés économiques européennes (CEE).

De par sa taille et son dynamisme économique, l’Allemagne a régulièrement joué le rôle de moteur de l’Europe, que ce soit en premier ressort ou à travers le “couple franco-allemand”. Cette étroite coopération avec son voisin français s’est épanouie dans les couples de dirigeants célèbres tels qu’Adenauer-de Gaulle, Giscard d’Estaing-Schmidt ou encore Kohl-Mitterrand.

Les Allemands ont consenti, lors du traité de Maastricht en 1992, à la disparition du Deutsche Mark, symbole de la reconstruction et de la prospérité née du miracle économique allemand. En contrepartie, le gouvernement s’est assuré de l’adoption de conditions d’unification monétaire très strictes, traduites dans les critères de convergence limitant l’inflation, les déficits publics admissibles et dans la garantie de l’indépendance de la Banque centrale européenne (BCE), symboliquement pourvue d’un siège à Francfort-sur-le-Main.

Le poids institutionnel et démographique de l’Allemagne (elle dispose de 96 sièges de députés au Parlement européen et elle est la plus grosse contributrice au budget de l’UE, à hauteur de 26 % des contributions nationales en 2021) lui a permis de peser sur les choix stratégiques récents de l’Europe, notamment en faveur de l’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, auxquels de nombreux et étroits liens historiques, géographiques et économiques la rattachent.

La crise de la zone euro a confirmé l’ancrage européen de l’Allemagne. Elle est notamment le premier contributeur au mécanisme européen de stabilité entré en vigueur en 2012. Avec son ministre de l’Economie Wolfgang Schaüble, Angela Merkel a également fortement influencé la gestion de la crise grecque dans les années 2010.

L’ancienne ministre de la Défense allemande Ursula von der Leyen est à la tête de l’actuelle Commission européenne (2019-2024). Le pays a occupé la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne de juillet à décembre 2020, avec un agenda marqué notamment par la réponse européenne à la crise du Covid-19, l’élaboration et l’adoption du budget européen associé au plan de relance de 750 milliards d’euros, et les négociations de l’accord encadrant les nouvelles relations de l’UE avec le Royaume-Uni.

Géographie

Située au cœur de l’Europe, l’Allemagne s’étend sur plus de 800 kilomètres des Alpes bavaroises à la mer du Nord et à la mer Baltique, et sur 600 km du Rhin à l’Oder. Les paysages s’étendent des plaines du Nord jusqu’aux différents massifs montagneux de l’Allemagne centrale (Harz, Hunsrück, Rothaargebirge) et méridionale (Forêt Noire, Jura souabe). Le territoire se répartit entre trois grands bassins fluviaux : le Danube, le Rhin et l’Elbe.

Si plusieurs métropoles organisent le territoire - Berlin, Munich, Hambourg, Francfort - la concentration de la population est particulièrement importante dans la vaste zone de conurbation de la Ruhr autour de Düsseldorf et de Dortmund, où s’est concentrée l’industrie lourde.

Avec 83,16 millions d’habitants au 1er janvier 2021, l’Allemagne est le pays le plus peuplé de l’UE.

Economie

Dès les Trente glorieuses, l’Allemagne a su se hisser parmi les premières puissances économiques mondiales (la RFA était la seconde puissance économique mondiale à la fin des années 1950). En 2018, elle occupait toujours la quatrième place mondiale (Union européenne exclue) et la première à l’échelle européenne, grâce à l’impulsion des secteurs dynamiques de la construction automobile et de l’industrie chimique, mais également des biens d’équipement. Troisième exportateur et importateur mondial, sa force économique repose notamment sur ses exportations. Le pays affiche ainsi des excédents commerciaux importants, un temps considérés comme excessifs par la Commission européenne.

L’Allemagne a su développer de nouveaux atouts dans les secteurs de haute technologie et des biotechnologies, en particulier dans les métropoles universitaires d’Allemagne méridionale. Le pays a misé sur la tertiarisation de son économie et les industries à forte demande de main-d’œuvre qualifiée pour passer le cap du déclin industriel de larges régions, dans la Ruhr comme en Saxe et en Thuringe.

L’industrie continue à occuper une proportion importante des actifs. Le modèle industriel allemand est fondé sur le “Mittlestand”, un modèle d’entreprises de taille intermédiaire, familiales, indépendantes et tournées vers l’extérieur. A elle seule, la production de véhicules automobiles génère près de 10 % du PIB.

Le modèle de “l’économie sociale de marché” s’appuie quant à lui sur une forte protection sociale, un taux de redistribution à travers des prélèvements fiscaux élevés et l’importance des institutions de cogestion et de négociation collective entre les syndicats et le patronat. Toutefois, depuis la fin des années 1990, les gouvernements successifs se sont assignés la tâche d’alléger substantiellement les dépenses de l’Etat-providence pour pallier les difficultés du modèle (concurrence internationale, coûts économiques et sociaux de la réunification). Les réformes Hartz, menées par Gerard Schröder dans les années 2000, ont ainsi largement flexibilisé le marché du travail. Le taux de chômage se situe parmi les plus bas de l’UE (3,2 % en décembre 2021). 

Egalement touchée par la crise dans les années 2010, l’Allemagne a néanmoins su se repositionner sur les marchés grâce aux exportations de produits à haute valeur ajoutée, notamment dans les technologies de pointe, l’automobile ou encore la pharmaceutique. Les près de 2 millions de réfugiés accueillis entre 2014 et 2016 ont également contribué à la croissance, via la consommation des ménages et la demande immobilière.

A partir de mars 2020, l’économie allemande a été touchée par la crise du coronavirus. Le rebond connu au cours de l’été de la même année ainsi que les succès de la campagne vaccinale européenne, qui ont permis une reprise progressive des activités économiques, ont conduit la Banque fédérale allemande à relever en juin 2021 sa prévision de croissance pour cette année, l’établissant à 3,7 %. Celle-ci s’établit finalement à 2,7 % selon l’institut national des statistiques Destatis. Un résultat en-deça des attentes qui s’explique notamment par les effets négatifs de la pandémie sur les chaînes d’approvisionnement et des mesures sanitaires sur la consommation. 

Sources : DG Trésor, FMI, Destatis.

Histoire

Les origines du pays

  • 962 : Naissance du Saint-Empire romain germanique qui se considère comme le seul descendant légitime de l’Empire romain et prend la suite de la dynastie carolingienne. Les empereurs s’engagent dans une lutte de pouvoir de longue haleine avec la papauté qui aboutit au concordat de Worms (1122).
  • 1517 : La Réforme religieuse initiée par les 95 thèses de Martin Luther se diffuse largement dans l’Empire et suscite des guerres confessionnelles répétées aboutissant en 1555 à la reconnaissance de la Confession d’Augsbourg (luthérienne) et de sa domination en Allemagne septentrionale.
  • 1648 : Les traités de Westphalie mettent fin à la Guerre de trente ans, conflit aux enjeux religieux, territoriaux et institutionnels multiples, en assurant la coexistence des confessions chrétiennes et en rénovant le Saint-Empire, affaibli au profit des principautés territoriales qui en font partie.

L’unification nationale

  • 1740-1786 : Frédéric II, roi de Prusse, accélère l’ascension territoriale et militaire de son royaume, engagée depuis le XVIIe siècle. Elle s’accompagne d’une pression fiscale accrue et d’un renforcement du pouvoir royal. La Prusse accède ainsi au rang de grande puissance européenne, rivale des Etats des Habsbourg au sein de l’Empire.
  • 1813-1814 : Le sursaut des guerres de libération contre l’occupation napoléonienne, aboutissant à la victoire de Leipzig (1813), suscite la naissance du sentiment national allemand qui s’exprime dans le mouvement intellectuel et artistique romantique.
  • 1871 : L’Allemagne est unifiée sous l’égide de la Prusse, dont le roi devient l’empereur Guillaume Ier à la suite de la politique “du sang et du fer” du chancelier Bismarck et au lendemain des guerres victorieuses contre l’Autriche et la France.

Les bouleversements du XXème siècle

  • 1918 : Le traité de Versailles signe la défaite de l’Empire allemand au cours de la Première Guerre mondiale, met fin à sa politique impérialiste et colonialiste et ampute l’Allemagne d’une part importante de son territoire. De la fin de la guerre naît la République de Weimar, marquée par une extension de la démocratie et des droits sociaux.
  • 1933 : Les crises économiques, l’humiliation du traité de Versailles et la faible adhésion des élites à la république conduisent Adolf Hitler et le NSDAP au pouvoir. Une dictature sanglante fondée sur des principes racistes et bellicistes est alors instaurée et mène à la Seconde Guerre mondiale ainsi qu’à l’extermination planifiée des Juifs d’Europe, dont six millions sont assassinés.
  • 1949 : La fondation de la République Fédérale d’Allemagne initie la renaissance politique du pays, qui est sorti anéanti de la Seconde Guerre mondiale et est occupé par les quatre forces alliées. Elle marque aussi la division durable du pays sous l’effet des tensions de la Guerre froide, puisque la zone orientale devient la République Démocratique d’Allemagne, état satellite de l’URSS, la même année. La RFA fait le choix de l’intégration européenne et de l’atlantisme et s’engage dans un spectaculaire redressement économique.
  • 1957 : La RFA crée, avec cinq autres pays, la Communauté économique européenne.
  • 1989 : La chute du mur de Berlin symbolise la fin de la division de l’Allemagne, qui se matérialise par la réunification du 3 octobre 1990.

Drapeau et hymne

Le drapeau allemand, trois bandes horizontales noire, rouge et or, a été créé en 1816 et adopté en 1919 puis en 1949. Il est le seul symbole inscrit dans la Loi fondamentale allemande. Ses origines sont incertaines. Les couleurs viendraient des uniformes d’un corps prussien de bénévoles ayant combattu la France napoléonienne en 1815. Le drapeau actuel a été pour la première fois adopté par la République de Weimar, puis par les deux Allemagne en 1949. En 1959, la RDA y ajoute le marteau, le compas et le blé pour se distinguer. En 1990, le drapeau devient celui du pays unifié.

L’hymne national allemand, intitulé “Chant des Allemands”, a été écrit par August Heinrich Hoffmann von Fallersleben en 1841, sur une mélodie de Haydn datant de 1797. Le chant prône une Allemagne unie et libre. En 1871, l’hymne est adopté par l’Empire allemand et repris en 1922 par la République de Weimar. De 1933 à 1945, l’Allemagne nazie n’utilise que le premier couplet de l’hymne : “Deutschland über alles” . Dans l’après-guerre, l’hymne est banni. En 1952, pour la participation de l’Allemagne aux Jeux olympiques, seul le troisième couplet est chanté. Ce dernier formule les trois piliers du bonheur du peuple : unité, justice et liberté. Ce troisième couplet devient l’hymne national de l’Allemagne unifiée en 1991.

Lire l’étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

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