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Guerre en Ukraine : l’UE débloque 450 millions d’euros pour la livraison d’armes à Kiev

Dimanche 27 février, les Vingt-Sept se sont accordés pour faciliter la fourniture de matériel létal aux armées ukrainiennes. Une première dans l'histoire de l'Union.

Ursula von der Leyen a annoncé une série de mesures destinées à sanctionner la Russie
Ursula von der Leyen a également annoncé une série de mesures destinées à sanctionner la Russie - Crédits : Union européenne

Le choc de l’agression contre l’Ukraine rebat les cartes de la sécurité de l’Europe”, préviennent Les Echos. “Un accord a été trouvé pour fournir des armements à l’armée ukrainienne pour une valeur de 450 millions et des équipements de protection et du carburant pour 50 millions”, a fait savoir dimanche le haut représentant Josep Borrell, cité par le journal. Ce montant sera, comme celui des sommes engagées dans l’assistance militaire, prélevé sur la “facilité européenne de paix”, un nouvel instrument financier “doté de 5 milliards d’euros”, indique Le Monde.

Pistolets et lance-roquettes

Une aide dans le domaine de la cyberdéfense sera également apportée aux autorités de Kiev”, annonce Le Monde, qui précise qu’une réunion des ministres de la Défense de l’UE devrait aujourd’hui “concrétiser ce plan” et “déterminer le rôle de la Pologne comme base logistique pour le transfert des équipements”.

L’annonce d’achats d’armes par l’UE “fait suite à une succession de déclarations séparées tout le week-end”, indique Libération : “France, République tchèque, Roumanie, Portugal ou Grèce ont aussi annoncé leur volonté de faire parvenir des armes aux Ukrainiens pour se défendre”, selon le quotidien. La République tchèque enverra par exemple “un arsenal de 30 000 pistolets, 7 000 fusils d’assaut, 3 000 fusils-mitrailleurs et plusieurs dizaines de fusils de précision, ainsi qu’un million de cartouches”, indique Ouest-France. L’Allemagne a quant à elle “autorisé la livraison à Kiev de 1 000 lance-roquettes antichar, de 500 missiles sol-air Stinger et de 9 obusiers” [Ouest-France], ainsi que des véhicules blindés et du carburant, à l’instar de la plupart de ses alliés européens.

En outre, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dévoilé de “nouvelles mesures coercitives” vis-à-vis de la Russie, rapporte Libération. Le quotidien mentionne “la fermeture de l’espace aérien des Etats membres aux compagnies russes” ainsi que “l’interdiction de diffusion des médias publics (et de propagande) Russia Today et Spoutnik”.

Tournant historique

L’Union européenne, ce “géant économique et nain géopolitique” [Le Monde] moqué “jusque-là pour son impuissance” [Les Echos] a par sa décision décidé “de faire un saut longtemps impensable dans le domaine de la défense”, estime Le Monde. “On abuse sans doute du terme historique, mais nous avons réagi d’une manière qui a surpris les Européens et les Russes eux-mêmes”, a déclaré Josep Borrell, cité par le média. Pour l’Europe, “qui s’enorgueillit tant de cette paix qu’elle a construite, soixante-dix-sept ans après la tragédie de la Seconde Guerre mondiale” [Libération], un tabou vient d’être brisé.

Signe de l’importance de la situation, l’Allemagne effectue elle aussi “un virage à 180 degrés”, selon La Croix. Le pays va se diriger “vers une nette augmentation de ses dépenses militaires dans les années à venir, et Berlin engage dès à présent le déblocage immédiat d’une enveloppe de 100 milliards d’euros pour moderniser son armée”, soit plus que le seuil de 2 % du PIB exigé par l’Otan pour les dépenses de défense, relate RFI. “Si le monde change, notre politique aussi doit changer”, a souligné dimanche 27 février la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, citée par La Croix. Constat similaire pour la Suède, qui cultivait jusque-là une certaine neutralité. La livraison d’armes par le pays est une première “depuis 1939″, note RFI, qui met en avant un “changement de doctrine”.

Jusqu’ici, l’Union européenne se montre unie et elle fait preuve d’une grande fermeté pour sanctionner et même pour isoler la Russie. Le défi suivant pour l’UE, et il est d’ampleur, c’est l’organisation de sa défense”, analyse pour sa part France info. “Peut-être que la menace Poutine va enfin inciter l’Union européenne à se doter d’une défense commune autonome”, semble espérer le média.

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1 commentaire

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    PRUNELLE Annie

    Jusqu’ici, l’Europe était, pour mon mari et moi, une entité lointaine et abstraite.
    Pour nous, depuis ses derniers jours, Elle Existe enfin !

    Devant les décisions prises, nous admirons l’esprit d’unité qui règne au sein de l’UE.