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Les élargissements (3 minutes pour comprendre l'Europe - n°9)

Synthèse 16.09.2019 Jules Lastennet

Vous n'êtes pas spécialiste des questions européennes ? Toute l'Europe vous explique l'essentiel en 30 épisodes de 3 minutes ! Institutions, espace Schengen, Brexit... redécouvrez "l'UE" simplement. Neuvième épisode de la série : "les élargissements".

Après la Croatie en 2013, d'autres pays des Balkans pourraient rejoindre l'UE à partir de 2025 - Crédits : Omersukrugoksu / iStock

Après la Croatie en 2013, d'autres pays des Balkans pourraient rejoindre l'UE à partir de 2025 - Crédits : Omersukrugoksu / iStock

L'Union européenne a connu 7 vagues d'élargissements. Le nombre d'Etats membres est progressivement passé de 6 à 28. D'autres adhésions pourraient avoir lieu au cours des années à venir. Mais avant, pour la première fois de l'histoire de l'UE, un pays – le Royaume-Uni – pourrait quitter l'édifice.

L'économie et la démocratie

Ils étaient 6 en 1957 à se lancer dans l'aventure européenne : l'Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas. Leur objectif : éviter un retour de la guerre et créer un marché commun afin de renforcer leurs économies.

Leur initiative a fait des émules. En 1973, 3 pays les rejoignent : le Danemark, l'Irlande et le Royaume-Uni, séduits par le succès économique des premières années de la construction européenne.

En 1981 et 1986, s'ajoutent 3 pays méditerranéens. La Grèce d'abord, puis l'Espagne et le Portugal. Des nations qui viennent alors de rompre avec la dictature et qui pourront s'appuyer sur l'Europe pour enraciner la démocratie.

En 1995, c'est au tour de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède de rallier l'Union européenne. Au cours de la Guerre froide, ces pays avaient tenu à conserver leur neutralité politique. L'URSS tombée, cette stratégie de prudence n'est plus nécessaire.

L'élargissement suivant, en 2004, sera d'une autre ampleur. 10 pays rejoignent en même temps l'UE, la plupart issus de l'ancien bloc soviétique (Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie, mais aussi Chypre et Malte). La logique est à nouveau de permettre l'enracinement des valeurs démocratiques. Mais cette fois au prix d'une augmentation importante des disparités économiques entre les Etats membres.

En 2007 et 2013, 3 autres nations d'Europe orientale viennent compléter l'Union telle que nous la connaissons aujourd'hui : la Bulgarie et la Roumanie d'abord, puis la Croatie.

Carte de l'Union européenne et de ses élargissements successifs, de 6 à 28 Etats membres

Avant un agrandissement, le Brexit

Au cours de la décennie à venir, de nouveaux élargissements sont possibles. Ils devraient notamment concerner les pays de l'ex-Yougoslavie n'ayant pas encore rejoint l'UE. Les candidatures les plus avancées sont celles du Monténégro et de la Serbie, qui pourraient entrer dans l'UE à l'horizon 2025. La Macédoine du nord et l'Albanie sont également des candidates officielles, tandis que la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo ont été assurés de pouvoir adhérer à l'Union européenne lorsqu'ils seraient reconnus prêts.

Quant à la Turquie, candidate officielle depuis 1999, les négociations d'adhésion sont au point mort. En effet, le régime autoritaire de Recep Tayyip Erdogan, à la manœuvre depuis 2003 (Premier ministre puis président de la République), ne cesse de s'éloigner de l'Etat de droit.

Pour se porter candidat, un pays doit être "européen" (sans plus de précision géographique), être une démocratie et adhérer aux valeurs de l'Union européenne. Des conditions politiques et économiques doivent ensuite être remplies pour intégrer l'UE. Comme celle d'être une économie de marché à même de supporter la concurrence des autres Etats membres.

Les négociations d'adhésion à l'UE nécessitent en général plusieurs années. Ainsi, avant qu'un nouvel élargissement soit validé, l'Union européenne devrait d'abord connaître un départ, celui du Royaume-Uni. Conséquence du référendum organisé en 2016, le Brexit pourrait être effectif le 31 octobre 2019. Les conditions du divorce, extrêmement complexe, sont actuellement discutées entre les Européens et les Britanniques.

L'Islande, la Norvège et la Suisse ont également envisagé de rejoindre l'UE. Ces pays auraient facilement rempli l'ensemble des conditions mais, faute de soutien populaire, ils ont renoncé à aller au bout du processus d'adhésion.