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Galileo

Synthèse 20.03.2014

Les Etats-Unis détiennent actuellement le monopole mondial de la radionavigation par satellite grâce au système GPS. La Russie dispose également de son système GLONASS, actif depuis 2008, et la Chine et l'Inde développent elles aussi leurs propres outils.

 

Aussi, les chefs d'Etat et de gouvernement européens ont-ils reconnu l'importance stratégique majeure que revêtait la création d'un système de navigation par satellite propre à l'Europe. Un programme spécifique, Galileo, a ainsi été mis en place.

L'importance de la radionavigation par satellite

La radionavigation par satellite permet de déterminer à tout moment et avec précision la position d'une personne. Cette technologie de pointe fonctionne au moyen de récepteurs pouvant recevoir les signaux émis depuis différents satellites. Elle est utilisée dans un grand nombre de secteurs économiques, tels que l'automobile, la téléphonie mobile, la sécurité civile ou le secteur bancaire. Le marché mondial des produits et services liés à la radionavigation par satellite devrait avoisiner les 300 milliards d’euros d’ici 2020, avec plus de 3 milliards de récepteurs en fonction.

Un projet initié par l'Union européenne

Le 10 février 1999, la Commission européenne a rendu public le projet Galileo. Ce système, développé en collaboration avec l'Agence spatiale européenne (ESA) (accord du 26 mai 2003), est basé sur une constellation de 30 satellites qui couvriront la totalité du globe, avec un réseau de stations de contrôle au sol.

Contrairement aux systèmes américain et russe, financés et contrôlés par des autorités militaires, le système de radionavigation Galileo a été conçu pour un usage civil uniquement, notamment dans les :

  • transports (contrôle du trafic aérien, des réseaux routiers et ferroviaires, suivi des marchandises….) ;
  • services sociaux (par exemple l'aide aux handicapés ou aux personnes âgées) ;
  • services douaniers et justice (localisation des suspects, contrôles aux frontières) ;
  • travaux publics (systèmes d'information géographique) ;
  • systèmes de recherche et de sauvetage.

Sur ce dernier point, Galileo serait le seul système permettant d'envoyer une réponse à la personne qui aurait émis un signal de détresse.

Un avantage stratégique pour l’Union européenne

Galileo devrait permettre à l'Union européenne de disposer d'un système plus précis, fiable et sécurisé que le GPS, qui jusqu'à récemment offrait des performances en demi teinte (manque de précision, couverture aléatoire des régions situées à de hautes latitudes, ruptures de signal…).

Afin que les utilisateurs puissent recevoir des signaux GPS et Galileo sur un même récepteur, des standards communs aux deux systèmes ont été établis. Après s'être opposés au projet européen, les Etats-Unis ont en effet accepté de signer, le 26 juin 2004, un accord avec l'Union européenne garantissant la compatibilité entre Galileo et GPS.

En outre, Galileo permettra à l'Union européenne d'acquérir une indépendance technologique par rapport aux Etats-Unis, comme elle a pu le faire dans le domaine de l'aviation (Airbus) et le secteur aérospatial (Ariane), donc de disposer d'une plus grande influence et d'attractivité sur la scène internationale. Des accords de coopération ont d’ailleurs été signés avec différents pays, comme la Chine (octobre 2003), Israël (juillet 2004) ou avec la Russie (10 mars 2006). Entre temps, la Chine a quitté le projet pour développer son propre système de navigation (Beidou/Compass).

Le développement de ce nouveau système représente un enjeu économique majeur pour l'UE, notamment pour le développement de l'industrie des transports, de la technologie et de la politique environnementale, ainsi que pour la réalisation des objectifs de la stratégie Europe 2020. Les marchés associés à la radionavigation par satellite connaissent une croissance annuelle de 25 %. Les industries de hautes technologies européennes bénéficieront pleinement du développement ce programme qui pourrait générer, à terme, plus de 100 000 emplois.

Un système pleinement opérationnel en 2020 ?

Le programme est divisé en quatre temps :

  • une phase de définition (1999-2001) a permis de d'élaborer l'architecture du système et de fixer les services offerts ;
  • une phase de développement des satellites et des équipements terrestres du système et de validation en orbite (2002-2005) ;
  • une phase de déploiement avec la construction et le lancement des satellites ainsi que la mise en place complète de la partie terrestre de l'infrastructure ;
  • une phase d’exploitation (2013-2020) et comprenant la gestion du système ainsi que son entretien et son perfectionnement constant.

Le projet Galileo a accumulé un grand retard qui, d'après la Cour des comptes européenne, serait dû à la fois à un échec des structures de gouvernance, mais aussi à un financement inadéquat, notamment en ce qui concerne la participation du secteur privé.

Aussi, en novembre 2007, l'idée d'un partenariat public-privé pour le financement de Galileo a été abandonnée. Il a été décidé de lui substituer un financement intégral par le budget européen.

Un accord a été trouvé en avril 2008 entre le Conseil et le Parlement européen sur le financement du projet, permettant d'acter que les 2,4 milliards d'euros nécessaires d'ici 2013 seront puisés dans le budget européen. L'accord a été entériné par le Parlement européen.

Les deux derniers contrats industriels ayant été signés le 22 juin 2011, les premiers satellites Galileo ont été lancés en octobre 2011, suivis de deux autres en octobre 2012.

Quel statut pour GALILEO ?

Un établissement public commun créé par l'Union européenne et l'Agence spatiale européenne, nommée "Galileo Joint Undertaking" (GJU, "Entreprise commune Galileo"), a été chargé du développement de Galileo et de la préparation du contrat de concession pour le déploiement et l'exploitation du système.

La construction et l'exploitation du système ont été confiées à un concessionnaire privé pendant 20 ans qui sera chargé d'exploiter Galileo sous le contrôle de l'Autorité de Surveillance. Ce concessionnaire est un consortium composé de sociétés AENA, Alcatel, EADS, Finmeccanica, Hispasat, Inmarsat , Teleop et Thalès.

Créée en 2004, l'Autorité de surveillance de Galileo est une agence communautaire chargée de la gestion et du contrôle de l'utilisation des fonds européens affectés au programme. L'autorité de surveillance est notamment chargée de conclure et de gérer le contrat de concession de Galileo.

Mais en avril 2008, le Conseil, le Parlement européen et la Commission européenne décident de créer une nouvelle structure : le panel interinstitutionnel de Galileo (Galileo Inter-Institutional Panel – GIP). Il est constitué de trois représentants du Conseil et du Parlement et d'un représentant de la Commission. Le panel se réunit quatre fois par an pour décider du programme annuel de Galileo, des relations internationales, de la gouvernance et de l’attribution des contrats. Il suit également la progression de la mise en œuvre générale du projet.

La Commission européenne a retenu l'offre franco-britannique d'installation de deux centres de sécurité : Saint-Germain-en-Laye pour le centre principal et Swanwick (Royaume-Uni) pour le centre redondant. Ils gèrent les accès au service gouvernemental PRS, surveillent la sécurité de Galileo et peuvent intervenir dans l'exploitation du système selon les règles de la politique étrangère et de sécurité commune de l'Union européenne.