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L’Eurogroupe ne cède rien à la Grèce

Revue de presse 27.04.2015

Les dernières négociations entre les pays de l’Eurogroupe et la Grèce se sont de nouveau soldées par un échec. La presse française s’inquiète de l’issue de ce "feuilleton sans fin" et explore chaque possibilité, en notant toutefois que la Grèce commence à assouplir sa position.

Jeroen Dijsselbloem et Yanis Varoufakis

Vendredi 24 avril a eu lieu une réunion de l’Eurogroupe à Riga, en Lettonie. L’énième occasion de poursuivre les négociations entre le gouvernement grec et les chefs d’Etat de la zone euro. En vain, puisque "rien [n’en] est ressorti", relate Euronews.

Cécile Ducourtieux, envoyée spéciale à Riga pour Le Monde, rapporte que des propos "parfois très vifs" ont été prononcés à l’encontre du ministre grec des Finances et ce, non pas de la part de l’Allemagne –qui n’a jamais caché son impatience vis-à-vis de Yanis Varoufakis– mais plutôt de l’Estonie, de la Slovaquie, de la Lettonie, de la France et de l’Italie.

Tous sont d’accord sur un fait : "si Athènes veut obtenir la dernière tranche de prêts (7,2 milliards d’euros) restant à lui verser dans le cadre du deuxième plan d’aide au pays arrivant à échéance fin juin, il faut qu’elle donne un coup d’accélérateur décisif aux négociations […] [en présentant] enfin une liste de réformes 'complète' et 'acceptable'".

Le président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a d’ailleurs déclaré : "Nous avons perdu trop de temps. Les discussions doivent s’accélérer".

L’impatience est à son comble et L’Express parle d’un "feuilleton qui semble sans fin".

Les principaux points de discorde portent sur le contenu des mesures : ainsi, le FMI exige une réforme des retraites, ce que la Grèce refuse, tandis que la BCE n’approuve pas la réforme grecque sur les expropriations.

Si certains médias redoutent une impasse, Le Monde se veut optimiste, estimant que les négociations sont certes laborieuses, mais pas rompues. D’ailleurs, personne ne souhaite voir la Grèce sortir de la zone euro : ni l’Eurogroupe, ni le gouvernement grec.

Dans ce cas, comment pourrait évoluer la situation ?

La Tribune rapporte l’inquiétude de certains membres de l’Eurogroupe, conscients qu’il faudra sûrement établir un "plan B" si aucun accord n’est trouvé avec la Grèce.

Pour l’économiste Thomas Grjebine, qui s’exprime dans La Croix, "un défaut partiel de la Grèce est inévitable" et la Grèce devrait déjà se préparer à un éventuel défaut de paiement.

Face aux théories d’un 'Grexit' ou d’un 'Greccident', l’Express se penche sur une autre possibilité pour le pays : le 'Grimbo'. Un néologisme qui désigne le fait qu’"Athènes pourrait éviter une sortie immédiate de la zone euro, même si elle ne trouvait pas d'accord avec ses partenaires européens d'ici la fin avril, […] [en instaurant] un contrôle des capitaux qui donnerait à la Grèce le temps nécessaire pour revenir à la table des négociations pour y conclure in fine un accord".  Un scénario également possible en cas d’accord, mais qui s’avèrerait inefficace pour éviter à la Grèce un défaut de paiement de ses dettes (au Fonds monétaire international et à la Banque centrale européenne, notamment).

La possibilité d’un accord est par ailleurs toujours envisageable. En effet, le gouvernement grec semble se montrer plus souple qu'auparavant.

Le Figaro écrit que ce dernier "commence à lâcher prise", et se demande s’il ne serait pas "sur le point de fléchir" face à la pression européenne.

Les Echos considèrent effectivement que "Varoufakis donne des signes d’ouverture", tandis que Le Monde annonce la privatisation des paris hippiques en Grèce. Une opération qui devrait rapporter 40,5 millions d’euros au gouvernement, qui y était pourtant très réticent.

L’évolution de cette situation est donc en marche. La prochaine rencontre de l’Eurogroupe est fixée au 11 mai, dernière échéance pour trouver un accord et permettre à la Grèce d’obtenir les 7,2 milliards d’euros promis.

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