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[Revue de presse] Brexit : Londres refuse de reconnaître l'ambassadeur de l'Union européenne

Revue de presse 27.01.2021

Depuis sa sortie définitive de l'Union européenne, le Royaume-Uni refuse pour l'instant d'accorder le statut d'ambassadeur à l'émissaire européen à Londres. Une annonce qui présage des relations tendues entre Bruxelles et Londres, seulement un mois après la fin de la période de transition.

L'émissaire de l'UE à Londres, Joao Vale Almeida, s'est vu refuser par le gouvernement britannique le statut d'ambassadeur

L'émissaire de l'UE à Londres, Joao Vale Almeida, s'est vu refuser par le gouvernement britannique le statut d'ambassadeur - Crédits : Dennis Kan - Atlantic Council / Flickr CC BY-NC-ND 2.0

"Un mois à peine après l’entrée en vigueur du Brexit, la tension monte à nouveau entre Bruxelles et Londres. Pour une histoire de protocole, qui n’a cependant rien d’anecdotique", relate Le Monde. En effet, le "jeudi 21 janvier, la BBC a révélé que le Foreign Office britannique refusait à Joao Vale de Almeida, l’émissaire de l’Union européenne (UE) auprès du Royaume-Uni, le statut d’ambassadeur", explique le quotidien. Ainsi, lundi 25 janvier, "pour leur première réunion depuis la sortie effective du Royaume-Uni de l’UE, les 27 ministres des Affaires étrangères en [étaient] déjà à devoir traiter de tensions avec Londres", note RFI. Au terme de celle-ci, "l’unité a prévalu pour considérer que ce geste n’est pas des plus amicaux", a commenté le Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires extérieures Josep Borrell [Mediapart].

Le Royaume-Uni, seul pays à contester ce statut au représentant de l'Union

"C’est en fait dès novembre 2020, dans une lettre signée par le ministre des Affaires étrangères [britannique] Dominic Raab, que le Haut représentant de l’UE, Josep Borrell, a appris l’intention de Londres de limiter la qualité de l’ambassadeur de l’UE", rappelle Le Monde. Comme le rapporte Euractiv, le chef de la diplomatie britannique a en effet expliqué qu'il n'accorderait pas "à l'ambassadeur de l'UE à Londres, Joao Vale Almeida, l'un des diplomates européens les plus chevronnés, l'intégralité des privilèges diplomatiques au motif que l'UE n'est pas un État-nation". Josep Borell a rappelé ce lundi que l'Union européenne ne demandait "rien de nouveau" et "pas de traitement de faveur" [RFI]. "Nous avons 143 délégations à travers le monde. Sans aucune exception, tous les pays hôtes ont accepté d’accorder à ces délégations et à leur personnel un statut équivalent à celui de missions diplomatiques d’État selon la convention de Vienne, et le Royaume-Uni est parfaitement au courant", a-t-il déclaré [Le Figaro].

Outre l'enjeu politique et symbolique que revêt cette affaire, le statut d'ambassadeur accorde au représentant de l'Union européenne plusieurs privilèges bien concrets. "La convention [de Vienne] accorde au chef de la mission [diplomatique] et aux autres membres clés du personnel l'immunité contre les poursuites et les exonère d'impôts. Les biens et les documents de la mission sont également considérés comme 'inviolables''', explique Euronews. "Aucun membre du personnel des délégations ne peut être poursuivi pour des actes commis dans le cadre de ses fonctions diplomatiques et le domicile du chef de la mission est inviolable. Ils ne sont pas tenus de payer des taxes ou d'ouvrir leurs bagages personnels dans les aéroports", ajoute The Guardian.

Un mauvais présage pour les relations entre Londres et Bruxelles

D'un point de vue diplomatique, cette passe d'armes est également lourde de sens. "C’est le premier signal adressé par le Royaume-Uni depuis son départ de l’UE et il augure assez mal de la suite des événements", a ainsi renchéri Josep Borrell [Mediapart]. En effet, "les Européens accusent les Britanniques de mesquinerie, soulignent que ce statut diplomatique ne les dérangeait en rien lorsqu’ils étaient membres de l’UE", note RFI. Comme Euractiv l'explique, ces tensions ne sont pas nouvelles. En effet, "cette dispute est la dernière d'une série de querelles diplomatiques qui se sont déroulées parallèlement aux négociations sur un nouvel accord commercial entre l'UE et le Royaume-Uni". Par exemple, "il y a un an, le Royaume-Uni a affirmé que la Commission européenne ne devrait pas être autorisée à avoir une présence officielle en Irlande du Nord après Brexit", relate le média européen.

Cependant, si le refus britannique persiste, "le Royaume-Uni serait le seul pays au monde à ne pas accepter de reconnaître à la représentation de l'UE le statut diplomatique auquel elle a droit", souligne Le Figaro. "Jusqu’alors, seul Donald Trump avait tenté de retirer à l’émissaire de l’UE aux Etats-Unis, David O’Sullivan, son statut d’ambassadeur, avant d’y renoncer", note Le Monde. "Que Londres adopte la même approche est 'surprenant'", a réagi M. O’Sullivan dans les colonnes du Financial Times.

De son côté, "Michel Barnier, ex-négociateur en chef des accords avec Londres, évoquait pour sa part l’espoir d’'une solution intelligente et objective' et invitait le gouvernement de Boris Johnson à se montrer 'très prudent' dans cette affaire" [Le Monde]. Pour ce faire, "des négociations sont en cours", rapporte Mediapart. Elles devraient donc permettre de déterminer prochainement "si l’ambassadeur de l’UE à Londres Joao Vale de Almeida et son équipe doivent bénéficier d’une immunité diplomatique complète en vertu de la Convention de Vienne, au même titre que les diplomates d’un Etat souverain - comme le soutient Bruxelles -, ou de l’immunité conférée aux organisations internationales, une position privilégiée par Londres", résume le média.

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