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Plan Juncker : Les Etats se bousculent à la porte de la Commission européenne

Revue de presse 09.12.2014

Les 28 États membres ont répondu à l'appel du plan d'investissement lancé par Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne. Le volume de projets et d'investissements demandés surpasse les attentes et la Commission devra procéder à une sélection. Il n'y en aura pas pour tout le monde…

Pierre Moscovici et Jean-Claude Juncker

Au total, 2 000 projets d'investissement d'une valeur de 1 300 milliards d'euros ont été proposés à la Commission européenne. Bien au-delà de la promesse de 315 milliards de l'équipe Juncker. C'est un signal positif pour Les Échos, car "pour la première fois depuis plus de cinq ans, les ministres des Finances, réunis [aujourd'hui] à Bruxelles, ne discuteront plus de mesures d'économies, de plan de sauvetage, ou de réformes douloureuses, mais d'investissements et d'avenir".

Même constat du côté du Figaro qui affirme qu'"embourbée dans une crise profonde – croissance molle, chômage et dette galopants – l'Europe se met enfin à investir". Les Échos précisent que "la France se distingue en mettant l’accent sur l’innovation et le numérique", mais "compte aussi sur l’Europe pour moderniser son réseau ferroviaire ou financer un plan banlieue".

A l'Est, l'accent est porté sur l'énergie. "Les pays d'Europe centrale ont prévu de combiner leurs forces pour cibler le nouveau plan d'investissement européen de 315 milliards pour connecter leurs réseaux d'énergie, car la région cherche à exercer son influence politique croissante à Bruxelles", affirme The Financial Times. Ce groupe de pays, Pologne, Hongrie, République tchèque et Slovaquie, est surnommé le "Visegrád Four (V4)". Ils espèrent concentrer les investissements sur les infrastructures énergétiques concernées par leur dépendance au gaz russe.

En Espagne également, les projets prioritaires concernent "les infrastructures énergétiques, les connexions électriques et tout ce qu'il faut pour en finir avec l'isolement de la péninsule", affirme El Pais. Le pays de Cervantès s'étonne des demandes de l'Allemagne, qui "aurait présenté 58 projets pour lesquels elle aspire à obtenir 89 milliards", soit "le quart de tout le paquet", explique El Mundo. Le site du quotidien liste les pays en manque d'investissement comme la Grèce, l'Irlande et l'Espagne et ajoute que "si les critères de concessions tiennent en compte de la nécessité d'investissement, ces pays seraient ceux qui bénéficieraient le plus du plan Juncker et non l'Allemagne, où le ministre des Finances Wolfang Schäuble a déclaré avec satisfaction la semaine dernière que le niveau d'investissement dans le pays était de 20% du PIB, 'supérieur à la moyenne de la zone euro et de l'UE'".

Le plan Juncker sera soumis au Conseil européen les 18 et 19 décembre avant que la Commission européenne ne publie les règles du jeu en janvier et qu'elles soient discutées avec le Parlement européen d'ici juin 2015. A ce moment-là, on saura si ces projets remplissent leur objectif et si l'effet de levier promis par M. Juncker sera crédible. Selon ce mécanisme, avec un euro le président de la Commission espère attirer 15 autres euros d'investissement [Luxembourg Wort].

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