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Indemnités de guerre : la Grèce ne lâche pas

Revue de presse 12.03.2015

Acculée, la Grèce exige à nouveau que Berlin paie des réparations de guerre pour l’occupation nazie sur le territoire grec entre 1941 et 1944 et menace de saisir des biens immobiliers allemands pour obtenir gain de cause. Cette annonce coïncide avec la reprise des négociations avec la Troïka.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras a annoncé mardi, devant le Parlement de son pays, qu’il renouvellerait sa demande de paiement des réparations de guerre à l’Allemagne. En effet, l’armée nazie avait occupé la Grèce de 1941 à 1944. Le paiement de réparations pourtant convenu en 1947 a été interrompu en 1953 par les accords de Londres avec la volonté de ne pas étrangler une Allemagne économiquement réduite à néant et éviter ainsi un second traité de Versailles avec toute la rancœur qu’il a suscité chez les Allemands. En outre, Berlin avait contracté en 1942 un emprunt à la Grèce, sans jamais le rembourser.

Pour La Tribune, l’argumentaire grec est sans équivoque : Alexis Tsipras rappelle à l’Europe occidentale sa grande mansuétude vis-à-vis de l’Allemagne nazie à la fin de la Seconde Guerre mondiale et ce, malgré toutes les atrocités commises par le IIIème Reich. De fait, Athènes exhorte l’Union européenne à se montrer aussi magnanime envers la Grèce et ses difficultés économiques qu’elle a pu l’être envers l’Allemagne en 1945.

En outre, Alexis Tsipras affirme que si l’UE avance un devoir moral de la part d’Athènes de payer ses créances, elle se doit de le faire également contre Berlin, qui a elle aussi des dettes envers les pays qu’elle a occupés pendant la guerre.

En résumé, la Grèce est prête à s’acquitter de ses obligations financières si l’Allemagne en fait autant, dans une volonté de "rétablir un équilibre entre les partenaires".

Et pour arriver à ses fins, Le Figaro rapporte qu’Athènes est prête à "saisir des avoirs allemands sur le territoire grec", notamment l’Institut Goethe de la capitale hellène, qui serait la "première victime" ciblée.

Ces exigences grecques ont de quoi choquer : Le Figaro  considère en effet que la Grèce "[joue] sur la culpabilité historique de l'Allemagne". Pourtant, La Tribune estime que cette tactique est "logique", notamment en raison de la grande faiblesse du pays dans les négociations à Bruxelles : dans ce conflit politique, M. Tsipras utilise les "armes dont il dispose".

En réponse, Berlin est catégorique : ce sera "nein sur toute la ligne", énonce Libération. L’Allemagne estime en effet qu’elle a déjà versé des indemnités aux victimes du nazisme. Elle ne compte en revanche jamais payer d’indemnités de guerre, ajoute La Tribune.

Le porte-parole du gouvernement allemand a déclaré, cite Euronews, que "nous devrions nous concentrer sur les thèmes actuels et sur l’avenir, dont nous espérons qu’il sera bon."

Les relations germano-grecques se tendent donc encore un peu plus : Les Echos en concluent que les deux pays "déterrent la hache de guerre."

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