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[Le Récap'] Brexit, Parlement européen, déficits français et italien… les 3 infos de la semaine à retenir

Actualité 14.12.2018 François Pène

Alors que le vote de l'accord sur le Brexit par la Chambre des communes a été repoussé, Theresa May a tenté d'obtenir des concessions de la part de l'UE. Le Parlement européen réuni cette semaine s'est, entre autres, penché sur le JEFTA, sur les études sanitaires sur les pesticides, et a remis le prix Sakharov. À Rome, le dérapage budgétaire français fait grincer des dents : la Commission se défend de tout traitement de faveur.

Jean-Claude Juncker et Theresa May lors du Conseil européen des 13 et 14 décembre 2018

Jean-Claude Juncker et Theresa May lors du Conseil européen des 13 et 14 décembre 2018 - Crédits : Union européenne

Brexit : pas de vote à Westminster, mais pas de renégociation de l'accord

Les semaines de la Première ministre britannique se suivent et ne se ressemblent pas… à cela près qu'elles ont toutes leur lot de sensations fortes. Theresa May avait essuyé la semaine dernière une motion "d'outrage au Parlement", mettant un peu plus à mal son autorité et son ambition d'obtenir une majorité lors du vote sur l'accord du Brexit.

Coup de théâtre ce lundi 10 décembre : le vote, alors prévu le lendemain, est reporté sine die. Le scrutin, que chacun prédisait défavorable au texte négocié avec l'Union européenne, aurait pu acter le hard Brexit une bonne fois pour toute et entraîner la chute de Mme May. Celle-ci a donc préféré se laisser du temps pour renégocier l'accord avec les Vingt-Sept.

[Revue de presse] Brexit : le vote à Westminster est reporté, Theresa May retourne à Bruxelles

La Première ministre s'est donc lancée dans une tournée des chancelleries pour solliciter des appuis politiques : elle a ainsi été reçue par les dirigeants néerlandais, allemand et belge mardi 11 décembre. Mais les Européens, de leur côté, ont martelé toute la semaine que l'accord signé le 25 novembre était le seul possible et que seules des "clarifications" étaient envisageables.

[Revue de presse] Theresa May cherche une main tendue de l'UE

Lors du Conseil européen qui a débuté jeudi à Bruxelles, le Brexit s'est imposé à l'ordre du jour. Rejetant une quelconque renégociation susceptible de favoriser l'approbation du texte au Parlement britannique, les Vingt-Sept se sont entendus sur une déclaration soulignant le caractère temporaire du "backstop", ce "filet de sécurité" évitant le rétablissement d'une frontière "dure" entre l'Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.

Brexit : les dirigeants des Vingt-Sept excluent toute renégociation de l'accord

Brexit : l'accord de sortie en 8 points clés

JEFTA, transparence et prix Sakharov : une semaine au Parlement européen

Vote lors de la session plénière, mercredi 12 décembre 2018Vote lors de la session plénière, mercredi 12 décembre 2018 - Crédits : Fred Mauvaux / Parlement européen

Les parlementaires européens se sont réunis quatre jours à Strasbourg pour la dernière session plénière de l'année. Ils ont notamment validé l'accord UE-Japon, remis le prix Sakharov pour les droits de l'homme à l'Ukrainien Oleg Sentsov et appelé à accroître la transparence sur les biens alimentaires avant leur mise sur le marché.

[Revue de presse] JEFTA, pesticides, droits de l'homme… retour sur la semaine du Parlement européen

Mardi, les eurodéputés ont donc accordé un vote favorable à une nouvelle règlementation encadrant les études toxicologiques de mise sur le marché concernant, entre autres, OGM et pesticides. Pour plus de transparence, ces études scientifiques devront maintenant être rendues publiques dès leur réception par l'autorité alimentaire européenne (EFSA). Une mesure qui permettra à des chercheurs indépendants de les examiner, et si besoin de les contester.

L'accord UE-Japon, ou JEFTA, considéré comme le plus important accord commercial jamais signé par l'UE, a été approuvé par le Parlement européen mercredi. Négocié depuis 5 ans, ce traité de libre-échange lie les marchés européen et japonais, soit 635 millions de personnes pour un tiers du PIB de la planète. Il entrera en vigueur en février 2019.

[Vidéo] Commerce international : pour ou contre le traité UE-Japon ?

Enfin, le Parlement a remis le prix Sakharov 2018 au réalisateur ukrainien Oleg Sentsov. Ce dernier a été emprisonné dans un camp pénitentiaire russe après un procès qualifié de "stalinien" par l'ONG Amnesty international. Lors de la cérémonie, sa chaise est symboliquement restée vide, tandis que sa cousine Natalia Kaplan, s'est faite son porte-parole.

Qu'est-ce que le Prix Sakharov ?

Le Parlement européen remet le prix Sakharov à Oleg Sentsov

Déficit public : la France surveillée après les annonces d'Emmanuel Macron

Giuseppe Conte et Emmanuel Macron au Conseil européen en octobre 2018Giuseppe Conte et Emmanuel Macron au Conseil européen en octobre 2018 - Crédits : Union européenne

Les tensions entre Rome et Bruxelles semble s'être apaisées après que l'Italie a accepté, sous la menace d'une procédure pour déficit excessif, de revoir sa copie et de proposer un nouveau budget. "Les négociations […] continuent d'avancer et l'entente est proche", indique le commissaire européen à l'Économie Pierre Moscovici, même si "des efforts supplémentaires restent à fournir". La nouvelle programmation budgétaire propose une "réduction du déficit à 2,04% du PIB en 2019", là où Bruxelles voudrait 1,8%.

Mais l'Italie sera-t-elle rejointe par la France ? En effet, "les 10 milliards d’euros de mesures sociales annoncées par Emmanuel Macron lundi 10 décembre" pour répondre à la crise des gilets jaunes entraîneront une hausse considérable du déficit public. Celui-ci passerait ainsi à 3,4% du PIB, bien au-delà des 2,8% initialement annoncés et surtout supérieurs aux 3% inscrits dans les critères de Maastricht.

Les critères de Maastricht et la procédure de déficit excessif

Toutefois, et malgré les vociférations du ministre italien de l'Intérieur Matteo Salvini, qui dénonce "deux comportements différents avec Paris et Rome", la Commission européenne devrait faire preuve de souplesse vis-à-vis de Paris. Dans une interview pour Le Parisien, M. Moscovici explique comprendre la nécessité des mesures fiscales face à la crise, tout en prévenant que "cette situation sera suivie avec beaucoup d’attention ". Selon lui, dépasser la limite des 3% "peut-être envisageable de manière limitée, temporaire, exceptionnelle".

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