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Migrations : la politique européenne en 3 minutes

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Malgré leurs divisions sur le sujet migratoire, les pays européens tentent de s’accorder sur des politiques communes.

Les politiques européennes de la migration et de l'asile visent à encadrer l'immigration légale et offrir une protection ont ressortissants de pays tiers qui en ont besoin - Crédits : StockFrame / iStock
Les politiques européennes de la migration et de l’asile visent à encadrer l’immigration légale et offrir une protection ont ressortissants de pays tiers qui en ont besoin - Crédits : StockFrame / iStock

Depuis les années 1980, les arrivées sur le sol des Vingt-Sept sont plus importantes que les départs : la différence entre entrées et sorties (solde migratoire) oscille généralement entre 700 000 et 1,5 million par an depuis les années 2000.

Alors que la population de l’Union européenne (447 millions d’habitants au 1er janvier 2021) a légèrement diminué pour la 2e année consécutive (-300 000 habitants en 2020), le solde migratoire s’est établi en 2020 à 827 122 personnes (il était de 1,3 million en 2019). Comme le nombre de décès dépasse depuis 2012 celui des naissances dans l’Union européenne à 27, ce sont ces migrations qui contribuent à la relative stabilité du nombre d’habitants dans l’UE.

Migrants ou réfugiés ?

La question migratoire recouvre un ensemble de réalités propices aux confusions. Aujourd’hui, le terme “migrant” est souvent employé pour désigner, de fait, les demandeurs d’asile.

En réalité, ces demandeurs d’asile cherchent à être accueillis dans un autre État que le leur pour y être protégés. Lorsque le pays d’accueil reconnaît que le demandeur a raison de craindre la persécution dans son État d’origine (du fait de son appartenance ethnique, de sa religion, de sa nationalité, de son groupe social ou de ses opinions politiques), celui-ci obtient un statut temporaire de réfugié.

Les migrants, eux, “choisissent de quitter leur pays non pas en raison d’une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d’améliorer leur vie en trouvant du travail et, dans certains cas, pour des motifs d’éducation, de regroupement familial ou pour d’autres raisons”, précisent les Nations Unies.

Début 2021, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) estime à 84 millions le nombre de réfugiés dans le monde, dont 1,47 million en l’Allemagne et 540 000 en France. Ce chiffre pourrait dépasser les 100 millions en 2022.

Circulation et citoyenneté

Les migrations au sens large recouvrent donc des phénomènes qui ne se limitent pas à l’asile. D’ailleurs, si plus de la moitié des personnes qui arrivent dans les Etats membres de l’UE proviennent de pays extérieurs (2,7 millions en 2019), de nombreuses migrations sont aussi intra-européennes. Au total, 23 millions de ressortissants de pays hors UE vivaient sur son territoire au 1er janvier 2020, tandis que 17 millions de citoyens de l’UE vivaient dans un Etat de l’Union autre que celui de leur naissance. 729 000 personnes sont également devenues citoyennes d’un des pays membres de l’UE en 2020 (+ 3 % par rapport à 2019).

Politique migratoire et d’asile

Bien que leurs effets soient étroitement liés, les politiques européennes de la migration et de l’asile poursuivent des objectifs distincts.

La première vise à encadrer l’immigration légale et, ce qui constitue aujourd’hui l’essentiel des moyens déployés, à lutter contre l’immigration clandestine. La seconde s’efforce d’offrir une protection aux ressortissants de pays tiers qui en ont besoin.

La grande variété des dispositifs mis en œuvre par l’une et l’autre nécessiterait un long développement. Mais notons parmi leurs réalisations principales :

  • la création de l’espace Schengen, qui abolit les contrôles aux frontières intérieures de ses membres. Il complète le droit à la libre circulation (déplacement, travail, installation…) des Européens.
  • la création de l’agence européenne Frontex, qui aide les États à limiter l’immigration clandestine aux frontières extérieures de l’UE.
  • la signature d’accords de réadmission pour faciliter le retour des personnes en séjour irrégulier dans leur pays d’origine ou de transit. L’un des plus emblématiques a été signé avec la Turquie en 2016. La Commission européenne entend renforcer ces accords de réadmission pour augmenter le nombre de retours dits “volontaires” vers les pays d’émigration. 
  • le principe, fixé par le règlement Dublin III, selon lequel les demandes d’asile doivent être traitées par le premier pays d’entrée dans l’UE. Dans les faits, l’Allemagne en gère une grande partie, suivie par la France, la Grèce, l’Italie et l’Espagne. Cette disposition fait partie d’un cadre plus large, le régime d’asile européen commun (RAEC), qui vise à harmoniser le droit d’asile (procédures, conditions d’accueil…). 
  • Le 9 mars 2022, les dirigeants européens ont également activé un mécanisme de “protection temporaire”, défini par une directive de 2001, afin d’accueillir les Ukrainiens fuyant l’invasion russe de leur pays depuis le 24 février.

Et maintenant ?

L’immigration et l’asile divisent profondément les pays européens, qui peinent à mettre en place des politiques communes. Et plusieurs gouvernements préfèrent agir seuls, parfois de manière répressive vis-à-vis des migrants et demandeurs d’asile extraeuropéens.

Parmi les nombreuses initiatives aujourd’hui sur la table figure l’amélioration du régime commun de l’asile. Le 23 septembre 2020, la Commission européenne a ainsi présenté le Pacte européen sur la migration et l’asile, lequel a notamment pour objectif de modifier en profondeur le système de Dublin pour soulager les États soumis à une pression migratoire trop importante. De ce pacte est née, le 19 janvier 2022, l’Agence de l’Union européenne pour l’Asile (AUEA), en remplacement du Bureau européen d’appui en matière d’asile (EASO).

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 20 000 personnes sont décédées ou ont disparu en tentant de rejoindre l’Europe par la Méditerranée entre 2014 et le 1er mars 2020. 

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