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[Revue de presse] Entre restrictions et vaccination, les difficultés de l'Europe face au Covid-19

Revue de presse 10.02.2021

Confrontés à des situations sanitaires différentes, les pays européens agissent au cas par cas pour limiter le nombre de contaminations. Dans ce contexte, les retards des campagnes de vaccination continuent de susciter des interrogations.

En raison d'importants retards de livraison, plusieurs Etats européens sont contraints de freiner leur campagne de vaccination

En raison d'importants retards de livraison, plusieurs Etats européens sont contraints de freiner leur campagne de vaccination - Crédits : Dejan_Dundjerski / iStock

"Alors qu'en France, le ministre de la Santé Olivier Véran estime désormais qu'il est 'possible qu'on ne soit jamais reconfinés', chaque pays européen doit faire face à sa situation propre", souligne Le Point. Le Monde cite ainsi l'exemple du gouvernement britannique, qui "a annoncé mardi de nouvelles restrictions à ses frontières pour empêcher la circulation des variants du SARS-CoV-2 potentiellement résistants aux vaccins".

Le ministre de la Santé Matt Hancock a en effet annoncé que "tous les voyageurs arrivant en Angleterre devront désormais se soumettre à deux tests PCR, aux deuxième et huitième jours d'une quarantaine obligatoire de dix jours" [Le Point]. "Tout résultat de test positif sera soumis à une analyse de génome pour identifier un éventuel variant et remettra à zéro le compteur de la quarantaine", détaille Le Monde.

Une mesure qui s’ajoute à l’obligation, pour tous les voyageurs, de présenter un test négatif effectué dans les soixante-douze heures avant leur départ. De plus, "les résidents britanniques ou les Irlandais arrivant de 33 pays jugés à haut risque […] seront consignés dans un hôtel et placés sous surveillance durant dix jours". Ils "seront facturés 1 750 livres (près de 2 000 euros) pour l’ensemble du séjour et les tests", ajoute le quotidien.

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Confinements en Grèce, en Allemagne et au Portugal

De son côté, la Grèce se prémunit contre "une troisième vague" risquant de déferler sur le pays, selon son ministre de la Santé Vassilis Kikilias [Le Figaro]. Le pays entre donc à partir de jeudi et jusqu'au 28 février dans un "confinement plus strict" entraînant "la fermeture des écoles et des magasins à l’exception des commerces nécessaires", rapporte Le Monde. Une mesure qui survient alors que, deux semaines plus tôt, "les écoles maternelles, primaires et collèges avaient rouvert après une fermeture de deux mois", note Le Point.

L'Allemagne et le Portugal penchent quant à eux pour un allongement du confinement. En effet, Angela Merkel "s'est prononcée mardi en faveur d’une prolongation des restrictions en place depuis la fin de 2020 malgré leur impopularité croissante", observe Le Monde. "Nous n'avons rien à gagner d'une sortie prématurée maintenant du confinement", a déclaré la chancelière, qui juge qu'une levée des restrictions risquerait de "faire repartir le nombre d'infections très vite à la hausse" [Le Point].

De même, le Portugal devrait rester "confiné jusqu’à la mi-mars afin de ramener l’incidence du coronavirus et le nombre de malades en soins intensifs à des niveaux acceptables", comme le rapporte Le Monde. "Les mesures adoptées fonctionnent", s’est félicitée la ministre de la Santé portugaise, Marta Temido, soulignant cependant que le Portugal continuait d’afficher "un niveau d’incidence extrêmement élevé, malgré une tendance décroissante" [Le Monde].

Des campagnes de vaccination retardées

"Dans ce contexte, les critiques fusent [...] en Europe sur le retard pris par la campagne de vaccination entamée au lendemain de Noël, alors que les populations apparaissent épuisées par des mois de restrictions", souligne Euractiv. En effet, "au Portugal, devenu l'épicentre mondial de la pandémie, le 'monsieur vaccin' du pays a prévenu mercredi 3 février que le pays 'ne pouvait pas faire grand chose de plus', car l'UE n'avait pas assez de doses pour accélérer la cadence de vaccination", rapporte France 24. "Pour la même raison, les autorités espagnoles ont quant à elles arrêté les injections dans la région de Madrid, et ce pour dix jours, à partir du 27 janvier", ajoute le média international.

Critiquée pour sa gestion de la campagne vaccinale, la présidente de la Commission européenne s'est expliquée ce matin au Parlement européen. "Je ne peux même pas imaginer ce qui serait arrivé si seulement une poignée de grands acteurs, de grands Etats membres s'étaient précipités et que tous les autres étaient restés les mains vides", a-t-elle martelé face aux députés [The Telegraph]. "Et cependant, c'est un fait que nous ne sommes pas aujourd'hui là où nous voudrions être dans la lutte contre le coronavirus", a-t-elle reconnu [Challenges]. "Nous avons été en retard avec l'approbation [des vaccins]. Nous avons été trop optimistes sur la production de masse. Et peut-être avons nous eu aussi trop de certitudes sur le fait que les commandes seraient effectivement livrées dans les temps", a  ajouté la cheffe de l'exécutif.

Vaccin russe et variant sud-africain

Face à l'inquiétude sur les capacités de production de l'ensemble des laboratoires privés, tous confrontés à des retards de livraisons, l'Europe regardait depuis quelques jours vers Moscou et le vaccin russe Spoutnik V. Un espoir douché, à court terme du moins, par Kirill Dmitriev, le directeur du Fonds d’investissement direct russe, principal mécène du vaccin. Ce dernier a déclaré à la télévision d’Etat Rossiya 24 que "de grandes livraisons à l’UE ne [seraient] possibles qu’après la fin des vaccinations de masse en Russie", c'est-à-dire pas avant mai ou juin [Le Soir]. Cette annonce "conduit à une frustration croissante parmi les 27 membres de l’Union", note le quotidien belge.

Un autre problème se pose pour la vaccination européenne : l'efficacité du vaccin AstraZeneca face aux variants. C'est cette fois le gouvernement anglais qui est monté au créneau pour "rassurer sur son efficacité […] au lendemain de la suspension par l’Afrique du Sud du déploiement du vaccin, à la suite de la publication d’une étude préliminaire montrant son peu d’efficacité sur les formes légères de la maladie associée au variant B.1.351 (dit 'sud-africain')" [Le Monde]. "Nous devons garder à l’esprit que les vaccins déployés dans notre pays semblent très efficaces pour contrer le variant actuellement dominant au Royaume-Uni [le variant Kent, baptisé 'B117']", a cependant évacué Nadhim Zahawi, le secrétaire d'Etat au Déploiement vaccinal, dans une tribune du Daily Telegraph citée par Le Monde.

 

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