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La Turquie exprime son opposition à l’adhésion de la Suède et de la Finlande à l’Otan

Mercredi 18 mai, Helsinki et Stockholm ont déposé leur demande d’adhésion à l’Alliance atlantique, mais les deux pays auront besoin d’un vote à l’unanimité des 30 Etats membres de l’Otan pour l’intégrer. Un pays menace d’ores et déjà de bloquer ces candidatures : la Turquie de Recep Tayyip Erdoğan.

Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, en compagnie du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, lors d’une conférence de presse en 2019 - Crédits : NATO / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

La demande a été déposée mercredi. La Finlande et la Suède ont officiellement soumis leur demandes d’adhésion à l’Otan à Bruxelles, en Belgique, quittant des décennies de non-alignement militaire”, rappelle TF1. Mais “dès vendredi [13 mai], Ankara avait menacé de bloquer l’élargissement de l’Otan à ces deux pays nordiques, un processus qui requiert l’unanimité des trente membres de l’Alliance”, complète Le Monde.

Les raisons de l’opposition de la Turquie

Pour le président turc Recep Tayyip Erdoğan, la Suède et la Finlande ne sont pas moins que “des nids de terroristes”, rapporte Sud Ouest. Les deux Etats membres de l’UE constituent “des terres d’accueil, notamment pour les Kurdes issus des mouvements armés en Syrie, combattus par la Turquie, et du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), un groupe considéré comme une ‘organisation terroriste’ par la Turquie”, détaille TF1.

Pourtant, “membre de l’Otan depuis 1952, la Turquie a traditionnellement soutenu la politique de la porte ouverte de l’Alliance pour les nouveaux alliés, y compris l’expansion de 1999 et 2004 vers l’est, vers le territoire de la Russie”, souligne la BBC. Mais “mercredi 18 mai, [M. Erdoğan] a bloqué un vote de procédure sur la demande d’adhésion de la Finlande et de la Suède, lors d’une première réunion des ambassadeurs des 30 pays membres de l’Otan” rassemblés à cette occasion, rapporte La Croix.

Selon plusieurs spécialistes, “le président turc Recep Tayyip Erdoğan utilise cet épisode diplomatique pour tenter d’obtenir plusieurs concessions des pays occidentaux” [TF1]. Outre la question relative aux réfugiés du PKK, Ankara réclame “que soient levées les interdictions de vendre certaines armes à la Turquie, mesures adoptées par Stockholm et Helsinki au moment de l’intervention militaire turque contre les forces kurdes, dans le nord de la Syrie, en 2019 [et] l’extradition de plus de trente militants présumés du PKK vivant en Finlande et en Suède”, détaille Le Monde.

L’Otan veut répondre aux “inquiétudes” de la Turquie

Bien sûr, nous voulons répondre aux inquiétudes que la Turquie a exprimées”, a assuré le chef de l’Otan Jens Stoltenberg en déplacement au Danemark [Le Figaro]. “Quand un allié important comme la Turquie soulève des préoccupations de sécurité, soulève des questions, alors oui évidemment la seule façon de les régler est de s’asseoir (autour d’une table) afin de […] trouver un accord pour aller de l’avant”, a-t-il poursuivi [Le Figaro].

Le 18 mai, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Çavuşoğlu en visite aux Etats-unis a rencontré le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken. Ce dernier “s’est dit ‘très confiant’ quant à la possibilité de parvenir à un ‘consensus’ sur les objections de la Turquie, citant les ‘conversations en cours’ entre la Turquie, la Suède et la Finlande”, rapporte la BBC.

Désormais, “il est probable que la solution soit entre les mains de [Joe] Biden”, résume Sud Ouest. “Depuis longtemps, [M.] Erdoğan cherche à convaincre les Etats-Unis de lui vendre des nouveaux chasseurs F-16” mais aussi “de revenir sur l’exclusion de la Turquie du marché des F-35, un fleuron de l’industrie militaire américaine”, explique le quotidien régional. A l’issue de sa rencontre mercredi à New York avec M. Blinken, le ministre turc M. Çavuşoğlu “s’est déclaré optimiste sur l’avancement de la négociation portant sur l’acquisition de nouveaux avions de combat F-16”, rapporte La Croix.

Les deux pays candidats vont quant à eux poursuivre leurs efforts diplomatiques. “Pour dissiper le malaise, des diplomates suédois et finlandais prévoient de venir en Turquie la semaine prochaine”, indique Le Monde. Hier, “le président finlandais Sauli Niinistö a assuré être ‘prêt à discuter’ avec la Turquie de toutes ses ‘inquiétudes’, pour lever l’opposition d’Ankara à l’adhésion” de son pays et de la Suède à l’Otan [Le Figaro].

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    Eliopatchikov

    En Turquie, l’inflation s’est envolée à près de 70% (69,97%) sur un an en avril en Turquie, au plus haut depuis février 2002, selon les chiffres officiels publiés jeudi. En mars, la hausse des prix à la consommation, conséquence de l’effondrement de la livre turque et de la flambée des cours de l’énergie notamment, avait atteint 61,14% en glissement annuel. Les stratèges turques devraient aussi s’inquiéter de ça !