Commission Juncker 2014-2019
Lituanie

Lituanie

Capitale : Vilnius
Population : 2,94 millions - (Eurostat - 2014)
Superficie : 65 300 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 2004-05-01
Taux de croissance du PIB : 3,3 % - (Eurostat - 2013)
Taux de chômage : 11,8 % - (Eurostat - 2013)
Dette publique : 39,4 % - (Eurostat - 2013)
Inflation : 0,3 % - (Eurostat - 2014)
Monnaie : Litas
Découpage administratif : 10 comtés, 60 communes
Hymne national : Tautiška giesmė
Indicatif téléphonique : 370
Code ISO : LT
Système politique : Démocratie parlementaire
Espérance de vie : 74,1 ans - (Eurostat - 2012)
drapeau Lituanie

Politique

En octobre 1992, la Lituanie (Lietuva) a adopté par référendum une constitution qui instaure une démocratie parlementaire. Celle-ci comprend un parlement de 141 membres, le Seimas, élu à un scrutin mixte (mélangeant pour moitié proportionnelle et pour moitié système majoritaire à deux tours), devant lequel est responsable le gouvernement, et un Président de la République élu au suffrage universel, doté de pouvoirs limités, mais qui peut, sous des conditions précises, dissoudre le Parlement.

Partis de gauche et conservateurs se sont succédé au pouvoir, les premiers gouvernant de 1992 à 1996 et les seconds de 1996 à 2001. Les partis de gauche ont de nouveau gouverné de 2001 à 2004. L’élection présidentielle anticipée de juin 2004 (suite à la destitution de M. Rolandas Paksas) a de nouveau porté M. Valdas Adamkus à la tête de l’Etat. Le gouvernement formé en juillet 2006 a été mené par Gediminas Kirkilas. Puis, le 27 novembre 2008 le parlement lituanien a désigné Andrius Kubilius comme premier ministre. Il est entré en fonction le 9 décembre 2008, à la tête d'une coalition de centre-droit. Depuis le 22 novembre 2012, Algirdas Butkevicius (parti social-démocrate) assure cette fonction.

Le 17 mai 2009, pour la première fois dans l'histoire du pays, c'est une femme, Dalia Grybauskaite, qui a remporté l'élection présidentielle avec 68,2%. Agée de 53 ans, elle était commissaire européenne au Budget. Elle a été réélue lors des élections présidentielles de mai 2014 avec 59,05% des suffrages.

Le pays et l'UE

La Lituanie a déposé sa candidature en décembre 1995. L’avis rendu par la Commission européenne en 1997 se prononça favorablement et souligna que les critères politiques d’adhésion étaient d’ores et déjà satisfaits, dans la mesure où des réformes importantes en matière de lutte contre la corruption avaient été adoptées. Le succès de la transition vers l’économie de marché lui a permis d’aborder dans une situation favorable la pression concurrentielle de l’entrée sur le marché unique.

Le référendum des 10 et 11 mars 2003 a donné près de 90% de suffrages favorables à l’adhésion. Le pays a rejoint l’UE le 1er mai 2004. Vilnius a été l'une des Capitales européennes de la culture pour l'année 2009. Le pays a assumé pour la première fois la présidence de l’UE lors du second semestre 2013, marquée par le 3e sommet du partenariat oriental à Vilnius les 28-29 novembre 2013.

La Lituanie est représentée par 11 députés au Parlement européen et dispose de 7 voix au Conseil de l'Union. Le pays rejoindra la zone euro le 1er janvier 2015.

Géographie

Avec 65 000 km2 et 3,4 millions d’habitants, la Lituanie est tout à la fois le plus grand, le plus peuplé et le plus méridional des trois Etats baltes. Ce pays plat au climat frais et humide partage des frontières avec, du Nord au Sud, la Lettonie, la Biélorussie, la Pologne et le cas particulier de la Russie, avec l’enclave de Kaliningrad, qui a été un enjeu sécuritaire et commercial majeur lors de l’élargissement oriental de l’Europe communautaire en 2004. La forte homogénéité ethnique de la population est un facteur de stabilité importante.

La population du pays se compose de 83, 5 % de Lituaniens, tandis que les minorités nationales recensées ne représentent que 16, 5 % de la population totale. Les principales minorités sont celles des Polonais (6, 7 %), des Russes (6, 3 %), des Biélorusses (1, 2 %), des Ukrainiens (0, 7 %), auxquels il faut ajouter quelques Lettons, Allemands et Tatares (recensement 2001).

Une centaine de kilomètres de côtes sur la Baltique offrent un débouché assez restreint à la navigation, en particulier avec les longues dunes de Courlande et sa lagune, à l’embouchure du Niémen. A l’image de ses voisins baltes, le pays s’est montré soucieux de préserver ses riches écosystèmes et il compte trente parcs nationaux.

Economie

Disposant de ressources naturelles limitées, le pays a su mettre à profit sa position géographique, et a établi de bonnes relations d’échanges et de complémentarité aussi bien avec la Russie qu’avec l’Allemagne. Les ressources traditionnelles du lin et de l’ambre, qui ont fait la célébrité du pays aux siècles passés cèdent désormais la place à une stratégie de développement ambitieuse et pleinement intégrée à la perspective européenne. 

La transition vers l’économie de marché a modifié radicalement le paysage industriel, financier et commercial lituanien en assurant en l’espace d’une décennie la privatisation massive de près de 90% de l’activité économique. Ces réformes structurelles sont parvenues à faire émerger des secteurs dynamiques, en particulier dans le domaine des nouvelles technologies. La communication connaît depuis plusieurs années un développement rapide et constant.

Après avoir subi de plein fouet les conséquences de la crise russe de 1999, la situation économique et financière a connu un rattrapage puissant, qu’explique avant tout le dynamisme de ses exportations en direction de ses partenaires européens. L'économie du pays a connu une forte croissance pendant les années 2000 (près de 10 % par an). Néanmoins, les importations massives restent un facteur de déséquilibre de la balance commerciale.

Le pays a également été fortement touché par la crise de 2008, son PIB ayant chuté de 14,7% en 2009. Le plan de rigueur adopté par la Lituanie est l'un des plus sévères des pays de l'Union européenne (réduction des dépenses publiques de 30%, réduction de 11% des pensions de retraite, augmentation des taxes sur toute une série de biens...). Il a cependant permis au pays de renouer avec la croissance en 2010 (+1,3 %), cette dernière ayant été portée également par les secteurs industriel et énergétique, ainsi que par le transport et les télécommunications.

L'accomplissement de la cohésion territoriale était l'un des objectifs de la période 2007-2013 afin de réduire les disparités régionales et socio-économiques entre les différentes régions du pays. Les actions du fonds structurel ont contribué ainsi à réduire ces disparités existantes et à dynamiser certaines régions encore touchées par des inégalités socio-économiques.

Le pays assiste à une légère baisse du chômage depuis quelques années : 15,4% en 2011, 13,4% en 2012 et 11,8% en 2013.

Histoire

Le Grand Duché et l'union avec la Pologne

  • 1251 : la Lituanie est unifiée et érigée en Grand Duché sous l’autorité de Mindaugas. La conversion au catholicisme se heurte à l’hostilité de ses sujets et ne s’impose pas durablement.
  • 1386 : l’Union personnelle du Grand Duché de Lituanie et du royaume de Pologne dans les mains de la dynastie des Jagellons coïncide avec sa conversion définitive et tardive au christianisme catholique.
  • 1569 : l’association se transforme en incorporation définitive de l’Etat balte à la monarchie polonaise avec l’Union de Lublin.

La Lituanie tombe dans le giron russe puis gagne l'indépendance 

  • 1772-1795 : les dépeçages successifs de la Pologne par les puissances d’Europe centrale, Russie, Prusse et Autriche-Hongrie aboutit à l’annexion progressive de la Lituanie par la Russie tsariste.
  • 1864 : au lendemain de la révolte du pays, la langue lituanienne est interdite par les autorités russes, sans parvenir à freiner l’émergence d’une élite nationale moderne, tournée vers l’Europe occidentale.
  • 1918 : l’indépendance, favorisée par l’occupant allemand et par la fragilité de la Russie soviétique au lendemain de la Révolution de 1917, est déclarée et reconnue, mais Vilnius revient à la Pologne, créant une situation de tensions et de conflits militaires récurrents.
  • 1926 : la jeune République est soumise au gouvernement autoritaire de Voldemaras puis Smetona.

 Après le glacis soviétique, la Lituanie est la première à se libérer

  • 1940 : conformément à l’accord conclu avec l’Allemagne en marge du pacte germano-soviétique, l’URSS envahit et annexe la Lituanie, soumise à la dictature stalinienne.
  • 1990 : la Lituanie est le premier des pays d’Europe de l’Est à se détacher effectivement de l’emprise soviétique, malgré l’opposition de la Russie. Les troupes russes quittent définitivement le pays en 1993, deux ans après la reconnaissance internationale du nouvel Etat.
  • 2004 : la Lituanie entre dans l’Union Européenne et l'Alliance Atlantique.

Hymne et drapeau

Lors de sa création, le choix des couleurs du drapeau lituanien s’est porté sur le jaune qui symbolise le soleil, la lumière et la prospérité, le vert figurant la beauté de la nature, la liberté et l’espoir, et enfin le rouge qui rappelle la terre, le courage et le sang versé pour la patrie. Bien évidement, le jaune du soleil est placé en haut du drapeau.

Si la fête nationale lituanienne du 16 février commémore la date de la déclaration de l’indépendance du pays en 1918, le " jour du drapeau" rappelle chaque 1er janvier le moment où, en 1919, cet emblème fut hissé pour la première fois sur une tour de Vilnius.

L'hymne de la Lituanie a été composé en 1898 et adopté en 1992. Son auteur, Vincas Kudirca, est un médecin, écrivain, et polémiste, leaders de l’éveil national lituanien. Ses nombreux articles, en particulier dans le journal clandestin "La Cloche", appellent ses compatriotes à résister à la russification et ne pas céder à la tentation de l’exil. Il écrit en 1898 les paroles et la musique de ce chant, qui sera interprété en public en 1905.

Voir l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

Culture

"La route du baroque"

Les riches traditions architecturales et culturelles dont dispose la Lituanie se sont traduites par le classement de la vieille ville de la capitale, Vilnius, au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994. L'héritage culturel et historique du Grand Duché de Lituanie a laissé des traces jusqu'à aujourd'hui.

"La route du baroque" est un parcours architectural soutenu depuis 1996 par l’Union européenne. Il a pour but de mettre en valeur les constructions ecclésiastiques et profanes des XVIIème et XVIIIe siècles, au cours de la période polonaise et de la catholicisation accélérée de la Lituanie.

Oscar Vladislas de Lubicz Milosz (1877-1939)

Ce poète de langue française, qui a également été ambassadeur de Lituanie en France durant l’entre-deux-guerres et à qui son maniement impeccable du français valut l’admiration de Paul Valéry, témoigne des relations culturelles entre la France et la Lituanie, parmi lesquelles ont peut évoquer aussi Romain Gary, natif de Vilnius. Comme dans de nombreux autres pays de l'ancien bloc soviétique, la vie culturelle de la Lituanie au XXe siècle a été marquée par l'exil d’une partie de ses intellectuels, expériences qui ont marqué la création artistique lituanienne et enrichi en retour la tradition notamment littéraire du pays de nombreuses influences étrangères. Son neveu, Czeslaw Milosz, né en Lituanie en 1911, a vécu en France dans les années 1950 et a obtenu le prix Nobel de Littérature en 1980.

Mikalojus Konstantinas Ciurlionis (1875-1911)

Peintre et compositeur hors normes, il incarne le renouveau de la culture lituanienne au tournant du XXe siècle. Son œuvre le relie au courant symboliste européen de la fin du XIXe siècle, même si elle s’inscrit également dans la filiation romantique et le rattache également aux milieux artistiques moscovites.

Emmanuel Levinas (1906-1995)

Le philosophe, dont on célèbre en 2006 le centenaire de la naissance, est né à Kaunas.