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Elections européennes 2024 : les candidats têtes de liste en France

La campagne des élections européennes de 2024 est déjà lancée. A moins de quatre mois du scrutin, plusieurs partis politiques français ont officialisé leur tête de liste, chargée de mener la campagne jusqu’au 9 juin 2024. Toute l’Europe vous les présente.

Plusieurs partis ont d'ores et déjà annoncé leur tête de liste.
Plusieurs partis ont d’ores et déjà annoncé leur tête de liste.

Dans cet article, les têtes de listes officiellement intronisées par les partis sont présentées selon l’ordre décroissant des intentions de vote pour chaque liste dans notre agrégateur de sondages. Les listes qui ne sont pas testées par les sondages et qui n’apparaissent donc pas dans notre agrégateur figurent à la suite, par ordre alphabétique selon le nom du parti.

Crédits : Raphael ATTAL @BootEXE / Wikipedia CC BY-SA 4.0
Crédits : Raphael ATTAL @BootEXE / Wikipedia CC BY-SA 4.0

A 28 ans, Jordan Bardella est pour la deuxième fois consécutive la tête de liste du Rassemblement national (RN) aux élections européennes. Inconnu du grand public avant le scrutin de 2019, il s’est fait un nom en menant une campagne victorieuse, à l’issue de laquelle sa liste est arrivée en tête en récoltant 23,3 % des voix et 23 sièges. Depuis, l’ancien directeur du mouvement de jeunesse du RN est devenu le président du parti à la flamme, succédant à Marine Le Pen.

Ces cinq dernières années, celui qui est également vice-président du groupe Identité et démocratie au Parlement européen s’est surtout imposé comme une figure médiatique, au sein comme en dehors de l’hémicycle. Le 3 septembre 2023, il a annoncé dans une interview au Figaro qu’il conduira “naturellement la liste du Rassemblement aux élections européennes” de 2024. Sa mission principale sera d’obtenir au moins un aussi bon résultat qu’à l’issue du scrutin de 2019.

Crédits : Alexis Haulot / Parlement européen 2023

Chef de file en 2019 d’une liste rassemblant le Parti socialiste (PS), Nouvelle Donne (ND), le Parti radical de gauche (PRG) et le mouvement qu’il a fondé, Place publique (PP), Raphaël Glucksmann n’a pas attendu que ses anciens alliés se décident pour annoncer sa candidature en vue des élections européennes de 2024. L’essayiste a officiellement lancé sa campagne le 8 octobre 2023 avec Place publique.

Finalement, les socialistes ont décidé de renouveler leur confiance au député européen. Un choix validé à près de 60 % par le bureau national du PS d’abord, le 1er février 2024, puis par les militants socialistes ensuite, le 9 février, avec plus de 80 % de votes favorables. Malgré cette large approbation, la composition de la liste proposée par la direction du parti a suscité de vives critiques de la part de certains responsables socialistes, regrettant le manque de diversité géographique et sociale d’une liste jugée “trop parisienne”.

Le 24 février, le PS et Place publique ont annoncé qu’un accord formel avait été trouvé concernant la constitution de leur liste commune. Sur les 81 places que comptera cette liste, 20 seront attribuées à Place publique, dont trois considérées comme “éligibles” (la 1ère position pour Raphaël Glucksmann, la 4e pour Aurore Lalucq et la 9e pour une personnalité à définir). Du côté socialiste, les eurodéputés sortants Nora Mebarek et Christophe Clergeau figureront également sur la liste, respectivement en 2e et 5e position.

Il y a cinq ans, la liste socialiste avait obtenu 6,2 % des suffrages et 6 sièges. Au Parlement européen, Raphaël Glucksmann s’est particulièrement distingué par son travail sur les questions de droits de l’homme, notamment en tant que vice-président de la sous-commission consacrée à ce sujet. Il a également présidé la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne (ING2).

Crédits : Alain ROLLAND / Parlement européen
Crédits : Alain ROLLAND / Parlement européen

Pour La France insoumise également, on prend la même tête de liste, et on recommence. Déjà désignée “cheffe de file” par son parti pour les élections européennes de juin, Manon Aubry a officialisé le 28 janvier dans une interview donnée à 20 Minutes son intention d’être intronisée tête de liste du mouvement de Jean-Luc Mélenchon. Ces derniers mois, elle a longuement plaidé pour la constitution d’une liste commune avec les autres formations de gauche partenaires de la NUPES, en vain. LFI a même proposé à EELV de lui laisser le choix de la tête de liste, sans succès. 

A 34 ans, Manon Aubry endossera le rôle de tête de liste pour la deuxième fois d’affilée après le scrutin de 2019 où elle avait récolté 6,3 % des suffrages, décrochant 6 sièges au Parlement européen. Lors de ces cinq dernières années à Strasbourg, l’ancienne porte-parole de l’ONG Oxfam s’est peu à peu imposée comme une figure de l’assemblée européenne. Elle co-dirige aujourd’hui le groupe de la Gauche (GUE/NGL) au Parlement européen et prend régulièrement position sur de nombreux sujets, des traités de libre échange aux travailleurs des plateformes en passant par les dossiers géopolitiques ou de corruption. “Nous travaillons désormais à l’élaboration de la liste et les militantes et militants auront l’occasion de voter sur la liste dans son intégralité début mars”, a-t-elle indiqué auprès de 20 Minutes.

Crédits : Daina Le Lardic / Parlement européen 2020
Crédits : Daina Le Lardic / Parlement européen 2020

Aux élections européennes de 2019, elle apparaissait en 4e position sur la liste menée par Yannick Jadot, qui avait alors récolté 13,5 % des suffrages et 13 sièges. Marie Toussaint, âgée de 36 ans, est en 2024 la cheffe de file des Ecologistes (ex Europe Ecologie Les Verts). Juriste en droit international de l’environnement, elle s’est fait connaître en étant à l’origine de l’Affaire du siècle, une campagne portée par une pétition de plus de 2,3 millions de citoyens, qui a contribué à faire condamner en 2021 l’Etat français pour ses manquements en matière de lutte contre le réchauffement climatique.

Sauver la planète sur le terrain du droit, c’est un combat qu’elle a continué de porter lors de son mandat au Parlement européen, plaidant notamment pour une justice climatique à l’échelle mondiale, la responsabilité sociale et environnementale des multinationales ou encore la reconnaissance du crime d’écocide. Depuis bientôt deux ans, Marie Toussaint est vice-présidente du groupe écologiste européen (Verts/ALE) à Strasbourg. Le 10 juillet 2023, à l’issue d’un vote interne des militants, elle a été désignée cheffe de file de son parti pour les élections européennes à venir, devançant avec 59,5 % des voix son collègue au Parlement européen, David Cormand, qui devrait l’épauler en seconde place. 

Une liste sur laquelle devrait se trouver en neuvième position… Priscillia Ludowsky, ancienne figure du mouvement des “gilets jaunes”, selon les informations du Figaro. Les Ecologistes ont lancé leur campagne plus tôt que leurs principaux concurrents, en organisant un grand meeting “pour le vivant” nommé “Pulsations”, le samedi 2 décembre 2023 à Paris.

Crédits : Mathieu CUGNOT / Parlement européen
Crédits : Mathieu CUGNOT / Parlement européen

Bis repetita également pour Les Républicains (LR). Comme en 2019, le parti de droite confie les rênes de sa campagne au philosophe de profession, François-Xavier Bellamy. Un choix confirmé par le président du parti, Eric Ciotti, le 15 janvier 2024. “François-Xavier Bellamy dirigera notre campagne. C’est un élu européen remarquable qui a donné de l’influence à notre groupe, à la France au Parlement européen à Strasbourg ou à Bruxelles”, a déclaré ce dernier. Désigné tête de liste en 2019 alors qu’il était inconnu du grand public, François-Xavier Bellamy n’avait récolté que 8,5 % des suffrages, la délégation LR au Parlement européen passant de 20 à 8 élus.

Depuis cinq ans, il s’est imposé comme l’un des eurodéputés français les plus médiatiques au Parlement européen. Le chef de la délégation LR à Strasbourg s’est penché sur de nombreux sujets, de la guerre en Ukraine au pacte migratoire, en passant par l’agriculture ou le nucléaire. Il n’a jamais caché son souhait de mener une nouvelle fois la campagne des Républicains aux européennes, mais son parti a longuement hésité. Le nom de Michel Barnier, au CV européen bien fourni, a un temps été évoqué, avant que ce dernier ne décline. En l’absence de grande figure de droite pour prendre la tête de cette liste et face au temps qui presse, le choix de reconduire François-Xavier Bellamy s’est donc naturellement imposé aux responsables des Républicains.

Crédits : Anh De France / Flickr CC BY-SA 2.0
Crédits : Anh De France / Flickr CC BY-SA 2.0

Neuf ans après sa dernière campagne électorale (les élections régionales de 2015), Marion Maréchal revient se mesurer au vote des électeurs. Non plus sous la bannière familiale du Rassemblement national, qu’elle a quitté en 2017, mais à la tête d’une liste formée par le parti Reconquête. Fondé en 2021 par Eric Zemmour, qui a accueilli Marion Maréchal lors de sa campagne présidentielle l’année suivante, Reconquête participe donc pour la première fois au scrutin européen en 2024. 

L’investiture de Marion Maréchal comme cheffe de file a été annoncée par le président du parti en personne le 6 septembre 2023. Une liste à laquelle s’est rallié le CNIP, Centre national des indépendants et paysans. A 33 ans, la nièce de Marine Le Pen et petite-fille de Jean-Marie Le Pen affronte donc pour la première fois son ancien parti en tant que candidate.

Elle a pour mission d’apporter un premier succès électoral à Reconquête, après une élection présidentielle qui a vu Eric Zemmour récolter 7 % des suffrages, et des élections législatives qui ne lui ont pas permis de décrocher de sièges à l’Assemblée nationale. Comme pour beaucoup de candidats, son objectif pour ces élections européennes est d’atteindre la barre fatidique des 5 % qui permet d’envoyer des représentants à Strasbourg.

Crédits : Cédric Goulmot / Wikimedia CC BY-SA 4.0
Crédits : Cédric Goulmot / Wikimedia CC BY-SA 4.0

Agé de 27 ans, Léon Deffontaines est l’une des plus jeunes têtes de liste de ce scrutin. Celui qui a adhéré pour la première fois au Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF) il y a dix ans a depuis grimpé les échelons en interne. Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF), Fabien Roussel, en a fait l’un de ses porte-paroles pour sa campagne présidentielle de 2022. Le 1er juillet 2023, Léon Deffontaines a officialisé la décision du conseil national du PCF de le désigner chef de file pour les élections européennes. Une nomination approuvée le 12 novembre 2023 par les militants du PCF, qui ont voté à 91 % pour qu’il devienne la tête de liste du parti pour ce scrutin.

Le 10 janvier 2024, Léon Deffontaines a présenté les dix premiers candidats qui figureront sur la liste du PCF aux élections européennes. Parmi eux, André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, et Emmanuel Maurel, député européen depuis 2014. Elu il y a cinq ans sur la liste de La France insoumise, ce dernier a décidé cette fois-ci de rallier les communistes avec le parti qu’il a fondé, Gauche républicaine et socialiste. Fabien Roussel devrait être en dernière position.

L’Engagement, petit parti fondé par l’ancien ministre de l’Economie et du Redressement productif Arnaud Montebourg, soutiendra également cette liste et certains de ses membres y figureront en tant que candidats. Tout comme pour Les radicaux de gauche (LRDG). La composition entière de la liste devrait être connue après le vote des adhérents, qui se tiendra du 8 au 10 mars. Un premier grand meeting devrait avoir lieu le 11 avril à Amiens.

Jean-Marc Governatori / Wikimedia CC BY-SA 4.0
Crédits : Jean-Marc Governatori / Wikimedia CC BY-SA 4.0

En 2024, l’écologiste indépendant Jean-Marc Governatori est pour la troisième fois tête de liste aux élections européennes. Ce chef d’entreprise âgé de 64 ans, conseiller municipal d’opposition à Nice, a multiplié les candidatures depuis près de vingt ans. Chef de file lors des scrutins de 2004 puis de 2009, il n’est jamais parvenu à se faire élire au Parlement européen (1,6 % puis 3 %).

A travers le parti qu’il préside, Ecologie au centre (anciennement Alliance écologiste indépendante), il défend un créneau écologiste modéré, en rupture avec la ligne d’Europe Ecologie Les Verts qu’il juge trop à gauche depuis son adhésion à la Nupes. “Une écologie ni de droite ni de gauche”, tel est son credo. 

Candidat lors de la primaire écologiste pour l’élection présidentielle de 2022, il était arrivé bon dernier en récoltant 2,35 % des suffrages - un résultat qu’il conteste, dénonçant un vote “vicié”. Pas de quoi le décourager : “[Les européennes] sont des élections avec un seuil de 5 % pour avoir cinq députés, donc c’est tout à fait faisable”, déclarait-il le 18 août 2023 à Midi Libre, lors de l’officialisation de sa candidature.

Crédits : Gdprg / Wikimedia CC BY-SA 4.0

Président du Parti radical de gauche (PRG) depuis 2019, Guillaume Lacroix sera le chef de file de sa formation politique pour les élections européennes de 2024. C’est lui-même qui l’a annoncé le samedi 25 novembre 2023 à Paris, lors du congrès de son parti. Le patron du PRG a déclaré vouloir proposer une alternative “hors Nupes” aux électeurs “orphelins”, qu’ils soient “macronistes de gauche” ou issus “du Parti socialiste”.

Le 2 février 2024, Régions et peuples solidaires (RPS) a annoncé son ralliement au PRG pour ce scrutin. Ce parti, qui fédère diverses organisations régionalistes et autonomistes en France, était un allié historique d’EELV, ce qui lui a notamment permis d’envoyer deux élus au Parlement européen lors de la mandature qui se termine (François Alfonsi et Lydie Massard). Mais un désaccord sur l’attribution des places sur la liste écologiste pour les élections de juin prochain a finalement eu raison de cette alliance.

Quelques jours plus tard, le 8 février, c’est le mouvement paneuropéen Volt France qui a annoncé rejoindre cette alliance électorale. Les trois formations “partagent l’ambition de mettre [les] territoires au cœur de la réflexion sur le rôle de l’Union européenne dans le quotidien des Français et des Européens vivant en France”. La liste complète sera présentée au début du mois de mars.

Crédits : Parti animaliste
Crédits : Parti animaliste

Pour la deuxième fois consécutive, Hélène Thouy mènera la liste du Parti animaliste aux élections européennes. La cofondatrice et coprésidente du parti avait créé une petite surprise il y a cinq ans en recueillant presque 500 000 suffrages, soit 2,2 % des voix (insuffisant toutefois pour envoyer des élus au Parlement européen).

Elle défendra durant cette campagne les droits des animaux, notamment l’abolition de la corrida et l’amélioration des conditions d’élevage. Le Parti animaliste a officiellement lancé sa campagne le 2 décembre 2023, lors de son congrès à Lille.

Crédits : affiche de campagne de Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière
Crédits : affiche de campagne de Nathalie Arthaud, Lutte ouvrière

Pour la quatrième fois, Nathalie Arthaud porte l’étendard de Lutte ouvrière (LO) aux élections européennes. Déjà tête de liste en 2009, 2014 et 2019, la porte-parole du parti trotskiste a annoncé le samedi 7 octobre 2023 à l’AFP qu’elle serait une nouvelle fois cheffe de file lors du scrutin européen, et ce aux côtés de Jean-Pierre Mercier, autre porte-parole de LO. Lors de son congrès début décembre 2023, le parti a voté à l’unanimité une motion actant cette candidature.

La dernière position de sa liste sera occupée par Arlette Laguiller, 83 ans, figure historique de Lutte ouvrière. En 1999, en tant que cheffe de file, cette dernière était parvenue à faire entrer les trotskystes au Parlement européen pour la seule et unique fois de l’histoire du parti, grâce à un score de 5,18 %.

En 2019, la liste menée par Nathalie Arthaud avait terminé à la 14e position du scrutin en France, recueillant 0,78 % des suffrages. Les leaders du parti ne se font pas d’illusion sur ses chances d’envoyer des eurodéputés à Strasbourg. “On n’est pas électoraliste”, a indiqué Jean-Pierre Mercier à l’AFP, ajoutant : “On tient à faire entendre cette voix internationaliste, cette voix communiste révolutionnaire”.

Crédits : Hugo Palacin / Toute l'Europe
Crédits : Hugo Palacin / Toute l’Europe

Après des mois de rumeurs et de tractations en coulisses, Willy Schraen a dévoilé sa candidature et le nom de sa liste le 5 décembre 2023 devant la presse. Le président de la Fédération nationale des chasseurs mènera une liste baptisée L’Alliance rurale, qui se veut “apolitique” et “citoyenne”. A ses côtés figurent des personnalités connues, d’autre moins, issues pour la plupart du monde rural : sportif de haut niveau comme Louis Picamoles (ancien rugbyman international), entrepreneur, boucher, agriculteur, pêcheur, éleveur ou restaurateur. 

L’objectif d’une telle liste ? “Porter les valeurs de la ruralité au Parlement européen et mettre fin à l’inflation normative qui entrave nos libertés et condamne notre art de vivre”, répond Willy Schraen. C’est la première fois qu’il sera candidat aux élections européennes. Le chasseur espère rééditer la performance du parti Chasse, pêche, nature et traditions, qui avait récolté 6,8 % des voix aux élections européennes de 1999, envoyant 6 élus au Parlement européen.

Crédits : UPR
Crédits : UPR

Europhile et chantre du “Frexit”, François Asselineau mènera une troisième fois la campagne de son parti l’Union populaire républicaine (UPR) aux élections européennes. En 2014, il avait récolté 0,4 % des suffrages, puis 1,2 % en 2019. Partisan d’une sortie de la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan, souvent assimilé à la sphère complotiste, il se qualifie de “gaulliste social”.

Crédits : Département des Hauts-de-Seine 

Maire de Neuilly-sur-Seine depuis 2008 et ancien député français, Jean-Christophe Fromantin mènera une liste intitulée “Notre Europe” aux élections européennes de 2024. Celle-ci est soutenue par son parti, Territoires en mouvement, mais également par “Utiles”, association politique qui réunit 11 parlementaires français, dont la plupart appartiennent au groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) à l’Assemblée nationale. Autre soutien engrangé par la liste, celui de l’ancien député et porte-parole de La République en Marche, Jean-Baptiste Moreau.

Jean-Christophe Fromantin entend proposer aux électeurs une liste d’élus et d’acteurs locaux venant de toute la France. Objectif : représenter fidèlement les territoires français et faire remonter plus directement leurs problématiques jusqu’au Parlement européen. Pour convaincre ses concitoyens, Jean-Christophe Fromantin réalise une traversée de la France à vélo, de Nantes à Strasbourg, afin d’être au plus près du terrain et des préoccupations des Français.

Crédits : Les Patriotes
Crédits : Les Patriotes

Florian Philippot a déjà été député européen, de 2014 à 2019. Mais c’était à l’époque sous l’étiquette du Front national (devenu Rassemblement national en 2018), qu’il a quitté en 2017 pour fonder le parti souverainiste Les Patriotes, dont il est toujours président. En 2019, il était déjà tête de liste, sans succès : il n’avait recueilli que 0,65 % des votes. 

En marge de son congrès qui s’est tenu le 2 septembre 2023 à Arras, son parti a validé la présence d’une liste Les Patriotes conduite par Florian Philippot aux élections européennes de 2024. Il tentera de nouveau sa chance avec un discours résolument eurosceptique, prônant une sortie de la France de l’Union européenne et de l’OTAN.

Crédits : Ecologie positive & Territoires
Crédits : Ecologie positive & Territoires

Yann Wehrling mènera lui aussi une liste écologique “non radicale”. Vice-président du conseil régional d’Île-de-France en charge de la transition écologique, il a par le passé été secrétaire national des Verts (2005-2006), puis secrétaire général du MoDem (2017-2018) avant qu’Emmanuel Macron ne le nomme ambassadeur de France délégué à l’environnement (2018-2021). En octobre 2022, il fonde Ecologie positive, un parti prônant “une écologie réaliste, constructive et pragmatique”, se positionnant “au centre du paysage politique”.

Le 8 février 2024, il contribue au lancement du collectif Ecologie Positive & Territoires, qui rassemble son parti ainsi qu’une dizaine d’autres formations politiques et associations “se retrouvant dans une écologie basée sur les territoires et le vivant”. Figurent à ses côtés CAP21, fondé et présidé par l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, France Ecologie, Les écologistes du Trèfle, Les Universalistes, 100 % Citoyens ou encore la Fédération des Pays Unis, qui regroupe une série de partis régionalistes ou autonomistes. C’est la première fois que Yann Wehrling est tête de liste aux élections européennes.

Crédits : Equinoxe
Crédits : Equinoxe

Parti fondé en 2021, Equinoxe présentera sa propre liste aux élections européennes. Cette formation politique a été créée par des jeunes âgés de 20 à 30 ans, “soucieux de prendre leurs distances avec le progrès technique, […] qui ont pris conscience des nécessaires changements de nos modes de vie et de la complexité des enjeux”, peut-on lire sur le site du parti. Lors des élections législatives de 2022, Equinoxe avait présenté trois candidats à travers la France.

Marine Cholley, ingénieure dans les énergies renouvelables âgée de 30 ans, a été investie tête de liste par un vote des adhérents à l’occasion de l’assemblée générale du parti, qui s’est déroulée le 21 novembre 2023. C’est la première fois qu’Equinoxe prendra part à ce scrutin.

Crédits : Europe Démocratie Espéranto
Crédits : Europe Démocratie Espéranto

Laure Patas d’Illiers mènera la liste d’Europe Démocratie Espéranto (EDE) aux élections européennes, a indiqué le parti le 9 janvier 2024. Cette formation politique propose l’adoption de l’espéranto comme langue commune au sein de l’Union européenne. Créée à la fin du XIXe siècle, l’espéranto vise à établir un pont neutre entre les différentes cultures. 

EDE a participé à toutes les élections européennes depuis 2004, recueillant à chaque fois de faibles scores : 0,15 % en 2004, 0,17 % en 2009, 0,18 % en 2014 et 0,08 % en 2019. Laure Patas d’Illiers, vice-présidente du parti, a travaillé comme informaticienne au ministère des Finances et a participé à la diffusion des logiciels libres dans l’administration française. Aujourd’hui à la retraite, elle se consacre à l’écriture et à l’espéranto. C’est la première fois qu’elle sera tête de liste pour ce scrutin.

Crédits : Thierry-Paul Valette
Crédits : Thierry-Paul Valette

Figure du mouvement des Gilets jaunes qui a émergé fin 2018 en France, Thierry-Paul Valette est pour la première fois tête de liste aux élections européennes. A 47 ans, il a été investi par le parti qu’il a co-fondé en octobre 2023, Europe Equitable. Sa liste s’appellera “L’Union pour une Europe arc-en-ciel”. Lors du scrutin de 2019, il avait déjà annoncé son intention de se présenter aux européennes avec sa liste “Rassemblement des gilets jaunes citoyens”, avant de se raviser quelques semaines plus tard.

Crédits : Métropole de Strasbourg
Crédits : Métropole de Strasbourg

Avocate, conseillère municipale à Strasbourg et vice-présidente de l’Eurométropole, Caroline Zorn sera pour la première fois tête de liste du Parti pirate aux élections européennes, formation politique dont elle est porte-parole. Elle a été officiellement intronisée lors du congrès de lancement de la campagne, les 14 et 15 octobre 2023 à Marseille. Pierre Beyssac et Marie Jouveau figureront respectivement en 2e et 3e position sur le liste.

Caroline Zorn portera ainsi le programme du Parti pirate, qui repose sur la protection des droits et libertés fondamentales, aussi bien dans le domaine numérique qu’au sens large. C’est la troisième fois de suite que le Parti pirate présentera une liste aux élections européennes en France : celui-ci avait recueilli 0,21 % des suffrages en 2014 et 0,13 % en 2019.

Crédits : Sénat
Crédits : Sénat

Sénateur du Tarn depuis 2020, ancien député et actuel président de l’Alliance centriste, Philippe Folliot mènera pour la première fois une liste aux élections européennes de 2024, nommée “Ruralités, l’avenir dans le bon sens”. Interrogé par Public Sénat, il dit vouloir placer “les enjeux relatifs aux territoires en général, et à la ruralité en particulier […] au cœur de cette élection”. Se définissant comme un “Européen convaincu”, il privilégie “une Europe qui nous protège plutôt qu’une Europe qui nous contraint”. “On ne parlera de composition de la liste qu’en février-mars. Pour le moment, je souhaite parler projet, idées, programme”, ajoute l’intéressé.

Ils n’ont pas encore annoncé leur tête de liste

Parmi les grands partis politiques qui participeront aux élections européennes, Renaissance est le seul n’ayant pas encore officiellement désigné sa tête de liste. Depuis plusieurs mois, un certain nombre de personnalités ont vu tour à tour leur nom circuler dans les médias pour endosser ce rôle. Parmi elles, Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur ; Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances ; Elisabeth Borne, ancienne Première ministre ; Laurence Boone, ancienne secrétaire d’Etat chargée de l’Europe ; Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de l’Europe et des Affaires étrangères ; Richard Ferrand, ancien président de l’Assemblée nationale ; ou encore Julien Denormandie, ancien ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation.

Malgré la pléthore de candidats potentiels à ce titre, Stéphane Séjourné semblait initialement tenir la corde pour devenir tête de liste. Secrétaire général du parti présidentiel Renaissance et président du groupe Renew Europe au Parlement européen depuis 2021, celui-ci déclarait encore en novembre 2023 au micro de France Inter : “Évidemment que je mènerai la bataille des européennes”. Mais sa nomination au Quai d’Orsay en janvier 2024 est venue tout remettre en question : difficile d’imaginer le ministre de l’Europe mener campagne… La majorité présidentielle s’est donc remise en quête d’un autre profil. Le 24 février, le chef de l’Etat a indiqué que son choix était fait. Selon les informations de La Tribune Dimanche, l’eurodéputée Valérie Hayer, présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen, devrait endosser ce rôle.

Après de longues négociations, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ne ralliera finalement pas LFI pour ces élections européennes. La faute à des “désaccords trop importants” pointe le parti trotskiste, à commencer sur l’adhésion de l’Ukraine à l’UE, que soutient le NPA, contrairement aux Insoumis. La formation d’extrême gauche examine désormais les autres options qui s’offre à elle pour prendre part à ce scrutin.

Du côté des formations politiques plus petites, Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan et le Parti fédéraliste européen travaillent chacun de leur côté à la constitution de listes et à la désignation de leur chefs de file respectifs pour les élections européennes. Le parti Résistons, du double candidat à l’élection présidentielle Jean Lassalle, entend également prendre part à ce scrutin. Ce dernier assure avoir reçu des propositions d’alliance de la part de cinq autres formations politiques. Une décision sera prise dans les prochaines semaines en fonction de l’état des finances du parti.

L’ancien député européen écologiste (1989-1991) Antoine Waechter travaille lui aussi à la constitution d’une liste à laquelle serait associé son parti, le Mouvement écologiste indépendant, ainsi que le Mouvement des Progressistes et L’Ecologie autrement. Tout comme le Parti des travailleurs (anciennement connu sous le nom de Parti ouvrier indépendant démocratique, POID), qui devrait proposer une liste conduite par Camille Adoue, 23 ans. Le parti Europe Egalité Ecologie travaille également à la constitution de sa liste. Quant à l’association Droits du parent et de l’enfant, elle est en train de réunir autour d’elle plusieurs collectifs de défense et de protection des enfants pour monter une liste collective. Enfin, le chanteur complotiste Francis Lalanne a annoncé le lancement de sa liste Union de la résistance, sur laquelle devrait figurer le polémiste Dieudonné, condamné pour antisémitisme.

Les résultats des élections européennes de 2019 en France

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    Luc JACOB

    Vous pouvez compléter avec la liste “défendre les enfants” conduite par Gaël Coste Meunier