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Dernière mise à jour : 22.01.2017

Roumanie

Roumanie

drapeau Roumanie
  • Capitale : Bucarest
  • Superficie : 238 391 Km² - (Eurostat - 2013)
  • Population : 19,76 millions (Eurostat - 2017)
  • Date d'adhésion : 2007
Monnaie : Leu Espace Schengen : non membre
Système politique : République dotée d’un parlement bicaméral Chef d'Etat : Klaus Iohannis Chef du Gouvernement : Sorin Grindeanu Prochaines élections : Présidentielle : 2019
Hymne national : Deșteaptă-te, române! (Éveille-toi, Roumain!) Fête nationale : 1er décembre - acte de la Grande Union 1918 Langue officielle : Roumain Indicatif téléphonique : 40
Villes principales : Bucarest, Cluj-Napoca, Timişoara, Iaşi, Constanţa Découpage administratif : 41 départements et une municipalité de statut spécial (Bucarest), 103 municipalités, 208 villes, 2 825 communes
PIB : 169,6 milliards d'euros (Eurostat - 2016) Taux de croissance : 4,8% (Eurostat - 2016) Taux de chômage : 5,4% (Eurostat - 2017) Dette publique : 37,6% (Eurostat - 2016) Déficit public : 3% (Eurostat - 2016) Inflation : -1,1% (Eurostat - 2016)
Indice de développement humain : 0,802 (ONU - 2015) Émissions de gaz à effet de serre : 3,4 tonnes/hab. (OCDE - 2014)

Politique

La Roumanie (România) est une République dotée d’un parlement bicaméral. Le pays est membre du Conseil de l’Europe (1993) et de l’OTAN (2003).

Membre de l'Union européenne depuis 2007, le pays est dirigé depuis en alternance par la droite (Parti national libéral, PNL) et la gauche (Parti social-démocrate, PSD), à l'exception de deux périodes au cours desquelles un Premier ministre indépendant a occupé le pouvoir : entre février et mai 2012 d'abord, puis de novembre 2015 à janvier 2017.

L'actuel président roumain est Klaus Iohannis (PNL) depuis l'élection de novembre 2014, prenant la succession de Traian Bacescu. Les Premiers ministres ont été, successivement, le socialiste Victor Ponta, démissionnaire en novembre 2015 à la suite d'un vaste scandale de corruption et d'évasion fiscale ainsi que de l'incendie meurtrier d'une discothèque à Bucarest, et l'indépendant Dacian Ciolos, jusqu'en janvier 2017. Ancien commissaire européen à l'Agriculture, M. Ciolos avait été nommé à la tête d'un gouvernement de transition.

Le 11 décembre 2016, un an après avoir été écartés du pouvoir, les sociaux-démocrates (PSD) remportent largement les élections législatives, avec 45,48% des voix. Ils devancent nettement le Parti national libéral, qui n'obtient que 20,04% des suffrages. Le président du PSD, Liviu Dragnea, ne devient toutefois pas Premier ministre en raison de sa condamnation à 2 ans de prison avec sursis pour fraude électorale en avril 2016. Choisie par M. Dragnea pour prendre la tête du gouvernement, Sevil Shhaideh ne sera quant à elle pas confirmée par le président Iohannis, compte tenu notamment des liens supposés de son époux, syrien, avec Bachar el-Assad. Le 4 janvier, c'est finalement Sorin Grindeanu, 43 ans, qui est nommé chef du gouvernement. Liviu Dragnea devient quant à lui président de l'Assemblée nationale roumaine, tout en exerçant une très large influence sur le gouvernement.

Le pays et l'UE

Le 22 juin 1995, le pays dépose sa candidature formelle à l’adhésion à l'UE. Les négociations n’ont cependant été ouvertes qu’après le Conseil européen d’Helsinki (1999). Après avoir été écartée de la première vague d’adhésion par le Conseil européen de Laeken (2001), celui tenu en 2004 souligne les efforts et progrès réalisés par le pays. Un traité d'adhésion est signé à Luxembourg le 25 avril 2005, à l'issue des négociations et après un avis favorable du Parlement européen donné le 13 avril.

La Commission européenne confirme en octobre 2005 que la Roumanie remplit les conditions politiques pour entrer dans l’UE, malgré des efforts à accomplir pour renforcer l’Etat de droit (lutte contre la corruption, système judiciaire, capacité administrative, protection des minorités). Finalement, le 26 septembre 2006, la Commission rend un avis favorable pour l'entrée de la Roumanie dans l'UE dès 2007. Assortie de "mesures d'accompagnement", l'adhésion du pays est effective au 1er janvier 2007.

La Roumanie compte 32 députés au Parlement européen et dispose de 14 voix au Conseil de l'UE. La Commissaire européenne roumaine est Corina Cretu, chargée de la politique régionale. Le pays devrait assurer la présidence du Conseil de l'UE lors du premier semestre 2019.

Géographie

Le territoire roumain est formé du plateau de Transylvanie (500-700 m d’altitude au centre et nord-ouest du pays) entouré par l’arc des Carpates (point culminant : mont Moldoveanu 2 543 m), des collines de Moldavie (nord-est), de la plaine côtière de la Dobrudja (sud-est) et de la plaine de la Valachie (sud).

La jonction du Danube, qui forme la frontière méridionale du pays (sur 1075 km) et de la mer Noire forme un vaste delta (4 340 km2) qui est un paradis pour les oiseaux, dans la région de la Dobroudja. Dans un climat tempéré continental sur la majeure partie du pays, la Roumanie compte près de 200 stations thermales et bénéficie d’un tourisme important sur les bords de la Mer Noire, autour de Constanta où le climat est plus méditerranéen.

La Roumanie est entourée par la Bulgarie au sud, la Serbie et le Monténégro à l’ouest, la Hongrie au nord ouest, l’Ukraine au Nord et à l’est et la Moldavie à l’est.

Economie

Après avoir subi une vague de nationalisations de type soviétique, le pays a bénéficié d’un programme de stabilisation économique lancé par le FMI en 1997. La première loi relative aux privatisations remonte à 1991, mais une ordonnance s’est avérée nécessaire (1998) pour rendre le processus équitable, transparent et conforme aux mécanismes de marché afin de rassurer les partenaires extérieurs, dont les principaux : la France, l'Autriche, les Pays-Bas et l'Allemagne.

Exceptée la Bosnie-Herzégovine, la Roumanie est le pays le moins urbanisé d’Europe centrale et orientale avec un taux d'urbanisation de la population de 54,7% en 2016. En effet, le secteur agricole reste relativement important puisqu'il emploie 26% de la population active. Toutefois, le secteur primaire ne contribue qu'à hauteur de 4,73% dans la valeur ajoutée du PIB en 2015 ce qui implique que ce secteur est peu productif et orienté vers l'autosuffisance malgré la fertilité de ses terres, mais traduit un fort potentiel agricole.

Le secteur des services est le principal moteur de croissance (56,5% du PIB). Les principales activités industrielles sont le secteur manufacturier, l’énergie et les industries extractives et la Roumanie exporte des produits d'équipement (automobiles) ainsi que des métaux, du bois, des produits chimiques et des pneumatiques. L'industrie a toutefois des difficultés à répondre à l'augmentation de la demande intérieure du fait d'un retard en infrastructures, bien que 30 milliards de fonds européens soient alloués au pays pour la période 2014-2020.

La Roumanie fait également partie des pays fortement touchés par la crise. Sa situation économique s’est détériorée à partir du quatrième trimestre 2008 : après une croissance de 7,1% en 2008, le PIB a reculé de 7% en 2009, avant de renouer avec la croissance puisque depuis 2013, le taux de croissance du PIB est supérieur à 3%. La Commission prévoit une croissance de 4,4% pour 2017. Par ailleurs, le PIB par habitant du pays a fortement augmenté depuis la chute de l'URSS mais reste toutefois quatre fois inférieur à celui de la France, par exemple, tandis que les inégalités entre les zones urbaines et les zones rurales sont encore importantes.

Avec une dette publique à 40,5% en 2016, le pays reste loin du plafond européen. Toutefois, le déficit public semble attirer le regard des investisseurs du fait de la politique procyclique menée ces dernières années par le gouvernement puisqu'il atteint en 2,4% en 2016. En effet, les Roumains ont bénéficié d'une baisse d'un point de la TVA (20 à 19%) ou encore d'une forte diminution du taux d'imposition des revenus. Cela a pour effet de diminuer les recettes fiscales mais contribue, à court-terme, au soutien de la demande intérieure via la consommation des ménages. Cependant, le FMI incite le gouvernement roumain à réorienter ses dépenses vers des réformes de soutien aux investisseurs et d'amélioration de l'efficacité des administrations publiques et de lutte contre la corruption (économie informelle : 28% du PIB).

L'émigration des jeunes diplômés, le vieillissement de la population implique une raréfaction de la main d'œuvre et conduit à des augmentations de salaires qui soutiennent également la demande intérieure, bien que le coût horaire du travail reste l'un des plus faibles en Union européenne (5,5€). Le chômage est donc relativement faible avec un taux de 5,9% en 2016.

Histoire

  • Ier siècle avant J.-C. : le roi Bourébista unifie les tribus vivant sur le territoire carpato-danubien-pontique et fonde le Royaume de Dacie. Au Ier siècle après J.C., l’empereur Trajan conquiert la Dacie et en fait une province romaine.

La domination ottomane 

  • 1386-1455 : malgré la résistance des princes de Valachie et de Moldavie, les régions de Roumanie passent sous domination ottomane. Après deux siècles de guerre contre l’Empire, les trois provinces roumaines (Transylvanie, Moldavie et Valachie) acquièrent une importante autonomie au XVIème siècle. La première tentative d’unification des voïvodats roumains se solde par un échec.
  • 1699 : L’Eglise orthodoxe de Transylvanie demande son rattachement à Rome et devient l’Eglise gréco-catholique de Roumanie alors que les autres régions restent majoritairement orthodoxes.

Les guerres débouchent sur l'indépendance et la neutralité de la Roumanie 

  • 1812-1878 : à la suite de la guerre russo-turque, la Bessarabie (moitié est de la Moldavie) passe sous domination du Tsar (jusqu’à la Première guerre mondiale). A l’issue de la guerre de Crimée, le traité de Paris (1856) place l’autonomie des principautés de Moldavie et de Valachie sous la garantie des puissances européennes et en particulier de la France. A l’issue d’une nouvelle tentative d’unification de la Moldavie et de la Valachie, la Roumanie est internationalement reconnue au Congrès de Berlin en 1878.
  • 1914 : les Roumains choisissent la neutralité, avant de s’engager en 1916 aux côtés des Alliés, avec l’espoir de récupérer la Transylvanie.

Le pays s'agrandit, les régimes se succèdent 

  • 1918 : la victoire des alliés marque la naissance de la "grande Roumanie" : l’Etat roumain unitaire est proclamé le 1er décembre 1918 (jour national de la Roumanie). Le Traité de Saint-Germain-en-Laye (1919) entérine la réunion de la Bucovine, la Transylvanie et la Bessarabie.
  • 1940-1945 : après l’abdication du roi Carol Ier en faveur de son fils Michel Ier, le pouvoir est aux mains du général Ion Antonescu qui instaure un régime nationaliste d’extrême droite, soutient l’Allemagne hitlérienne et déclare la guerre à la Russie soviétique. A la fin de la guerre, les troupes russes entrent en Roumanie, et, dans un climat d’intimidation, les communistes emportent 71% des voix aux élections, entraînant la proclamation de la république populaire. Le roi Michel est contraint à l’abdication en 1947, les partis politiques sont supprimés et leurs membres persécutés et incarcérés.
  • Les années 1950 : sous l’autorité de Gheorghe Gheorghiu Dej, sont synonymes de collectivisation de l’agriculture, de nationalisation des entreprises et des banques et d’industrialisation forcée. Dix ans plus tard, le remboursement de la dette rend le pays exsangue.

L'ère Ceausescu conduit l'abolition de la dictature 

  • 1965 : la direction du Parti puis de l’Etat est monopolisée par Nicolae Ceausescu, qui verse dans le culte de la personnalité et instaure un gouvernement de type totalitaire, s’appuyant sur la police secrète ("Securitate").
  • 1989 : le soulèvement éclate à Timisoara. Malgré la proclamation de l’Etat de siège et après  la mort de plus de 1000 personnes, la dictature est abolie le 22 décembre. Le Front du salut national prend le pouvoir et annonce la chute du régime communiste. En 1991 une nouvelle constitution, conforme aux idéaux démocratiques, est adoptée par référendum.

Drapeau et hymne

Le drapeau roumain fut créé en 1867. Les trois couleurs qui ornent son drapeau résultent de la fusion des couleurs moldaves, bleu et rouges, et valaques, jaune et rouge. Elles remontent aux soulèvements de 1821 contre la tutelle ottomane de ces deux principautés roumaines.

Longtemps orné en son centre d’un blason aux armes des principales régions roumaines, il comportera pendant la "république populaire" (1948-1965) un emblème représentant les richesses naturelles du pays (céréales, pétrole, forêts...), éclairées par le soleil, symbole du "Bloc des partis démocratiques" dirigé par le parti communiste. Introduite en 1965 pour marquer la victoire du communisme, l'étoile rouge s'y ajoutera jusqu'au début des émeutes de Timisoara, qui signent la fin du régime de Nicolas Ceaucescu.

Le drapeau sera ensuite troué en son milieu, en signe de protestation contre le régime en place dès le début de la révolution, et en sera un des principaux symboles. Il sera définitivement adopté en l'état actuel en 1994.

L’hymne national roumain "desteapta-te, române" ("Eveille-toi, Roumain »), est un appel au patriotisme et à la liberté. Il a été composé en 1848, à l’époque où les trois principales régions de la Roumanie étaient encore aux mains de différents occupants : la Transylvanie appartenait à l'époque à l'Empire austro-hongrois, tandis que les deux principautés de Moldavie et Valachie étaient sous co-tutelle russo-turque. Le texte fait référence à l’histoire commune du peuple roumain, et notamment à ses illustres ancêtres, à travers les âges ; de Trajan, pendant la période romaine, à Michel le Brave, qui a unifié les trois provinces roumaines.

Culture

La culture roumaine a donné naissance à de grands noms de la création artistique et de la réflexion dans les domaines les plus divers. Beaucoup de ces personnages traduisent dans leur vie comme dans leur œuvre l’attachement réciproque et ancien de la France et de la Roumanie. Qu’il s’agisse des  théoriciens et philosophes Emile Cioran et Mircea Eliade, du dramaturge Eugène Ionesco ou du poète Tristan Tzara, la France a souvent accueilli leur exil ou leur quête d’ouverture. Il en va de même de George Enescu, musicien installé à Paris dès 1895, ou de Brancusi, le sculpteur.

La musique traditionnelle diffère grandement selon les régions, mais la doina est le style de musique traditionnelle le plus courant. De plus, il existe une grande minorité tsigane particulièrement versée dans la musique et qui fournit aux Lăutari (ensembles de musiciens populaires qui accompagnent traditionnellement les fêtes, banquets et mariages...) de talentueux interprètes.

Sibiu, ville symbole de la cohabitation de plusieurs nationalités (Allemands, Saxons, Roumains, Hongrois, Tziganes et Juifs) a été fondée au XIIème siècle par des familles luxembourgeoises. La ville a été élue capitale européenne de la culture pour 2007 aux côtés de Luxembourg.

Sans doute est-ce malgré elle que la Roumanie doit assumer la réputation d’un de ses habitants, le comte Dracula, qui, s’il est inspiré de la figure de Vlad Tepes surnommé "l’Empaleur", souverain valaque du XIVème siècle, est une création de l’écrivain britannique Bram Stoker qui en fit le héros de son livre paru en 1897, "La légende du Comte Dracula". Depuis lors, les vampires appartiennent aux attentes des visiteurs de Transylvanie.