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[Revue de presse] BCE : Haro sur l'euro fort

Et si tous les efforts de l'Europe du Sud étaient sapés par un euro trop fort ?, s'interroge Le Monde. Selon certains experts, les mois, voire les années, de sacrifices menés pour réduire le coût du travail, regagner en compétitivité et doper les exportations, au Portugal, en Grèce ou en Espagne, pourraient être sabotés par l'appréciation de la monnaie unique [Le Monde].

Mario Draghi

Les investisseurs et les dirigeants européens ont multiplié ces derniers jours les pressions en direction de Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne (BCE). L’objectif affiché est de le convaincre, alors que l’institution tient sa réunion mensuelle jeudi 7 novembre, à Francfort, de prendre des mesures pour contrer les menaces planant sur la reprise européenne, rapporte Le Monde.

Il est vrai que, depuis quelques semaines, les indicateurs de l’économie européenne inquiètent. Mardi 5 novembre, la Commission de Bruxelles a ainsi ramené ses prévisions de croissance pour 2014, à 1,1 % dans la zone euro, au lieu des 1,4 % initialement prévus. Réagissant à cette annonce, Bernard Cazeneuve, ministre délégué chargé du Budget a affirmé que Bercy “serait intraitable sur le respect de ces objectifs de dépenses pour le budget 2014” , dans une interview accordée aux Echos.

Selon le quotidien, la hausse de la monnaie unique, observée face aux autres grandes devises depuis l’été 2012, commence, en effet, à pénaliser les exportations espagnoles, italiennes et françaises. L’euro a ainsi culminé à 1,38 dollar, mardi 29 octobre, au plus haut depuis novembre 2011. Au-delà de 1,40 dollar, estiment les experts, la reprise pourrait être compromise.

En Italie, le ministre des Finances, Fabrizio Saccomanni, s’était confié dans le Financial Times, mardi 5 novembre, pour affirmer que ” l’euro est maintenant la monnaie la plus forte au monde vis-à-vis du dollar, du renminbi (autre nom du yuan chinois), de la livre ou du franc suisse” [Le Monde]

Or, comme le rappelle un gouverneur de la BCE, cité par Le Figaro, le haut niveau de l’euro “est un vrai problème qui complique la tâche de la BCE car cela nous éloigne de notre objectif d’inflation” . Plus l’euro est cher, notamment vis-à-vis du dollar, plus l’inflation est basse dans la zone euro. Elle est tombée à 0,7 %, en octobre 2013 d’après les chiffres publiés par Eurostat la semaine dernière.

Très loin de l’objectif officiel de 2 % de la BCE. “Plus on s’en éloigne [de l’objectif de 2% d’inflation] plus sa crédibilité est en jeu” , souligne Bruno Cavalier, chez Oddo Securities. En d’autres termes : tout pousse aujourd’hui Mario Draghi à agir. Reste à savoir par quel biais et surtout quand.

Certains dirigeants européens préconisent une baisse du taux directeur, de 0,5 % (son niveau actuel) à 0,25%. L’ennui est qu’une telle mesure ne fait pas l’unanimité parmi les Etats membres. Si la Grèce, l’Espagne et le Portugal s’y montrent favorables, ce n’est pas le cas de l’Allemagne. “La BCE optera donc probablement pour le statu quo, sans fermer la porte à une baisse des taux à plus ou moins court terme ” , commente René Defossez, stratégiste obligataire chez Natixis [Le Monde].

D’autres pistes sont envisagées : un prêt massif aux banques, par un nouveau LTRO (long term refinancing operation), que Mario Draghi avait accordé en décembre 2011 et février 2012 ou l’achat direct de dettes publiques des pays en difficulté.

Bref, “faire baisser l’euro” semble loin d’être gagné…


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