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[Revue de presse] Commission européenne : deux candidats retoqués, trois autres réussissent leur audition

Revue de presse 01.10.2019

Deux candidats à la nouvelle Commission européenne sont déjà retoqués pour cause de conflits d'intérêts. Et si Ursula von der Leyen peut se féliciter de la prestation de trois autres candidats devant le Parlement européen, les cas les plus controversés restent à venir.

Phil Hogan, candidat au Commerce dans la nouvelle Commission européenne, lors de son audition devant les eurodéputés le lundi 30 septembre - Crédits : Pietro Naj-Oleari / Flickr Parlement européen CC BY 4.0

Phil Hogan, candidat au Commerce dans la nouvelle Commission européenne, lors de son audition devant les eurodéputés le lundi 30 septembre - Crédits : Pietro Naj-Oleari / Flickr Parlement européen CC BY 4.0

"Ni la sociale-démocrate roumaine Rovana Plumb ni le conservateur hongrois László Trócsányi ne deviendront commissaires européens", annonce La Libre. Lundi 30 septembre, la commission des Affaires juridiques du Parlement européen a en effet confirmé par un vote le rejet définitif des deux candidats à la Commission européenne [Politico].

"Le candidat hongrois, pour sa part, s'est vu reprocher une proximité avec la Russie lors de prises de décisions en tant que ministre en Hongrie", rappelle la RTBF. Un tel positionnement aurait pu influencer ses décisions en tant que commissaire, puisque son portefeuille devait inclure la politique d'élargissement et les relations avec les voisins de l'Union, dont l'Ukraine et les Balkans. Mais ce proche du Premier ministre Viktor Orbán, à l'œuvre dans des réformes controversées en Hongrie, a aussi été épinglé pour son "recours, comme ministre de la Justice, aux services d’un cabinet d'avocat dont il détient des parts", poursuit le média belge.

Juriste de formation, László Trócsányi a réagi en invoquant une "injustice flagrante" et "une violation claire et délibérée de l'état de droit et de la procédure" [Euractiv]. "Dans un court communiqué, M. Trócsányi affirme qu'il contestera cette décision devant la justice, sans donner plus de détails", révèle La Libre avec l'AFP.

Quant à Rovana Plumb, la candidate roumaine au portefeuille des Transports, elle était "dans le viseur du Parlement pour deux prêts litigieux", résume Ouest-France avec l'AFP.

Des propositions de remplacement

La présidente élue de la nouvelle Commission européenne, Ursula von der Leyen, a alors immédiatement demandé à la Hongrie et à la Roumanie de lui présenter deux nouveaux candidats. "Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a proposé le nom de l’ambassadeur hongrois à Bruxelles, Olivér Várhelyi", dont le "CV fait bonne impression", selon le porte-parole de Mme Von der Leyen, cité par Le Monde.

Face à ce revers, le dirigeant hongrois s'est expliqué sur le choix de son remplaçant : "dans ces circonstances, je ne peux que proposer un technocrate, quelqu'un qui connaît bien l'UE et qui n'est pas un élu politique" [Euractiv].

Cela dit, si "Várhelyi est très familier des politiques bruxelloises", il est également connu comme "très loyal à Orbán et comme un ardent défenseur des priorités politiques du gouvernement hongrois lors des réunions des ambassadeurs", révèle Politico. "Le problème, c’est que quel que soit le commissaire hongrois, il sera toujours désigné par Viktor Orbán", résume un pilier du Parlement européen pour Le Figaro.

Du côté de la Roumanie, "le nom de l’ambassadrice [auprès de l'Union européenne] Luminiţa Odobescu est évoqué", même si le gouvernement doit encore mener des consultations internes, selon RFI.

Un Parlement européen renforcé

"C'est la première fois que ce pré-examen  [de la commission des Affaires juridiques] donne lieu à des avis aussi résolument négatifs avant même un passage à la tribune", analyse la RTBF. Mais pour l'eurodéputée écologiste Marie Toussaint, "les parlementaires ont pris leur rôle au sérieux en refusant de signer un chèque en blanc pour deux des commissaires désignés dont la situation est hautement problématique" [Ouest-France]. Même raisonnement pour son compatriote Pascal Durand (du groupe libéral Renew Europe), selon lequel "c’est un message adressé aux États membres et leur demandant de ne pas envoyer n’importe qui comme commissaire" [Le Figaro].

Une procédure toutefois décriée par l'eurodéputée Manon Aubry (du groupe de gauche radicale GUE/NGL), membre de la commission juridique, interrogée par Mediapart. Selon l'eurodéputée, "la procédure est, sinon une mascarade, en tout cas pas du tout adaptée à l’analyse de conflits d’intérêts". Les déclarations "reposent sur les seules informations communiquées par les candidats", sans "aucun moyen de vérification ni d’investigation", argue l'élue de La France insoumise. De plus, ces candidats de petits pays sont des cibles plus faciles, et "la procédure se révèle très politique", déplore-t-elle.

En effet, "beaucoup redoutent désormais, au cours des auditions formelles, les règlements de compte entre familles politiques", tandis que d'autres "aimeraient venger l’affront fait au PPE [groupe conservateur au Parlement européen] avec la mise à l’écart d’un des leurs, László Trócsányi" [Le Figaro].

De premières auditions rassurantes

Pour autant, les trois candidats à la Commission auditionnés lundi 30 septembre par le Parlement européen peuvent, eux, respirer. "Les auditions de Phil Hogan et Mariya Gabriel se sont plutôt bien déroulées lundi soir. Tout comme celle, lundi après-midi, du slovaque Maroš Šefčovič", résume Le Figaro. "Westminster, Washington et Pékin sont maintenant sûrs d'avec qui ils vont devoir négocier pour les cinq prochaines années", s'avance même Politico, en référence au portefeuille du Commerce pour lequel l'Irlandais Phil Hogan a été présenté.

Lors de son audition, le candidat s'est montré "bien préparé", notamment sur la question de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, mais "peu convaincant sur le commerce éthique" [Politico]. S'il devra probablement revoir son engagement pour l'environnement concernant les futurs accords commerciaux, il a tout de même obtenu l'approbation préliminaire des eurodéputés [Euractiv].

Mais la suite des auditions des commissaires pourrait se compliquer. La Française Sylvie Goulard, notamment, "peut s’attendre à des questions embarrassantes, sur l’affaire des assistants parlementaires du MoDem et plus encore sur la rétribution perçue d’un think tank américain, l’institut Berggruen", analyse L'Opinion. Quant à l'Espagnol Josep Borrell Fontelles, en lice pour prendre la tête de la diplomatie européenne, il pourrait "être interrogé sur les conflits d’intérêts possibles entre son poste de commissaire européen et la détention d’actions qu’il possède dans d’autres sociétés privées, dont Bayer" [RTBF].

A l'inverse, la perspective d'une audition houleuse s'éloigne pour le candidat polonais à l'Agriculture Janusz Wojciechowski, pour qui "l’office antifraude européen, l’Olaf, a clôturé vendredi soir l’enquête [le] concernant", rapporte Ouest-France. Le Polonais était mis en cause pour des frais de voyages douteux, alors qu'il était député européen. Le Belge Didier Reynders aurait pu espérer une situation similaire, l'enquête pour corruption le visant dans son pays venant d'être classée sans suite, mais il est désormais poursuivi pour menaces de mort dans la même affaire [RTBF].

 

 

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