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Pour l'Union européenne, le train est l'avenir de la mobilité en Europe

Un secteur ferroviaire porteur de la transition écologique et qui rapproche les Européens. C’est le souhait formulé par l’Union européenne, qui a déclaré 2021 “Année européenne du rail”. A cette occasion, le train Connecting Europe Express sillonne le continent à la rencontre des citoyens pour définir la mobilité de demain. Toute l’Europe s’est invité à bord.

Dans le train Connecting Europe Express entre Hendaye et Bordeaux, des jeunes originaires de la région ont débattu, samedi 4 septembre, de l'avenir de la mobilité en Europe avec le président de l'Agence de l'UE pour les chemins de fer Josef Doppelbauer, le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet et le conducteur de train Nicolas Boutonnet - Crédits : Toute l'Europe
Dans le train Connecting Europe Express entre Hendaye et Bordeaux, des jeunes originaires de la région ont débattu, samedi 4 septembre, de l’avenir de la mobilité en Europe avec le président de l’Agence de l’UE pour les chemins de fer Josef Doppelbauer, le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet et le conducteur de train Nicolas Boutonnet - Crédits : Toute l’Europe

Moins de 0,5 %. C’est la part du secteur ferroviaire dans les émissions de gaz à effet de serre liées au transport en Europe. Autrement dit, le rail constitue un mode de transport vert par excellence. Un constat qui n’a pas échappé à l’Union européenne, en quête de solutions pour alléger drastiquement son bilan carbone. L’objectif sur le long terme est ambitieux : une Europe neutre en carbone en 2050. Un horizon au cœur du Pacte vert, le programme écologique de la Commission européenne dirigée par Ursula von der Leyen depuis décembre 2019.

Le ferroviaire, un atout pour atteindre la neutralité carbone

Pour réaliser cette ambition, les changements à venir s’annoncent profonds. En juillet, la Commission européenne a présenté un plan de bataille législatif afin de réduire de 55 % les émissions carbone d’ici à 2035 par rapport aux niveaux de 1990, objectif intermédiaire à celui de 2050 approuvé par les Vingt-Sept et les eurodéputés un mois plus tôt.

Parmi les mesures proposées figurent l’interdiction de la vente de voitures neuves à énergies fossiles à partir de 2035, une extension du marché du carbone à plusieurs secteurs - dont le transport routier - ou encore le doublement de la part des renouvelables dans le mix énergétique.

La transition écologique implique ainsi une évolution majeure des usages vers des pratiques décarbonées. Et pour ce faire, la Commission mise sur le train en ce qui concerne le secteur des transports. Pour promouvoir le secteur ferroviaire, elle a consacré 2021 en tant qu’Année européenne du rail, prévoyant dans ce cadre une série de projets et d’événements aux quatre coins de l’Europe. Avec un même objectif : défendre auprès des citoyens et des décideurs publics le développement et la modernisation du réseau ferroviaire européen. Cette modernisation devrait se traduire par un renforcement de la mobilité ferroviaire intra-européenne, tout en rendant ce mode de transport encore plus vert.

Connecting Europe Express : un train pour connecter les Européens

Le Connecting Europe Express fait partie des initiatives de l’Année européenne du rail. Parti de Lisbonne le 2 septembre, ce train spécial sillonne le continent et doit s’arrêter dans plus de 100 villes européennes, avant d’atteindre son terminus le 7 octobre à Paris. Tout au long de son itinéraire (carte interactive ci-dessous), des rencontres avec les citoyens, à bord et en gare, sont prévues afin d’échanger avec les responsables européens et du secteur ferroviaire sur la mobilité du futur. Ces dialogues alimentent la plateforme numérique de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe, vaste exercice de démocratie participative lancé en mai et qui doit se conclure au printemps 2022. Son objectif est de donner aux citoyens des 27 États membres la possibilité d’exprimer ce qu’ils attendent concrètement de l’UE pour les années à venir. C’est dans ce cadre que Toute l’Europe s’est rendu le 4 septembre à l’échange organisé à bord du Connecting Europe Express, entre Hendaye et Bordeaux.

Signe du chemin restant à parcourir, notamment en matière d’interopérabilité, le Connecting Europe Express se compose en réalité de trois trains différents, qui correspondent aux trois normes d’écartement des rails existant dans l’UE. Au Portugal et en Espagne, un train adapté à l’écartement “ibérique” a été fourni par l’opérateur espagnol Renfe. Le train balte est quant à lui exploité par l’entreprise lituanienne LTG. Enfin, la majeure partie du voyage, effectuée sur des rails à écartement “normal”, est assurée par un train issu d’une coopération entre les sociétés publiques de chemin de fer de cinq pays européens, ayant chacune fourni une voiture : la Deutsche Bahn pour l’Allemagne, ÖBB pour l’Autriche, MAV pour la Hongrie, CFF pour la Suisse, FS pour l’Italie et SNCF pour la France.

La SNCF tenait absolument à être partie prenante de l’Année européenne du rail”, explique à Toute l’Europe Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs, filiale de l’entreprise nationale en charge des trains de voyageurs. Car l’initiative met en avant les priorités de la SNCF : les territoires, l’innovation et le numérique, l’écologie et l’humain. En ce qui concerne sa dimension verte, le secteur ferroviaire est, “en France comme dans n’importe quel autre pays européen, extrêmement humble”, estime M. Fanichet.  “Le train est le moyen de transport le plus écologique”, rappelle-t-il, même si les efforts de communication en ce sens des sociétés de chemin de fer sont bien moins importants que ceux de secteurs nettement plus polluants, tels que l’automobile ou l’aérien. Pour le chef d’entreprise, un changement “de braquet” s’impose donc en la matière.

Un dialogue citoyen sur l’avenir de la mobilité ferroviaire en Europe

Et si les jeunes participaient à ce travail de communication et de réflexion autour de l’intérêt écologique du ferroviaire ? C’est l’exercice auquel 13 d’entre eux, âgés de 18 à 34 ans, se sont prêtés lors d’un dialogue citoyen avec le directeur de l’Agence de l’Union européenne pour les chemins de fer Josef Doppelbauer, le conducteur de train Nicolas Boutonnet mais aussi Christophe Fanichet.

Autour d’une table dans le wagon prévu pour les conférences, fourni par la SNCF, les 13 jeunes ont débattu avec ces trois acteurs du rail d’un sujet qui les concerne au premier plan : l’avenir de la mobilité ferroviaire en Europe. Transition écologique, sécurité, utilisation des données, amélioration de la qualité de service… De nombreuses thématiques ont été abordées, au cours d’échanges riches et nourris pendant les deux heures du voyage. Si tous les jeunes participants étaient convaincus des bienfaits du rail pour la transition écologique, ils n’ont pas hésité à pointer du doigt les défaillances actuelles du secteur et ont identifié au cours des deux heures du voyage des axes d’amélioration pour les années à venir. Au terme du débat, plus de dix propositions ont été formulées et constitueront autant de contributions à la plateforme numérique de la Conférence sur l’Avenir de l’Europe.

Les propositions issues du dialogue citoyen entre Hendaye et Bordeaux concernent plusieurs dimensions majeures de la mobilité ferroviaire. En premier lieu, la transition énergétique et l’environnement : favoriser l’usage du train pour les trajets de courte distance / inciter à l’utilisation des trains de nuit pour les longues distances / accroître l’intermodalité avec les modes de transport doux via l’augmentation des espaces de stockage dans les trains (pour les vélos et les trottinettes notamment) / l’usage étendu de nouveaux carburants tels que l’hydrogène / installation de points d’eau dans les gares pour remplir les gourdes.

D’autres mesures préconisées concernent l’accès à la mobilité : généralisation de dispositifs tels que le Pass Interrail pour encourager la mobilité des jeunes à travers le continent européen / amélioration de l’accessibilité aux gares et aux services routiers depuis celles-ci / recours à des dispositifs nationaux comme le service civique pour renforcer l’assistance aux usagers / amélioration des systèmes d’information des usagers, notamment via la création d’une application européenne et de pictogrammes communs leur permettant d’avoir des informations plus précises, comme sur l’accessibilité des gares.

Enfin, concernant le développement des technologies dans le secteur ferroviaire, les jeunes ayant participé au dialogue citoyen se sont accordés sur les évolutions suivantes : utilisation des données de géolocalisation pour proposer des services ciblant mieux les besoins des usagers / harmonisation au niveau européen des systèmes de protection des données numériques.

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