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Migration : soutenue par Frontex, la Finlande renforce encore les contrôles à sa frontière avec la Russie

Jeudi 23 novembre, la Finlande a fermé de nouveaux postes-frontières avec son voisin russe, qu’elle accuse de laisser passer des migrants afin de la déstabiliser. Le jour même, l’agence européenne Frontex a annoncé soutenir Helsinki en envoyant du personnel et du matériel.

Frontex est l'agence des gardes-frontières et gardes-côtes de l'UE. Au-delà du contrôle des migrations, elle lutte aussi contre le crime transfrontalier, comme ici, en Estonie (2020)
Frontex est l’agence des gardes-frontières et gardes-côtes de l’UE. Au-delà du contrôle des migrations, elle lutte aussi contre le crime transfrontalier, comme ici, en Estonie (2020) - Crédits : Frontex

Depuis “la fin août”, les relations entre la Finlande et la Russie se dégradent un peu plus : Helsinki accuse Moscou d’orchestrer un “afflux de migrants sans visa” à sa frontière pour la déstabiliser, résume RFI. Au total, “près de 700 demandeurs d’asile sont entrés en Finlande sans visa par la frontière avec la Russie depuis [l’été], un chiffre en nette augmentation”, indique L’Express. Des migrants originaires “du Yémen, de Somalie et de Syrie” notamment, précise Ilta-Sanomat. Certains portent d’ailleurs des vêtements “un peu légers” pour faire face aux “gelées finlandaises” et plusieurs ont été pris de “nausées” ou ont eu des “engelures mineures”, bien que la plupart soient “en bonne santé”, remarque le journal finlandais.

En réaction, la Finlande a fermé “8 de ses 9 postes-frontières avec son voisin russe” [RFI]. Le 18 novembre, le pays avait d’abord clos tous ses “points de passage frontaliers du sud-est”, quatre au total, rappelle L’Express. Puis “trois autres points de contrôle” du nord jeudi 23 novembre. Il ne reste plus qu’un seul poste ouvert, “Raja-Jooseppi, dans l’extrême nord de la Laponie finlandaise” [YLE]. Le dernier point de passage étant réservé au fret ferroviaire.

La Finlande se veut ferme

Comme le constate Le Figaro, ces tensions surviennent “après l’adhésion de la Finlande à l’Otan”. Moscou avait qualifié celle-ci d’ ”atteinte à sa sécurité” et avait promis de prendre des “contre mesures”, poursuit le quotidien. RFI établit d’ailleurs un parallèle entre la situation actuelle et une opération similaire “orchestrée par la Biélorussie aux frontières de la Lituanie, de la Lettonie et de la Pologne” en 2021. Une “manœuvre d’attaque hybride”, résume le ministre de l’Intérieur estonien en évoquant la situation vécue par son voisin finlandais [L’Indépendant].

La Finlande craint pour sa sécurité. Selon une note de la police finlandaise, reprise par le gouvernement, “les personnes traversant la frontière pourraient en comprendre certaines qui constituent une menace pour la sécurité intérieure”, relate le Helsinki Times. Plus précisément : “des personnes ayant des antécédents de guerre ou d’autres crimes, des militaires déguisés en civils et des personnes radicalisées”, détaille le journal. “Notre tâche principale est d’assurer la sécurité du peuple finlandais”, a déclaré le Premier ministre Petteri Orpo, cité par la chaîne de télévision YLE.

Le gouvernement finlandais se veut ferme mais n’envisage pas de fermer le dernier poste-frontière encore ouvert. “La possibilité de déroger au droit de demander l’asile est une option exclue, car elle irait à l’encontre des obligations internationales”, indique Iltalehti.

Frontex en appui

Selon le gouvernement finlandais, “la capacité des gardes-frontières à enregistrer les demandes de protection internationale a diminué à la frontière. Les procédures standards ne suffisent plus”, rapporte le Helsinki Times. “Si la situation devait perdurer, elle aurait probablement également un impact sur la capacité du service finlandais de l’immigration”, estime le journal. Comme le précise Le Figaro, “jusqu’à présent, 10 fonctionnaires de Frontex étaient déployés sur les 1 300 kilomètres de frontières que la Finlande partage avec la Russie”.

Ce jeudi 23 novembre, “l’agence européenne de garde-côtes et de garde-frontières Frontex” a apporté son soutien à la Finlande, écrit L’Express. A partir du “mercredi 29 novembre”, Frontex prévoit de déployer “50 gardes-frontières et d’autres membres du personnel, ainsi que des équipements tels que des voitures de patrouille, afin de renforcer les activités de contrôle des frontières de la Finlande”, indique son communiqué repris par Le Figaro. La veille de l’annonce, Helsinki avait elle-même demandé l’envoi d’une “force auxiliaire de 60 fonctionnaires” de Frontex [Helsinki Sanomat].

Les annonces combinées de la Finlande et de Frontex ont aggravé l’ire de la Russie. Sur Telegram, le gouverneur de la région frontalière de Mourmansk a dénoncé des “actions provocatrices” de la part d’Helsinki, rapporte RFI. La Russie a par ailleurs “réagi [le jour-même] en annonçant renforcer la sécurité dans la région” [Le Figaro].

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1 commentaire

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    lopez

    Bonjour, cet article n’est plus ni moins que une propagande orchestré par cette ” union européenne ” dirigée par une poignée de VOYOUS, voulant faire a travers leurs projets malsains ( et surtout aboutissant tôt ou tard a un fiasco des plus total!!) les vrais populations des principaux pays européens sont hostiles a cette Europe là, cette Europe de corruption par le libéralisme effréné que prônent Van Der Leyen et ses complices tels le sinistre individu que est ce macron!!!!