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Autriche

Autriche

Capitale : Vienne
Population : 8,70 millions - (Eurostat - 2016)
Superficie : 83 879 km² - (Eurostat - 2013)
Date d'adhésion : 1995-01-01
Taux de croissance du PIB : 1 % - (Eurostat - 2015)
Taux de chômage : 5.7 % - (Eurostat - 2015)
Dette publique : 86.2 % (Eurostat - 2015)
Déficit public en % du PIB : -1.2 % - (Eurostat - 2015)
Inflation : 0.8 % - (Eurostat - 2015)
Monnaie : Euro
Découpage administratif : 9 Länder, 99 autorités administratives de districts, 2359 communes dont 14 villes à statut spécial
Hymne national : Land der Berge, Land am Strome (Pays des montagnes, pays sur le fleuve)
Indicatif téléphonique : 43
Code ISO : AT
Système politique : République fédérale
Espérance de vie : 81,7 ans - (Eurostat - 2014)
drapeau Autriche

Politique

L’Autriche est une république fédérale de type parlementaire constituée de 9 provinces fédérées, régie par la Constitution de 1920, rétablie en 1945.

A partir de janvier 2007, à la suite du "mariage de raison" entre les les sociaux-démocrates (SPÖ) et conservateurs (ÖVP), Alfred Gusenbauer a assumé la Chancellerie fédérale. Les sociaux-démocrates ont laissé en échange les grands ministères aux conservateurs.

Les législatives de 2008 ont confirmé ce rapport de force, et l'alliance gauche-droite a perduré avec cette fois Werner Faymann (SPÖ) à sa tête. Lors des élections législatives le 29 septembre 2013, la "grande coalition" du chancelier a été reconduite pour un deuxième mandat mais le SPÖ et son allié conservateur ÖVP ont enregistré leur plus mauvais score historique. Avec 22,4 % des voix, le parti d'extrême droite FPÖ a gagné quatre points (17,54 % en 2008).

Une tendance qui s'accentue encore lors de l'élection présidentielle de mai 2016. Après les résultats du 1er tour qui voit le candidat d'extrême-droite en tête avec 35,5% des voix, et les candidats social-démocrate et conservateur éliminés avec 11% des voix chacun, le chancelier Werner Faymann (SPÖ) démissionne. Il est remplacé par Christian Kern qui prend également la tête du SPÖ.

Lors du 2e tour, le candidat indépendant Alexander Van der Bellen, soutenu par les écologistes, remporte de justesse l'élection présidentielle, devant Norbert Hofer, le candidat de l'extrême droite FPÖ.
Elu au suffrage universel direct pour six ans, le nouveau Président doit remplacer Heinz Fischer (SPÖ), en poste depuis 2004.

Coup de théâtre le 1er juillet 2016 : la cour constitutionnelle annule l'élection présidentielle quelques jours avant la nomination du vainqueur, en raison d'irrégularités observées lors du comptage des votes. 

Après la fin du mandat de Heinz Fischer le 8 juillet 2016, l'intérim a été assuré par un corps collégial composé du président, du deuxième président et du troisième président du Conseil national. 

Un nouveau scrutin a ainsi été organisé le 4 décembre 2016. Celui-ci a confirmé la victoire d'Alexander Van der Bellen, avec plus de 53% des voix.

Le pays et l'Union européenne

Durant la Guerre froide, la neutralité imposée à l’Autriche par le traité d’Etat  de 1955 lui a interdit de participer au projet communautaire. Mais la décomposition du bloc soviétique a changé la donne : le pays a déposé sa candidature le 17 juillet 1989 et adhéré à l’UE le 1er janvier 1995.

Les relations entre le gouvernement autrichien et les partenaires européens  ont connu une crise en février 2000, lorsque des mesures symboliques furent adoptées contre l’Autriche pour condamner la participation au gouvernement du parti d’extrême droite FPÖ. Le débat porta alors sur la marge d’intervention des Etats membres de l’Union dans la vie politique intérieure de l'un d'entre eux.

Lors de la présidence autrichienne de l’UE en 1998, l’Autriche soutint avec ferveur le processus d’élargissement aux pays d’Europe centrale et orientale, au nom des liens historiques et géographiques qui la relie à eux. Le pays est également favorable à un approfondissement des relations avec les pays des Balkans occidentaux et souhaite pouvoir jouer le rôle de porte-parole et d’intermédiaire dans les relations avec les nouveaux Etats membres, comme l’a démontré à nouveau l’exercice de la présidence de l’Union européenne par l’Autriche au premier semestre 2006.

L’Autriche est très attachée à l’équilibre institutionnel entre grands et petits pays. Elle dispose au Parlement européen de 18 sièges.

Géographie

Les 84.000 km2 de vallées et de massifs alpins qui constituent l’Autriche sont situés au cœur de l’Europe. L’Autriche est bordée par l’Allemagne et la République tchèque au nord, la Slovaquie et la Hongrie à l’est, la Slovénie et l’Italie au sud et la Suisse et le Liechtenstein à l’ouest.

L’Autriche est un des pays les plus boisés d’Europe. Dans ce pays majoritairement  montagneux, Alpes et Préalpes couvrent 80% du territoire. Elles culminent au Grossglockner, en Carinthie, à 3797m. Les principales vallées – l’Inn, l’Enns, la Mur et le Danube - constituent les principales voies de communication du pays.

L'Autriche comprend 9 provinces (Bundesländer) qui sont : le Burgenland, la Carinthie, la Basse-Autriche, Salzbourg, la Styrie, le Tyrol, la Haute-Autriche, Vienne et Vorarlberg.


Vienne domine très largement le réseau urbain avec près de deux millions d'habitants sur les huit que compte le pays. Salzburg, Linz, Graz ou Innsbruck se placent au second rang.

Economie

L’Autriche est l’un des Etats d’Europe dont le PNB par habitant est le plus élevé, et elle continue à afficher un taux de chômage parmi les plus faibles d’Europe. Bien que l'Allemagne demeure son principal partenaire commercial, l'adhésion à l'Union européenne de l'Autriche lui a permis de réduire sa dépendance économique à l'égard de l'Allemagne.

Le gouvernement s’astreint depuis 2002 à maintenir l’équilibre budgétaire et condamne régulièrement certains pays "laxistes" vis-à-vis du Pacte de stabilité. Pour maintenir sa compétitivité face à la concurrence internationale, le gouvernement a lancé une nouvelle série de réformes en 2003 allant dans le sens de la libéralisation et de l’allègement de l’Etat-Providence.

Mais frappée comme ses partenaires européens par la crise économique et financière dès 2008, l'Autriche a vu son déficit public passer de 0,9% de son PIB en 2008 à 4,6% en 2010. Elle fait ainsi fait l'objet d'une procédure de non-respect des critères de Maastricht sur le Pacte de stabilité engagée contre elle par la Commission européenne. Son déficit public est cependant redescendu sous la barre des 3% dès 2011. L'activité économique a subi un ralentissement en 2012, avec une croissance de 0,8%. En 2013, la situation s'est encore légèrement dégradée, avec une croissance s'élevant à 0,3 %. 

Les prévisions de la banque centrale autrichienne pour la fin de l’année 2016 et le début 2017 font état d’une croissance de 0,4 % au quatrième trimestre 2016 et de 0,5 % au premier trimestre 2017. 

Histoire

Le Saint Empire Romain Germanique et les Habsbourg

    • 1273 : Rodolphe Ier de Habsbourg prend la tête du Saint Empire Romain Germanique. La dynastie des Habsbourg porte la couronne impériale presque sans interruption jusqu’au début du XIXème siècle.



    • 1526 : la mort du roi de Hongrie Louis II à la bataille de Mohacs scelle l’union personnelle du Royaume de Hongrie avec les Etats héréditaires des Habsbourg, archiduché d’Autriche et royaume de Bohême. Tout au long de l’histoire de la monarchie danubienne, malgré les velléités de centralisation administrative, les entités demeurent largement distinctes les unes des autres.


    • 1683 : l’échec du deuxième siège de Vienne par les Ottomans donne le signal d’une rapide reconquête de la Hongrie, avec la prise de Buda par les Habsbourg en 1686. Les guerres contre l’ennemi ottoman se poursuivent tout au long du XVIIIème siècle avec quelques interruptions et aboutissent à la conquête progressive de territoires balkaniques, organisés en glacis militaire.


    • 1740-1790 : les règnes de Marie-Thérèse et de Joseph II constituent un apogée de la monarchie austro-hongroise et de la réforme de l’administration dans le sens du despotisme éclairé.

    La monarchie autrichienne dans la tourmente

    • 1806 : disparition du Saint Empire Romain Germanique sous la pression de Napoléon Ier. Cependant l’Autriche s’élève au rang d’Empire, dont François Ier prend la couronne, jetant les nouvelles bases constitutionnelles de la monarchie danubienne pluriethnique.


    • 1848 : le "Printemps des peuples" secoue l’Empire conservateur et exprime les velléités séparatistes et le sentiment national de nombreuses composantes non germanophones de l’Empire. Francois Joseph Ier accède au trône.


    • 1866 : à l’issue de la guerre austro-prussienne, l’Autriche perd son statut de puissance germanique dominante au profit de la Prusse. Malgré le sentiment d’un lent déclin, Vienne devient un centre intellectuel et artistique brillant au tournant du XXème siècle.


    • 1914 : l’héritier du trône d’Autriche, François-Ferdinand, est assassiné à Sarajevo : la Première Guerre mondiale se déclenche par le jeu des alliances en Europe. A l’issue du conflit, la République est proclamée et l’Empire des Habsbourg démembré. L’Autriche regroupe l’essentiel des territoires germanophones de l'Empire.


    • 1938 : l’Autriche est annexée au Reich allemand (Anschluss), puis divisée en quatre zones d’occupation à l’issue du second conflit mondial. La seconde république est proclamée en 1945.

    Indépendance et république

    • 1955 : avec le traité d’Etat, la souveraineté autrichienne est reconnue sur le plan international en échange d’une garantie de neutralité. La même année, les puissances alliées retirent leurs troupes du territoire autrichien.

    Drapeau et hymne

    Le drapeau autrichien, qui affiche trois bandes horizontales (rouge, blanche, rouge), a été créé en 1230. Au cours des siècles, différentes armoiries ont pu être ajoutées. La maison des Habsbourg a ainsi apposé son emblème, l’aigle bicéphale. L’Allemagne nazie a, elle, imposé la croix gammée entre 1938 et 1945 après l’annexion du pays. Depuis 1945, le drapeau autrichien est inchangé. Seules les trois bandes sont conservées. Le drapeau officiel d’Etat comporte simplement un aigle fédéral, monocéphale.

    L’hymne national autrichien, "Pays des montagnes, pays sur le fleuve", a été écrit en 1947 par Paula von Preradovic, sur une musique de Johann Holzer et Wolfgang Amadeus Mozart. Il est le fruit d’une volonté du gouvernement fédéral d’après-guerre d’adopter un symbole nouveau incarnant le tournant opéré par le pays. De 1797 à 1918, l’hymne autrichien est "Que Dieu garde, que Dieu protège l’empereur François", composé par Joseph Haydn. Et entre 1918 et 1945, d’autres hymnes ont été utilisés.

    Lire l'étude de Notre Europe - Institut Jacques Delors

    Culture

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)

    Pour beaucoup, l’Autriche et Vienne restent la patrie de la musique et des compositeurs, et tout particulièrement du plus célèbre d’entre eux, W.A. Mozart qui y composa la plupart de ses oeuvres. Les valses de Strauss conservent également une popularité inchangée au panthéon de la culture autrichienne. Cette Vienne classique et impériale s’exprime en outre dans le riche patrimoine architectural, du Belvédère à Schönbrunn.

    Gustav Klimt (1862-1918)

    A ce patrimoine universel classique s’ajoute une remarquable contribution à  l’Europe contemporaine, à la fois par ses interrogations et par son cosmopolitisme ; Vienne rayonne au tournant du XIXème et du XXème siècle. Tant les promoteurs de l’art nouveau autour de la "Sécession viennoise" avec Gustav Klimt, peintre du Baiser ou de la Frise Beethoven, Egon Schiele ou Oskar Kokoschka, que les écrivains tels que Hoffmannsthal, Karl Kraus ou Robert Musil et son Homme sans qualités devenu un monument de la littérature mondiale du XXème siècle, traduisent une culture sophistiquée et consciente de son héritage, mais en proie au doute et confrontée à son déclin. Ce centre intellectuel novateur a également renouvelé les approches médicales du psychisme à travers les théories de Sigmund Freud.

    Friedensreich Hundertwasser (1928-2000)

    A la fois artiste, peintre, penseur mais surtout architecte, Hundertwasser est animé par un immense amour de la nature et est l'un des grands pionniers d'une architecture humaniste, écologique et d'un design moderne et particulier qui le distingue des autres architectes. Passionné par l'eau et les couleurs, son œuvre picturale est caractérisée par le foisonnement organique des formes et repose sur la brillance des couleurs.
     
    L'Autriche bien sûr, mais également l'Allemagne, le Japon,les Etats-Unis, Israël, la Suisse ou encore la Nouvelle-Zélande qu'il affectionnait particulièrement, sont les pays où Hundertwasser a exprimé son art.
     

    Elfriede Jelinek (1946-)

    Pourtant, cela ne saurait faire oublier que la culture autrichienne s’exprime avec autant de force et d’intensité créatrice aujourd’hui, au travers d’une création théâtrale abondante et d’une littérature provocante et exigeante, de Thomas Bernhard à Elfriede Jelinek. Le questionnement des sociétés industrielles et consuméristes contemporaines ainsi que l’extraction d’une douloureuse histoire longtemps refoulée joint sa voix à des interrogations similaires exprimées dans d’autres pays européens.

    Textes et documents

    • Histoire des Habsbourg, Henri Bogdan, Perrin, 2005
    • Vienne 1900, Klimt, Schiele, Moser, Kokoschka. Catalogue de l’exposition au Grand Palais, RMN, Paris, 2005