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Galileo

Synthèse 14.03.2018

Les Etats-Unis dominent actuellement la radionavigation par satellite grâce au système GPS. De son côté, l'Union européenne a reconnu l'importance stratégique majeure que revêtait la création de son propre système, et mis en place un programme spécifique, Galileo. Opérationnel depuis 2016, il devrait atteindre sa pleine capacité en 2020.

Satellite en orbite

Satellite en orbite - Crédits : Gouvernement américain

L'importance de la radionavigation par satellite

La radionavigation par satellite permet de déterminer à tout moment et avec précision la position d'une personne. Cette technologie de pointe fonctionne au moyen de récepteurs pouvant recevoir les signaux émis depuis différents satellites. Elle est utilisée dans un grand nombre de secteurs économiques, tels que l'automobile, la téléphonie mobile, la sécurité civile ou le secteur bancaire. 

Un projet initié par l'Union européenne

Le 10 février 1999, la Commission européenne a rendu public le projet Galileo. Ce système, développé en collaboration avec l'Agence spatiale européenne (ESA) (accord du 26 mai 2003), a pour objectif de mettre en orbite, en 2020, 30 satellites qui couvriront la totalité du globe, avec un réseau de stations de contrôle au sol.

Contrairement aux systèmes américain GPS et russe GLONASS, financés et contrôlés par des autorités militaires, Galileo a été conçu pour un usage civil uniquement, notamment dans les :

  • transports (contrôle du trafic aérien, des réseaux routiers et ferroviaires, suivi des marchandises….) ;
  • services sociaux (par exemple l'aide aux handicapés ou aux personnes âgées) ;
  • services douaniers et justice (localisation des suspects, contrôles aux frontières) ;
  • travaux publics (systèmes d'information géographique) ;
  • systèmes de recherche et de sauvetage.

Une précision supérieure au GPS

Galileo permet à l'Union européenne de disposer d'un système plus précis, fiable et sécurisé que le GPS qui, selon l'Agence spatiale européenne, offre des performances en demi-teinte (manque de précision, couverture aléatoire des régions situées à de hautes latitudes, ruptures de signal…).

Trois à cinq fois plus précis, il est capable de localiser un objet partout sur terre à 1 mètre près, et il vise une précision de 30 cm lorsque les 30 satellites seront tous déployés. Des performances que n'atteignent pas toutefois les services gratuits destinés au grand public.

Galileo est également capable de dater les événements au milliardième de seconde, rendant un appel de détresse visible en temps réel de n'importe où sur le globe.

Afin que les utilisateurs puissent recevoir des signaux GPS et Galileo sur un même récepteur, des standards communs aux deux systèmes ont été établis. Après s'être opposés au projet européen, les Etats-Unis ont accepté de signer, le 26 juin 2004, un accord avec l'Union européenne garantissant la compatibilité entre Galileo et GPS.

Un avantage stratégique

Galileo doit permettre à l'Union européenne d'acquérir une indépendance technologique par rapport aux Etats-Unis, comme elle a pu le faire dans le domaine de l'aviation (Airbus) et le secteur aérospatial (Ariane). En outre, il représente un enjeu économique majeur pour l'UE.

A ce jour, une quarantaine de téléphones portables parmi les plus répandus utilisent Galileo. Le système contribue également à diverses applications, notamment et le service recherche et sauvetage pour les bateaux et avions en détresse. Enfin, il promet d'accompagner les véhicules autonomes et les objets connectés.

Selon le Centre national d’études spatiales, près de 100 millions de personnes dans le monde utilisent aujourd'hui Galileo.

Un système pleinement opérationnel en 2020 ?

Initié au début des années 2000 et opérationnel depuis la fin 2016, Galileo devrait atteindre le maximum de ses capacités en 2020.

Le programme a été divisé en quatre temps :

  • une phase de définition (1999-2001) a permis d'élaborer l'architecture du système et de fixer les services offerts ;
  • une phase de développement des satellites et des équipements terrestres du système et de validation en orbite (2002-2005) ;
  • une phase de déploiement avec la construction et le lancement des satellites ainsi que la mise en place complète de la partie terrestre de l'infrastructure ;
  • une phase d’exploitation (2013-2020) comprenant la gestion du système ainsi que son entretien et son perfectionnement constant.

D'ici 2020, les premiers signaux Galileo sont utilisés en combinaison avec d'autres systèmes de navigation par satellite, tels que le GPS. Comme l'explique la Commission européenne dans ce communiqué, cela signifie que les signaux sont précis mais non utilisables à tout moment.

Un projet retardé

Depuis 2005, le projet Galileo a coûté 10 milliards d'euros.

Le projet Galileo a accumulé un grand retard, l'exploitation commerciale étant à l'origine prévue pour 2008. D'après la Cour des comptes européenne, celui-ci serait dû à la fois à un échec des structures de gouvernance, mais aussi à un financement inadéquat, notamment en ce qui concerne la participation du secteur privé.

Aussi, en novembre 2007, l'idée d'un partenariat public-privé pour le financement de Galileo a été abandonnée. Il a été décidé de lui substituer un financement intégral par le budget européen.

Un accord a été trouvé en avril 2008 entre le Conseil et le Parlement européen sur le financement du projet, permettant d'acter que les 2,4 milliards d'euros nécessaires jusqu'en 2013 soient puisés dans le budget européen. L'accord a été entériné par le Parlement européen.

Deux contrats industriels ayant été signés le 22 juin 2011, les premiers satellites Galileo ont été lancés en octobre 2011, depuis le vaisseau spatial russe Soyouz, suivis de deux autres en octobre 2012.

Pendant deux ans, la mise en orbite des satellites, chaque fois par paquet de deux, s'est poursuivie sans difficultés. Seulement en 2014, les satellites numérotés 5 et 6 de la constellation Galileo ont été propulsés sur le mauvais orbite. Selon l'Agence spatiale européenne, il s'agissait d'un problème de qualité sur un composant technique des horloges au rubidium, qui peut provoquer un court-circuit. Une erreur corrigée un an plus tard après la réassignation des deux appareils.

Le 22 juin 2017, la Commission européenne a signé un nouveau contrat, d'un montant de 300 millions d'euros, avec la société OHB-system portant sur la fourniture de huit nouveaux satellites. Ces derniers finiront de compléter l'ensemble de la constellation Galileo. Le lancement de quatre nouveaux satellites a eu lieu le 12 décembre 2017 depuis une fusée Ariane 5, pour atteindre 22 satellites en orbite sur les 30 initialement prévus.

Toutefois, l'Agence spatiale européenne indique que le prochain lancement, prévu pour la mi-2018, "permettra d’achever la constellation Galileo qui comportera en tout 24 satellites et deux unités de secours".

Quelle structure ?

L’Agence du système de positionnement par satellites européen (GSA) assure, depuis juillet dernier, la supervision du fonctionnement de Galileo. Elle en assure également la promotion, la sécurité, l’exploitation et la fourniture des services correspondants.

Le programme Galileo appartient à l’Union européenne, qui le finance. La Commission européenne, en sa qualité de responsable de l’ensemble du programme, assure la gestion et la supervision de la mise en œuvre de toutes les activités afférentes.

Le déploiement de Galileo, la conception et le développement de systèmes de nouvelle génération ainsi que le développement technique de l’infrastructure sont confiés à l’Agence spatiale européenne (ESA). Les phases de définition, de développement et de validation en orbite (IOV) du programme Galileo ont été conduites par l’ESA et financées conjointement par l’ESA et la Commission européenne.