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Le programme Erasmus+ et la mobilité en Europe

Synthèse 01.09.2017

Faire une année d'études, un stage ou un volontariat dans un autre pays européen : encore une exception il y a 30 ans, cette étape est aujourd'hui un passage obligé pour de plus en plus de jeunes et moins jeunes désireux de diversifier leur expérience. Etudiants, apprentis, collégiens, lycéens, demandeurs d'emplois, jeunes diplômés, formateurs... chacun peut désormais partir à l'étranger pour en bénéficier à travers le programme Erasmus+ mais également d'autres dispositifs de mobilité.

Le programme Erasmus+

Le programme Erasmus+ - Crédits : Commission européenne

La mobilité en Europe

L'Espagne est la destination favorite des Européens. Elle a accueilli 39 277 étudiants sur la période 2013-2014. L'Allemagne et la France complètent le podium. L'Espagne apparaît même comme le champion Erasmus puisque c'est le pays qui a également envoyé le plus d'étudiants à l'étranger (37 235), suivi de la France, de l'Allemagne et de l'Italie. Les pays plus petits se démarquent car ils envoient le plus d'étudiants à l'étranger par rapport à leur population étudiante. Le Luxembourg, le Liechtenstein, la Lettonie, la Lituanie et à nouveau l'Espagne sont en tête dans ce domaine. De France, 36 559 étudiants sont partis en mobilité d'études Erasmus pendant l'année universitaire 2013-2014.


Historique

Le traité de Rome ne prévoyant pas de compétence commune en matière d'éducation et de formation, c'est avec le traité de Maastricht que les termes d'éducation, d'étudiants ou de formation professionnelle ont fait leur première apparition dans le vocabulaire européen. Dans les domaines de l'éducation et de la formation, la compétence est avant tout celle des Etats membres. Conformément au principe de subsidiarité, l'UE encourage la coopération et la coordination (méthode ouverte de coordination) entre Etats membres, dont elle peut compléter l'action si nécessaire.

En 2017, le programme Erasmus a fêté ses 30 ans. Depuis sa création, 5 millions de personnes ont effectué un séjour de mobilité à l'étranger par le biais de ce programme.

Le programme Erasmus repose sur une initiative communautaire. Dès 1971, les ministres de l'Education des neufs pays de la Communauté européenne s'accordent sur le principe d'une coopération dans le domaine de l'éducation. En 1976, un programme d'action définit les priorités et les étapes de cette coopération. L'objectif central est alors de parvenir à une meilleure connaissance des systèmes éducatifs en Europe et de renforcer les relations.

Puis en 1983, le Conseil des ministres de l'Education définit les principes de la coopération entre les établissements d'enseignement supérieur en Europe à partir d'une nouvelle forme de partenariat entre universités d'accueil et d'origine. Il faut attendre l'arrivée de Jacques Delors à la tête de la Commission européenne en 1985 pour donner une nouvelle impulsion au projet qui finit par voir le jour en 1987.

Depuis 2014, le programme Erasmus est intégré au programme européen Erasmus+ (2014-2020) qui regroupe aujourd'hui l'ensemble des actions de mobilité et de coopération européennes relatives à l'éducation, la formation, la jeunesse et le sport. Grâce à ce programme de mobilité, collégiens, lycéens, étudiants, apprentis, formateurs, jeunes diplômés et demandeurs d'emploi, jeunes avec ou sans diplôme, personnels éducatifs ou associatifs peuvent effectuer un séjour à l'étranger (études, stages, volontariat, etc.) pour améliorer leurs compétences et ainsi leur capacité de trouver un emploi. En France, c'est l'Agence Erasmus+ qui gère ce programme de mobilité.

Enjeux et perspectives

Tout au long de l'année 2017, le programme Erasmus+ célèbre ses 30 ans à travers de nombreux évènements en France et en Europe. Les 13 et 14 octobre se déroulent les Erasmus days.

Après des difficultés rencontrées en 2012, la situation budgétaire du programme Erasmus+ est stabilisée. Le 20 juin 2017, le Conseil de l'Union européenne a validé la version révisée du projet de budget 2014-2020 dont les montants concernent notamment le renforcement du soutien à des initiatives dans l'éducation comme Erasmus.

La France est particulièrement attachée au programme Erasmus+. Le 20 juillet 2017, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a confié au député européen Jean Arthuis la mission de développer l'Erasmus de l'apprentissage en France. La France souhaite porter à 15 000 le nombre d'apprentis mobiles d'ici à 2022. Actuellement, 6 800 apprentis bénéficient du programme de mobilité européenne Erasmus+. Jean Arthuis doit remettre ses premières conclusions le 31 décembre 2017.

Le Brexit, enfin, inquiète quant à l'avenir du programme Erasmus + pour les citoyens britanniques et pour ceux souhaitant bénéficier d'une mobilité au Royaume-Uni. L'Université de Cambridge (Royaume-Uni) a par exemple indiqué que les demandes d'inscription en provenance de l'UE pour 2017 dans le cadre du programme Erasmus avaient baissé de 14,1%, passant de 2 651 à 2 277. Pour contrer les effets du Brexit, le King’s College de Londres doit ouvrir son premier campus international à Dresde, en Allemagne.