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Erasmus+ : quelles sont les priorités de la programmation 2021-2027 ?

Budget, numérique, environnement… la programmation 2021-2027 d’Erasmus+ renouvèle les priorités du programme phare de l’Union européenne tout en gardant l’essence de ce qui a fait son succès. A l’occasion de la cinquième édition des Erasmus days, coup de projecteur sur les principales nouveautés.

L’agence Erasmus+ en France estime que 10 millions de citoyens pourraient bénéficier du programme sur la seule période 2021-2027
L’agence Erasmus+ en France estime que 10 millions de citoyens européens pourraient bénéficier du programme sur la seule période 2021-2027 - Crédits : martin-dm / iStock

Un budget en hausse

Pour la programmation 2021-2027, le budget total dont dispose le programme Erasmus+ est en forte hausse. Il est désormais doté de 26,2 milliards d’euros, soit une hausse de 80 % par rapport au budget précédent, établit en 2014 à 14,7 milliards d’euros.

70 % du budget sera consacré au soutien des projets de mobilité. Les 30 % restants seront investis dans des projets de coopération et dans la politique de développement des activités. Il doit ainsi permettre de renforcer les compétences et l’employabilité des participants et de moderniser les systèmes d’éducation et de formation présents dans l’UE.

Le fait que le budget d’Erasmus+ pour les sept prochaines années ait presque doublé montre l’importance accordée à l’éducation, à l’apprentissage tout au long de la vie et à la jeunesse en Europe”, s’est réjoui le commissaire européen chargé des Migrations et de la promotion du mode de vie européen Margarítis Schinás à l’occasion de la présentation du nouveau programme le 18 juin dernier.

Promouvoir l’inclusion et de la diversité

Aujourd’hui, le programme Erasmus+ touche encore moins de 4 % des jeunes, dont une minorité de classes sociales populaires.

La programmation 2021-2027 vise de ce fait à augmenter la participation des personnes provenant de milieux socio-économiques défavorisés. Elle prévoit également de toucher les personnes vivant en milieux ruraux et isolés ou encore les personnes en situation de handicap, tout en permettant aux petites organisations d’accéder plus facilement aux financements.

Les élèves de l’enseignement secondaire pourront partir en mobilité individuelle dès le collège. Les nouvelles accréditations facilitent l’accès au programme pour les petites structures et les publics les plus fragiles. Il sera plus facile pour les petites organisations, telles que les écoles, les associations de jeunes et les clubs sportifs, de poser leur candidature grâce à des partenariats à petite échelle et à l’utilisation de subventions simplifiées.

Ainsi les projets de partenariats simplifiés, dits small scale, octroient des bourses à des organisations pour des durées courtes (1 à 2 ans), en simplifiant les démarches administratives. Ils introduisent ainsi une coopération européenne pour des écoles de toutes tailles.

L’exemple de la mobilité menée par le collège Pierre-Auguste Renoir (45) situé dans une zone rurale éloignée illustre cette nouvelle priorité du programme. Les professeurs ont décidé de mettre en place une option langues & cultures européennes, en instaurant un partenariat Erasmus+ en lien avec ce cours. Ce dernier a permis à des personnels enseignants de se former à l’étranger, et surtout à des élèves de réaliser des échanges scolaires, durant lesquels ils ont pu parler en langue étrangère et réaliser des activités collaboratives grâce à Erasmus+.

Améliorer le volet numérique du programme

La crise du Covid 19, au cours de laquelle beaucoup de cours se sont tenus à distance, a accentué la nécessité de renforcer l’adaptation du programme Erasmus+ au numérique.

Le programme Erasmus+ prévoit ainsi de développer la mobilité hybride, c’est-à-dire un mélange de cours à distance et en présentiel. Il s’agit de la développer “en tant qu’innovation pédagogique afin qu’elle corresponde à une véritable offre complémentaire des séjours à l’étranger, à la suite du Covid”, indique la Commission européenne. De nouveaux formats voient le jour, tels que des programmes mix intensifs, qui vont permettre des mobilités de court terme à l’étranger en complément de l’apprentissage en ligne.


Par ailleurs, le déploiement et le renforcement des plateformes d’échanges numériques telles que eTwinning ou School Education Gateway font partie intégrante de cette stratégie. Ces plateformes permettent de communiquer, collaborer et développer des projets à distance pour les élèves et équipes pédagogiques.

Depuis le 21 septembre, la nouvelle application Erasmus+ permet à chaque étudiant de disposer d’une carte d’étudiant européenne numérique, valable dans toute l’Union européenne. Grâce l’application Erasmus+ disponible dans toutes les langues de l’UE, les étudiants peuvent rechercher et sélectionner leur destination parmi les partenaires de leur université, signer leur contrat pédagogique en ligne ou encore se mettre en contact avec d’autres étudiants.

Inclure le programme au sein du Pacte vert européen

Dans la lignée du Pacte vert européen, la nouvelle programmation a comme objectif de sensibiliser ses bénéficiaires aux questions environnementales.

Soutenant les modes de transports respectueux de l’environnement, Erasmus+ prévoit par exemple la prise en charge des frais supplémentaires liés à l’utilisation de modes de déplacement peu émetteurs de gaz à effet de serre.

Par ailleurs, le programme Erasmus+ privilégie désormais les candidatures qui répondent aux enjeux environnementaux, en leur accordant des points supplémentaires, ainsi que celles qui forment les jeunes générations aux métiers du développement durable ou contribuent à sensibiliser les citoyens à la transition écologique.

Les écoles, les établissements du supérieur et les universités jouent en effet un rôle essentiel dans la sensibilisation et l’éducation au développement durable des élèves, des parents et de leurs environnements au sens large pour accompagner les changements nécessaires. 

Développer la participation à la vie démocratique européenne

En lien avec la volonté de la Commission européenne de porter un nouvel élan pour la démocratie européenne, le programme Erasmus+ s’adapte en promouvant la participation à la vie démocratique des participants.

Erasmus+ soutient désormais des initiatives locales, transnationales, portées par des jeunes, ou des organisations de jeunesse, pour favoriser leur engagement dans la société civile. Le dispositif DiscoverEU fait désormais partie intégrante d’Erasmus+ et donne aux jeunes de 18 ans la possibilité de voyager en train dans toute l’Europe. La Commission européenne lance ainsi jusqu’au 26 octobre un nouvel appel à candidatures pour gagner des titres de transport DiscoverEU. Cette année, tous les jeunes de 18 à 20 ans dans l’Union européenne peuvent présenter leur candidature et avoir peut-être l’occasion de découvrir l’Europe entre mars 2022 et février 2023.

Favoriser les projets de coopération transnationaux

Le nouveau programme Erasmus+ entend moderniser les systèmes éducatifs, et accroître les partenariats internationaux du programme.

Il soutien notamment la création de “centres d’excellence professionnelle”, des établissements d’enseignement et de formation professionnels promouvant l’innovation dans ce domaine.

La nouvelle programmation promeut également la coopération entre les universités européennes des Etats membres, pour créer de véritables “réseaux d’universités européennes”. Erasmus+ finance ainsi 41 alliances Universités européennes, qui comptent 294 établissements d’enseignement supérieur issus de 32 pays.

Enfin, les masters conjoints Erasmus Mundus sont davantage mis en avant, pour permettre d’augmenter la participation des établissements d’enseignement supérieur des pays partenaires et d’accroître les possibilités de mobilité pour les étudiants à travers l’Europe.

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