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Crise grecque : Bruxelles retrouve le sourire

Revue de presse 23.06.2015

Disposée à faire d’importantes concessions, la Grèce a présenté hier à la zone euro une nouvelle liste de réformes qui correspondent aux attentes des créanciers. Ceux-ci ont d’ailleurs salué les efforts du gouvernement Tsipras, et la possibilité d’un accord s’annonce de plus en plus plausible.

Alexis Tsipras et Jean-Claude Juncker

Malgré l’effervescence qu’a suscitée le sommet de la zone euro hier, aucun accord n’a été conclu à l’issue de cette rencontre. Cependant, toute la presse constate que l’"optimisme" règne à Bruxelles. Selon Libération, "un accord se rapproche" entre la Grèce et ses créanciers.

Euronews estime que le Premier ministre grec Alexis Tsipras a "regagné la confiance de ses partenaires" dans la mesure où ses propositions de réformes ont été "jugées positives".

Beaucoup de concessions ont été faites de la part d’Athènes, notamment sur la réforme des pensions, la hausse de la TVA, les taxes sur les produits de luxe et les entreprises à gros profits, ce qui a permis de "renouer le dialogue".

Les Echos détaillent ces efforts fournis par le gouvernement grec: hausse de la TVA de 6% à 13% pour l’hôtellerie et la restauration – un effort significatif pour un pays qui vit essentiellement du tourisme –, et à 23% pour les autres produits et services, sauf l’électricité, mais aussi, dans le domaine des retraites, la suppression des pré-retraites, des coupes dans les pensions complémentaires supérieures à 1000 euros et l’augmentation des cotisations.

Même s’il n’a pas "complètement rendu les armes" [Les Echos], le gouvernement Syriza "a dû se résoudre à accentuer l’austérité qu’il voulait remettre en cause", note Jean Quatremer dans Libération.

Ainsi, ces nouvelles propositions de réformes grecques "pourraient servir de base à un accord [conclu] dès cette semaine" [EurActiv], puisque "Athènes aurait rempli 90 % des demandes qui lui ont été faites".

Pour Jean-Claude Juncker, les négociations avancent si positivement, qu’il est "convaincu" qu'un "accord final" sera conclu dans le courant de la semaine.

Cité dans un autre article d’Euronews, le président François Hollande s’est félicité de l’évolution de la situation : "Le gouvernement grec a fait des nouvelles propositions, plus précises, plus fortes. C’est beaucoup d’efforts qui leur ont été demandés. Le gouvernement grec veut sortir de cette crise et a pris ses responsabilités".

Donald Tusk s’est joint à ce concert de louanges en déclarant que "les nouvelles propositions grecques [étaient] un pas en avant positif". La chancelière allemande Angela Merkel s’est montrée pour sa part plus prudente en affirmant qu’il restait "un travail intensif à effectuer" [Le Monde].

Et pour s'y atteler, une nouvelle réunion de l’Eurogroupe aura lieu demain soir. Pour Le Figaro, il ne reste plus que "48 heures pour conclure".

Selon L’Obs, cet Eurogroupe pourrait bien être "décisif". La Croix approuve et estime qu’il pourrait "cette fois enfin, déboucher sur un accord des parties prenantes".

Désormais, tout dépend des créanciers de la Grèce. Le Premier ministre grec Alexis Tsipras l’a dit lui-même : "la balle se trouve dans le camp des autorités européennes" [Le Monde].

Bruxelles semble d’ores et déjà avoir fait un pas vers la Grèce : selon Les Echos, la Commission européenne a promis à M. Tsipras de mobiliser 35 milliards d’euros de fonds structurels du plan Juncker au pays d’ici 2020 pour soutenir l’investissement.

Il reste toutefois toujours une "question épineuse" qui n’a pas encore été abordée : la restructuration de la dette grecque, exigée par Athènes mais catégoriquement refusée par certains pays européens comme l’Allemagne.

En outre, un autre défi attend le Premier ministre grec : Le Monde explique que si un accord est conclu avec ses créanciers, Alexis Tsipras devra ensuite obtenir l'approbation du Parlement grec. Dans le cas contraire, il sera contraint de démissionner.

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