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[Revue de presse] Corps européen de gardes-frontières : la "bombe" de Bruxelles

Mardi 15 décembre, la Commission européenne a présenté son projet de création d’un corps de gardes-frontières. “Une véritable bombe”, selon Le Monde. “La Commission a l’intention de proposer un règlement visant à créer une véritable agence européenne de gardes-côtes et de gardes-frontières, constituée de milliers de personnels mobilisables rapidement, et qui aurait la capacité de s’autosaisir en cas de menace jugée grave à une frontière de l’Union”, rapporte le quotidien.

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Une proposition que Dimitris Avramopoulos, commissaire européen aux Migrations, qualifie de “très sensible” , mais également “indispensable pour sauver Schengen, pour sauver la libre circulation des citoyens” , rapporte l’envoyée spéciale de RFI.

Les mesures dévoilées mardi par l’exécutif européen ‘vont augmenter la sécurité pour nos citoyens’, a souligné M. Avramopoulos, après la présentation de cette nouvelle agence, qui compterait des effectifs permanents de quelque 1.000 personnes” [Le Point / AFP]. L’agence dispose actuellement d’un personnel permanent de 400 personnes.

Il serait également possible pour cette agence Frontex rénovée, dans l’état actuel du texte, d’intervenir “même là où il n’y a pas de demande d’aide de l’Etat membre concerné ou lorsque cet Etat membre estime qu’il n’y a pas besoin d’une intervention” [L’Express / AFP].

Selon Le Monde, “ce projet […] marquerait une avancée considérable vers une gestion commune des frontières de l’Union. Il suppose toutefois des abandons de souveraineté qui ne manqueront pas de faire débat” .

Soutenu par Berlin et Paris, le projet devra être examiné par le Parlement et le Conseil de l’UE, regroupant les Etats membres” [L’Express / AFP]. Or, “les pays gouvernés par des majorités très nationalistes (Pologne, Hongrie) seraient déjà critiques, comme leurs partenaires tchèques et slovaques. L’Espagne et Chypre confient également leur scepticisme” [Le Monde].

Pour rappel, la procédure législative requise lors de l’adoption d’un tel texte est un “processus qui peut prendre de longs mois” , la probabilité que le texte soit adopté en l’état est donc faible [Libération / AFP].

A côté de l’agence Frontex, la Commission a également présenté un projet de “modification du code Schengen pour instaurer des contrôles systématiques des ressortissants européens aux frontières de l’espace de libre circulation” [RFI].

Désormais, tous les citoyens entrant et sortant du territoire Schengen [seraient] systématiquement contrôlés” . De plus, “pour faciliter le retour des migrants illégaux, un autre objectif central des Européens, Bruxelles propose la généralisation d’un “document de voyage européen’ ” , rapportent Les Echos.

Par la même occasion, Bruxelles dresse son bilan des solutions proposées afin d’endiguer la crise migratoire. Un bilan “très mitigé, […] 1,5 million de réfugiés sont entrés ‘illégalement’ en Europe depuis janvier” . Le mécanisme de relocalisation “démarre très lentement” : à ce jour, seuls 64 réfugiés ont été relocalisés [Le Monde].

Conséquence directe de ce constat, “ces annonces ont également été l’occasion pour la Commission de relancer le dossier délicat des ‘réinstallations’ ” [Les Echos].

En effet, “répondant à l’appel pressant de Berlin, la commission Juncker vient d’inviter les pays de l’UE à accueillir davantage de réfugiés de guerre parvenus en Turquie, après avoir fui la Syrie. Il s’agit d’une simple recommandation européenne, texte sans valeur contraignante ni objectif chiffré” , explique le correspondant du Figaro à Bruxelles.

Pour débattre de cette question, “huit chefs de gouvernement de l’UE, emmenés par Angela Merkel, doivent rencontrer jeudi à Bruxelles le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu” [Le Figaro].

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